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Transat Café L’OR. 4 ULTIM, 10 Ocean Fifty, 19 IMOCA et 40 Class40 au départ!

ⓒ JM Liot / ALEA

Point d’orgue de la saison de course au large, la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie réunit cette année une flotte marquée par la mixité des parcours et des équipages. 4 ULTIM, 19 IMOCA, 10 Ocean Fifty et 40 Class40 prendront le départ du Havre pour rejoindre la Martinique soit 146 skippers dont 18 femmes qui incarnent le renouveau et la diversité grandissante de la discipline.

Les ULTIM, au nombre de 4, seront les premiers à s’élancer du Havre le 26 octobre. Si Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse (Maxi Banque Populaire XI) remettent leur titre en jeu, ils peuvent compter sur Thomas Coville et Benjamin Schwartz (Sodebo ULTIM 3) ainsi qu’Anthony Marchand et Julien Villion (Actual ULTIM 4) pour les challenger. Mais le duo qui attire déjà les regards est celui mené par Tom Laperche (SVR Lazartigue) qui a choisi Franck Cammas comme co-skipper. Ce dernier pourrait battre le record de victoires de l’épreuve, qu’il détient aujourd’hui avec Jean-Pierre Dick.

Tom Laperche, skipper de SVR Lazartigue
On est dans une phase d’optimisation du bateau et je cherchais du sang neuf, quelqu’un avec une vraie expertise de ces grands trimarans. Franck était en tête de liste et surtout disponible ! Il peut apporter énormément en termes de performance et d’innovation, à la fois à notre duo et à toute l’équipe.

Franck Cammas, co-skipper de SVR Lazartigue
“Gagner avec SVR Lazartigue et avec Tom serait déjà une belle récompense en soi, le record de victoires sur la Transat Café l’Or, on va le garder pour les livres d’histoire. Ce que je retiens, c’est que le duo est une super formule pour les multicoques. Lorsque j’évoluais dans cette classe, en solitaire, j’ai le souvenir qu’on était limité dans notre capacité à bien mener notre bateau et la régate s’en ressentait. Le double permet d’avoir ce bon équilibre et d’apprendre énormément au contact de son équipier.”

LES OCEAN FIFTY EN FORCE
Plus nombreux qu’en 2023, 10 Ocean Fifty décolleront du Havre. La flotte des multicoques s’est beaucoup renouvelée avec le transfuge de skippers venus de Class40 et d’IMOCA, apportant des nouveaux visages et de nouveaux talents, à l’image d’Emmanuel Le Roch et Basile Bourgnon (Edenred) ou encore Anne-Claire Le Berre et Elodie-Jane Mettraux (Upwind by Merconcept). Thibaut Vauchel-Camus, tenant du titre, a lui voulu (re)former un duo à la fois complice et expérimenté avec son ami de toujours, Damien Seguin.

Thibaut Vauchel-Camus, skipper de Solidaires En Peloton
“On est peut-être l’un des plus vieux duos de la course ! Le nôtre a plus de 25 ans et remonte à l’époque du lycée en Guadeloupe. Pour cette saison, je cherchais un co-skipper avec un profil un peu différent. On a fait évoluer les règles en Ocean Fifty, en n’autorisant plus le routage sur les courses en double. Il me fallait quelqu’un qui a une grande expérience de navigation et d’analyse météo. La catalyse entre le fun et la connaissance qu’on a l’un de l’autre promet une belle course.”

Damien Seguin, co-skipper de Solidaires En Peloton
“En multicoque, on a un bon mix entre navigation en solitaire ou en double, et navigations en équipage sur des Grands Prix. La classe est un peu plus à taille humaine et on navigue davantage. La gestion de projet est aussi plus facile que ce que vous pouvez trouver en IMOCA. Et surtout, ces bateaux apportent beaucoup de sensations. Ils vont vite, très vite, avec cette pointe d’adrénaline qu’on aime.”

UNE NOUVELLE ÈRE CHEZ LES IMOCA
Alors qu’un nouveau cycle s’ouvre chez les IMOCA, 19 bateaux ont prévu de s’aventurer cette année sur la Route du café. Le duo le plus attendu est sans conteste Ambrogio Beccaria et Thomas Ruyant (Allagrande Mapei), tous les deux tenants du titres dans des classes différentes (Class40 pour l’Italien et IMOCA pour le Français). Mais celles qui vont attirer la foule sur les pontons, ce sont Samantha Davies et Violette Dorange (Initiatives-Cœur). Un duo dont l’alchimie fonctionne déjà et a conquis le cœur du public.

Samantha Davies, skipper de Initiatives-Cœur
“Humainement, Violette est incroyable. On s’entend super bien. Elle est arrivée sur la pointe des pieds, très humble et discrète, et elle a mémorisé un nombre incroyable de choses pour être en mesure de prendre le bateau en mains très vite alors que naviguer sur un foiler est nouveau pour elle.”

Violette Dorange, co-skipper de Initiatives-Cœur
“Quand j’ai su que j’allais naviguer avec Sam, j’ai fondu en larmes. Initiatives-Cœur, c’est LE projet dont j’ai toujours rêvé. Avoir l’opportunité de naviguer une année avec une de mes idoles, c’est magnifique. Je commence à prendre mes marques. Je suis désormais plutôt au point sur tout ce qui est manœuvres et ergonomie du bateau. J’ai encore des progrès à faire sur la partie « logiciels », comme sur les réglages, mais c’est un domaine où l’apprentissage est infini.”

LE RETOUR D’UN CADOR EN CLASS40

Les derniers à s’élancer seront les Class40. Flotte la plus dense mais aussi la plus riche par la diversité de ses profils, ils seront 40 équipages à s’aligner en direction de la Martinique. On y retrouve des habitués, comme Vincent Riou (Pierreval-Fondation Good Planet) qui rempile pour la onzième fois avec Yann Doffin mais aussi le binôme de Martinique Horizon qui avait enflammé le port de Fort-de-France à leur arrivée. Dans les nouvelles recrues, on pourra compter sur le duo 100% féminin Aina Bauza et Axelle Pillain qui a décroché la bourse Cap pour Elles. Michel Desjoyeaux a lui aussi décidé de renouer avec le frisson de la course au large en compagnie d’Alexandre Le Gallais (TRIMCONTROL). De quoi impressionner les plus jeunes du circuit.

Thimoté Polet, skipper de ZEISS
“De sacrés cadors arrivent dans la classe. Les marins comme Michel Desjoyeaux, je les regardais gagner le Vendée Globe quand j’étais petit. Maintenant j’ai la chance de pouvoir les affronter. Ma première Route du café, j’ai l’impression que c’était hier. Il y avait des larmes au départ du ponton. L’édition 2023 j’ai l’impression que c’était ce matin. On a presque envie que la course ait lieu tous les ans !”

Guillaume Pirouelle, skipper de Seafrigo – Sogestran
“J’ai pris des départs de transatlantiques ailleurs qu’au Havre, mais la première fois que je suis parti d’ici, j’ai trouvé ça tellement plus fort. Jamais je n’aurais pensé prendre un jour le départ de cette course et pourtant c’est la troisième fois !”

Rendez-vous le 26 octobre prochain au Havre pour assister aux 4 départs de la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie à destination de la Martinique. Les premières arrivées sont prévues autour du 5 novembre à Fort-de-France.

Gildas Gautier, co-président de la TRANSAT CAFÉ L’OR
“C’est toujours passionnant de découvrir puis de dévoiler les duos de skippers qui participeront à la 17e édition de la Transat Café L’Or Le Havre Normandie. C’est le rendez-vous incontournable de la course au large cette année encore, et elle promet d‘être très disputée dans chacune des quatre classes. Nous sommes fiers de réunir les marins les plus prestigieux et les plus compétitifs et je suis sûr que les passionnés seront nombreux au Havre et en Martinique pour venir les encourager. Ce sera aussi l’occasion de partager avec tous un moment convivial et festif.”

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Imoca. Abandon de Thomas Ruyant et Vulnérable sur la Course des Caps

Thomas Ruyant et son équipage de Vulnérable ont abandonné cette nuit. Une avarie au niveau du pied de mât de l’IMOCA ont contraint l’équipage à rejoindre le port le plus proche pour sécuriser le bateau, Aberdeen au Nord-Est de l’Ecosse. Les dernières 24h où l’équipage a énormément tiré sur le bateau pour tenter de revenir sur MACIF l’a sans doute fragilisé. Thomas Ruyant, Manon Peyre, Morgan Lagravière et Ambrogio Beccaria, qui étaient deuxièmes de la première édition de la Course des Caps vont bien et déroutent l’IMOCA au moteur.

Les concurrents de la Course des Caps – Boulogne-sur-Mer – Banque Populaire du Nord ont désormais franchi la mi-parcours — exception faite de New Europe — et, pour la plupart, dépassé Papa Westray et Ronaldsay, points les plus septentrionaux du tracé situés à 59° Nord. Ces terres ont été contournées en début d’après-midi ce jeudi (à 14h38 pour les leaders), après une navigation menée tambour battant, avec des vitesses moyennes dépassant 20 nœuds, et jusqu’à 25 nœuds pour certains. Avant d’y parvenir, les équipages avaient enchaîné plusieurs empannages pour ajuster leur trajectoire vers le nord. Juste après leur passage, ils ont affronté un petit front peu actif, accompagné de grains, de pluie et de rafales atteignant 30 nœuds. Cet épisode a contribué à resserrer les écarts entre les IMOCA et, notamment, à réduire l’avance de MACIF Santé Prévoyance, skippé par Sam Goodchild et toujours en tête. Désormais, un flux soutenu de sud-sud-ouest propulse la flotte sur un long bord de près le long des côtes est des îles Britanniques. Cette trajectoire relativement rectiligne promet peu d’options stratégiques, mais sera semée de nombreux obstacles à négocier en mer du Nord : plateformes pétrolières, bancs de sable, barges, dispositifs de signalisation et autres dangers potentiels qui exigeront une vigilance de chaque instant de la part des marins.

Un rythme effréné qui rebat les cartes
Depuis le début d’après-midi mercredi, la course a radicalement changé de visage avec une nette accélération du rythme qui a totalement bouleversé la physionomie de la flotte. Les IMOCA ont littéralement enclenché le mode survitaminé, certains naviguant pied au plancher à l’image de VULNERABLE, qui s’est imposé comme le plus rapide ces dernières heures. L’équipage de Thomas Ruyant a ainsi remporté coup sur coup le Sprint 5 – Bermudes entre Slyne Head et le cap Wrath, portant son total à trois trophées depuis le départ. Morgan Lagravière détaille : « Hier soir, on a commencé à accélérer avec des allures plus portantes. On attendait ce moment avec impatience, surtout avec notre bateau, et on n’est pas déçus ! On avait pris pas mal de retard hier, mais on a bien cravaché cette nuit en se relayant régulièrement à la barre. » Cette cadence infernale a permis à VULNERABLE de fondre sur MACIF Santé Prévoyance, qui comptait encore près de 40 milles d’avance hier et ne dispose désormais plus que d’une « maigre » marge de huit milles sur ses plus proches poursuivants.

Un mode « poney »
L’expression « mode poney », popularisée par Julien Villion (Malizia – Seaexplorer), illustre parfaitement l’état d’esprit qui anime actuellement la flotte : des équipages lancés à pleine vitesse, décidés à exploiter au maximum les allures portantes pour avaler les milles. « Là, on est à fond, à fond ! On met toute la sauce possible, c’est vraiment top. On s’éclate ! Ces conditions sont idéales pour notre bateau », se réjouit Sam Davies (Initiatives Cœur), traduisant l’enthousiasme général. La nuit, étonnamment claire grâce à la latitude élevée, a aussi réservé une agréable surprise aux marins, comme le raconte Morgan Lagravière : « La chance qu’on a eue, c’est qu’en étant assez au nord, les nuits restent claires, ce qui nous a permis de barrer efficacement même la nuit. » À noter également l’option audacieuse de Malizia – Seaexplorer, seul bateau à avoir choisi de contourner par l’extérieur la zone de tir — un secteur interdit à la navigation à l’ouest des Hébrides — tandis que le reste de la flotte se glissait entre cette zone et les Hébrides externes (Lewis, Harris, North Uist, South Uist, Barra). Un choix payant qui lui a permis de grappiller quelques milles sur ses adversaires.

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Cap sur la mer du Nord avec prudence
Après avoir doublé les deux îles les plus septentrionales du parcours et traversé le petit front, la flotte s’est lancée sur le long bord de retour vers Boulogne-sur-Mer, propulsée par un flux soutenu de sud-sud-ouest. Comme le souligne la skipper d’Initiatives Cœur, « après le passage des Orcades, il faudra rester d’autant plus concentrés. La vie à bord devient vraiment physique : ça bouge sans arrêt, et chaque manœuvre demande une précision extrême. » Théoriquement, ce bord s’annonce sans grandes options stratégiques, mais la mer du Nord regorge de dangers : plateformes pétrolières, bancs de sable, barges, dispositifs de signalisation… autant d’obstacles qui imposeront une vigilance de chaque instant. Szabolcs Weöres (New Europe) prévient : « Les conditions deviennent humides : tout commence à être trempé à l’intérieur, et toutes les voiles sont entassées à l’arrière du bateau. Tout devient plus difficile et cela risque de se compliquer encore, mais ça ne nous effraie pas. » Pour l’heure, il accuse un retard d’environ 300 milles sur les leaders. Avec son IMOCA équipé de dérives droites, il ne peut rivaliser à armes égales avec les foilers de dernière génération, taillés pour ces vitesses élevées. Mais le Hongrois et son équipage continuent d’avancer avec ténacité et enthousiasme, savourant chaque mille parcouru. Selon les dernières prévisions, ils devraient franchir la ligne d’arrivée à Boulogne-sur-Mer dimanche soir, alors que les premiers IMOCA sont, à date, toujours attendus dans la journée de samedi.

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NYYC International Women’s Championship. Une régate internationale réservée aux femmes à Newport

2023 ROLEX NYYC INVITATIONAL CUP

Le New York Yacht Club annonce l’organisation d’un nouvel événement : le NYYC International Women’s Championship. Une régate réservée aux femmes qui se déroulera du 12 au 19 septembre 2026 avec la flotte IC37 du club. Les meilleures navigatrices sont invitées à demander une invitation, quel que soit leur pays, leur affiliation à un yacht club ou leur statut amateur.

Il n’est pas nécessaire de former une équipe complète pour postuler, mais il est recommandé d’avoir une équipe de base. Comme les autres événements organisés par le New York Yacht Club avec des bateaux fournis, le championnat international féminin offrira des conditions de compétition équitables, avec des bateaux monotypes fournis et entretenus selon les normes de course les plus strictes, un réglage uniforme des gréements et un arbitrage sur l’eau.

L’événement comprend deux jours d’entraînement obligatoire et cinq jours de course. D’impressionnantes activités sociales à terre, sur le nouveau front de mer de Harbour Court, ainsi qu’un banquet officiel de remise des prix, feront de cette régate une expérience vraiment mémorable. Cliquez ici pour consulter le communiqué de presse annonçant l’événement.

La compétition internationale féminine de voile de haut niveau fera son retour à Newport, dans le Rhode Island, à la fin de l’été 2026, lorsque le New York Yacht Club accueillera la première édition de l’International Women’s Championship. Les meilleures navigatrices professionnelles et amateurs s’affronteront à bord de la flotte de 20 yachts IC37 identiques, équipés de voiles identiques et d’un gréement standardisé, avec un arbitrage sur l’eau, créant ainsi ce que beaucoup considèrent comme les conditions les plus équitables dans ce sport. Parmi les cinq premières équipes annoncées aujourd’hui figurent des femmes qui ont participé à la PUIG Women’s America’s Cup l’automne dernier et au circuit SailGP, qui ont remporté des médailles olympiques, ont été élues « navigatrice universitaire de l’année » et ont participé à des courses autour du monde.

« L’intérêt pour cette régate a été tout simplement stupéfiant », déclare Cory Sertl, président de l’événement. « Le comité de sélection a eu la tâche très difficile de réduire le nombre de candidatures, qui s’élevait à 48, afin de dresser la liste des 20 équipes invitées. Nous avons ensuite dû annoncer la mauvaise nouvelle à des navigatrices très talentueuses. Mais nous sommes très satisfaits de notre sélection finale. Ces 20 équipes comptent certaines des meilleures navigatrices au monde et viennent des quatre coins du globe. »

La première édition du New York Yacht Club International Women’s Championship se déroulera du 12 au 19 septembre au New York Yacht Club Harbour Court à Newport, dans le Rhode Island. La régate utilisera la flotte de 20 IC37 du club. Ce quillard de 37 pieds a été conçu par Mark Mills selon un cahier des charges élaboré par le club. L’IC37 est une plateforme puissante et sportive qui récompense le travail d’équipe et les qualités athlétiques. Le championnat international féminin est soutenu par son partenaire fondateur Rolex et le sponsor de la régate Helly Hansen.

Le premier groupe de skippers invitées comprend Marie Klok Crump (DEN), Hannah Diamond (GBR), Karleen Dixon (NZL), Michelle Lahrkamp (USA) et Katie Spithill (AUS). Les 15 autres seront dévoilées dans les prochaines semaines.

Katie Spithill a découvert la voile à l’âge de 5 ans, lorsqu’elle a commencé à faire partie de l’équipage de son frère James, qui s’est ensuite illustré dans la Coupe de l’America. Katie Spithill est devenue une navigatrice accomplie, terminant sur le podium lors de deux éditions du Championnat du monde de match racing féminin. Récemment, elle a mené des équipes entièrement féminines à des places d’honneur dans certaines des plus prestigieuses compétitions de grands voiliers en Australie, notamment la Rolex Sydney Hobart Race. Parmi les athlètes de renom qui rejoindront l’équipe Women’s Racing AUS de Spithill figure Stacey Jackson, vétérane de l’Ocean Race.

« Nous avons été attirées par le Championnat international féminin 2026, car il représente un moment historique pour la voile féminine de haut niveau », explique Spithill. « Avec des équipes féminines d’élite venues du monde entier, comprenant des athlètes olympiques, des championnes du monde, des athlètes de SailGP et des navigatrices de la Coupe de l’America, l’événement promet une compétition de haut niveau. C’est l’occasion de contribuer à écrire l’histoire du sport, de mettre en valeur les talents australiens en matière de voile et de soutenir la promotion mondiale d’une plus grande représentation des femmes dans le sport de haut niveau. »

S’appuyant sur un vivier de talents scandinaves et américains, l’équipe dirigée par la Danoise Marie Klok Crump représentera la station nord-américaine des Royal Scandinavian Yacht Clubs et le Nyländska Yaktklubben de Finlande.Marie Klok Crump participe à des compétitions internationales depuis 30 ans et a été classée n° 2 au classement mondial de match race féminin de la World Sailing. Parmi les membres de l’équipage figurent deux médaillées olympiques, Helle Jespersen et Katja Salskov-Iversen, ainsi que deux commodores de clubs nautiques royaux.

« Ayant participé à la première édition de la Rolex New York Yacht Club Invitational Cup en 2009 en tant que seule femme skipper, j’étais ravie de voir un événement de cette envergure voir le jour et je savais qu’il attirerait les meilleurs navigateurs du monde », déclare Marie Klok Crump. « Nous prévoyons un programme d’entraînement rigoureux, même si notre équipe est répartie dans cinq pays, principalement en Europe. Nous organiserons des sessions d’entraînement à Newport, ainsi qu’à Stockholm et à Monaco pour faciliter la logistique. Nous avons constitué une équipe un peu plus importante afin de pouvoir nous entraîner plus longtemps, car l’événement aura lieu dans plus d’un an et beaucoup d’entre nous ont d’autres compétitions à préparer et à disputer. »

À elles deux, Michelle Lahrkamp et sa jeune sœur Vanessa ont remporté trois titres de « Women’s College Sailor of the Year » (meilleure navigatrice universitaire) et six championnats universitaires nationaux. À l’automne prochain, elles se concentreront sur la direction d’une équipe rajeunie de l’American Yacht Club lors du championnat international féminin. Le yacht club de Long Island Sound a fait l’acquisition d’un IC37 sur lequel l’équipe s’entraînera pendant les 15 prochains mois.

« Nous sommes fiers d’aligner une équipe complète de l’American Yacht Club à bord du Fair American, notre IC37 nouvellement baptisé », déclare Michelle Lahrhamp, qui sera la skipper. « À l’AYC, nous comptons de nombreuses membres féminines, de toutes les générations et de toutes les disciplines, qui sont ravies de rejoindre cette équipe. Il en résulte un équipage composé de talents exceptionnels issus de l’AYC, motivés, collaboratifs et profondément engagés à se préparer ensemble pour cette compétition de niveau mondial.

Cet été, nous nous concentrerons sur le perfectionnement de la maniabilité du bateau et sur les régates dans le détroit de Long Island. Nous avons prévu des entraînements avec des entraîneurs expérimentés de notre club, dont beaucoup ont participé à des courses internationales de haut niveau et connaissent bien l’IC37. Nous prévoyons de participer aux épreuves IC37 à Newport l’été prochain afin d’affiner notre départ en monotype et notre exécution tactique. Notre programme d’entraînement est soigneusement conçu pour renforcer la cohésion de l’équipe et optimiser nos performances. »

Hannah Diamond était l’une des barreuses de l’équipe Athena Pathway qui a terminé deuxième de la PUIG Women’s America’s Cup l’automne dernier et a fait le tour du monde avec Vestas 11th Hour Racing. Elle dirigera une équipe issue des rangs du vénérable Royal Thames Yacht Club. Elle sera accompagnée de Saskia Clark, double médaillée olympique dans la catégorie 470.

« Le Royal Thames Yacht Club compte parmi ses membres plusieurs navigatrices de renommée internationale », explique Hannah Diamond. « Le noyau de l’équipe est formé de navigatrices qui ont participé à des compétitions dans toutes les disciplines de ce sport et qui ont remporté des succès internationaux. Elles seront complétées par des membres du club qui ont de l’expérience dans des quillards similaires.

Nous allons élaborer un plan solide pour finaliser la sélection de notre équipe et nous allons passer autant de temps que possible sur l’eau afin de souder l’équipe et de nous mettre dans les meilleures conditions pour réaliser la meilleure performance possible le jour de la course ! Nous savons que la compétition sera très rude, nous devrons donc être stratégiques dans la manière dont nous utiliserons le temps qui nous reste avant la régate. »

Karleen Dixon aura pour objectif de perpétuer l’impressionnant héritage du Royal New Zealand Yacht Squadron en matière de succès mondiaux dans le domaine de la voile lors du championnat international féminin.

« Beaucoup d’entre nous ont navigué à Newport au fil des ans et ont adoré cette ville. C’est un lieu emblématique de la voile qui nous a laissé de nombreux souvenirs », explique Dixon. « Nous sommes toutes très impatientes de revenir pour participer à des courses de haut niveau. Certaines d’entre nous ont participé au Rolex Women’s Keelboat Championship, et ce fut une expérience extraordinaire. La course à la voile féminine a connu un déclin mondial ces dernières années, c’est donc une occasion incroyable de la remettre au premier plan : 20 bateaux monotypes, les meilleures navigatrices du monde… Qui ne voudrait pas en faire partie ?

Notre équipe de base navigue ensemble depuis plus de 30 ans. Nous ne sommes pas seulement des coéquipières, nous sommes des amies de longue date qui avons traversé ensemble des naissances, des décès, des mariages, des divorces et tout ce qui se passe entre les deux. La force de notre lien sur l’eau et en dehors est assez spéciale, et nous sommes impatientes de mettre cette énergie au service de cette régate. »

Les 15 autres skippers invitées seront annoncées dans les prochaines semaines.

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Ocean Race. Une nouvelle carto immersive pour la course

The Ocean Race s’associe à PredictWind pour créer une nouvelle cartographie de suivi de course en direct. Cette collaboration couvrira plusieurs événements majeurs, à commencer par The Ocean Race Europe 2025, puis The Ocean Race Atlantic 2026 et enfin The Ocean Race autour du monde en 2027. Le “Race Tracker” de The Ocean Race Europe a été entièrement repensé pour devenir une plateforme dynamique offrant un accès sans précédent aux données de course en temps réel.

Le nouvelle cartographie offrira aux fans, aux équipes, aux médias et aux partenaires une expérience immersive, avec :

Suivi GPS en direct : interface intuitive avec des vues dynamiques en 2D et 3D.
Superpositions météo globales : prévisions et données historiques pour mieux comprendre les conditions météo.
Routage prédictif : visualisation des trajectoires prévues à l’aide de données météo, de polaires de bateaux et de calculs de PredictWind.
Flux de télémétrie complet : vitesse, cap, angle du vent réel, distance au leader, à l’arrivée, distance parcourue et estimée jusqu’au prochain point ou à ligne d’arrivée (en milles nautiques).
Intégration multimédia : mises à jour des reporters embarqués (OBR) et des équipages directement dans le “Race Tracker”.

“Cette nouvelle cartographie, conçue avec PredictWind, est une plateforme innovante qui place le fan au cœur de l’action”, a déclaré Richard Brisius, Président de The Ocean Race. “De l’analyse prédictive aux contenus immersifs, ce “Race Tracker” redéfinit l’expérience de la course.”

“Collaborer avec The Ocean Race est un moment important pour nous,” a déclaré Jon Bilger, fondateur de PredictWind. “Notre équipe a conçu un produit qui ne se contente pas de suivre la flotte, mais raconte toute l’histoire, en temps réel, avec une technologie jamais vue.”

Une version de la cartographie sera intégrable sur les sites des médias et des équipes pour élargir l’audience et permettre aux fans de suivre la course dans leur environnement connecté préféré.

La nouvelle plateforme de suivi et météo sera lancée le 10 août, avec le départ de The Ocean Race Europe 2025, offrant une expérience de visionnage de haut niveau aux ans à travers le monde.

La flotte IMOCA de The Ocean Race Europe, composée de sept monocoques volants à foils, courra sous la bannière Connecting Europe, au départ de Kiel (Allemagne) le 10 août, passant par Portsmouth (Royaume-Uni), Matosinhos / Porto (Portugal – fly-by), Carthagène (Espagne), Nice (France), Gênes (Italie), et finissant dans les Bouches de Kotor (Monténégro), marquant la première course de The Ocean Race en mer Adriatique.

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Transpac. Les 16 “petits” bateaux ont pris le départ vers Hawaï

Sharon Green

Le départ de la mythique Transpac a été donné à Los Angeles 16 bateaux. Direction Hawaï. En tant que plus petits voiliers de la flotte de 53 bateaux participant à l’édition de cette année, ils s’apprêtent à endurer le plus grand nombre de jours difficiles en mer, mais ils auront également la chance unique de profiter plus longtemps des splendeurs de la traversée du Pacifique.

Quatre divisions ont pris le départ aujourd’hui à 13h20, heure locale, au large de Point Fermin, à Los Angeles. Organisée par le Transpacific Yacht Club, cette course biennale est considérée comme l’une des plus prestigieuses au monde. Elle utilise trois départs en poursuite répartis sur cinq jours (les 1er, 3 et 5 juillet 2025) afin que les 53 bateaux puissent tous arriver à quelques jours d’intervalle à Diamond Head, à Honolulu. Avec des bateaux allant de 35 à 88 pieds, les départs échelonnés favorisent les plus petits navires afin que la flotte puisse atteindre les côtes hawaïennes à peu près au même moment.

Les bateaux qui ont pris le départ aujourd’hui peuvent sembler naviguer tranquillement par rapport aux plus gros navires qui partiront plus tard dans la semaine. Mais étant donné que le premier prix de l’événement, le trophée King Kalakaua, est déterminé selon le système de handicap Offshore Racing Rule, les chances sont égales sur ce parcours de 2 225 milles nautiques.

Quelques instants avant le départ, le bateau-pompe de Los Angeles a aspergé la zone de départ d’eau salée du Pacifique, sous un vent d’ouest de 10 à 12 nœuds qui soufflait en rafales à plus de 15 nœuds au moment du premier signal. Une marque sous le vent qui traînait a nécessité un report de 20 minutes afin de garantir une ligne de départ correcte, mais à 13h20, le coup de feu a enfin retenti et la flotte s’est élancée pour l’aventure d’une vie.

Les 16 bateaux ont pris un départ propre, tous sous vent de tribord. Au moment où nous écrivons ces lignes, un groupe de quatre bateaux en tête se forme : le Beneteau 47.7 Macondo de Mike Sudo, le Dufour 525 Insoumise de Michael Marion, le Pacer 42 Zimmer de Samantha Gebb et le Custom 49 Sir Edmund d’Andy Schwenk.

« La plupart des bateaux mettront le cap au sud-ouest, plutôt que de suivre des routes plus élevées, plus proches de la ligne rhombique », a prédit Chris Bedford, météorologue professionnel spécialisé dans la navigation de plaisance et cofondateur de la Marine Weather University, lors d’un entretien téléphonique lundi matin. « Une fois qu’ils auront quitté la baie, le vent habituel du nord-ouest ne sera probablement plus là, il pourrait donc y avoir une période de calme mercredi, qu’ils devront traverser jusqu’à ce que le vent du nord-ouest se lève à nouveau », a-t-il déclaré, faisant référence à la côte californienne entre Point Conception au nord-ouest et San Diego au sud-est. « Une fois qu’ils seront dans cette zone, la flotte continuera à voir le vent se renforcer et tourner, puis lorsqu’ils arriveront dans les alizés, il semble qu’ils pourraient être un peu plus forts que la normale cette année », a-t-il déclaré. Au large, a ajouté M. Bedford, la mer a été plus agitée que d’habitude cette année.

La disponibilité généralisée de modèles météorologiques haute résolution a donné matière à réflexion à de nombreuses équipes au moment de prendre leur décision finale de quitter le port. Michael Rivlin, navigateur à bord du Zimmer, a déclaré que l’équipe avait envisagé d’utiliser un Code 0 pour vent faible afin de traverser la zone de calme. « C’est peut-être la seule façon d’atteindre la brise le premier jour », a-t-il déclaré. Des considérations similaires ont été exprimées dans toute la flotte.

Avant le départ aujourd’hui, Jennifer Hoag, qui participe à sa première Transpac à bord du Lodos, le J/111 de Tolga Cezik basé à Seattle, en tant que régleuse, et barreuse occasionnelle, a déclaré : « La grande décision à laquelle nous avons réfléchi est la suivante : devons-nous emporter deux de nos voiles les plus populaires, les A2 ? » Jennifer Hoag a décrit les A2 comme les kites qui permettent au bateau d’avancer. « L’idée est que si spi explose et que nous le perdons, nous serions alors dans une situation très désavantageuse, car nos autres spi sont beaucoup plus petits », a-t-elle déclaré. Comme beaucoup d’équipages qui prennent le départ aujourd’hui, Jennifer Hoag naviguera avec sa famille à bord, notamment son père, qui est l’un des capitaines de quart du Lodos et l’un des principaux pilotes.

En ce qui concerne les modèles météorologiques, « je laisse cela à mon navigateur, je ne veux pas assumer la responsabilité de mauvaises décisions », a plaisanté Mark Ashmore, skipper du Cal 40 Nalu V, qui participe à sa troisième Transpac et à sa cinquième course transpacifique. « Le bateau est super, a-t-il poursuivi. L’équipage est bon. Certains sont un peu novices, mais ça ne durera pas plus de deux jours. »

Le baptême biennal de la Transpac est une expérience réelle, tant pour les vétérans que pour les novices. « Je n’ai pas hâte d’y être », a déclaré Ashmore à propos des premiers jours de la course. « En général, la moitié de l’équipage est malade et je suis le seul à cuisiner – et à manger. Il faut s’habituer à dormir à bord. On a tendance à en subir les conséquences au début. »

Une fois les deux cents premiers milles difficiles passés, cependant, les dividendes attendent. « Ce que j’attends le plus, c’est de hisser le spinnaker et de commencer à surfer », a déclaré Ashmore. « C’est tout ce qui compte pour nous. Quand un Cal 40 file à 16 ou 18 nœuds, ça se sent. C’est une course palpitante, pleine de bruit et de sensations. »

Le Nalu V n’était pas le seul bateau à attendre avec impatience son premier spinnaker. Rivlin a déclaré que son équipe, leurs familles et leurs amis avaient parié sur le moment où leur premier spinnaker serait hissé. « Je n’ai pas été autorisé à parier, car c’est moi qui dois prendre cette décision », a-t-il plaisanté. Mais en privé, Rivlin a prédit : « Probablement tard dans la nuit du 3 juillet ou tôt le 4 juillet. »

Ainsi, alors que ces petits bateaux se préparent à affronter plus longtemps les éléments les plus rudes, il convient de noter que leurs équipages peuvent également profiter un peu plus longtemps de cette traversée unique qui leur permet de « tout laisser derrière eux ». « Le reste du monde s’efface peu à peu et il n’y a plus que vous, votre équipage et le bateau », a déclaré Alli Bell, vice-commodore du Transpacific Yacht Club et skipper du Cal 40 Restless. « Certaines nuits, il y a une rivière de lune et vous surfez sur les vagues. La vie devient si simple. »

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TP52. Victoire de manche avec la french touch de Loïc Peyron

Rolex TP52 World Championship CASCAIS 2025

Au 2e jour du championnat du monde Rolex TP52 à Cascais, après avoir été privé de conditions météorologiques extrêmes pendant plusieurs années, l’équipage du Sled d’Okura a savouré son retour aux vents violents et aux grosses vagues dans 25 noeuds. Loic Peyron a lui, remporté sa première course en TP52 sur Paprec.

L’équipage international battant pavillon américain, champion du circuit et du monde 2021, a une nouvelle fois démontré son talent et sa puissance dans les conditions difficiles de l’Atlantique au large de Cascais, au Portugal, en remportant la première course avec brio, puis en terminant troisième, ce qui lui permet de mener le championnat du monde Rolex TP52 2025 avec un point d’avance sur le Paprec de Jean-Luc Petithugeunin. L’équipe française a remporté la deuxième course, prenant le dessus sur le six fois champion du monde American Magic lors d’une dernière ligne rapide et venteuse, pour devancer l’équipage de Doug DeVos au classement général.

Après avoir été balayée par des vents violents pendant la nuit, la flotte semblait presque incongrue d’attendre un vent soutenu et stable sur un seul site de course utilisable. Mais lorsque le vent s’est levé, les conditions étaient classiques à Cascais, exactement celles que recherchaient les meilleurs monocoques du circuit mondial de Grand Prix en revenant au Portugal.

Skifftastic…….

Sled est dirigé cette semaine par son entraîneur Adam Beashel, un skipper australien de skiff renommé et stratège de la Coupe de l’America qui a participé à trois éditions de la Coupe de l’America avec Team New Zealand. Le bateau immaculé, tout de blanc vêtu, a pris un départ intelligent qui a permis à Francesco Bruni et Murray Jones de mettre en œuvre leur alchimie particulière dans le premier bord. Après avoir pris la tête au premier virement, Sled a littéralement décollé au vent arrière et s’est montré impossible à rattraper grâce à la meilleure et la plus solide maniabilité de la flotte. L’Alegre d’Andy Soriano, qui compte cette semaine l’Italien Michele Ivaldi comme tacticien, a pris la deuxième place de la première course, tandis que l’American Magic a terminé troisième. Triple champion du monde, Platoon Aviation a terminé 11^e sans spinnaker après avoir perdu son bowman par-dessus bord. Il a été rapidement secouru et emmené pour des examens médicaux de routine.

American Magic et Paprec ont pris le meilleur départ dans la deuxième course, qui s’est à nouveau déroulée avec des vents de 18 à 20 nœuds sur la ligne de départ. Le vent était nettement plus fort au large, à gauche du vent, mais un changement favorable à droite a parfois créé une situation délicate. L’équipage arrière d’American Magic, composé de Terry Hutchinson, Victor Diaz de Leon et Sara Stone, a fait un excellent travail pour tirer le meilleur parti du premier bord de vent et prendre la tête à la première marque. Mais lors du dernier bord, l’équipe française menée par Loïck Peyron a mis le feu, profitant de quelques vagues et rafales plus favorables qui lui ont permis de se glisser juste à l’intérieur des Américains. Elle a remporté une victoire triomphale, la première de Peyron depuis son arrivée dans la classe l’année dernière.

Au-delà des données !

« Nous étions « dans le coup » ! », a déclaré Peyron avec un large sourire, « Je ne sais pas ce que c’était, la touche française ou autre chose, mais ce qui est drôle, c’est que lors de la dernière course, que nous avons remportée, ma première victoire en 52 SUPER SERIES, nous n’avions aucun équipement électronique, aucun chiffre, nous nous fiions uniquement à notre intuition. Et cela nous enseigne quelque chose… trop de données tuent l’intuition. Nous avions juste la vitesse et le cap. Mais pour nous, le symbole de la victoire est important. Et c’était tout simplement magique, d’aligner le jibe des garçons et des filles de Quantum, c’était vraiment spécial. Nous avons adoré ! »

Beashel était discrètement satisfait de leur journée de travail sur le championnat du monde, en tête devant Sled : «Les manœuvres d’aujourd’hui étaient énormes, une seule erreur et c’était fini. La gestion des vagues était essentielle, il fallait prendre une bonne vague, surfer tout en avançant, le jibe est très important. C’est comme autrefois dans un dériveur Laser, quand on faisait passer la voile d’un côté à l’autre. La communication était importante, il fallait que tout le monde soit sur la même longueur d’onde au même moment, si un maillon de la chaîne lâche, tout s’écroule très vite. Je n’ai pas beaucoup d’expérience dans la conduite de ces bateaux, mais dans ces conditions, c’est comme naviguer en skiff au vent arrière. Être en tête après le premier jour ne signifie rien, car il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. C’est le premier jour et nous préférons être en tête plutôt qu’ailleurs, mais il y a encore beaucoup de conditions différentes à venir. »

Le stratège Victor Diaz de Leon a résumé la situation d’American Magic : « C’était très difficile, car nous étions à la limite entre un vent fort au large à gauche et un vent beaucoup plus faible à droite, mais il a tourné, et avec cinq points au premier jour, nous sommes très satisfaits. Sled a très bien navigué, bravo à eux. Nous restons fidèles à notre processus et nous pensons être sur la bonne voie, nous allons continuer comme ça. Notre bon départ dans la deuxième course nous a facilité la tâche. Mais j’ai le sentiment que nous avons bien compris les conditions qui régnaient sur le plan d’eau. »

Classement du championnat du monde Rolex TP52 Cascais 2025 après la première journée et deux courses

1. Sled (USA), Takashi Okura, 1+3 = 4

2. Paprec (FRA), Jean-Luc Petithuguenin, 4+1 = 5

3. American Magic Quantum Racing (USA), Doug De Vos, 3+2 = 5

4. Alegre (GBR), Andy Soriano, 2+5 = 7

5. Provezza (TUR), Ergin Imre, 6+7 = 13

6. Platoon Aviation (GER), Harm Müller-Spreer, 11+4 = 15

7. Alpha+ (HKG), Shawn & Tina Kang, 7+8 = 15

8. Gladiator (GBR), Tony Langley, 5+11 = 16

9. Alkedo Vitamina (ITA), Andrea Lacorte, 10+6 = 16

10. Phoenix (RSA), Tina & Hasso Plattner, 8+10 = 18

11. Vayu (THA), Whitcraft Family, 9+9 = 18

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Globe40. Amélie Grassi et Antoine Carpentier, équipiers de Ian Lipinski sur la Globe 40

Copyright : Anne Beaugé/ Crédit Mutuel

Ian Lipinski a choisi pour partenaires d’aventure Antoine Carpentier et Amélie Grassi pour participer à la 2e edition de la Globe40, tour du monde en double en Class40 avec escale. La composition des duos du Class40 Crédit Mutuel évoluera au fil des six étapes de cette épopée planétaire.

Un bateau, deux marins, six étapes – sept si l’on inclut le prologue –, trente mille milles théoriques. Pour relever ce défi hors norme, Ian Lipinski fera équipe avec Antoine Carpentier et Amélie Grassi. Trois marins pour constituer un duo, c’est l’assurance qu’il faut organiser des rotations. Associé à Antoine Carpentier lors du prologue et de la première étape entre Cadix (Espagne) et Mindelo (Cap Vert), Ian Lipinski embarquera alors Amélie Grassi pour aller du Cap Vert à l’île de la Réunion, puis de la Réunion à Sydney. Là, Ian Lipinski confiera son Class40 Crédit Mutuel au duo Antoine Carpentier/Amélie Grassi lors de la traversée du Pacifique entre l’Australie et Valparaiso. Le skipper retrouvera son partenaire habituel pour affronter l’étape redoutée (et si attendue) entre le Chili et Recife (Brésil), avec le franchissement du cap Horn. Le ou la coskipper qui accompagnera Ian Lipinski du Brésil à Lorient, où se jugera l’arrivée, n’est pas encore déterminé.

Cette alternance nourrit l’intention de garder la même intensité sportive d’un bout à l’autre des huit mois que durera la course. Elle est aussi une réponse aux engagements parallèles des deux coskippers, Amélie Grassi embarquant à la fin du mois d’août à bord d’un Imoca dans le cadre de The Ocean Race Europe, Antoine Carpentier courant la Transat Café L’Or en octobre.

« Dans ce contexte, précise Ian Lipinski, nous avons cherché à créer un système équilibré en ménageant pour moi une phase de récupération. Je ne voulais pas tout faire, parce que cela aurait fait beaucoup, sur huit mois. Il est important que chacun de nous garde de l’énergie et de l’envie. Antoine avait très envie de passer le cap Horn. Même pour moi, c’était un peu compliqué de ne pas vivre ce moment-là ! ». « Antoine, poursuit le skipper, je le connais désormais très bien : nous avons beaucoup navigué ensemble. Amélie est venue naviguer à quelques reprises. Elle a moins de connaissances du Class40 Crédit Mutuel, mais on ne va pas vivre au tempo d’une CIC Normandy Channel Race, avec quarante manœuvres à la minute. Nous avons été concurrents en Mini, elle a navigué sur différents supports, et elle est aussi engagée en Imoca : elle a acquis de l’adaptabilité et cela ne m’inquiète absolument pas. Et puis, nous avions vraiment envie de partager cette aventure avec une navigatrice ».

Une course composée d’un prologue et de six étapes sous-entend sept villes d’arrivée. La logistique à terre sera donc un point crucial de la performance. Il faudra se porter au soutien du duo naviguant, éventuellement même dans un lieu inattendu, les arrêts étant autorisés en cas de problèmes techniques, entreprendre les réparations qui se révèleront nécessaires, contribuer aux questions logistiques du projet. Dans cette mission polymorphe, Sébastien Picault, directeur technique du team Skipper Crédit Mutuel, sera accompagné de Camille Seassau, préparatrice qui a fait ses armes et ses preuves dans l’équipe.

L’énergie des coskippers

Si lan Lipinski s’avoue « ravi de vivre quelque chose de différent, qui tient autant de l’aventure que de la compétition », son équipière et son équipier ne boudent pas leur plaisir.

Amélie Grassi : « Avec Ian, nos chemins se sont souvent croisés, en Mini en 2018, en Class40 dès 2020, et on s’apprécie. Assez régulièrement, quand il me racontait ses projets à venir, je lui glissais ‘N’oublie pas que ça peut m’intéresser !’, jusqu’au jour où ça s’est réellement présenté. Partir avec lui, qui s’est illustré dans toutes les catégories dans lesquelles je suis allée me ravit. Son parcours est inspirant et, sur le plan personnel, on s’entend bien. Je suis très contente de naviguer sur un bateau neuf qui est encore en exploration. Cet aspect mécanique du sport me stimule beaucoup, et je suis curieuse de savoir ce que Ian et l’équipe Crédit Mutuel ont réussi à faire. Puis il y a le format de la course qui m’attire. À ce jour, je ne suis pas allée plus loin que Cape Town ; alors, passer dans des océans nouveaux pour moi, découvrir de nouveaux terrains de jeu, c’est hyper stimulant. Nous allons nous intéresser à de nouveaux systèmes météo, au fonctionnement d’une autre mer, d’autres vents. Puis, en plus de ce plaisir de jouer à naviguer, il y a cette notion de voyage qui me tient à cœur. En course, je suis en course, mais dès qu’on touche le ponton d’une destination que je ne connais pas, je suis prise par une surcouche d’émotion, par un nouvel émerveillement ».

Pour Antoine Carpentier, l’enthousiasme aussi est total : « Ah oui, je vais faire quelques milles avec des gens sympa sur un bateau qui va vite ! L’exercice sera différent de ce que nous avons l’habitude de pratiquer : nous serons dans un mode course au large, plus que dans un mode régate. Il y a une partie du parcours que je connais très bien, jusqu’au Cap Vert, pour y avoir navigué sur différents supports à différentes périodes de l’année, puis ce sera le saut dans l’inconnu lors de l’étape entre Sydney et Valparaiso. J’ai hâte de naviguer dans le Pacifique, de sentir sa longue houle. Et je vais aussi cocher une deuxième case : passer le cap Horn ! Ceux qui y sont allés n’arrêtent pas de dire qu’il faut l’avoir vécu. C’est une expérience à vivre, et je veux me faire mon propre avis. Il faudra savoir avancer vite et bien tout en préservant le bateau : c’est la régularité qui fera la performance. Ça va être une formidable aventure humaine. Ce sera aussi un tour du monde à la force du vent, un symbole fort ! ».

Source CP

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Moth. Enzo Balanger remporte la Foiling Week en Moth avant le Mondial

Aurélien Le Bourhis/K-Challenge

Enzo Balanger signe une belle victoire sur cette grande classique italienne dédiée aux bateaux volants, après une âpre bataille avec le néo-zélandais Jacob Pye. L’Akadémicien K-Challenge réalise ainsi un triplé sur cet événement qu’il a déjà remporté en 2023 et 2024. Un succès à moins d’une semaine du championnat du Monde, qui se déroulera sur le même plan d’eau à Malcesine ( 2 au 13 juillet) , compétition phare pour laquelle Enzo s’entraine depuis avril dernier.

Entetien avec Enzo Balanger :
Enzo, peux-tu nous faire le bilan de cette dernière Foiling Week victorieuse ?
“Je viens de vivre une super semaine à Malcesine avec des phases de qualifications qui se sont incroyablement bien déroulées. Les planètes étaient alignées. J’ai pris de bons départs avec une bonne tactique. 5 manches sur 6 remportées. Ça m’a mis en confiance.
Pour les phases finales, c’était un peu atypique car il n’y avait qu’une flotte donc assez difficile avec 90 bateaux sur une même ligne. Il fallait trouver le bon endroit pour partir. J’avais un super rythme.
La bataille avec Jacob était top ! On se suivait et ça se jouait à 2 ou 3 secondes sur la ligne. C’est satisfaisant car en janvier en Nouvelle-Zélande, je n’arrivais pas forcément à accrocher ces marins-là !
Cette victoire me rassure par rapport à ma préparation. Je suis sur la bonne voie ! En revanche, je sais aussi que les concurrents les plus dangereux sont arrivés juste avant la Foiling Week. Ils y ont pris leur marque. Le niveau sur le Mondial va être plus élevé encore.”

Entre aujourd’hui et le début des Pré-World le week-end prochain, quel va t’être ton programme ? Quels sont les enjeux de la semaine ?
“Je vais tester les voiles et les foils qui viennent d’arriver. Finir de bien préparer mon Moth afin d’être fin prêt pour les Pré-World. Après ces deux jours de régates préparatoires, je vais m’accorder un peu de repos pour revenir avec le flux et l’énergie nécessaire pour le Mondial qui débute le 8 juillet.”

Les pré-world ça sert à quoi ? Pourquoi une compétition avant la compétition ?
“En temps normal, il n’y a pas de compétition comme la Foiling Week avant un Championnat du Monde ; les Pré-World servent donc à se caler, se préparer.
Dans mon cas, les 4 et 5 juillet prochains, je vais me servir de ces deux jours de régates pour vérifier que mon bateau est prêt, checker à nouveau le plan d’eau, tester tous les points difficiles. Il n’y a aucun objectif de résultat. Voire si je ne sens pas une manche versus la météo, je pourrais ne pas y participer.”

As-tu une stratégie en tête ? Comment doses-tu entre la prise de risque et la sécurité ?
“Je vais m’adapter aux conditions météo ! Y aller à fond et pousser mon bateau à 100%. Je connais bien mon Moth, et jauge quand il faut être safe. En tous cas, je vais me battre pour attraper chaque point.”

As-tu un coach à tes côtés ?
“Je travaille avec Aymeric Arthaud. C’est un super marin qui a participé à des Tour de France, navigué en Figaro et il est un spécialiste du MOTH. Nous nous sommes rencontrés en 2021 sur le Lac de Garde. Il y a deux ans déjà j’avais fait appel à lui pour m’aider à progresser. Notre duo fonctionne bien. Il m’apporte son aide dans la préparation de mon bateau, son expertise sur l’eau, sur la gestion tactique ou encore de la confiance quand il s’agit des choix de foils, même si au final, c’est moi qui décide”.

Quel est le plus grand défi à maitriser pour être au rendez-vous ?
“Assurément, au-delà de la fiabilité de mon bateau, le plan grand défi va être la gestion de la fatigue. Le Moth est un support sollicitant physiquement et mentalement. Il ne faut pas perdre le flow. Saisir tous les moments pour se ressourcer afin d’être au rendez-vous sur les six jours de compétition.”

Quel est le format des courses ?
“Nous aurons 3 manches par jour sur 6 jours de compétitions répartis entre qualifications et finales. Les courses durent 25 minutes chacune et nous serons divisés en deux flottes de 80 Moth. Promesse de sensations incroyables dans un décor splendide, même s’il faudra rester plus que concentré.”

Décris-nous ce plan d’eau atypique devant Malcesine ?
“Malcesine, c’est un plan d’eau entre deux falaises. Le vent est assez changeant. Il y a de nombreux effets de site. Tout l’enjeu est d’en faire un play book afin de les connaitre par cœur et de savoir ce qu’il faut faire, face à tel ou tel…Depuis avril je suis sur le site. Je connais le terrain de jeu. A moi de bien identifier les spécificités et de bien y réagir quand elles vont se présenter. Je ne suis pas le seul à connaitre le plan d’eau. Il va falloir aussi gérer la densité de bateau car tout le monde va vouloir aller au même endroit !”

Tu as terminé 6e du Mondial en janvier 2025 en Nouvelle-Zélande, que représente, pour toi, ce Mondial 2025 à Malcesine ?
“Ce Mondial est très important pour moi car je pense qu’il va s’agir de l’un des plus grands événements de l’histoire de la classe Moth. De nombreux jeunes talentueux, qui naviguent déjà à un niveau très élevé, seront présents, et il y aura aussi le retour de grands noms comme Tom Slingsby, Dylan Fletcher, et Giles Scott etc.. Ce sera un Mondial exceptionnel.
Ce Championnat est aussi une belle occasion de remercier mes soutiens, mes partenaires. Cette année je fais partie de l’Akademy K-Challenge qui a pour vocation de former des femmes et des jeunes sur des supports volants à haute vitesse ou de les aider à concrétiser leurs projets. Je mesure la chance que j’ai de bénéficier de ce soutien et de celui de partenaires prestigieux comme Accor, L’Oréal ou encore la maison Gillardeau et AOCS. Je compte bien figurer et ne vais pas me priver de saisir la meilleure place si je le peux.”

  • Programme dans le détail :
    2 et 3 juillet : Accueil des participants
    4 juillet : Pre-Worlds Race Series Jour 1
    5 juillet : Pre-Worlds Race Series Jour 2
    6 juillet : Vérifications techniques
    7 juillet : Vérifications techniques et Cérémonie d’ouverture
    8 juillet : Mondial Jour 1 – Qualifications
    9 juillet : Mondial Jour 2 – Qualifications
    10 juillet : Jour de réserve
    11 juillet : Mondial Jour 3 – Finales
    12 juillet : Mondial Jour 4 – Finales
    13 juillet : Mondial Jour 5 – Finales

EN BREF
Le projet d’Enzo pour 2025 : le championnat du Monde Moth 2025
Quand on y goûte, on ne s’en défait plus ! Enzo et le Moth, c’est une belle histoire démarrée en 2021 à Quiberon où il a débuté directement dans le grand bain en participant au Championnat du Monde et en se hissant dans le Top 10, à la place de 9e. Depuis, il y revient régulièrement et en général plutôt en haut des classements : deux titres de Champion de France (2023 – 2024), deux belles victoires sur les Foiling Week (2023 -2024) et deux places de 6e sur les Mondiaux en Angleterre (2023) et en Nouvelle-Zélande (2024).

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TourVoile. La flotte à Pornichet, Paprec by Normandy Inshore Program en tête

Arrivée de l’étape de ralliement entre Royan et Pornichet, Tour Voile, Pornichet, le 2 juillet 2025, Photo © LIOT Images / Tour Voile

Les Figaro Beneteau 3 se sont amarrer mercredi à Pornichet, troisième escale du Tour Voile 2025, ajoutant leurs mâts à la forêt déjà dressée dans le port de plaisance, niché à l’Est de la baie du Pouliguen. Partis mardi en début d’après-midi de Royan, les marins ont longé Oléron, Ré et Noirmoutier au terme d’un parcours de 144 milles.

Après un final haletant, LGC Sailing-Bretagne Plaisance a coupé la ligne d’arrivée de cette deuxième Grande Course à 14h47, Paprec by Normandy Inshore Program et Dunkerque-Kiloutou, complètent le podium.

Du côté du classement général provisoire (avant jury), rien ne bouge : Paprec by Normandy Inshore Program reste en tête, suivi de Dunkerque-Kiloutou et La Réunion.

Cette baie infinie de sable fin, berceau de grands navigateurs, dessine un large sourire de Pornichet au Pouliguen. Elle accueille aujourd’hui les marins du Tour Voile, jusqu’au 5 juillet prochain. Ces jeunes navigateurs, en apprentissage pour la plupart, se rêvent d’un avenir similaire à l’image des frères Peyron. Et les Grandes Courses comme celle qu’ils viennent de boucler, leur offrent une précieuse occasion de progresser encore.

Arrivée de l’étape de ralliement entre Royan et Pornichet, Tour Voile, Pornichet, le 2 juillet 2025, Photo © LIOT Images / Tour Voile
Des premiers choix stratégiques dès Oléron

Après avoir laissé derrière eux Royan et l’estuaire de la Gironde, les concurrents ont très vite été confrontés à un choix stratégique au niveau de l’île d’Oléron : miser sur un thermique à terre ou rester plus au large. Un pari gagnant pour LGC Sailing-Bretagne Plaisance, qui réussit à franchir le pont de l’île de Ré en tête, hier en milieu de soirée. « C’était fatigant et intense, souligne Joseph Cloarec. Nous prenons un bon départ, nous sommes quatrièmes et la première option près d’Oléron nous met bien dans le match. Nous y avons cru et ça a marché donc c’est cool ! »

La flotte a fini par recoller dans la nuit, profitant d’une transition de vent avant un passage de front générant un flux de Nord. « Paprec nous a fait du match-race. Ils nous ont dépassés, mais nous avons réussi à nous remobiliser. »

Une bataille normando-malouine qui se prolonge sur l’eau

« Nous nous sommes bien bagarrés avec les Malouins toute la nuit, ajoute Florine Bourit à bord de Paprec by Normandy Inshore Program. C’était bien rigolo. Tout était intense, même l’arrivée. Nous n’avons pas dormi, sans parler du petit casier croisé cette nuit au large des Sables d’Olonne. Nous sommes restés dans les filières. Nos fesses connaissent désormais très bien le liston. En résumé, nous avons tout fait sauf dormir cette nuit. Mais beaucoup d’émotions. »

Un match-race constant

Cette deuxième course de ralliement s’est donc déroulée sous le signe du contact permanent. Au lever du jour, de nouvelles options se sont offertes aux équipiers, promettant du jeu jusqu’à la ligne d’arrivée.

Margaux Chanceaulme, embarquée dans l’équipage de Dunkerque-Kiloutou, issue de l’univers Mini, était étonnée par cette bataille nautique constante. « Après un grand bord sous spi jusqu’à l’île de Ré, nous avons réussi à remonter, raconte-t-elle. Puis, nous avons passé la nuit à tricoter pour tenter de regagner des places. Jusqu’à la dernière minute, nous y avons cru. J’ai beaucoup appris. C’était intense. »

Un adjectif qui revient décidément dans la bouche de tous ceux engagés sur cette deuxième étape de ralliement, et qui prouve que sur le Tour Voile, rien n’est jamais joué d’avance.

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Imoca. Macif en tête, accélère !

Les dix concurrents ont enfin franchi la deuxième marque et ont accéléré, filant toute la nuit à plus de 20 nœuds dans un flux de sud-ouest soutenu. Le Britannique Sam Goodchild et son équipage à bord de Macif ont creusé l’écart avec les quatre autres équipes qui le suivent de près depuis le Fastnet. La performance du jour revient à Vulnérable, qui excelle dans ces conditions de VMG portant.

Ce jeudi matin, la flotte s’étend désormais sur près de 270 milles, signe que ce changement de tempo a commencé à faire la différence entre les concurrents. Aux avant-postes, MACIF Santé Prévoyance accentue son avance et affiche plus de 30 milles d’écart sur ses plus proches poursuivants. Sam Goodchild et son équipe imposent clairement leur allure, confirmant la belle dynamique amorcée dès le départ. Dans ce contexte intense, l’équipage de 4CAD – La Mie Câline, emmené par Benjamin Dutreux, s’est par ailleurs offert une belle satisfaction en remportant le Sprint 4 – Scogal, entre le Fastnet et Slyne Head.

Un tempo qui change tout
Ce changement de rythme brutal a bouleversé le quotidien des équipages. Après plusieurs jours de vent timide et de progression laborieuse, ils ont retrouvé un mode survitaminé qui réjouit les marins, mais exige une attention de chaque instant. Julien Villion (Malizia – Seaexplorer) illustre parfaitement cette bascule : « On avance enfin à grande vitesse ! Je pense qu’on a couvert autant de distance en dix heures que pendant les deux jours et demi précédents ! Là, on est régulièrement à plus de 30 nœuds au portant. On a enclenché le “mode poney” : on met les œillères et on bourrine pour aller le plus vite possible » Ce mode survitesse modifie profondément la vie à bord. Comme le raconte Morbihannais, «On n’est plus dans un mode où l’on pouvait cuisiner tranquillement et se balader pieds nus. Maintenant, on rampe à l’intérieur, on fait des bonds dans la bannette… mais c’est le jeu. La vie est moins agréable, mais comme ça ne va pas durer trop longtemps, on veut en profiter pour aller vite ». Même sentiment chez sa co-équipière Francescas Clapcich, qui apprécie de retrouver le potentiel de sa monture : « C’est dans ces conditions que ce bateau donne le meilleur de lui-même. Exploiter toute sa puissance et le faire filer, c’est génial. C’est un super sentiment de le voir enfin performer comme il le peut vraiment ! »

Une concentration de tous les instants
À bord de TeamWork – Team Snef, Carlos Manera Pascual confirme cette dynamique retrouvée : « On est vraiment très contents de pouvoir enfin accélérer ! Le vent s’est installé, on progresse vite, et on essaie de maintenir une cadence élevée sans rien lâcher. » Les marins savourent ces sensations, mais la concentration reste capitale : « Sur ces longs bords, on essaie de bien respecter les quarts et de prendre le temps de se reposer. Je pense qu’on a bien anticipé le changement de rythme : on est arrivés dans cette phase sans être fatigués, et ça fait du bien de changer de tempo. C’est assez fou de glisser à plus de 30 nœuds après trois jours passés au ralenti ! » Dans ces conditions, les équipages doivent composer avec un sommeil quasi impossible à trouver. Comme l’explique la navigatrice italo-américaine, « il y a de l’action, notamment des empannages : il faut être prudents, bien réussir les manœuvres et s’assurer que tout le monde est synchro. C’est vraiment difficile de dormir dans ces conditions ! »

Les Hébrides, un passage stratégique
Alors que la flotte continue de foncer plein nord, le champ de tir des Hébrides, zone interdite à la navigation, marque la mi-parcours. Les quatre premiers bateaux ont choisi de raser la côte des Hébrides externes – un chapelet d’îles aux roches métamorphiques précambriennes comme Lewis, Harris, North Uist, South Uist ou Barra –, tandis que Malizia – Seaexplorer (et peut-être d’autres équipages à suivre) préfère contourner la zone par l’extérieur. Ces choix tactiques, à ce stade de la course, pourraient s’avérer importants. Au nord de l’archipel écossais, il s’agira ensuite de composer avec un vent faiblissant pour rallier Ronaldsay, aux Orcades, point le plus septentrional du parcours (59° Nord) que les premiers IMOCA devraient atteindre en début d’après-midi. La suite promet un nouveau défi, comme l’explique Francesca Clapcich : « Il faudra continuer à faire marcher le bateau au maximum et être capables à nouveau de changer rapidement de rythme quand le vent faiblira, pour adapter la voilure sans tarder. » On l’a compris, les choix tactiques et la précision dans les manœuvres feront très probablement la différence dans ce sprint haletant vers le point le plus nord du parcours. Comme le résume Julien Villion : « Chaque mille gagné maintenant pèsera lourd pour la suite. »

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