Malgré des conditions très difficiles au large du Portugal, Armel Le Cléac´h (Brit Air) progresse à vive allure (13,7 nœuds de moyenne cette nuit) vers l´arrivée qu´il espère atteindre vendredi soir ou samedi matin, soit plus de cinq jours après le vainqueur Michel Desjoyeaux (Foncia). Loin derrière lui, au milieu de l´Atlantique Nord, la bataille est toujours aussi indécise entre Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran). La Britannique privilégie la route directe et augmente régulièrement son avance, désormais de 177 milles. De son côté, Guillemot poursuit son option nord-ouest pour contourner l´anticyclone et progresse toujours quelques nœuds plus vite que la Miss Sam. Suspense pour le podium !
En cinquième position, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) n´aura pas ménagé sa peine question bricolage pendant ce Vendée Globe. Aujourd´hui, ce sont ses vérins de quille qui fuient. Le grand Britannique pense devoir bloquer sa quille dans l´axe pour finir son tour du monde. Plus au sud, à la sixième place, Dee Caffari (Aviva) a retrouvé la vie penchée qu´elle a tant connue lors de son tour du monde à l´envers. Au près dans les alizés de nord-est, elle remonte l´Atlantique Nord à la poursuite de son rêve : être la première femme à boucler le tour du monde dans les deux sens. Pour Arnaud Boissières (Akena Vérandas), la traversée de l´équateur est toujours une fête, même pour la sixième fois. C´est à 19h43 mardi soir qu´il a franchi la ligne imaginaire et remercié Neptune comme il se doit.
Dans l´Atlantique Sud, Steve White (Toe in the Water) et Rich Wilson (Great American III) ne sont pas logés à la même enseigne. L´Anglais profite de bons alizés pour glisser le long du Brésil quand le doyen Américain lutte toujours au large de l´Uruguay dans des grains orageux. Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), qui a passé le Horn lundi, s´apprête à faire escale aux Malouines, à Port Stanley, là même ou s´était arrêté Marc Guillemot. Objectif de Raphaël : monter dans le mât et résoudre son problème de drisse de grand-voile. Quant à Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), il va vivre son premier passage du Cap Horn aux alentours de midi. Les dix solitaires encore en mer seront alors tous revenus en Atlantique…
Vers une nuit en enfer ? Pas de pitié pour les braves. A 1000 milles du terme de son périple, Armel Le Cléac’h s’apprête à passer en mode survie. A la vacation du jour, le benjamin et second de la flotte relevait déjà 35 nœuds à l’anémomètre et une " mer pénible sur les trois quarts avant ". Malheureusement, cette situation générée par une violente dépression qui déboule du nord-ouest, va empirer aujourd’hui en fin de journée. D’après Sylvain Mondon de Météo France, les conditions seront difficiles jusqu’au Cap Finisterre avec du vent de nord-ouest entre 35 et 45 noeuds moyens, rafales 50/60 noeuds dans les grains de la traîne et une mer très grosse (creux moyens de 7 à 10 mètres !). Le maximum est prévu dès ce soir à 19h00. Armel pourrait bien vivre une nuit en enfer et il s’agira pour lui de faire le dos rond pour préserver son bateau avant une légère accalmie attendue demain. Les dernières ETA prévoient l’arrivée du marin de Morlaix aux Sables d’Olonne entre jeudi 5 février à 19h00 et le samedi 7 à 7 heures.
Quille totalement arrachée C’est la perspective de ce même coup de vent qui a poussé Roland Jourdain à jeter l’éponge après presque 700 milles parcourus sur un bateau sans quille. Arrivé hier vers 18h45 à Ponta Delgada, le port de commerce de Sao Miguel, île principale des Açores, Roland et son équipe ont immédiatement procédé à un état des lieux. Toute la quille a bien été arrachée au niveau de l’ogive qui fait la jonction avec la coque. Après réflexion, Bilou estime que la perte de l’appendice a dû se faire en deux temps : le voile de quille aurait d’abord plié avant de se désolidariser complètement et lui aurait évité ainsi le chavirage immédiat. L’ordre du jour pour l’équipe de Veolia Environnement est désormais de rapatrier le plan Lombard par cargo.
Duel pour la troisième place 1200 milles dans le sillage de Brit Air, la lutte pour la troisième place est engagée. Comme Armel, Samantha Davies (Roxy) tente de passer à l’est de l’anticyclone des Açores, une stratégie qui lui permet de raccourcir la route mais qui pourrait être risquée à moyen terme avec des vents de face et faiblissants. De son côté, Marc Guillemot a décidé de " faire le tour de la paroisse ", soit de rallonger la distance en contournant les hautes pressions par l’ouest, un investissement à plus long terme qui lui permettrait, d’ici une quarantaine d’heures, d’attraper l’autoroute des flux perturbés qui balayent l’Atlantique au niveau du 40e nord. Lequel d’entre eux aura raison ? Réponse d’ici deux jours. Sur l’eau, la navigatrice anglaise est troisième. Pas sur le papier. Car ‘Marco’ dispose sur elle de 50 heures de bonus, soit une marge d’environ 500 milles. Mais il en faut plus au skipper de Safran qui se bat désormais pour la troisième place en temps réel. Leur heure estimée d’arrivée se situe entre le lundi 9 et le mercredi 11 à 19h00.
De fait, cette deuxième semaine de février sera chargée aux Sables d’Olonne avec à suivre les arrivées de Brian Thompson et Dee Caffari. Le premier est actuellement dans la même configuration et la même stratégie que Safran concernant la négociation de l’anticyclone des Açores tandis que la seconde hésite toujours entre deux camps.
Pour Arnaud Boissières, il reste encore un peu moins de deux semaines de mer. Pour l’heure, Akena Vérandas navigue dans un pot au noir clément, à quelques 40 milles de l’équateur. Sauf mauvaises surprises dans la zone de convergence intertropicale, son entrée dans l’hémisphère Nord est prévue pour ce soir. En attendant, " Cali " relatait son plaisir d’être en mer sous les grains de pluie tiède, accompagné par des centaines de dauphins.
Sedlacek seul dans le Pacifique Derrière, Steve White progresse dans les alizés de sud-est, en approche du pot au noir tandis que Rich Wilson, aux prises avec les dépressions orageuses qui sévissent au large de l’Uruguay, a connu de gros soucis de pilote automatique qui l’a obligé à faire cap à l’envers de la route, le temps de tout réparer. Raphaël Dinelli, dans le sud des Malouines, profite pour l’instant de généreux vents portants d’une vingtaine de nœuds. Un seul concurrent n’a pas encore franchi la frontière de l’océan Atlantique : l’Autrichien Norbert Sedlacek qui évolue sur une mer d’huile, en plein anticyclone, à 195 milles du cap Horn. Nauticsport-Kapsch devrait doubler la pointe sud de l’Amérique du Sud d’ici 36 heures.
Le classement de 16 heures le 03/02/09 : 1- Michel desjoyeaux (Foncia) arrivé aux Sables d’Olonne après 84j 03h 09′ 2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1028 milles de l’arrivée 3- Samantha Davies (Roxy) à 1152,4 milles du deuxième 4- Marc Guillemot (Safran) à 1317,2 milles du deuxième 5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1525,5 milles du deuxième 6- Dee Caffari (Aviva) à 1825,7 milles du deuxième 7- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2253,3 milles du deuxième 8- Steve White (Toe in the water) à 3213,8 milles du deuxième 9- Rich Wilson (Great American III) à 4572 milles du deuxième 10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 5753,2 milles du deuxième 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6190 milles du deuxième
Vigilance orange dans les alizés de nord-est ! Eux rentrent d’un tour du monde de trois mois et filent plein nord pour rejoindre la France. Les autres traversent l’Atlantique en quête des douceurs des Antilles. Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), à la lutte pour la troisième place, croisent en ce moment la flotte des 70 concurrents de la Transquadra. Par son option ouest, Marco continue de progresser 3 nœuds plus vite que sa camarade mais perd encore du terrain en distance au but en s’écartant vers l’ouest. Une tactique qui lui a au moins permis de doubler Sam en latitude et de pointer 35 milles plus au nord que la jeune Anglaise. Un décalage qui pourrait s’avérer payant lorsqu’il faudra accrocher les vents portants au nord de l’anticyclone des Açores.
65 milles au sud de São Miguel Armel Le Cléac’h (Brit Air), nouveau deuxième depuis l’abandon lundi de Roland Jourdain suite à sa perte de quille, naviguait ce matin à 65 milles dans le sud du port de Ponta Delgada aux Açores où s’est justement arrêté Bilou. Fonçant à 15,5 nœuds, Armel était le plus rapide des dix concurrents encore en mer. Son arrivée est toujours prévue pour vendredi aux Sables d’Olonne. Derrière, les sept derniers concurrents s’étalent sur tout l’Atlantique et jusqu’à 270 milles du Cap Horn côté Pacifique. Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), le dernier, devrait franchir demain pour la première fois de sa vie le rocher légendaire. Devant lui, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) contourne par l’ouest l’île des Etats. Et beaucoup plus au nord, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) fait son entrée dans le pot-au-noir, à 120 milles dans le sud de l’équateur.
Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia), en 84j. 3h. 9min. 8sec 2- Armel Le Cléac’h (Brit Air), à 1200 milles de l’arrivée 3- Samantha Davies (Roxy) à 2266 milles de l’arrivée 4- Marc Guillemot (Safran) à 2394 milles 5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2650 milles 6- Dee Caffari (Aviva) à 2963 milles 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3356 milles 8- Steve White (Toe in the Water) à 4344 milles 9- Rich Wilson (Great American III) à 5646 milles 10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6867 milles 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7299 milles RDG- Vincent Riou (PRB) – Réparation accordée
« J’ai pris ma décision d’abandonner, essentiellement à cause de la météo, car dès ce lundi soir, on a 35 à 40 nœuds de vent de Nord-Ouest quand le front va passer et ensuite, plusieurs jours de Nord-Ouest très fort par moments, puisqu’il y aura jusqu’à 50 nœuds de vent. J’ai navigué dans 35-40 noeuds ces deux derniers jours et c’est passé, mais pour aller jusqu’à La Corogne, je n’aurais que du vent de travers fort et le bateau ne peut pas supporter une grosse mer. » C’est par ces mots et avec beaucoup de tristesse que Roland Jourdain a annoncé à la vacation radio de ce lundi midi, sa décision de jeter l’éponge. Car à une cinquantaine de milles de Ponta Delgada sur l’île de Sao Miguel aux Açores, le skipper de Veolia Environnement a encore la possibilité de ramener son bateau sans quille dans un port, ce qui ne serait peut-être pas le cas avec la météo très dure qui s’annonce pour ce début de semaine… « La décision est douloureuse mais de toute façon, je m’en voudrais toute ma vie si jamais je passais près d’un port et que je ne m’arrêtais pas, puis que 24h ou 48h plus tard, il m’arrivait un pépin dans lequel je risquerais la vie de quelqu’un pour venir me chercher, dans lequel je risquerais la vie de mon bateau ou devrais laisser mon bateau. La mer, ce n’est pas une poubelle. Donc voilà, c’est une décision de bon sens marin… ». Le solitaire devrait s’amarrer avant la nuit, son équipe technique étant déjà à poste aux Açores pour le remorquer avant l’arrivée de vents forts de Nord-Ouest au passage du front froid.
Dix en course Ce dix-neuvième abandon marque tous les esprits car Roland Jourdain avait été le grand animateur de la " chasse au Desjoyeaux ", restant pendant 47 jours dans son sillage, même si au fil de la remontée de l’Atlantique, l’écart qui s’était maintenu auparavant sous les cent milles, ne faisait qu’augmenter après son abordage avec un cétacé… C’est ainsi la plus éliminatoire de toutes les éditions du Vendée Globe avec seulement 36% des solitaires classés ce jour et encore en mer ! Le scénario est pour le moins à rebondissements et après la victoire énorme de Michel Desjoyeaux, ce nouvel abandon démontre une nouvelle fois que ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance n’a pas d’équivalent et s’avère la plus difficile des courses à la voile.
Armel Le Cléac’h (Brit Air) est donc désormais le potentiel deuxième de ce Vendée Globe, mais il va avoir à gérer des vents très forts de Nord-Ouest pour les deux jours à venir et surtout une mer très grosse en arrivant vers la pointe espagnole. Travers au vent et à la lame, le monocoque va être extrêmement sollicité et le skipper va devoir composer entre vitesse et sécurité pour ne pas risquer une avarie de dernière heure ! Pas facile car trop de précautions peuvent aussi mettre en difficulté un bateau qui a déjà près de 25 000 milles sous la quille : trouver la bonne vitesse et le bon angle par rapport à la houle est certainement le dernier challenge du Finistérien qui est attendu entre jeudi matin et vendredi soir aux Sables d’Olonne.
Option Ouest Par voie de conséquence, Samantha Davies (Roxy) est passée à la troisième place du classement : la Britannique était en plus contente de voir que Marc Guillemot ne suivait pas la même trajectoire pour finir la course. Car le skipper de Safran a choisi de se décaler vers l’Ouest pour tenter un dernier coup stratégique : l’anticyclone des Açores est en effet très à l’Ouest de sa position ce qui impose de faire du près pendant des jours et des jours en suivant la route la plus courte… Mais comme il se pourrait bien que les hautes pressions reviennent plus au centre de l’Atlantique en milieu de semaine, cela provoquerait un changement radical de la situation ! Samantha Davies pourrait alors se retrouver en plein milieu dans des vents faibles et erratiques, tandis que le Trinitain profiterait d’un flux de Sud-Ouest modéré pour accrocher les dépressions plus au Nord. Réponse mercredi soir quand les deux compagnons de route seront à la latitude des Canaries !
Et si cette transformation du champ de vents se précisait, cela pourrait aussi permettre à Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) de couper très franchement le fromage… Il y aurait en effet une ouverture tactique par l’Est en faisant du près pour gagner dans le Nord-Est puis pour attraper un régime de Sud-Ouest de la latitude de Gibraltar jusqu’au cap Finisterre. Gardes-toi à droite, gardes-toi à gauche, Sam ! Mais il n’est pas sûr que Dee Caffari (Aviva) profite d’une situation semblable : ces mouvements assez rapides des centres d’action météo sur l’Atlantique laissent entendre que ce couloir par l’Est pour Brian puisse tenir assez longtemps pour ouvrir la même porte pour sa compatriote…
Du cap Horn à l’équateur Et si l’Anglaise est bien sortie du Pot au Noir, Arnaud Boissières commence à y entrer : pour l’instant, le skipper de Akéna Vérandas n’est pas trop ralenti, mais il va devoir composer avec une Zone de Convergence Inter Tropicale assez instable. Encore une journée et demie pour franchir l’équateur… Quant à Steve White (Toe in the water), il a encore du mal dans des alizés poussifs au large du Brésil. Le Britannique s’est enfin extrait de la zone orageuse qui l’a obligée à tirer des bords pendant des jours. Et pour l’Américain, la progression dans l’Atlantique Sud n’est pas plus facile : en retournant du côté de l’Uruguay, Rich Wilson (Great American III) a bien touché du vent, mais plutôt contraire !
Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) a rempli une grande partie de son challenge : faire le tour du monde sans énergie fossile ! Et bien en ce lundi, le navigateur a franchi pour la troisième fois le cap Horn dans des conditions assez musclées. Traverser les mers du Sud avec seulement des panneaux solaires et une éolienne pour produire de l’électricité était en effet la phase la plus délicate de son périple autour du monde. Normalement, en remontant vers le Nord depuis ce lundi après-midi, la vie sera moins rythmée par ces impératifs de charge… Enfin, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) s’est fait piéger par des calmes ! À moins de trois cents milles du cap Horn… Incroyable car il n’arrive pas à s’en sortir et devra attendre jusqu’à mardi pour espérer voir une dépression le pousser vers la sortie du Pacifique.
Le classement de 16 heures le 02/02/09 :
1- Michel desjoyeaux (Foncia) arrivé aux Sables d’Olonne après 84j 03h 09′ 2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1375,8 milles de l’arrivée 3- Samantha Davies (Roxy) à 996,6 milles du deuxième 4- Marc Guillemot (Safran) à 1109,9 milles du deuxième 5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1395,9 milles du deuxième 6- Dee Caffari (Aviva) à 1701,5 milles du deuxième 7- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2070,2 milles du deuxième 8- Steve White (Toe in the water) à 3080,9 milles du deuxième 9- Rich Wilson (Great American III) à 4329,5 milles du deuxième 10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 5626,1 milles du deuxième 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 5996,7 milles du deuxième
Estimation d’arrivées
Armel Le Cléac’h : entre le 5 février à 7 h et le 7 février à 7 h Samantha Davies et Marc Guillemot : entre le 9 février à 13h et le 11 février à 13h Brian Thompson : entre le 10 février et le 12 février Dee Caffari : entre le 11 février et le 13 février Arnaud Boissières : entre le 13 février et le 15 février Steve White : vers le 20 février Rich Wilson : vers le 27 février Raphaël Dinelli : vers le 6 mars Norbert Sedlacek : vers le 11 mars
« Un bon marin ramène toujours son bateau au port en sécurité. » Ses mots sont chers à Bilou et ont certainement pesé dans sa décision de ne pas poursuivre la course à son terme. Une décision difficile à prendre pour celui qui aura mené 84 jours de course tambour battant dont 47 à la seconde place du classement, juste derrière Michel Desjoyeaux.
Peser le pour et le contre… Depuis son avarie de quille jeudi dernier, il s’était fixé d’atteindre les Açores pour évaluer le comportement de Veolia Environnement dans sa nouvelle configuration. Après avoir revu tous les paramètres avec les architectes et son équipe technique pour étudier la stabilité du bateau selon les différents angles de gîte, les ballasts chargés de 8 à 10 tonnes d’eau, il s’était encore donné 24h hier pour décider de la suite de la course. Partagé entre la théorie et la pratique, Bilou a donc tranché. Certes l’idée était tentante dans certaines conditions de s’élancer sur les 1000 derniers milles, mais pas à n’importe quel prix, sa priorité ayant toujours été de ne prendre de risque ni pour lui-même, ni pour son bateau. Les conditions annoncées sur la suite du parcours ne s’avérant pas favorables, Bilou a donc préféré renoncer. Quoi qu’il en soit, il pourra tout de même se satisfaire d’avoir parcouru 600 milles sans quille dans une mer formée générant parfois jusqu’à 7 mètres de houle pour rallier le port le plus proche.
Bilou, joint par téléphone ce matin :
« Une fois que la décision est prise, elle est entérinée. J’aurais sans doute eu plus de mal à trancher si les prévisions m’avaient indiqué un petit flux léger mais pour le coup, c’est tout le contraire. Pour le 3 février, les fichiers annoncent clairement 50 nœuds de vent avec 10 mètres de houle. J’ai déjà eu de la chance en avançant comme ça sans chavirer, notamment avec la baston que j’ai eu hier, je ne vais donc pas abuser de mon capital chance. J’ai assez joué, ça ne sert à rien et cela ne serait vraiment pas raisonnable. La pilule est dure à avaler mais elle serait encore plus amère si 24h après avoir dépassé un port pour m’arrêter, je chavire et je dois y laisser le bateau. »
Aux avant-postes de la course… Classé second depuis le 16 décembre, il a pris ce même jour Michel Desjoyeaux en chasse dès que ce dernier s’est installé aux commandes de la course. Dès lors, les deux hommes de tête ont imposé leur rythme et créé les écarts sur le reste de la flotte. Une grande satisfaction pour celui qui avait pris le parti de repartir avec son plan Lombard de 2004, revu et corrigé en 2007 par Juan Kouyoumdjian. Au passage du Cap Horn le 5 janvier dernier, 8h50 seulement le sépare du leader soit 112 milles. La remontée de l’Atlantique, souvent jugée éprouvante, n’épargnera pas Bilou. 3 jours plus tard, le 8 janvier, Veolia Environnement heurte une baleine. Sa cloison de pied de mât est fissurée mais Bilou ne renonce pas. Après 48h de travail acharné dans la poussière de carbone, il consolide l’ensemble des fissures et repart crescendo à la poursuite du Desjoyeaux. « Je ne sais pas quel trousseau de clé Mich a piqué mais il ouvre toutes les portes météos et les referme poliment derrière lui… » De fait, dans le Pot-au-Noir, Bilou passera 48h à se démener dans les petits airs sans savoir que l’anticyclone des Açores lui réserverait le même sort. Son avarie de quille survenue le 29 janvier dernier le contraint aujourd’hui à l’abandon mais Bilou aura été sans conteste l’un des plus grands acteurs de ce Vendée Globe.
Quelle fête pour célébrer l’implacable victoire de Michel Desjoyeaux (Foncia) ! Cela a commencé en mer où des centaines d’embarcations l’ont accompagné jusqu’au passage de la ligne d’arrivée, saluée par un rayon de soleil et une lumière magnifique au large des Sables d’Olonne. Plus de cent mille personnes ont ensuite bravé le froid polaire pour acclamer le héros tout le long du chenal des Sables, ces Champs-Elysées des solitaires du Vendée Globe. Et la fête s’est poursuivie tard dans la nuit dans le village du Vendée Globe. En grand vainqueur qu’il est, Mich’ Desj’ a tenu son rang et animé la soirée, arborant amusé une écharpe Mich’ Monde 2009 toute la nuit.
Mais la course continue pour les onze autres marins solitaires encore en mer. Roland Jourdain (Veolia), au ralenti depuis sa perte de quille jeudi matin, n’était plus qu’à 70 milles de la principale île des Açores lundi à 4h30. A une vitesse de 5-7 nœuds, il devrait arriver devant le port au plus tôt en début d’après-midi et décider d’arrêter ou de poursuivre son Vendée Globe. Une décision certainement très difficile à prendre compte tenu des conditions météo peu favorables prévues cette semaine dans l’Atlantique Nord. Quelle que soit sa décision, il est probable qu’Armel Le Cléac’h (Brit Air), troisième à 219 milles de Bilou, s’empare de la deuxième place. Aujourd’hui en cas d’abandon ou bien dans les 48 heures puisqu’il progresse deux fois plus vite que son adversaire.
Derrière, à la latitude du Cap Vert, Sam Davies (Roxy) a gagné 16 milles dans la nuit sur Marc Guillemot (Safran) qui concède désormais 100 milles de retard sur la Britannique. Les deux autres Britanniques, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva), qui a franchi hier l’équateur, remontent au près dans l’alizé de nord-est à 300 milles de distance l’un de l’autre. Arnaud Boissières (Akena Vérandas), huitième et proche des îles brésiliennes de Fernando de Noronha, n’est plus qu’à une journée de mer du pot-au-noir, et le double voire plus de l’équateur. Enfin, Steve White (Toe in the Water), au large de Rio, et Rich Wilson (Great American III), au large de Buenos Aires, remontent l’Atlantique Sud à vitesse moyenne.
Dans le Pacifique, la fin des mers du sud est proche pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) qui n’était plus qu’à 70 milles du Cap Horn à 4h30 ce matin. Raphaël devrait revenir dans l’Atlantique aux alentours de midi. A 300 milles derrière, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) devra s’armer de patience avant de franchir pour la première fois le mythique rocher. Englué dans un anticyclone, il se traînait ce matin à seulement 1,2 nœud !
« C’est incroyable avec ce rayon de soleil : j’ai beau l’avoir vécu il y a huit ans… Je profite de l’instant : je réfléchirais après… Je ne me suis jamais posé la question de mon retard. J’ai remporté ce Vendée Globe avant le départ, dans les choix, dans l’équipe, dans l’expérience accumulée… C’est plein de choses, et seulement 20% de course où il a fallu mettre du charbon, mais je ne me suis jamais fait mal. J’étais à l’aise dans ce que je faisais. Même le 25 décembre après mes problèmes de safran : je ne me suis pas apitoyé sur mon sort… On sait que le Vendée Globe est dur et c’est un peu normal qu’on ne soit pas si nombreux à l’arrivée. Je n’ai pas réussi à dormir la nuit dernière… Le monde n’a pas rétréci, mais on peut faire moins de 80 jours pour faire le tour du monde puisqu’il était déjà possible de descendre la barre dès cette année s’il n’y avait pas eu autant de glaces ! »
Tout commence pourtant très mal pour le marin de Port la Forêt : après un départ le 9 novembre à 13h02, sous un ciel gris et un vent de Sud-Ouest qui fraîchit, Foncia doit revenir aux Sables d’Olonne, à 200 milles de son tableau arrière ! Une fuite du ballast avant a noyé la cale moteur et cramé le circuit électrique… Après une escale express, Michel Desjoyeaux repart en course le 11 novembre avec 360 milles d’écart et quarante heures de décalage : les premiers (Peyron, Josse, Jourdain, Dick…) sont déjà dans les alizés portugais avec des vents portants modérés. L’écart augmente car le solitaire peine dans les petits airs au large de la péninsule ibérique : le 15 novembre, Michel Desjoyeaux cumule 670,3 milles de retard sur Loïck Peyron, leader du moment, le plus gros écart par rapport au premier de tout son Vendée Globe !
Un Atlantique express ! Le navigateur commence à remonter la flotte : après Norbert Sedlacek au large de Madère, Michel Desjoyeaux revient sur Raphaël Dinelli à la latitude des Canaries, puis dépasse Rich Wilson, Unai Basurko et Jonny Malbon avant le Cap Vert dans des alizés qui s’animent mais obligent à une route sans option. Le Pot au Noir ralentit la tête de flotte alors que Foncia passe l’équateur le 23 novembre à 4h43 en 15ème position, avec 383,5 milles de retard sur le premier. Après huit jours de près pour contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène, le monocoque peut enfin tourner à gauche à l’approche des Quarantièmes : Michel Desjoyeaux a été le plus extrême dans l’option Ouest, ce qui lui permet de raccrocher le wagon à la treizième place dès le 30 novembre !
Dans le Sud des hautes pressions atlantiques, le navigateur met du charbon au point de rentrer dans le top ten le 3 décembre à 193 milles de Sébastien Josse à l’abord de la première porte des glaces… Au passage de la longitude du cap de Bonne Espérance, il ne concède plus que 89,5 milles alors que les vents des mers du Sud commencent à prendre des tours ! La position très basse en latitude des icebergs venus de la mer de Weddell incite la Direction de Course à modifier le parcours : les portes des glaces vont presque toutes être remontées ce qui n’empêche pas Michel Dejoyeaux de croiser un glaçon le 11 décembre juste avant de laisser les Kerguelen à bâbord…
Leader dès l’Australie Les mers de l’océan Indien sont violentes et les avaries succèdent aux abandons : Loïck Peyron, Bernard Stamm, Dominique Wavre, Yann Eliès, Jean-Pierre Dick, Mike Golding… et le skipper de Foncia réalise le meilleur score de tout ce sixième Vendée Globe : 466,6 milles en 24 heures le 16 décembre, le jour même où il franchit la longitude du cap Leeuwin, pour la première fois en tête ! Toujours sur un rythme extrêmement élevé, Michel Desjoyeaux entre dans le Pacifique le 19 décembre avec 59,1 milles d’avance sur Roland Jourdain et déjà plus de 400 milles sur Armel Le Cléac’h. Car les mers du Pacifique sont particulièrement traîtresses : alors que le solitaire a évité de justesse une catastrophe qui l’aurait obligée le 25 décembre, à abandonner, Sébastien Josse se fait écraser par une déferlante ! C’est dire l’état de la mer dans ce front froid très actif que les deux leaders arrivent à attraper : les écarts avec leurs poursuivants directs se creusent…
Seul le skipper de Veolia Environnement ne le quitte pas d’une étrave : le 5 janvier à 4h10, Michel Desjoyeaux passe le cap Horn avec moins de 100 milles d’avance sur Roland Jourdain, mais le reste de la flotte est désormais reléguée à plus de 700 milles. Le marin de Port la Forêt en profite pour rattraper tout le retard accumulé sur le temps de référence de Vincent Riou en 2004 : il a désormais deux heures d’avance… La remontée de l’Atlantique est une nouvelle fois express ! À l’équateur Michel Desjoyeaux a déjà quasiment une journée d’avance sur 2004 et il laisse son dauphin à plus de 330 milles… Et si le Pot au Noir est peu coopératif, la fin de parcours est un véritable sprint : une douzaine de jours pour en finir ! Et en ce dimanche 1 février, Michel Desjoyeaux termine son deuxième Vendée Globe, une nouvelle fois sur la plus haute marche du podium…
Quelques chiffres sur le parcours de Michel Desjoyeaux Les Sables-équateur : 13j 15h 41’ (retard sur Loïck Peyron : 1j 06h 43’) Les Sables-cap Bonne Espérance : 27j 00h 34’ (retard sur Sébastien Josse : 4h 56’) Les Sables-cap Leeuwin : 37j 07h 23’ (avance sur Roland Jourdain : 50’) Les Sables-Antiméridien : 43j 23h 33’ (avance sur Roland Jourdain : 2h 55’) Les Sables-cap Horn : 56j 15h 08’ (avance sur Roland Jourdain : 8h 50’) Les Sables-équateur : 71j 17h 12’ (avance sur Roland Jourdain : 3j 05h 52’) Les Sables-Les Sables : 84j 03h 09’08’’(avance sur Roland Joudain : 1345 milles, avance sur Armel Le Cléac’h : 1632 milles)
Écart par rapport au temps du vainqueur du Vendée Globe 2004 Les Sables-équateur 2004 : 10j 12h 13’ (retard de Michel Desjoyeaux : 3j 03h 28’) Les Sables-cap Bonne Espérance 2004 : 24j 02h 18’ (retard de Michel Desjoyeaux : 2j 22h 16’) Les Sables-cap Leeuwin 2004 : 36j 11h 48’ (retard de Michel Desjoyeaux : 19h 35’) Les Sables-cap Horn 2004 : 56j 17h 13’ (avance de Michel Desjoyeaux : 2h 05’) Les Sables-équateur 2004 : 72j 13h 58’ (avance de Michel Desjoyeaux : 20h 46’) Les Sables-Les Sables 2004 : 87j 10h 47’ (avance de Michel Desjoyeaux : 3j 07h 39’)
Dernier lever de soleil sur l’Atlantique. Vers l’est, la nuit s’estompe à la faveur d’une lueur orangée avant que le disque pâle du soleil ne vienne timidement réchauffer l’atmosphère. Le bateau glisse paisiblement sur une mer pas vraiment formée. Ce n’est pas la chevauchée des Walkyries, mais un tempo plutôt paisible, légèrement lancinant. Une petite accélération sur le dos de la vague et le vent qui s’essouffle et ne peut porter plus loin la carène qui s’écrase dans le creux suivant. Qu’importe ! Il s’agit maintenant de se faire à l’idée que ces heures-là sont les dernières d’une aventure commencée quelque trois mois plus tôt au large de cette même côte de Vendée.
Passé l’engourdissement du matin, viennent les premiers gestes qui témoignent du retour dans le monde " réel ". Hier, on s’est lavé, rasé, pour faire bonne figure… Et comme d’habitude, l’opération a en partie effacé quelques uns de stigmates de la fatigue que l’on porte avec soi depuis tant de jours. Il s’agit maintenant de rendre le bateau présentable : on n’effacera pas les traces des quelques avaries, les chandeliers arrachés pour réparer l’axe de safran, les traces de stratification sur le bout dehors… Mais, il ferait beau voir que le bateau n’apparaisse pas parfaitement en ordre. Dans la cabine, tout est rangé comme au premier jour, ou presque : les quelques sacs plastiques où s’entassent, qui le linge sale, qui les déchets non dégradables sont soigneusement rangés dans un compartiment hors de la vue des visiteurs. Sur le pont, les bouts sont lovés, rangés dans leurs sacs respectifs… Un dernier petit déjeuner, un café brulant, rien ne presse, tout est en ordre pour arriver à la marée du soir.
La dernière journée de mer a été bénéfique : on a eu le temps de faire une vraie coupure, de faire un premier bilan… Seuls les intimes ont pu partager ces instants rares. Bientôt ce sera l’heure des premières déclarations où tout ce qui sera dit pourra être pris comme argent comptant. C’est l’heure où l’on est partagé entre une certaine prudence consensuelle et l’envie de dire ce que l’on a vraiment ressenti. La guerre psychologique est terminée, il est temps de passer à autre chose, de savourer. Dans le nord croise un chalutier, indifférent : des gars de l’île d’Yeu, voire de La Turballe, qui sait ? Pour encore quelques heures, on n’est qu’une voile anonyme qui croise d’autres gens de mer, bien loin du tourbillon médiatique qui va nous emporter.
Encore quelques heures et c’est le premier bateau qui vient nous escorter : un point sur l’horizon qui grossit, des appels à la VHF et tout d’un coup, à portée de gaffe, les copains, la famille qui sont là… les premiers mots échangés de vive voix, entre émotion contenue, blagues à cent sous et banalités. On aurait tant de choses à dire au fond, mais parfois les regards ou les signes trahissent, mieux que tout, les sentiments qui se bousculent. Bientôt, ce sera un deuxième bateau, un troisième puis la cohorte des vedettes et des embarcations de tous poils où se presseront des visages plus ou moins familier qui guetteront un geste. Déjà la côte se profile et tout s’accélère, dans le bruit des moteurs, dans le clapot provoqué par les multiples sillages, il s’agit d’avancer proprement de ne pas faire de bêtises. La tension monte… On ne pourra lâcher la bonde qu’une fois la ligne franchie…
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 110,5 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 1293,2 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1683 milles du premier 4- Sam Davies (Roxy) à 2604,7 milles du premier 5- Marc Guillemot (Safran) à 2688,7 milles du premier 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2950 milles du premier 7- Dee Caffari (Aviva) à 3181,8 milles du premier 8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3648,4 milles du premier 9- Steve White (Toe in the water) à 4568,2 milles du premier 10- Rich Wilson (Great American III) à 5919,2 milles du premier 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 7238,9 milles du premier 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7371,6 milles du premier 2- Vincent Riou (PRB) – réparation accordée
Concert de louanges " Michel est mon héros, il a navigué comme un dieu et cela nous inspire tous ". La dithyrambe vient de la navigatrice Samantha Davies dont le Roxy n’est autre que l’ex-PRB, l’ancien bateau de Michel Desjoyeaux, vainqueur des éditions 2001 et 2005 (avec Vincent Riou). Questionnés à la vacation du jour, les skippers ont salué unanimement la performance sportive exceptionnelle du capitaine de Foncia. " Il a fait ça de manière presque parfaite. Il est de l’étoffe des grands champions, les Federer, Tiger Woods ou Sébastien Loeb. De ceux qui sont attendus avant une épreuve et qui assument leur statut ". Cette fois, c’est Armel Le Cléac’h qui parle, alors qu’il est empêtré à 3 nœuds de moyenne dans l’anticyclone des Açores. Même Roland Jourdain, malgré sa situation scabreuse, y va de sa louange : " C’était le Vendée Desjoyeaux. Il y a eu Mich’ et les autres. Il a survolé les débats. Il est au sommet de son art ". En Vendée, le marin de Port La Forêt s’attend à recevoir un accueil à la hauteur de sa prouesse. Elle est historique puisqu’aucun homme n’a jamais remporté deux fois l’épreuve depuis sa naissance en 1989. Elle est épique puisque le résultat d’une remontée spectaculaire après son retour aux Sables d’Olonne le lendemain du départ. Cette arrivée est-elle pour dimanche matin ou dimanche après-midi ? Comme d’habitude, tout va dépendre de la météo. Car l’arrivée d’une dorsale anticyclonique dans le golfe de Gascogne est en train de contrarier la progression de Foncia. Ses belles moyennes de 15 noeuds vont dégringoler l’espace de quelques heures, le temps de récupérer une nouvelle dépression qui lui apportera des vent de Sud-est à Est. Théoriquement, le plan Farr devrait franchir la ligne dimanche entre 8 et 18 heures, mais sur le sujet, même l’intéressé se plaît à entretenir le suspense. En attendant d’être porté aux nues par la foule des terriens, Michel fait durer le plaisir en mer. " 200 milles, ce n’est qu’une petite étape de Figaro, alors je vais faire mon étape et me mettre à la barre du bateau ".
Veolia Environnement à la cape A 183 milles des Açores, l’ambiance n’est pas à la fête pour Roland Jourdain, contraint d’affaler ses voiles et de se mettre à la cape. D’ici son entrée dans l’archipel, où il vise le port de Sao Miguel pour s’abriter, les conditions de navigation seront difficiles. Veolia Environnement se trouve actuellement sur la bordure sud d’un flux perturbé, générant des vents de 35 nœuds (rafales à 45) et une mer croisée de 4 à 5 mètres. En équilibre précaire sur son bateau privé de quille, on peut comprendre que le marin ait du mal à dormir sur ses deux oreilles. Cloîtré à l’intérieur, il garde son kit de sécurité et sa combinaison de survie à portée de main.
Toutefois, il est toujours pointé deuxième au classement, 449 milles devant un Armel Le Cléac’h complètement ‘tanqué’ dans l’anticyclone des Açores. A la vacation du jour, on pouvait entendre les voiles de Brit Air claquer dans un fracas symptomatique du bateau encalminé, bringuebalé dans la houle. Armel espère se sortir de ce marasme dimanche soir ou lundi matin et reprendre sa route vers les Sables à des vitesses dignes de sa monture.
Brian Thompson dans l’hémisphère nord Derrière le trio de tête, chacun compose avec des éléments variables. Au près débridé, Samantha Davies et Marc Guillemot jouent à saute-mouton dans les vagues abruptes des alizés de nord-est. Plus loin, Brian Thompson qui a franchi l’équateur semble être sorti du pot au noir pendant que sa compatriote Dee Caffari y est toujours engluée.
Au large du Brésil, Steve White évolue dans des vents faibles à l’approche d’un anticyclone alors que Rich Wilson est sur le point de subir une dépression orageuse venue d’Uruguay. Enfin, les deux compères du Pacifique vont vivre coup sur coup le passage d’un front puis l’arrivée d’une dorsale qui devrait les accompagner au passage du rocher.
Le classement de 16 heures le 31/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 195 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 1264,5 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1713,6 milles
4- Samantha Davies (Roxy) à 2641,1 milles
5- Marc Guillemot (Safran) à 2733,1 milles
6- Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à 2959,8 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 3127,9 milles
8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3687 milles
9- Steve White (Toe in the Water) à 4579,2 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5844,8 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 7291 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7402,9 milles