Initialement prévu dimanche 14 septembre à 13h au large de la Baie de Morlaix, le départ de la deuxième étape en direction de Vigo en Espagne est décalé à lundi. Les conditions météorologiques perturbées avec le passage dimanche d’un front actif au large de la Bretagne ne permettent pas d’envoyer, en toute sécurité, la flotte des 34 Figaro Bénéteau 3. Yann Chateau, directeur de course, a donc décidé le report du départ mais la porte pour arriver dans le golfe de Gascogne avant le passage d’une nouvelle dépression s’annonce assez serrée.
« Nous ne sommes pas vraiment gâtés par la météo depuis le départ de La Solitaire avec des trains de dépressions qui passent en Atlantique Nord. Nous avons déjà dû adapter la première étape. Ce qui n’a rien enlevé, il me semble, au côté sportif de ce parcours. Et là, nous devons, de nouveau, réussir à composer avec la météo. On a une dépression qui passe sur la journée de dimanche avec des vents forts et un état de mer avec des vagues de plus de 5 mètres ou aux alentours de 5 mètres en mer d’Iroise et dans le nord du golfe de Gascogne. Ces conditions sont vraiment compliquées pour partir en toute sécurité ».
Avec un départ décalé d’une journée – l’heure de départ n’ayant pas encore été définie – le parcours officiel de cette deuxième étape va subir quelques ajustements. « Le fait de décaler le départ nous a obligés à anticiper aussi un peu la suite. On a une dernière étape qui est très longue. On se doit d’arriver à Vigo au plus vite afin d’avoir un temps de repos des marins qui soit optimal et pouvoir repartir le dimanche pour la dernière étape. Donc effectivement, le parcours est modifié. Ce sera un parcours en direct vers Vigo, en direct sur le papier parce qu’en réalité, la trace des marins sera bien différente d’une ligne droite. Il y aura plusieurs chemins ». Après le contournement de la pointe de la Bretagne, c’est en direction du Cap Finisterre que les solitaires se dirigeront. Le crochet par la marque de passage des Birvideaux entre l’île de Groix et Belle-île a été supprimé.
Un horaire de départ à affiner « Le nouveau départ est prévu lundi. Pour l’instant, nous n’avons pas fixé d’horaire parce que le créneau de passage est assez court. On a une dépression dimanche qui va s’évacuer assez rapidement dans la journée de lundi mais qui va laisser un état de mer assez fort. Et nous avons une autre dépression qui arrive, mercredi. Le but est de réussir à affiner un horaire de départ qui permette de partir avec des conditions pas trop fortes, maniables – mais qui seront quand même bien engagées – et de partir suffisamment tôt pour passer avant la dépression de mercredi », analyse Yann Chateau.
Thierry Levayer, n’ayant pas pu réparer à temps pour s’engager sereinement sur cette étape, il a décidé de ne pas participer à cette édition 2025 de La Solitaire du Figaro Paprec.
Le bassin Vauban - Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018 - Saint Malo le 30/10/2018 Photo A. Courcoux
L’avis de course de la 13e édition de la plus mythique des courses transatlantiques en solitaire est publié. Toutes les règles sportives clés sont désormais accessibles à l’ensemble des skippers souhaitant se porter candidats pour la 13e édition.
Pour cette édition, plusieurs changements : les catégories Rhum Mono et Rhum Multi laisseront leur place aux Vintage Mono (monocoques longs à minima de 39 pieds) et aux Vintage Multi (multicoques dont la longueur se situe entre 38 et 79 pieds). Ce changement verra notamment le retour des trimarans Orma, qui ont fait les belles heures de la course pendant de nombreuses années. Ces nouveaux critères de sélection marquent la volonté forte de la part d’OC Sport Pen Duick de valoriser, par les retrouvailles avec des bateaux de légendes ou avec des marins qui ont marqué l’histoire, mêlés à des voiliers plus récents et éco-conçus, l’héritage matériel du Rhum et l’âme même de cette transatlantique de la liberté.
Cet avis de course ne précise pas encore la date de départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, celle-ci dépendant du calendrier des vacances scolaires 2026-27 qui n’a pas encore été officialisé par le ministère de l’Éducation Nationale. Une chose est sûre, le départ sera donné le dernier dimanche des congés de la Toussaint.
Pour l’édition 2026 de La Route du Rhum-Destination Guadeloupe, la jauge a été fixée à 117 bateaux répartis entre les différentes classes. Ce nombre, volontairement plus sélectif que par le passé, traduit la volonté d’assurer un plateau sportif d’exception. L’accès à l’épreuve se fait désormais au terme d’un processus de sélection renforcé, gage de qualité et de représentativité pour cette épreuve hors norme. Monocoques : -Classe IMOCA : 40 bateaux -Class40 : 40 bateaux -Vintage Mono : 8 bateaux Multicoques : -Classe Ultim : 7 bateaux -Ocean Fifty : 10 bateaux -Vintage Multi : 12 bateaux
Comme précisé dans l’avis de course, l’organisateur se réserve la possibilité d’inviter des bateaux additionnels dans l’une ou l’autre des catégories ; ceux-ci s’inscrivant dans la démarche de valorisation de l’héritage de la course ou représentant le territoire de départ ou d’arrivée. Les demandes de candidatures sont donc désormais possibles pour chaque projet souhaitant faire partie de l’aventure « Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026 » !
Ils ont dit : Joseph Bizard, Directeur Général d’OC Sport : « C’est un moment toujours très attendu par les équipes d’OC Sport Pen Duick: nous sommes heureux d’annoncer aujourd’hui la publication de l’avis de course, qui marque l’ouverture des candidatures de cette épreuve unique au monde. Cette étape symbolise le véritable coup d’envoi de l’aventure pour les marins, les équipes, les partenaires, les territoires et tous ceux qui suivent cette course emblématique. Ensemble, nous pouvons désormais nous projeter vers 2026, préparer cette grande fête de la mer et faire vivre, une fois encore, toute l’intensité et la magie du Rhum. »
Francis Le Goff, Directeur de course : « La Route du Rhum-Destination Guadeloupe est la transatlantique en solitaire attendue par tous les marins, qu’ils soient professionnels ou amateurs. C’est une course exigeante. Partir au mois de novembre de Saint-Malo, affronter la sortie de la Manche et le golfe de Gascogne avant la récompense des alizés, n’est pas donné à tout le monde. Cette épreuve incite à toujours plus de performance chez les bateaux comme les marins. Elle pousse à la recherche technologique pour arriver à la victoire avec la manière. Tous les vainqueurs de la Route du Rhum ont construit cette légende, à l’image de Mike Birch, de Florence Arthaud, de Laurent Bourgnon ou de Lionel Lemonchois. Cette course se gagne de façon extraordinaire. Sur cette édition 2026, nous allons retrouver des marins d’exception qui ont fait la légende et qui reviennent avec des bateaux qui ont fait l’histoire du Rhum. Pour la direction de course c’est un sacré challenge parce que même si le nombre de concurrents a été limité, il n’en demeure pas moins qu’il faut être en capacité d’accueillir tous ces bateaux à Saint-Malo et de les suivre en mer pendant toute la durée de la course. »
Tous les 90 skippers sont arrivés à Port Olona ! Et ça s’affaire sur les pontons à 2 jours de l’ouverture du Village départ qui accueillera le public, gratuitement et sans réservation, sur l’Esplanade du Vendée Globe à partir de samedi 13 septembre. Ils seront 14 femmes et 76 hommes, âgés de 20 à 64 ans, représentant 13 nationalités à prendre le départ le 21 septembre pour vivre l’une des aventures les plus intenses de la course au large : La Boulangère – Mini Transat.
Parmi ces candidats, 82 bizuths se préparent à se jeter dans la grand bain d’une toute première transat sans moyens de communication direct avec la terre. Ils et elles viennent ajouter leur nom à la longue liste des 1 382 skippers « Born in Mini ». Depuis bientôt 50 ans, la course phare du circuit 6.50 voit défiler une foule d’amateurs, comme des grands noms de la voile professionnels : des Michel Desjoyeaux, Thomas Coville, ou encore Yannick Bestaven, vainqueur du Vendée Globe près de 20 ans après sa victoire sur la transat 6.50. Les femmes ne sont pas en reste avec les participations remarquées d’Isabelle Autissier, Ellen Mac Arthur, Clarisse Crémer, ou plus récemment de Violette Dorange, marraine de cette édition 2025, qui souligne la place occupée par cette épreuve fondatrice dans son parcours : « Je me suis découverte sur la Mini, j’ai découvert la passion de partir au large, un sentiment de liberté. Je garde aussi la fierté d’avoir traversé à la force du vent avec mes petits bras ; et des images dans ma tête pour la vie… »
Course initiatique à plus d’un titre, l’appel de la Mini raisonne aussi partout dans le monde. Depuis son origine, cette transat, imaginée pour rendre l’océan accessible au plus grand nombre, se caractérise par sa réelle ouverture internationale. Les victoires, en 2023, de l’Uruguayen Federico Waksman en proto et de l’Italien Luca Rosetti chez les séries en témoignent. Deux ans plus tard, la La Boulangère Mini Transat s’exporte toujours, jusqu’en Europe centrale – Slovénie (Uros Krazevac), Estonie (Anna-Liisa Taltas) ; mais aussi en Asie, en Chine (Yi Chu) et Japon (Naho Takahara ; Hiroki Nakayama, Hajime Kokumai). Ce n’est pas Miguel Rondon, espagnol et doyen de cette édition, qui gagne, à l’aube d’une 4eme participation, la prime de la fidélité à l’épreuve, qui dira le contraire. Pas plus qu’Ambre Hasson, cette franco-américaine qui n’a pas hésité à quitter une vie new-yorkaise pour réaliser le rêve d’une vie. « Pour moi, bizarrement, la ligne de départ est l’objectif. La traversée, c’est la récompense pour tout ce travail. » Tout comme les 89 autres prétendants à cette transat XXLarge, cette néophyte de l’océan n’a pas démérité pour boucler un rigoureux parcours de qualification ; et gagner son ticket pour la course de tous les possibles.
MAXI bataille de l’Atlantique Côté sportif, cette 25e édition promet de ne pas faire mentir son niveau d’exigence. Notamment dans le camp des 56 bateaux de série, où tout porte à croire qu’une Maxi bataille aura bien lieu. Dans cette catégorie, le classement, au temps cumulé sur les deux étapes, s’annonce propice aux rebondissements, avec de nombreux prétendants aux places d’honneurs. Citons, entre autres, Paul Cousin, Amaury Guérin, Quentin Mocudet, Cédric Marc, Antoine Chapot, ainsi que Noémie Catalano, ou le Turc Deniz Bagči… Notons que ces skippers partagent la particularité de s’engager à la barre d’un MAXI. Au nombre de 23, ces bateaux identiques forment, aux côtés notamment de 15 Ofcet et 14 Vector, une armada dans les rangs serrés de cette édition.
Un plateau proto massif Chez les 34 protos, plus nombreux qu’en 2023, difficile d’imaginer un plus beau plateau pour révéler la vitalité architecturale et technologique du circuit 6.50. D’abord, parce qu’il voit la participation du 198 Karen Liquid’ – mené cette année par Olivier Le Poitevin. 30 ans d’histoire de course au large séparent ce bateau de légende, le plus ancien double vainqueur en 1997 et 1999 du dernier né de la flotte, le 1098 d’Arnaud Kawka. Ensuite, parce que cette nouvelle grille de départ rassemble pas moins de six foilers, ces voiliers équipés d’appendices pour voler au-dessus de l’eau. Parmi eux, Nicomatic-Petit Bateau mené par Benoît Marie n’a certainement pas fini de faire parler de lui. Archi favori, celui qui fait son retour après une première victoire en 2013 ne se départit pourtant pas de la prudence de rigueur à l’approche de cette échéance océanique, à la barre de sa « mini-fusée ». « Ce bateau repousse les murs de l’innovation… Mais mon plus gros challenge sera de le faire voler le plus longtemps possible sur la course, alors que les conditions de vie à bord deviennent vite très difficiles. » Gageons que les autres concurrents de cette catégorie, vitrine des progrès et innovations à l’œuvre dans la course au large, ne lui laisseront pas la partie facile. Il faudra notamment compter avec Alexandre Demange, et d’autres récidivistes : Julien Letissier, Thais Le Cam, Robinson Pozzoli … Qu’ils reviennent pour la victoire ou le dépassement de soi, ces “ministes” garantissent être bien décidés à pousser les curseurs de la performance au maximum…
Depart de la Finistere Atlantique Challenge Action Enfance - Concarneau le 01/07/2022 Photo A. Courcoux
Du 26 au 28 septembre, Lorient La Base accueille la 4ᵉ édition des 24H Ultim. Pour la première fois, les géants ULTIM® et les Ocean Fifty partagent un événement commun, avec runs spectaculaires et course de 24 heures en double dans le golfe de Gascogne. Quatorze multicoques, des duos inédits ou déjà complices, des légendes de la voile et de jeunes talents prometteurs : la recette parfaite pour ce grand rendez-vous de l’année, conçu pour les multicoques océaniques.
En quatre ans, les 24H Ultim se sont imposées comme un jalon important du calendrier de la course au large. Cette édition 2025 marque un tournant : deux classes majeures, les ULTIM® et les Ocean Fifty, se retrouvent pour la première fois sur un événement qui leur est entièrement dédié. Pas moins de quatre ULTIM®, ces trimarans géants de 32 mètres de long capables de voler à plus de 40 nœuds, viendront croiser les étraves avec dix Ocean Fifty, plus nerveux et tout aussi spectaculaires. Le casting est cinq étoiles : Armel Le Cléac’h, Tom Laperche, Thomas Coville, Anthony Marchand côté ULTIM®; Thibaut Vauchel-Camus ou Erwan Le Roux, fidèles du circuit Ocean Fifty, face à une génération prête à bousculer la hiérarchie, incarnée par Erwan Le Draoulec et Tanguy Le Turquais ou encore Pierre Quiroga, et tant d’autres. Sans oublier le lancement du tout nouvel Edenred d’Emmanuel Le Roch et Basile Bourgnon en Ocean Fifty. Un mélange de tandems expérimentés et de nouveaux duos, où se croisent skippers hommes et femmes venus d’horizons variés.
24 heures intenses avant la Transat Café L’OR Le vendredi 26 septembre, place au spectacle avec des runs de vitesse et invités embarqués, histoire de sentir de près la puissance de ces machines volantes. Mais le vrai défi débutera samedi à midi : une boucle de 24 heures en double, avec média(wo)man (ou journaliste !) embarqué, sur deux parcours express dans le golfe de Gascogne. Pour les marins, cela reste un défi hors norme : gérer à deux seulement un multicoque de course au large, c’est repousser les limites physiques et techniques.
Épreuve au coefficient 1 du championnat Ocean Fifty Series, les 24H Ultim sont aussi et surtout pour tous les équipages le dernier galop d’essai avant la Transat Café L’OR, qui s’annonce comme l’objectif majeur de l’automne. Soutenu par la Banque Populaire Grand Ouest et les collectivités locales (Région Bretagne et Lorient Agglomération), l’événement confirme son rôle : rapprocher le public de l’univers des multicoques, tout en offrant aux marins un format explosif, condensé, spectaculaire. Les 24H Ultim 2025 : un cocktail d’adrénaline et de stratégie, de vitesse et d’audace.
Ils ont dit
Emmanuel Bachellerie et Mathieu Sarrot, créateurs et organisateurs de l’évènement « L’épreuve grandit et se réinvente d’année en année. Les 24H Ultim sont devenues le warm-up des grands rendez-vous automnaux de la course au large. Sur le plan sportif, c’est la dernière occasion, cette année, pour les équipages de se jauger, de progresser et d’arriver parfaitement affûtés pour la Transat Café L’OR. L’évènement a trouvé sa place dans le calendrier et s’y impose désormais comme un rendez-vous attendu. Cette 4ᵉ édition consécutive marque un cap important : elle s’ouvre aux Ocean Fifty et devient plus que jamais l’événement de référence pour tous les multicoques de course au large. »
Benoît Catel, directeur général de Banque Populaire Grand Ouest « Les 24H Ultim demeurent notre grand rendez-vous de la voile de rentrée à Lorient, une ville emblématique de la culture maritime. Nous sommes fiers de soutenir cet événement depuis sa première édition en 2022, et toujours en présence de notre trimaran skippé par Armel Le Cléac’h. Cette édition sera inédite dans son format avec l’arrivée de la classe Ocean Fifty, qui enrichit notre engagement envers la voile. Nous tenons à remercier chaleureusement les collectivités territoriales. Au sein de Banque Populaire Grand Ouest, nous accompagnons tous les passionnés de voile, des jeunes navigateurs en herbe aux skippers professionnels, ce rendez-vous nous offre l’occasion d’admirer les trimarans et de vivre des moments de partage et d’adrénaline. »
LES ULTIM®
Actual Ultim 4 – Anthony Marchand et Julien Villion Maxi Banque Populaire XI – Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse Sodebo Ultim 3 – Thomas Coville et Benjamin Schwartz SVR – Lazartigue – Tom Laperche et Franck Cammas
LES OCEAN FIFTY (Course inscrite au championnat Ocean Fifty Series – Coef.1)
Solidaires En Peloton – Thibaut Vauchel-Camus et Damien Seguin Lazare – Erwan Le Draoulec et Tanguy Le Turquais Inter Invest – Matthieu Perraut et Jean-Bpatiste Gellée Koesio – Erwan Le Roux et Audrey Ogereau Edenred – Emmanuel Le Roch et Basile Bourgnon Upwind by MerConcept – Anne-Claire Le Berre et Elodie-Jane Mettraux Le Rire Médecin Lamotte – Luke Berry et Antoine Joubert Mon bonnet rose – Laurent Bourgues et Jorg Riechers Viabilis Océans – Baptiste Hulin et Thomas Rouxel Wewise – Pierre Quiroga et N.C.
Comment Laura Marino a sauté du mât du nouveau Ultim Actual ? Le saut depuis un multicoque de course est une activité hautement dangereuse sans matériel adapté. Cette vidéo a été réalisée en collaboration avec l’équipe ACTUAL et sous encadrement professionnel. En tant qu’ancienne athlète olympique et spécialiste du cliff-diving, je précise que ce type d’exploit ne doit pas être reproduit, surtout sans expertise, repérage rigoureux ou conditions contrôlées.
Il faudra encore patienter avant de découvrir le nouveau Maxi Edmond de Rothschild. La sortie de chantier du futur géant aux cinq flèches devait se tenir au plus tard fin septembre pour espérer être au départ de la Transat Café l’Or (anciennement Jacques Vabre), dont le départ sera donné du Havre le 26 octobre prochain. Malgré l’envie et surtout l’énergie déployée pour tenir ce timing ambitieux et très serré, Gitana 18 ne pourra malheureusement pas tirer ses premiers bords en course sur cette grande transatlantique. Dans un tel projet, les dernières semaines de chantier sont en effet cruciales pour parfaire l’ouvrage dans les règles de l’art et la précipitation n’est jamais bonne conseillère. Un nouveau rendez-vous est fixé début décembre.
Pour innover et faire bouger les lignes, il faut être ambitieux et se donner des objectifs élevés. Vouloir mettre à l’eau fin septembre pour disputer une première transatlantique un mois plus tard s’inscrivait parfaitement dans cet état d’esprit, comme l’explique Cyril Dardashti : « Dès le départ nous savions que le timing était serré et ambitieux. Pour établir un plan de construction de Gitana 18, nous avions une base solide avec Gitana 17 mais les voies architecturales que nous défrichons avec ce nouveau bateau, notamment sur les safrans et sur les foils, réclament et méritent du temps. Notre équipe, comme toujours, a répondu présente, et toutes les sociétés qui nous accompagnent dans cet incroyable projet, à commencer par CDK Technologies, ont réalisé un travail colossal depuis le début de la construction, en janvier 2024, pour tenir le délai de fin septembre. Plus de 200 personnes se relayent sur le projet Gitana 18 pour lui donner vie. La plateforme sera bien finalisée dans les prochaines semaines, mais nous avons aussi une part moins connue qui est inhérente à notre discipline et aux choix d’innovations que nous défendons chez Gitana depuis plus de 15 ans. Le travail qu’il nous reste encore à produire sur les systèmes de l’ensemble des appendices est important et ne serait pas abouti comme nous l’imaginons pour être au départ de la Transat. »
« J’ai une grande confiance dans tout le travail de notre équipe et il faut savoir voir plus loin », posait d’emblée Charles Caudrelier. « En tant que compétiteur, j’ai ressenti de la frustration de ne pas pouvoir disputer cette course mais elle a, je l’avoue, été très vite évacuée. En mettant à l’eau un bateau neuf et si novateur un mois avant le départ, il était clair que nous n’aurions pas été au plein potentiel de la machine. »
Marin à terre depuis près d’un an, la dernière course du Maxi Edmond de Rothschild remontant en effet à octobre 2024, le vainqueur de la Route du Rhum ne cachait bien sûr pas son impatience de tirer les premiers bords à la barre de Gitana 18 mais il nous confiait aussi le plaisir d’être acteur d’une telle conception : « De toute ma carrière, c’est la première fois que j’ai la chance de suivre un projet de conception ainsi de A à Z. C’est passionnant et extrêmement stimulant. Les journées ne sont bien sûr pas du tout les mêmes que lorsque je navigue et prépare une course, mais la richesse de ce travail est géniale ! C’est un énorme travail d’équipe, ce que j’adore, et chaque jour nous demande de trouver des solutions pour mettre en œuvre des idées et des concepts très novateurs. On ne s’ennuie absolument pas. »
Succéder à un bateau de légende comme Gitana 17 n’est pas aisé, mais sur le papier le futur Maxi Edmond de Rothschild a de très beaux arguments ; des innovations et une personnalité bien affirmée qu’il tarde à Charles Caudrelier de faire découvrir : « la feuille de route confiée par notre armatrice Ariane de Rothschild était très claire : faire mieux et différent ! Et hormis les bras, qui sont issus des anciens moules de Gitana 17, je confirme que tout est très différent ! L’équipe Gitana a été très loin dans sa démarche pour essayer une nouvelle fois de casser les codes. Au-delà du design, qui est fondamental, nous développons pour ce nouveau bateau notre propre pilote automatique et notre propre système électronique. Gitana 18 n’est pas une simple évolution et ça sera évident quand les portes du chantier CDK s’ouvriront enfin. »
La Transat Café l’Or n’étant plus un objectif de première course, le Gitana Team a su très vite revoir sa copie et tirer le meilleur parti de la situation en la transformant en une opportunité. « Puisque nous ne pouvons pas prendre le départ de la Transat Café l’Or le 26 octobre prochain, nous allons mettre les prochains mois à profit pour finaliser le Maxi Edmond de Rothschild avec des options que nous n’avions pas imaginé pouvoir installer dans la première version du bateau, faute de temps. C’est un bateau neuf et la mise au point sera capitale et devra être la plus rapide possible avec le grand rendez-vous 2026 qui nous attend : la Route du Rhum. Mais c’est une chance de pouvoir bénéficier de ces innovations supplémentaires dès 2026. Charles a à cœur de défendre son titre et l’équipe Gitana de marquer l’histoire de la course », rappelait Cyril Dardashti, le directeur de l’écurie Gitana.
Ainsi, c’est une sortie de chantier hivernale que s’offrira le 28e bateau de la Saga Gitana. Le rendez-vous est donné pour le tout début décembre à Lorient ; si les conditions météos le permettent la révélation du dernier-né des Gitana pourrait se tenir le samedi 6 décembre.
En attendant l’épisode 4 de la web serie est sortie:
Alexis Loison (Groupe REEL) a tenu son rôle de favori sur un terrain qu’il connaît comme sa poche : la Manche. Il s’est imposé ce jeudi matin en baie de Morlaix, après 3 jours, 18 heures et 55 minutes de course, pour boucler les 638 milles de la première étape de la 56ᵉ édition de la Solitaire du Figaro Paprec. Au total, il a parcouru 713,16 milles à la vitesse moyenne de 7,84 nœuds. Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025) prend la 2ᵉ place, 15 minutes devant Charlotte Yven (Skipper Macif 2023), qui termine 3ᵉ à 21 minutes du vainqueur.
Tout s’est joué lors de la dernière traversée de la Manche, le long des côtes anglaises. La victoire est revenue à celui qui a su le mieux gérer son effort, mentalement et physiquement, dans l’ultime ligne droite.
Alexis Loison (Groupe REEL), vainqueur de la 1ère étape : ” Ça fait dix ans que je rêve de regagner une étape et que ça me passe sous le nez. J’ai eu pas mal d’occasions mais là, ça s’est bien combiné jusqu’au bout. Ce n’était pas évident, j’avais une meute acharnée derrière. Il y a tout le temps eu des revirements de situation. Un coup j’étais bien placé, un coup non, à chaque fois j’arrivais à bien me replacer et quand j’ai enfin pu prendre le lead, je me suis dit maintenant il faudra venir me chercher. Hugo est revenu très fort à la fin. Je ne sais pas comment sont les autres mais je suis mort. À la fin, nous nous sommes bien fait secouer. C’était copieux. Au passage de Portland Bill, j’étais le premier à m’aventurer là-dedans et j’entendais les autres concurrents prévenir à la VHF que c’était vraiment chaud. Je suis hyper content de la façon dont j’ai géré cette étape. Elle était très belle celle-là. Nous n’avions jamais de temps de répit. À chaque fois que j’allais m’allonger il y avait toujours quelque chose qui se passait. Tom Goron, je m’entraine avec lui, je sais de quoi il est capable. Arthur Meurisse est très bon aussi. Au bout d’une journée, de deux journées, il n’explosait jamais. Je me demandais vraiment quand est ce qu’il allait lâcher. Dans ce circuit Figaro, les jeunes n’attendent pas avant d’être bons. C’est pour ça qu’il y a de la bagarre tout le temps. C’est pour ça que je suis toujours ici ! “
Hugo DHALLENNE (Skipper Macif 2025), 2e de la 1ère étape :Ça fait bien plaisir, c’était l’objectif de La Solitaire : faire un podium, et c’est coché dès la première étape ! Il va falloir trouver un nouvel objectif maintenant !On a eu plein de conditions différentes : on a eu du vent, ensuite pas de vent, on s’est fait défoncer, puis une petite dernière nuit tranquille avant d’arriver ici. Et le petit coup de main avec le courant de Roscoff, ça passe ! C’était tonique en début de nuit.On est une équipe (avec Charlotte), les deux sont sur le podium, c’est le principal !On va dire merci à Dom Vitté pour le petit roadbook sur les courants de Roscoff.Je n’ai pas tout le temps suivi ce que je devais faire, mais sur la fin j’ai bien suivi. Après le passage du DST, il y avait un petit carré marqué « Attention aux courants en arrivant à Roscoff. C’est un client (Alexis Loison), il fait partie des meubles, donc on l’attendait (sa victoire) ! ».
Charlotte YVEN (Skipper Macif 2023), 3e de la 1ère étape : ” Je suis hyper contente d’arriver sur le podium. Je crois qu’on avait tous les 3 une revanche à prendre avec Roscoff d’il y a un 2 ans et moi une revanche de plus après il y a 4 ans. Ça fait super plaisir d’arriver à la maison, de voir tout ce monde là sur le ponton, d’arriver 3e après une belle étape bien crantée. C’était vraiment génial, je suis trop contente, merci pour l’accueil incroyable. J’ai réussi à dormir un peu sur le bord qui revenait d’Angleterre, j’ai trouvé le bon réglage. Et heureusement parce que le reste de la course était assez intense, j’ai l’impression qu’il y a eu 4 courses en 1.Même s’il ne faut pas trop y penser pendant la course, à un moment je me suis dit que ça pouvait peut être le faire de croiser devant après on sait – et encore plus à Roscoff – que tant que la ligne n’est pas franchie, tout peut arriver mais j’avais la niaque jusqu’au bout.Heureusement que c’est Hugo qui m’a doublé sur la ligne, c’est vrai que le dernier nuage avec le grain, je n’étais pas du bon côté, ça aurait pu être plus dramatique que ça ! Très contente qu’on soit tous les deux sur le podium, ça met bien en jambes pour la suite, ça s’annonce une belle édition.“
September 07, 2024. Louis Vuitton Cup, Race Day 7. INEOS BRITANNIA, LUNA ROSSA PRADA PIRELLI TEAM
La nouvelle jauge de l’AC75 a été publié le 9 septembre conformément au Protocole. Cette version 3 met l’accent particulier sur la maîtrise des coûts. Il n’y aura pas de nouveaux AC75, les Challengers utiliseront à Naples les coques de la 37e Louis Vuitton America’s Cup (ou des versions modifiées de l’AC36 de 2021). La 38e Coupe de l’America est lancée où la France devrait être à nouveau présente avec K-Challenge.
Il n’y aura pas de nouveaux AC75. Des critères stricts ont été mis en place concernant les composants, tandis que la structure interne des bateaux a été radicalement modifiée en supprimant les cyclors au profit de l’énergie stockée. Une analyse détaillée a permis de constater que les coques elles-mêmes ne présentaient que des avantages minimes, à peine perceptibles dans la pratique. En outre, des mesures actives de maîtrise des coûts en termes de budget global des équipes ont été définies dans le protocole AC38.
Dan Bernasconi, designer en chef de l’équipe Emirates Team New Zealand et l’un des principaux architectes des règles aux côtés de Nick Holroyd d’Athena Pathway, a déclaré : « En tant que collectif regroupant le défenseur et le challenger officiel, nous avons analysé toutes les formes de coques utilisées à Barcelone lors de l’AC37 et avons constaté que les différences de vitesse liées uniquement aux coques étaient minimes. Tous les gains provenaient des foils et des systèmes ; il était donc tout à fait logique de concentrer le temps de conception sur ces domaines de développement et de réutiliser les coques. Un autre changement important concernera les systèmes de gestion électronique, maintenant que les cyclors ont été interdits, mais le résultat sera des courses encore plus serrées et un événement globalement plus durable. »
Les équipes vont maintenant commencer à travailler à l’adaptation de leurs AC75 avant leur lancement, et entre-temps, une grande partie de l’entraînement se concentrera sur la classe AC40, où les équipes pourront utiliser deux bateaux en vue des trois régates préliminaires initiales prévues pour 2026. Au cours de ces régates, les équipes pourront engager deux bateaux, dont l’un sera composé d’un mélange de jeunes et de femmes, comme le prévoit le protocole. Les Français s’activent à Lorient pour remettre leur AC40 à l’eau et envisagent d’en acquérir un second. Concernant l’AC75, le nombre de jours de navigation est limité sur l’année. L’équipe réfléchit donc au meilleur moment pour l’utiliser. Elle bénéficiera toutefois de jours de navigation supplémentaires par rapport aux autres équipes qui n’avaient pas atteint les demi-finales lors de la dernière édition. L’équipe française Orient Express Racing Team bénéficiera de 10 jours • Alinghi Red Bull Racing Team 8 jours • NYYC American Magic 6 jours • Luna Rossa Prada Pirelli 4 jours • Athena Racing 2 jours • Emirates Team New Zealand 0 jour.
Le changement le plus notable est sans doute l’obligation d’avoir au moins une femme dans l’équipe de cinq navigateurs. L’ajout d’un cinquième membre d’équipage actif signifie qu’il faudra accorder une plus grande importance à la stratégie de course, au positionnement sur le parcours et aux discussions d’ensemble entre les équipes. Cette mesure aligne et rapproche les équipes féminines de la Coupe de l’America de chaque syndicat, car la rotation est inévitable et un vivier de talents important sera nécessaire pour toute la durée de la campagne, d’ici à Naples en 2027.
De plus, l’introduction d’un poste de « coureur invité » sur les AC75 pendant la course relance un programme qui n’avait plus été vu depuis Valence en 2007, ouvrant ainsi l’événement phare de la voile mondiale, l’America’s Cup, à un public plus large.
Points clés des nouvelles règles de classe et du règlement technique :
RÈGLES DE CLASSE AC75
Chaque AC75 aura cinq membres d’équipage dédiés, dont au moins une femme devra être à bord.
Un cockpit « Guest Racer » sera mis en place, permettant à une personne ne faisant pas partie de l’équipe de naviguer à bord d’un AC75 pendant la course. Il s’agit véritablement du siège le plus convoité dans le monde de la voile et d’une première depuis la place d’invité « 18e personne » utilisée pour la dernière fois lors de l’America’s Cup 2007 sur les bateaux IACC Version 5 à Valence.
La reconnaissance conjointe est de retour avec des journées d’observation autodéclarées pour chaque concurrent. L’entraînement sur les bateaux monotypes AC40 ne devrait pas être couvert, mais dès que les AC75 pourront reprendre la mer à partir du 15 janvier 2026, le programme de reconnaissance battra son plein.
Les bateaux eChase fonctionnant à l’aide de batteries, d’hydrogène ou de biocarburants seront utilisés par toutes les équipes. Ils auront une longueur minimale de 10 mètres, une vitesse maximale de 35 nœuds et une autonomie de 75 milles marins.
Les spécifications d’une unité de batterie monotype qui, une fois combinée, formera le banc de batteries principal qui contrôlera toutes les pièces mobiles de l’AC75, seront publiées en temps voulu.
RÈGLEMENT TECHNIQUE
Les coques existantes peuvent être dérivées de l’AC37 ou de l’AC36, avec une plus grande tolérance pour l’adaptation des coques AC36 à partir de 2021.
Trois ailes de foil héritées de l’AC37 peuvent être adaptées jusqu’à 20 % dans le cadre de paramètres stricts, et les équipes sont autorisées à construire un total de trois nouvelles ailes de foil, là encore dans le cadre de paramètres définis.
Trois volets de foil hérités peuvent également être adaptés à 20 % et les équipes peuvent construire un total de cinq nouveaux volets de foil pour l’AC38.
Les stocks de bras de foil monotypes, qui sont restés inchangés depuis la création de la classe AC75, seront réutilisés dans l’AC38.
Aucun nouveau mât n’est autorisé pour les équipes qui ont construit deux mâts dans l’AC37. Une seule équipe, Orient Express Racing, n’a construit qu’un seul mât. Elle sera donc autorisée à en construire un autre dans le respect de paramètres stricts et selon une conception similaire pour Naples 2027.
Au total, quatre grand-voiles existantes et six nouvelles grand-voiles sont autorisées ; chacune d’entre elles peut être recoupée un nombre illimité de fois, à condition que 85 % de l’original soit conservé.
Treize nouvelles voiles d’avant sont autorisées, plus dix voiles d’avant existantes, soit un total de 23 pour les équipes, avec les mêmes autorisations de recoupe que pour la grand-voile.
Un seul nouveau safran est autorisé.
Des modifications mineures sont autorisées sur la forme de la coque, avec seulement 4 mètres carrés de changement autorisés sur la structure de la coque (et non sur sa forme), afin de permettre des modifications des systèmes internes.
Les modifications des systèmes de contrôle, des systèmes hydrauliques et électroniques ne sont pas soumises à restriction, à condition qu’elles puissent être intégrées dans les formes existantes de la coque.
Pour toutes les équipes participant à la 38e America’s Cup Louis Vuitton en 2027, le compte à rebours a commencé et des décisions cruciales devront être prises dans les jours et les semaines à venir, qui détermineront le succès global de chaque campagne. Choisir où, quand et comment s’entraîner à la fois sur l’AC75 (à partir du 15 janvier 2026) et sur l’AC40 sera la première décision clé pour les équipes de voile, tandis que pour les concepteurs, divers programmes devront être décidés afin de modifier et d’améliorer les voiliers existants. En particulier, la construction et l’introduction des trois nouveaux foils autorisés seront absolument essentielles, l’équipe de voile ayant besoin de temps pour « mettre au point » chaque foil et se familiariser avec eux, malgré le désir de garder le secret jusqu’au dernier moment.
En outre, la répartition des rôles entre les cinq membres d’équipage pourrait donner lieu à des interprétations très diverses de la part des équipes. La sélection de l’équipe de navigateurs pour l’AC75, puis la mise en valeur des atouts de chacun, nécessiteront une analyse et une compréhension approfondies, d’autant plus que d’importants changements ont eu lieu au sein des équipes depuis la fin de la 37e Louis Vuitton America’s Cup à Barcelone et que de nouveaux visages ont fait leur apparition dans la régate. La fusion entre les concepteurs et les marins est toujours un facteur déterminant dans toute campagne réussie pour la Coupe de l’America, et la configuration de chaque bateau sera sans aucun doute unique.
New Rudders and Elevators are fitted to an F50 ahead of the ROCKWOOL France Sail Grand Prix held in Saint Tropez, France Tuesday 09 September 2025. Rolex SailGP Championship Event 9 2025 Season. Photo: Jason Ludlow for SailGP. Handout image supplied by SailGP
Alors que le GP de SailGP se prépare à St-Tropez, Russel Coutts annonce de nouveaux safrans pour les bateaux permettant de repousser la cavitation à 106 km/h et un logiciel limitant le risque de rupture de charge. Après un cycle complet de tests et de développement qui a débuté en janvier 2024, les nouveaux safrans de la ligue (haute vitesse et vent faible) seront déployés pour les 12 équipes à Saint-Tropez. Plus fins, avec une longueur de corde plus longue et des élévateurs plus efficaces, les nouveaux gouvernails sont conçus pour offrir un meilleur contrôle à grande vitesse et de meilleures performances de foiling à basse vitesse.
Les nouveaux gouvernails haute vitesse augmenteront également le seuil de cavitation, ce qui facilitera le contrôle et réduira le risque de rupture. On se souvient de l’accident des Français à Portmouth qui, en entraînement, lancés à pleine vitesse ont perdu le contrôle de leur bateau après la rupture spectaculaire de leur safran. La cavitation, qui rend le bateau plus difficile à contrôler en raison de forces très variables, commencera désormais à se produire lorsque le F50 dépassera les 106 km/h (66 mph), soit une augmentation significative par rapport à la vitesse de déclenchement précédente de 83 km/h (51 mph) sur les gouvernails de la première édition.
Sir Russell Coutts, PDG de SailGP, a déclaré : « Dans un championnat où les équipes repoussent sans cesse les limites en s’affrontant, chaque amélioration doit trouver un équilibre entre performance, sécurité et précision. Ces dernières innovations s’inscrivent dans la vision plus large de SailGP qui consiste à redéfinir la voile grâce à l’excellence technologique, au spectacle sportif, à la vitesse et à la performance au plus haut niveau. »
Accéléré pour les derniers essais à Saint-Tropez, le nouveau logiciel devrait également offrir une protection supplémentaire aux équipages lors de la gestion des charges extrêmes subies lors des manœuvres à grande vitesse. Le logiciel identifiera les moments où le F50 navigue à grande vitesse et sous forte charge, et augmentera automatiquement l’angle d’attaque positif (rake) de la dérive (foil) afin d’atténuer le risque de surcharge du bateau.
M. Coutts a poursuivi en déclarant : « Une fois pleinement opérationnel, le nouveau logiciel constituera une avancée significative pour la protection de la flotte dans les scénarios les plus exigeants. Bien que rien ne puisse remplacer le savoir-faire des experts, ce changement atténuera certains risques de surcharge du bateau et offrira une protection supplémentaire aux équipages et aux équipements. »
L’équipe technologique interne de SailGP est composée de plus de 100 personnes, dont des concepteurs, des ingénieurs, des analystes, des constructeurs de bateaux et divers spécialistes. Le championnat mondial de course a officiellement inauguré SailGP Technologies au début de l’année. Basée à Southampton, au Royaume-Uni, cette installation ultramoderne de 10 millions de dollars américains alimente la conception et le développement continus de la ligue, ainsi que la maintenance et la construction de la flotte F50 en pleine expansion de SailGP.
L’annonce d’aujourd’hui fait suite à la réussite des réparations importantes effectuées sur les bateaux de l’équipe américaine SailGP et de Mubadala Brazil après les dommages majeurs subis lors de l’épreuve du mois dernier à Sassnitz. Les F50 des deux équipes ont été expédiés depuis SailGP Technologies après une remise en état rapide, des tests structurels complets et des mises à niveau du système pour le Brésil, et la construction d’une nouvelle section de coque bâbord (de la proue à la poupe) pour les États-Unis. Les deux bateaux sont sur place à Saint-Tropez où les derniers tests à terre et sur l’eau seront effectués avant la course de ce week-end.
Le ROCKWOOL France Sail Grand Prix commence ce week-end, avec des courses en direct le vendredi 12 septembre et le samedi 13 septembre. Le week-end suivant, SailGP mettra les voiles pour la toute première fois sur le lac Léman. Le Rolex Switzerland Sail Grand Prix se déroulera sur deux jours de course riches en action, les 20 et 21 septembre 2025.
Ce mercredi midi, il reste encore 154 milles nautiques à parcourir pour en terminer avec cette première étape de la Solitaire, particulièrement exigeante pour les 34 figaristes. Alexis Loison, sur Groupe Reel, est resté dans le peloton de tête depuis le départ. Il a franchi la dernière chicane en 2ᵉ position avant de prendre la tête de la course le long des côtes anglaises.
Derrière lui, plusieurs skippers se montrent véloces et s’affirment : le jeune Tom Goron (19 ans), Jules Delpech, Paul Morvan, Charlotte Yven, Alexis Thomas, Victor Le Pape, ou encore le tenant du titre, Tom Dolan, dont l’expérience en fin d’étape pourrait faire la différence. Juste derrière, on peut saluer la belle performance d’Arthur Meurisse, de Mael Garnier ou encore d’Yvon Larnicol, qui ont su se hisser aux avant-postes. L’étape est loin d’être terminée, mais elle laissera assurément des traces pour la suite.
Changement d’ambiance sur la première étape de La Solitaire du Figaro Paprec. Après avoir quitté les 34 figaristes dans le nord-ouest de la pointe de la Hève, puis en approche du rail des cargos, sur la route des Needles dans des conditions difficiles, les marins sont entrés dans le dur et à la vacation radio de ce matin les paroles devenaient plus difficiles. Au classement de 7h, Tom Goron (Groupe Dubreuil) était en tête devant Jules Delpech (P’TIT DUC) et Alexis Loison (Groupe REEL).
Plafond très bas, grosse pluie et vent abondant sous les grains avec des conditions sous spi permettant d’allonger la foulée. Impérial dans cet exercice, Tom Goron, 22e au classement de 19h hier soir, a réussi, grâce à une très belle trajectoire et une belle aisance sous spi, à remonter l’ensemble de la flotte qu’il menait depuis hier soir à 21h. Au Passage de la dernière marque, Alexis Loison et Jules Delpech réussissaient un bon coup tactique en se positionnant plus à l’est leur permettant de prendre un petit avantage.
Tom Goron a réussi une très belle prestation pour celui qui n’a que 19 ans. Mais les milles accumulés depuis dimanche dernier commencent à marquer les marins et le matériel. « On a attrapé deux beaux grains, c’est assez engagé. On a fait le dos rond dans ces conditions. Je fais route vers les Needles. Je vais essayer de garder ma première position face à Jules mais j’ai perdu un peu de terrain. Dans les grains, j’ai ma contre écoute qui s’est dérochée. Ça a été un peu la galère mais j’ai réussi à tout remettre en place. J’ai aussi fait le ménage des algues dans la quille. Il n’y a plus tellement de vie à bord. Je suis rentré dans le bateau pour essayer de faire sécher mes affaires sur le moteur qui est encore chaud. Je vide un peu le bateau avec des éponges, on prend pas mal de litres d’eau. L’espace de vie est assez restreint dans ces conditions », commentait Tom.
“J’approche de mes limites”
Même constat chez Paul Morvan (French Touch – Foricher). Actuellement quatrième, Paul semble puiser au fond de lui-même pour continuer d’avancer. Il tient le rythme mais à quel prix. « J’ai mon amure de spi qui s’est ouverte, j’ai dû l’affaler et le renvoyer. J’ai perdu un peu de distance sur Tom et Jules. Depuis, avec les grains et la houle, je rentre dans le dur. Je n’arrive plus beaucoup à comprendre ce qui se passe. Je tente de faire comme je peux mais c’est un peu dur. Je me suis forcé à faire une sieste même si le bateau est difficile à faire avancer avec la houle. Je me change car j’approche de mes limites. Je vais essayer de retrouver des bonnes ondes car je pense être dans le bon paquet. Ça repart de là », analysait Paul.
Avec la mer qui monte sur le pont sur chaque surf et la pluie diluvienne sous les grains, les marins subissent les éléments à la barre. Une situation qui n’épargne personne.
« On vient de passer un front, c’était un peu sportif. Je suis trempé, j’ai faim, j’ai froid, j’ai envie d’aller me coucher. J’ai toujours été au contact de quelqu’un et j’ai eu du mal à lâcher la barre. Difficile dans ces conditions d’aller dormir, ça doit s’entendre. Nos options avec mes copains de devant ont été relativement bonnes et nous nous retrouvons un peu détachés de la flotte. On va sortir du rail des cargos, qui sont assez nombreux sur la zone. Je vais ensuite essayer d’aller me reposer un peu. J’ai réussi à bien régler le pilote et je vais en profiter pour aller dormir un peu », commentait Jules Delpech (P’TIT DUC), deuxième à un mille de Tom Goron.
Le repos, la clé de la réussite
Toujours en embuscade mais costaud dans sa navigation et dans ses choix, Hugo Dhalenne (Skipper Macif 2025), actuel sixième, semble prêt à livrer la dernière bataille. « Cette navigation est assez tonique. Nous avons eu dans les grains entre 20 et 30 nœuds de vent. C’était chouette. J’étais un peu en déficit de sommeil, j’ai réussi à faire une bonne sieste. Je suis très content de faire du bateau mais bien fatigué. C’est bien de traverser la Manche mais ce n’est pas très reposant. Je sors d’1h30 de sieste, à fond maintenant jusqu’à l’arrivée. On va ensuite repartir au près après les Needles, il faudra gagner dans l’ouest, envoyer un virement et faire du sud. Mais il y a encore un DST sur la route, il va falloir choisir son camp. Il y a encore du match, c’est pour ça que c’est cool le Figaro » confiait Hugo Dhalenne.
En troisième position, Alexis Loison (Groupe REEL), sur la route la plus à l’est de la flotte, est un habitué de ces traversées de la Manche et connait parfaitement ces conditions. L’expérience du normand pourrait bien faire la différence dans la gestion de l’effort pour attaquer le dernier gros morceau de cette première étape de La Solitaire du Figaro Paprec, la dernière traversée de la Manche et l’arrivée sur Roscoff en Baie de Morlaix dont l’ETA est autour de 5h du matin ce jeudi.
C’est à 9h 57min et 14s que Jules Delpech sur P’TIT DUC a franchi ce dernier obstacle. Il a été suivi par Alexis Loison (Groupe REEL) 42 secondes plus tard. Malheureusement, le temps n’est pas au tourisme, bien que les magnifiques falaises de craie blanche des Needles, situées à l’extrême pointe ouest de l’ile de Wight, méritent une visite. Après un affalage de spi, c’est au près que les marins reprennent la route, dans un courant bien puissant qui les incite à la plus grande prudence. Le long de la côte anglaise, les marins s’appliquent à évoluer de la meilleure des façons, enchaînant les virements de bord au fond des différentes baies qui jalonnent la côte.
A 16h, Alexis Loison était toujours aux commandes de la flotte. Un parfait timing pour engager la dernière traversée vers Roscoff. Il reste moins de 120 milles au Normand pour marquer son territoire et tenter de s’imposer. Ils sont actuellement six à naviguer dans un mouchoir de poche. Jules Delpech (P’TIT DUC), Paul Morvan (French Touch – Foricher), Victor le Pape (Région Bretagne – CMB Espoir), Tom Goron (Groupe Dubreuil) et Charlotte Yven (Skipper Macif 2023) se tiennent en moins d’un mille. Pousser au maximum dans l’ouest
Pour le moment, tous poussent au maximum dans l’ouest en attendant la bascule de vent qui devrait intervenir dans l’après-midi. Un virement qui pourrait permettre de passer dans l’ouest du DST. Si pour le moment les conditions demeurent assez maniables, l’arrivée du front va nettement compliquer la vie à bord. Pour ce dernier sprint à travers la Manche, les plus lucides et les moins fatigués arriveront à sortir leur épingle du jeu. L’ETA à Roscoff prévoit une arrivée des premiers vers 5h du matin.