Accueil Blog Page 666

Armel Le Cleac’h à moins de 100 milles de l’arrivée vers 17h-17h30

Finish arrival of Armel Le Cleac’h (FRA), skipper Banque Populaire VIII, winner of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in 74d 3h 35min 46sec, in Les Sables d'Olonne, France, on January 19th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe Arrivée de Armel Le Cleac’h (FRA), skipper Banque Populaire VIII, vainqueur du Vendee Globe en 74j 3h 35min 46sec, aux Sables d'Olonne, France, le 19 Janvier 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Armel le Cléac’h est à moins de 100 milles de l’arrivée et en passe de remporter la huitième édition du Vendée Globe devant Alex Thomson à 95milles dans son sillage. Dans un vent d’Est glacial, les deux hommes longent les côtes bretonnes : leur ETA respectives tournent autour de 17h-17h30 pour le franchissement de la ligne ce jeudi et de 2h du matin vendredi pour le Britannique. Il faut compter 1h après la ligne pour les voir remonter le chenal.

À 5 h, Armel Le Cléac’h passait au large du phare d’Eckmülh, à la pointe de Penmarch, à près de 12 nœuds. Au dernier pointage, il naviguait au large de Belle-Ile, à moins de 100 milles de l’arrivée. Quelques bateaux sont déjà allés à sa rencontre et fait quelques photos pour immortaliser l’instant. Comme celle de Dimitri Voisin prise ce matin.

Dimitri Voisin/Mer agitée/dppi
Dimitri Voisin/Mer agitée/dppi
- Publicité -

IDEC franchira l’Equateur ce soir +1500mn

A l’heure où Armel Le Cleac’h arrivera aux Sables d’Olonnes, Francis Joyon et son équipage franchiront l’Equateur. Ils progressent ce matin à environ 400 milles de l’équateur et maintiennent une bonne vingtaine de noeuds de vitesse cap au nord. Ils sont en mesure de signer un nouveau chrono référence entre Ouessant et l’Equateur, en effaçant les 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes réalisées en 2012 par Loïck Peyron sur Banque Populaire V. La bande à Joyon pourra s’enorgueillir ce soir d’avoir fait jeu égal dans l’Atlantique Sud avec le Maxi trimaran tenant du titre, particulièrement véloce en cette difficile partie du parcours voici 5 ans, et qui détient le temps référence intermédiaire entre le cap Horn et l’Equateur en 7 jours 4 heures et 27 minutes. Au delà de ces chiffres très officieux, c’est naturellement la traversée du pot au noir qui occupe les pensées à bord du grand multicoque rouge et gris. La Zone de Convergence Intertropicale a pris pour mauvaise habitude de jouer de vilains tour à Joyon et son équipage, s’alanguissant à loisir sur son passage. Ce phénomène déploré à l’aller, et qui avait justifié l’abandon de la tentative de novembre dernier, pourrait se renouveler et compliquer la transition avec les alizés de nord est bien établis sur la route de Ouessant.

- Publicité -

Les clés de la performance d’Armel Le Cleac’h

150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h.

Nous avions navigué avec Armel Le Cleac’h sur son IMOCA pendant 24h un mois avant son départ. Il nous avait donné quelques clés de sa performance. En tête actuellement du Vendée Globe et à quelques jours de l’arrivée, retour sur ses propos qui mettent en lumière sa domination sur cette édition.

Doser son effort, bien négocier les temps faibles et les temps forts
« En course au large, et dans le Vendée Globe en particulier, tout l’enjeu réside dans la capacité du marin à exploiter le bateau au maximum de son potentiel, un maximum de temps. On peut disposer du meilleur Imoca sur le papier, si on le mène à 85 % pendant tout le tour du monde, on ne peut pas gagner. Ceci dit, il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi. Je ne suis pas un kamikaze, une tête brûlée. J’essaye toujours d’avoir une maîtrise de ce que je fais. Sur le prochain Vendée Globe, je ne serai peut-être pas le plus rapide tout le temps. Tenir 80 jours comme aujourd’hui à l’entraînement, c’est impossible, j’en suis incapable ! Cette épreuve est un marathon. Il faut ménager la machine et le bonhomme, accepter de s’accorder quelques heures de répit sous peine de se retrouver complètement cuit. Or, en se mettant dans le rouge, on peut faire des bêtises, casser, voire prendre de gros risques. Lever le pied est plus simple quand on est devant et qu’il s’agit de gérer son avance. En revanche, quand on est derrière, il est plus difficile de se raisonner car on n’a qu’une envie : combler le retard… »

Optimiser les moments plus tranquilles
« Il y a parfois des moments plus calmes, des portions du parcours où les conditions peuvent être plus stables, comme le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène (Atlantique Sud). On navigue alors généralement au portant, dans un vent maniable. Durant le Vendée Globe, il arrive de passer deux ou trois jours sur le même bord sans changer de voiles. J’en profite alors pour me concentrer sur la météo, pour effectuer un check général du bateau, pour tourner des images et les envoyer. Même si on n’aime pas trop ça, c’est l’occasion de monter en tête de mât pour vérifier que tout va bien là-haut… En fait, ces phases plus cool permettent de faire des choses compliquées à mettre en œuvre quand les conditions sont hostiles. Les rares moments de détente sont appréciés. Pendant les repas, je prends si possible le temps de me poser un peu. Je lis un chapitre d’un livre, je mets de la musique, j’écoute des podcasts d’émissions de radio pour avoir un fond sonore… Cela permet de se sentir moins seul, de déconnecter quelques instants avec le stress permanent de la course, de la gestion du bateau. Il est essentiel de couper un peu pour reprendre de l’énergie et être d’attaque pour la suite, quand les conditions se durciront à nouveau. »

Composer avec la solitude
« La solitude se fait parfois ressentir dans les moments de galère, de doute. Elle est plus difficile à gérer en début de course car on sait que l’on part pour environ 80 jours. Ça fait bizarre… Puis on s’y fait. On ne nous force pas à y aller, c’est nous qui l’avons souhaité ! J’appelle à la maison trois ou quatre fois par semaine. Les appels de mon équipe à terre et les vacations prévues par l’organisation régulent mes journées. Mais finalement ces coups de fil ne sont jamais très longs, quatre à cinq minutes tout au plus. Quand tu raccroches, tu te retrouves seul face à toi-même. Je reçois par ailleurs beaucoup de mails, j’ai du monde derrière moi et je suis porté par ces messages. J’ai déjà vécu le Vendée Globe à deux reprises et je peux m’appuyer sur cette expérience. Lors de ma première participation, en 2008-2009, j’ai davantage souffert de la solitude. En fin de parcours, je naviguais tout seul avec un bateau loin devant et d’autres loin derrière. J’ai dû me battre contre moi-même pour finir. Mon deuxième Vendée Globe, il y a quatre ans, a été très différent grâce à la bagarre permanente avec François Gabart. Le fait d’être au contact m’a fait oublier la solitude. J’avais jusqu’au bout l’espoir de repasser devant. Avoir une carotte t’oblige à rester à l’affût, et le temps passe plus vite. On verra quel scénario me réserve mon troisième Vendée Globe… »

Baliser le parcours
« En course, j’essaye de m’organiser comme si j’étais à la maison, en établissant un programme pour la semaine à venir. C’est plus facile à gérer, je cogite moins. Car si je commence à penser à toute la route qu’il reste à parcourir, ça peut devenir compliqué mentalement… Il est selon moi primordial de se fixer des objectifs à court et moyen termes – trois à quatre jours – tout au long du tour du monde. Il y a toujours des repères géographiques – l’équateur, les grands caps… – et météorologiques qui permettent de scinder le parcours. »

Barrer efficacement
« Finalement, on ne barre pas beaucoup dans un Vendée Globe, moins de 10 % du temps. Mais on le fait souvent dans des moments essentiels, comme les phases de transition où il faut faire la différence pendant quelques heures pour accrocher un bon wagon météo. D’où l’importance de pouvoir barrer bien installé et à l’abri du vent et de la mer. C’est pourquoi j’ai voulu que Banque populaire VIII dispose d’un poste de barre et de veille beaucoup plus confortable que sur mes précédents Imoca60. »

Maîtriser son sommeil
« Dormir et rester en forme est aussi important que de bien régler le bateau. Sur un Vendée Globe, je peux dormir par tranches de 30 à 45 minutes six à sept fois par 24 heures. Il n’y a pas de règles, on dort quand on peut. Les priorités sont la performance et la vigilance. Il est toujours compliqué de s’assoupir durant les premiers jours car il y a beaucoup de trafic. Puis le rythme se met en place. Grâce à l’expérience acquise en Imoca, mais aussi en Figaro et en Ultime, j’arrive à maîtriser mon sommeil. Je me connais bien, je sais comment naviguer de manière performante même en dormant. J’accepte de ne pas tenir un rythme de Figaro ni même de transat. Dormir permet de rester lucide, de faire les bons choix. Il ne sert à rien d’aller vite au mauvais endroit ! »

Faire corps avec son bateau
« Au fur et à mesure, on entre dans un rythme de course, on fait corps avec son bateau. Les choses deviennent limpides, on se sent à l’aise dans 40 nds de vent. À la fin du Vendée Globe, on pourrait presque régler les voiles les yeux fermés car on est en permanence à bord depuis des mois. C’est une sensation agréable que d’arriver à un tel niveau de maîtrise sur des engins si complexes… »

- Publicité -

Direction les Sables pour Armel Le Cleac’h

150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h.

Que la nuit va être longue et difficile pour Armel et son équipe. Si les options d’Alex Thomson sont maintenant très réduites pour faire un coup et tenter de revenir pour reprendre l’écart de 60 milles qui les séparent, Armel va devoir veiller toute la nuit pour ne pas laisser échapper cette victoire qui lui résiste depuis maintenant dix ans. A 16h, Armel Le Cleac’h a viré de bord et se dirige maintenant tout droit vers Les Sables distantes encore de 290 milles.

Le chemin ne sera pas de tout repos pour lui puisqu’il va être contraint de longer les côtes et des DST où le trafic maritime est intense et où pêcheurs et casiers seront nettement plus dangereux qu’Hugo Boss.

Port Olonna se prépare et on sent la pression monter progressivement avec l’organisation qui se met en place. Les consignes ont été données à chacun pour pouvoir accueillir les skippers attendus demain en fin d’après-midi vers 19h, avec probablement 4h d’écart. Le chenal mythique sera ouvert de 18h à 1h du matin. Si Armel a de grandes chances de pouvoir le remonter, Alex Thomson devra peut-être patienter le lendemain matin jusqu’à 8h.

- Publicité -

La course du trio Dick-Elies-Le Cam relancée

Sailing aerial images of the IMOCA boat Finistere Mer Vent, skipper Jean Le Cam (FRA) during training for the Vendee Globe 2016, off Belle Ile in South Brittany, on october 13, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee Globe

Alors qu’Armel et Alex se livrent un beau duel pour la victoire et que Jérémie Beyou, 3è à moins de 1000 de l’arrivée, la 4e, 5e et 6e place ne sont pas encore jouées.
Jean-Pierre Dick sur son foiler St Michel Virbac bloqué dans une zone avec du vent variable voit revenir dans son tableau arrière Yann Eliès et Jean Le Cam, deux sacrés clients qui foncent sur lui le mors au dent. Ils en ont profité pour refaire une grande partie de leur retard. Ils sont désormais à 121 milles et le match du trio infernal est encore relancé.
« J’ai des conditions variables avec du petit temps, parfois des grains et une houle assez désagréable. Mais j’avance un peu ce matin, ce qui est une bonne nouvelle après la pétole d’hier, heureusement car Yann et Jean reviennent comme des boulets de canon.
En ce moment, il faut que le bateau soit prêt pour finir. Il faut bien régler le bateau, bien dormir, bien manger et ne pas paniquer. Armel a réussi à contenir Alex et c’est le même scénario qui se produit pour moi avec Jean et Yann. Concernant le match en tête, la zone de vent favorable à Alex est passée et ça devrait bien se passer pour Armel. »

Yann Eliès et Jean Le Cam se trouvent à environ 450 milles dans l’ouest de l’archipel du Cap Vert et évoluent toujours dans les alizés. Ils doivent composer avec des grains, ce mardi. Si la situation n’est pas simple, elle va toutefois se corser encore un peu plus dans les prochaines 24 heures lorsqu’ils vont aborder le sud-ouest de l’anticyclone des Açores. Dès lors, ce sera une zone de transition particulièrement perturbée, avec notamment du vent très instable en direction. Tout le jeu consistera alors à trouver le meilleur compromis entre route en plus et écarts de pression, mais dans tous les cas, il faudra mettre pas mal de nord dans sa trajectoire avant de refaire cap à l’ouest.

Yann Eliès : « Il n’y a pas beaucoup de vent. Je suis d’ailleurs repassé sous J1. Je me rapproche de l’espèce de front qui talonne Jean-Pierre Dick et je n’ai pas d’autre choix que de slalomer entre les grains tout en espérant que ça distribue pareil pour Jean (Le Cam) et pour moi ou que s’il y en a un des deux qui connais un peu moins de réussite, ce ne soit pas moi… Nous arrivons dans une zone de transition un peu foireuse avec le contournement de l’anticyclone. Le hic, c’est qu’elle avance avec nous et que ça risque donc de durer un moment. En attendant, il faut prendre ce qu’il y a à prendre et essayer de négocier au mieux les grains mais ce n’est pas simple de savoir comment aborder ces gros nuages. Jean-Pierre Dick est dans une situation encore plus délicate que Jean et moi…
Je n’ai pas refait tourner de routages aujourd’hui mais sur ceux que j’avais lancés il y a 48 heures, j’avais remarqué que Jean et moi étions effectivement susceptibles de revenir sur lui dans cette zone de transition. Et pour cause, il va buter dedans lors des deux prochains jours car s’il a failli accrocher le même système météo que Jérémie (Beyou), il se retrouve finalement planté dans le même que nous. Par conséquent, nous allons forcément le rattraper, même si c’est difficile de savoir dans quelle mesure. Reste que, comme lui, nous allons devoir faire le grand tour pour éviter la bulle anticyclonique. Cela signifie que nous allons devoir faire du nord pendant trois voire quatre jours puisque ce n’est qu’à partir de samedi prochain que nous choperons les dépressions qui nous permettront de faire de l’ouest… »

Jean Le Cam lui a baptisé son Spi Yannou parceque c’est comme ça!

- Publicité -

Jérémie Beyou 3è à moins de 1000 milles de l’arrivée

© Eloi Stichelbaut / Maitre Coq

Après 73 jours de mer, Jérémie Beyou aborde les 1000 derniers milles de son Vendée Globe en position idéale pour terminer sur la troisième marche du podium, dimanche ou lundi. Le skipper de Maître CoQ, s’il reconnaît penser de plus en plus à l’arrivée, reste extrêmement concentré sur la bonne marche et la santé de son bateau.

Jérémie, comment s’est passé le début de semaine ?
Jérémie Beyou : Depuis plusieurs jours, je navigue dans un étroit couloir entre une dorsale calée dans mon est et un thalweg (zone de basse pression de front froid) dans mon ouest envoyé par une dépression que je commence à sentir un peu. Les derniers jours étaient tendus, il fallait vraiment que je reste dans le flux de secteur sud, parce qu’il n’y avait pas d’air juste derrière moi, cela nécessitait d’être assez rapide dans les petits airs et de rester dans ce couloir. Hier, comme j’étais un peu décalé à l’est, je me suis recalé dans l’ouest, ce qui m’a obligé à faire deux empannages, il a fallu trouver la bonne force et la bonne direction de vent pour empanner au bon endroit. J’ai essayé de faire les choses tranquillement pour ne pas abîmer le matériel, mais je n’ai pas beaucoup dormi, parce qu’un empannage, ça prend une demi-heure, mais c’est beaucoup de matossage derrière.

Quelles sont vos conditions de navigation actuellement ?
JB : Le vent est en train de forcir, une vingtaine de nœuds, le bateau est à 18-19 nœuds mais comme je suis coincé entre deux phénomènes, le vent reste très irrégulier, il rentre par bouffes, passant de 15 à 20 nœuds. La mer était vraiment croisée depuis deux jours, là, elle s’est rangée, ça glisse pas mal.

Vous passez ce mercredi sous la barre des 1000 milles vous séparant des Sables d’Olonne, comment se présente la situation météo ?
JB : Pendant deux jours, je vais avoir du vent plutôt soutenu d’une vingtaine de nœuds, peut-être même un peu plus, donc j’avancerai sur des allures assez rapides, mais ensuite, je vais devoir contourner une dépression qui se loge au milieu du Golfe de Gascogne et génère des conditions très faibles. Cela me fait faire le tour par le nord, ce sera une phase plus délicate parce qu’il n’y aura vraiment pas beaucoup de vent. Si vous me demandez une ETA (estimation d’heure d’arrivée), je pense que dans cinq jours, je suis arrivé, mais c’est difficile d’être précis, parce que les deux derniers jours s’annoncent très aléatoires, je ne sais pas trop comment je vais avancer là-dedans, il va falloir garder ses nerfs.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un marin à qui il ne reste plus que 1000 milles à parcourir après 73 jours de mer ?
JB : Ça chamboule un peu partout dans la tête ! Tu es concentré sur ce que tu as à faire, c’est-à-dire essayer d’aller vite pour accrocher les phénomènes météo, mais en même temps, tu penses forcément à l’arrivée. Tu as beau essayer de t’empêcher de le faire, tu commences à avoir des images dans la tête… Maintenant, je sais qu’il peut arriver encore tellement de choses que j’essaie de me retenir, je me dis que c’est encore long et que ça va être complexe jusqu’au bout. Et comme je n’ai pas de concurrent réellement menaçant dans mon tableau arrière, je suis vraiment concentré sur la gestion du matériel, je fais quatre-cinq inspections du bateau par jour.

De l’extérieur, on a l’impression que ce tour du monde est passé très vite, partagez-vous ce sentiment ?
JB : Oui, c’est pareil, il s’est passé tellement de choses… Quand je repense à tous les événements de mon Vendée Globe, j’ai impression que c’était hier, mais en même temps, si je regarde devant, j’ai encore l’impression que l’arrivée est loin. Ce qui est sûr, c’est que je ressens une réelle forme d’usure. Je ne dirais pas de ras-le-bol parce que je suis content d’être en mer, mais j’ai envie d’autre chose… Les 18 mètres du bateau commencent à être vraiment petits et il y a de l’impatience de retrouver la terre et les proches…

Un mot sur le duel final entre Armel Le Cléac’h et Alex Thomson ?
JB : Pour moi, ce n’est pas fini. En termes de positionnement tactique, Armel a l’avantage, mais au niveau de la météo, ça peut être un peu plus mou que prévu, ce qui peut permettre à Alex de se rapprocher. S’il revient à vingt milles, ça peut changer la donne.

- Publicité -

Imocas : De la 1ère à la dernière génération de bateaux par Guillaume Verdier

150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h.

L’évolution des Imocas signé Verdier/VPLP est passionnante et Guillaume Verdier revient sur cette quête permanente de légèreté et de puissance sur trois générations

2007-2008 1ère génération
En 2007, je participe au design Team K Challenge pour la coupe de l’America à Valence. En collaboration avec Bernard Nivelt, je dessine des carènes très remplies aux extrémités, et dotées de flancs très verticaux. En parallèle, on étudie les compromis entre la raideur de forme des coques, la surface mouillée et la longueur de vague. Les étraves pleines se révèlent efficaces, car elles allongent la vague créée par le bateau.

C’est également à cette époque que commence ma collaboration avec le cabinet VPLP. Ensemble, nous travaillons sur la conception des bateaux Safran de Marc Guillemot (actuel Queguiner de Yann Elies) et Groupe Bel de Kito de Pavant (actuel Souffle du Nord de Thomas Ruyant).

Les plans que nous proposons sont en rupture avec les précédents IMOCA et ont les particularités suivantes :
Le bouchain est marqué et va sur toute la longueur de la coque, large de 5,50 m. Il présente donc moins de surface mouillée qu’auparavant. Une première chez les 60 pieds. Les flancs de coque sont également très verticaux. Ensuite, le volume avant est très prononcé, avec des lignes d’eau tendues à la gite et non plus inversées comme il était d’usage auparavant.

La quille est très reculée et on met du « tilt » sur son axe, c’est-à-dire qu’on incline l’avant de l’axe vers le haut, ce qui permet à la quille de travailler dans le même axe que la carène gitée

Concernant le plan de pont, nous décidons de centrer les masses et de descendre le centre de gravité. Le mât est classique, avec trois étages de barres de flèche (Groupe Bel opte pour le mât aile). Il est aussi très reculé, ce qui favorise les allures de reaching ainsi que la manœuvre des voiles (prise de ris). La grand-voile est du coup très élancée. Sa structure est d’ailleurs elle aussi assez originale, puisqu’elle est très ramifiée (comme les feuilles d’une branche d’arbre), ce qui permet une grande résilience en cas de dommage.

Pour tester ces innovations, on utilise des outils numériques de plus en plus perfectionnés (logiciel de calcul en Fluide dynamique), qui nous permettent de mieux appréhender les compromis. On teste également les carènes en bassin pour prédire leurs performances. Les bateaux s’affirment ainsi très puissants, bien qu’ils aient une largeur modeste. Leur comportement dans la houle est très bon, puisqu’ils enfournent peu.

2009-2010 Deuxième génération
Entre 2009 et 2011, nous allons concevoir, avec VPLP, quatre nouveaux 60 pieds : PRB de Vincent Riou, Virbac-Paprec 3 de Jean-Pierre Dick (actuel Bastide-Otio de Kito de Pavant), Banque Populaire d’Armel Le Cléach’ (actuel Maître Coq de Jérémie Beyou) et Macif de François Gabart (actuel SMA de Paul Meilhat).

Le concept initial de Safran, qui s’est révélé très performant, est repris comme base référentielle. Il s’agit maintenant de repousser ses limites, en s’inspirant notamment des retours des navigants. Il faut faire converger la théorie et la réalité.

Pour PRB, Vincent Riou nous demande toujours plus de simplification. Chaque pli de carbone est questionné, afin d’alléger toujours plus le bateau. Au final, après une cure d’amaigrissement mécanique, on atteint un résultat en masse inimaginable. La carène est la même que celle de Safran. La coque à bouchain est également large de 5,50 m. Le pont diffère en revanche, car Vincent Riou considère qu’il faut l’adapter à ses méthodes de navigation. Quant au mât-aile, il comporte des outriggers permettant d’écarter les points de tire des voiles d’avant.

Pour Virbac-Paprec 3, on entre dans les carènes deuxième génération. Le volume avant est augmenté, pour compenser la puissance du moteur vélique. Là encore, on s’appuie sur des outils scientifiques pointus. On teste la carène dans le bassin de la Woolfson Unit (à Southampton), ce qui nous permet de nous assurer de la qualité marine du bateau. On fait notamment des tests de passage en houle. Nous utilisons aussi un logiciel de simulation en mécanique des fluides (CFD), qui nous permet de comprendre d’où provient la résistance dans les différentes parties de la coque. Grâce à ces outils, nous parvenons à concevoir un bateau très tendue de carène, qui n’enfourne pas au reaching (vent de travers). C’est une avancée majeure, qui optimise sensiblement les 60 pieds nouvelle génération. La coque à bouchain est ainsi large de 5,70 m. On opte pour un mât classique très léger et très contraint, développé par Southern Spars

Banque Populaire et Macif sont des sisterships. Dans leurs plans, il faut retenir les éléments structurels suivants : une coque puissante à bouchain, de 5,70 m de large, un mât aile, une dérive droite, une quille carbone pour Banque Populaire et acier pour Macif et, enfin, un pont en forme d’aile de mouette. C’est une idée de Michel Desjoyeaux, qui y voyait un intérêt structurel, de fardage et de stockage des voiles au centre. C’est à sa demande qu’on crée un réseau complexe de goulottes sous le pont.

Le Vendée Globe 2012-2013 est remporté par Macif avec son skipper François Gabart.

2015-2016 Dernière génération
Pour l’édition du Vendée Globe 2016-2017, la jauge a évolué. Le mât aile et la quille d’une seule pièce sont imposés. VPLP et moi-même sommes contactés pour réaliser six nouveaux bateaux : Safran II de Morgan Lagravière, Banque Populaire d’Armel Le Cléach’, Gitana de Sébastien Josse, St Michel-Virbac de Jean-Pierre Dick, Hugo Boss d’Alex Thomson et le dernier mis à l’eau No Way Back de Pieter Heerema. Nous allons chercher un moyen d’optimiser les performances. C’est là qu’interviennent les foils.

D’abord, nous éprouvons nos concepts antérieurs au moyen d’un package scientifique similaire aux précédents plans. Puis, forts de notre expérience sur le design de l’AC72 Team New Zealand pour la coupe de l’America (2013), nous décidons d’introduire les foils dans la conception des nouveaux 60 pieds.

Ils sont novateurs car la surface portante produit à la fois la force latérale et la poussée verticale. Ces foils sont décomposés en trois parties : le « shaft » qui rentre dans le puits, le plan porteur et le plan antidérive ou « tip ». Nous les dénommons Dali, car, vus de l’arrière, ils ressemblent aux moustaches du peintre.

Pendant toute la conception de ces foils, nous collaborons avec Len Imas, qui travaillait avec moi chez ETNZ, et Romain Garo, sur le calcul d’écoulement (Simulation numérique de la trainée du bateau). Pour choisir le compromis, nous utilisons l’outil VPP (Velocity Prediction programme), conçu par Dan Bernasconi. VPLP lance et supervise en parallèle des études en soufflerie Enfin, je développe, avec Benjamin Muyl, des plateformes numériques de calculs par éléments finis , pour évaluer la solidité du bateau).

On cherche à rendre le bateau plus homogène, tout en prévoyant une violence accrue de l’impact des vagues. Les gréements sont très reculés ainsi que les quilles. Les formes avant sont remplies, pour compenser la poussée accrue du moteur vélique.

Les foils soulagent quasiment intégralement le bateau. Nous avons amélioré leur performance lors du deuxième jeu en les faisant plus fins ; moins perturbants au niveau du transpercement de la surface. Le tip produit une grande partie du travail.

Gitana et St-Michel-Virbac s’associent pour la conception de leurs bateaux. Les plans de ponts sont également différents des éditions précédentes. L’accastillage est surbaissé et l’habitacle est totalement couvert. La nouvelle carène que nous proposons est très tendue, malgré le fait qu’elle n’est pas toujours soulagée par les foils (au près par exemple). La nouvelle jauge IMOCA nous restreint les volumes de ballasts, mais la quantité d’eau embarquée est moindre.

Hugo Boss est, quant à lui développé pour un programme assez radical, selon la volonté d’Alex Thomson. Le foil pousse une part plus importante de la masse du bateau. On obtient ainsi un bateau légèrement plus étroit, mais sur lequel il faut travailler de manière assidue pour bénéficier du couple dynamique. Le marin devra donc être plus attentif pour être toujours réglé de manière optimale (voile/angle de quille/enfoncement de dérive/angulation de la quille).

Conclusion, à l’arrivée.

- Publicité -

Journée décisive

150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h.

La journée d’aujourd’hui est décisive pour les deux skippers qui sont maintenant à 300 milles des Sables. Ils continuent à faire route vers le nord avant de virer au large des îles Scilly pour un long bord direct vers l’arrivée prévue jeudi dans la journée. Le moment du virement sera fatidique. Armel devrait le faire vers 17h. Mieux placé, il a 60 milles d’avance si l’on considère qu’Alex doit faire le même chemin que lui.

Armel joint ce matin était assez tendu et on le comprend : ” Ce n’est pas facile depuis un petit moment. Ce n’est pas reposant. J’arrive à tenir tête. L’arrivée est un peu compliquée avec beaucoup de dangers avec les cargos et les pêcheurs. Il faudra être prudent et vigilant.

routage

Depuis quelques heures Alex revient sur Armel et l’écart affiché est de 40mn mais la position d’Armel laisse peu de marge au Gallois qui sera contraint de suivre la même route. Armel devrait virer vers 17h. Une dernière manœuvre cruciale qui doit se passer au bon moment et sans encombre.

Alex Thomson ressent aussi la fatigue de ce tour du monde accentué par des problèmes de pilote qui le contraignent à barrer pour éviter le trafic qui se densifie à l’approche des côtes. ” Je suis assez fatigué à cause d’un problème de pilote en mode vent. Je n’ai pas beaucoup d’option jusqu’au Scilly pour dépasser Armel. C’est possible de revenir si j’arrive à refaire marcher mon pilote mais je n’ai qu’une seule envie en arrivant c’est de dormir.

Le dénouement est prévu jeudi en fin de journée.

 

- Publicité -

Le survol des leaders en approche de l’arrivée

Les deux leaders du Vendée Globe ont été survolé ce mardi 17 janvier par un Falcon de la Marine Nationale.

- Publicité -

Progression fluide vers l’Equateur

Il reste 1000 milles à parcourir avant de franchir l’Equateur et IDEC conserve encore 1600 milles d’avance. Si celle-ci a un peu baissé et devrait continuer encore un peu, le grand trimaran rouge et gris poursuit son ascension de l’Atlantique au rythme de l’alizé brésilien qui lui permet de maintenir, à 25 nœuds de moyenne, une progression fluide et régulière sur la route du Trophée Jules Verne.

Après l’effort, le réconfort… Après une course de vitesse à travers les mers australes qui restera dans les annales du Trophée Jules Verne et de la course au large, la joyeuse bande d’IDEC SPORT continue sa chevauchée fantastique en direction de l’équateur. « L’alizé est orienté à l’est et la navigation est vraiment sympa. Nous progressons à 25-30 nœuds, sans être recouverts par des paquets de mer, c’est vraiment agréable. On n’oublie pas le charme du Sud, mais on apprécie le charme des tropiques », confie le skipper d’IDEC SPORT. Sur le pont, Clément Surtel et Alex Pella profitent aussi à plein régime de ces conditions de rêve qui leur apportent un peu douceur après leur cavalcade infernale aux pays des latitudes rugueuses et extrêmes. « C’est un peu les vacances. Il fait beau, on mange bien, on dort bien et là, c’est le patron qui barre », lâche, hilare, Alex Pella, dont l’éternelle bonne humeur reste, comme pour ses compagnons d’équipée sauvage, un vaillant moteur pour abattre les milles avec une efficacité rare.

Fidèles à eux-mêmes Francis Joyon et ses équipiers, pointés à 500 milles au large des côtes brésiliennes, tirent le meilleur des conditions offertes pour tracer une trajectoire optimale leur permettant de déjouer les pièges et les embûches jalonnant le reste du chemin à parcourir pour boucler la boule. Crédités, ce matin, d’un bonus de 1630 milles sur le record à battre, ils ont logiquement concédé, sur un plan purement comptable en termes de distance parcourue, un peu de terrain ces derniers jours face à leur concurrent virtuel, Banque Populaire V. Rien de plus normal à ce stade du parcours peu enclin aux grandes échappées, alors que l’écart mesuré à 4 jours et 6 heures en leur faveur au passage du cap Horn, continue de se faire et se défaire au gré des systèmes météo traversés et des inévitables accélérations et ralentissements qui en résultent sur le parcours planétaire.

- Publicité -
- Publicité -