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🔒 Alubat ou la dynamique des “niches”

Alubat
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Le chantier Vendéen Alubat, spécialiste des voiliers de grande croisière en aluminium, présentera trois de ses réalisations lors du prochain Salon Nautique de Paris (du 5 au 14 décembre 2008, à Paris Expo Porte de Versailles). Dans un contexte économique difficile, la logique de “niche”, ces segments de marché très spécifiques et très typés, fonctionne à plein pour Alubat. Ses bateaux pensés et conçus pour la grande évasion, le voyage au long cours dans un esprit de confort et de sécurité, s’affirment de manière d’autant plus rassurante qu’ils s’inscrivent dans la durée. Les salons de Barcelone et de Stockholm ont confirmé la belle adéquation entre l’offre d’Alubat dans le segment des 40 à 50 pieds et la demande de voiliers solides, soignés et taillés pour le grand large. A l’heure ou la clientèle se fait plus exigeante, Alubat affirme sa différence et sa qualité de fabrication et conforte son image de valeur sûre dans un créneau de plus en plus observé.

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🔒 Lancement du Nacira 950.

Nacira 950
Nacira 950

La nouvelle génération de constructeurs et d´architectes présente sa formule de sensations, performance, polyvalence et qualité. Nacira Design et BE Composites annoncent le NACIRA 950, leur réponse au cahier des charges de la jauge Classe 950, à savoir des bateaux ludiques et abordables, à la fois performants pour la course au large en équipage réduit et polyvalents pour la croisière rapide.

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Le retour de Mike Golding

Mike Golding - Ecover 3
DR

Au premier classement du jour, Mike Golding (Ecover) ne pointe encore qu’en 6e position à moins de 2 milles d’Armel Le Cléac’h (Brit Air), toujours 5e. Mais le Britannique et son nouveau monocoque semblent apprécier cette allure de près océanique. Depuis le franchissement de l’équateur au 10e rang, il ne cesse de remonter les places une par une et pourrait apparaître dans le trio de tête dans la semaine. La nuit dernière, il progressait près d’un nœud plus vite que la plupart de ses adversaires ! Et ce matin, derrière un Loïck Peyron (Gitana Eighty) toujours aussi impérial, trois concurrents s’alignent à la même latitude : Sébastien Josse (BT), Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Mike Golding. Décalé le plus à l’ouest, Golding resserre son écart latéral en grappillant des milles. Pourtant son troisième Vendée Globe consécutif (3e en 2005) avait mal débuté cette année avec un départ volé, l’obligeant à revenir franchir la ligne correctement. Reparti en dernière position, celui que les Français surnomment Michel Doré (version française de Mike Golding !) a remonté en deux semaines toute la flotte. Et tant qu’il y aura du près au programme, il est probable qu’il poursuive son ascension au classement.
Victime dimanche matin d’une avarie de gréement, Jérémie Beyou (Delta Dore) se dirige toujours vers Salvador de Bahia (Brésil), distant de 700 milles, dans l’espoir de pouvoir réparer seul ses barres de flèche cassées. Progressant à vitesse réduite pour ne pas risquer de briser son mât, Beyou devrait atteindre la Baie de Tous les Saints entre jeudi et vendredi prochain. Il reste en course tant qu’il ne reçoit pas d’assistance extérieure.

Derrière, il ne reste que huit concurrents dans l’hémisphère Nord. Le prochain à franchir l’équateur aujourd’hui sera le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia), actuellement 18e.

Classement à 5h00 :

1- Loïck Peyron (Gitana Eigthy) à 20 686 milles

2- Sébastien Josse (BT) à 29,6 milles du premier

3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 40,2 milles

4- Vincent Riou (PRB) à 59,9 milles

5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 62,4 milles

Les leaders au large de Bahia

Paprec-Virbac 2
DR

Pas de changement radical en ce quinzième jour de course : les alizés étaient ce midi toujours présents, de secteur Sud-Est quinze nœuds pour le peloton, de secteur Est vingt nœuds pour les premiers. De cette petite différence d’orientation et de force est né un différentiel de vitesse de près de trois nœuds entre ces deux groupes, tandis que les cinq solitaires qui ont franchi l’équateur en ce début de semaine (White, Bazurko, Malbon, Dinelli, Wilson) commençaient seulement à toucher des prémices d’alizés. Quant à Bernard Stamm, il a pu s’extraire très rapidement d’un Pot au Noir très Nord, alors que l’Autrichien Norbert Sedlacek ouvre une voie (peu rapide) très à l’Est… Et pour les deux ” revenants ” des Sables d’Olonne (Derek Hatfield, Jean-Baptiste Dejeanty), l’archipel du Cap Vert est déjà dans le tableau arrière… Malgré plus de 1 500 milles de décalage Nord-Sud, les conditions de navigation sont finalement assez semblables, sous le soleil et dans une brise modérée.

Décalage brésilien

Pour le groupe de tête, la nuit a été marquée par une bascule du vent vers l’Est qui en a surpris plus d’un, car elle n’était pas prévue sur les fichiers météo : il a donc fallu s’adapter pour profiter de cette rotation favorable, soit en lofant un peu pour se rapprocher de la route directe (Riou, Jourdain), soit en réglant les écoutes pour accélérer sensiblement (Golding, Eliès). Cet effet local n’a malheureusement pas duré et les leaders ont retrouvé quelques heures plus tard, les mêmes conditions qu’auparavant. Puis ce fut au tour du groupe poursuivant de bénéficier de cette bascule où Roland Jourdain (Veolia Environnement) put concilier vitesse et cap, ramassant au passage plus de dix milles de bonus tout en revenant sur la même route que ses prédécesseurs ! Finalement, seul Marc Guillemot (Safran) gagne une place ce lundi en dépassant à la régulière le Britannique Brian Thompson (Barhain Team Pindar). La comparaison de ces deux monocoques Imoca est intéressante dans des conditions de navigation strictement identiques, puisque le premier est l’un des plus légers de la flotte, tandis que le second est le plus lourd et le plus puissant !

Normalement à cette époque de l’année (et les Transat Jacques Vabre l’indiquent), les bateaux sont déjà sous gennaker en suivant la bordure occidentale de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Mais cette fois la situation est bien différente puisque les hautes pressions se situent devant les étraves ! Pas d’option stratégique possible, si ce n’est un choix tactique de se rapprocher en latéral de ses concurrents ou de persévérer à gagner dans le Sud. Il semble bien que la première solution ait été retenue par les solitaires qui convergent dans le même couloir après s’être dispersés à la sortie du Pot au Noir (il y a déjà trois jours !)… A quelques dixièmes de nœud près, tous les bateaux vont à la même vitesse et suivent le même chemin : rien ne pourra changer tant que les skippers n’auront pas abordé de près le centre anticyclonique qui se positionne encore ce lundi à plus de 1 000 milles de leurs étraves. S’il ne veut pas bouger, il va falloir sérieusement se poser des questions sur la façon de le pénétrer. Et s’il se décale vers l’Ouest comme le souhaitent les solitaires, toute la flotte va progressivement obliquer vers le Sud-Est, route directe vers les Quarantièmes Rugissants qui, pour l’instant sont bien assagis…

Voix du large…

Steve White (Toe in the water), 19ème à 648 milles du leader : « J’ai franchi l’équateur ce matin à environ 3h30. Je ne me souviens pas de l’heure exacte, mais j’ai ouvert une bouteille de vin, qui m’a été offerte par Norbert Sedlacek. C’était ma première fois ! Mais je ne vais pas me couvrir de flocons d’avoine refroidis ou me frapper avec une manette de winch, ce qu’auraient souhaité certaines personnes. »

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) 3ème à 36 milles : « Plus on descend dans le Sud, plus on se rapproche de l’anticyclone de Sainte-Hélène. La question est de gérer la position de l’anticyclone. Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. Le vent a basculé rapidement et j’ai dû transporter toutes les voiles de l’avant à l’arrière. Il y a des alarmes à bord pour prévenir des rotations de vent. Elles sonnent comme des klaxons de gros camions pour me réveiller. C’est très désagréable ! »

Jérémie Beyou (Delta Dore) 14ème à 421 milles : « La barre de flèche du haut que je soupçonnais atteinte, a fini par lâcher elle aussi. Il a fallu ressaisir le mât avec des drisses, entre les grains et surtout entre les cargos. Un peu chaud donc les slaloms, d’autant que je ne peux pas empanner. Ces nouvelles conditions font que je fais cap vers Recife. Il faut que j’abrite le bateau au plus vite afin d’arrêter de me faire bouger dans tous les sens par les vagues. L’objectif, c’est d’arriver avec un mât en un morceau. »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), 23ème à 943 milles : « Pot au noir éprouvant, dimanche soir : après 24 heures de grains sans arrêt, il y a eu une relative stabilité dans la situation. J’en ai donc profité pour remettre en ordre le bateau, me nourrir et dormir une heure. Eh bien, je me suis écroulé pendant quatre heures ! Résultat, je dois me trouver environ 40 milles plus à l’Ouest que prévu, hors des grains mais avec du vent. La zone orageuse était tellement active que ce n’est finalement pas plus mal de s’en éloigner. »

Le mot du tour…

VMG (Velocity Made Good) : Ce paramètre indique la vitesse de rapprochement d’un bateau vers un point. En effet, un voilier ne peut pas toujours faire une route directe vers le but (en ce moment, le cap de Bonne Espérance). Ainsi, la vitesse sur l’eau de Loïck Peyron était de 15 nœuds ce lundi midi, mais son VMG n’était que de 10,5 nœuds car il progressait à environ 35° de la route directe à cause d’un vent contraire de Sud-Est…

Classement du lundi 24 novembre à 15h30 :

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20 555,6 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 21,8 milles du leader

3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 36,2 milles

4- Vincent Riou (PRB) à 51,4 milles

5- Armel Le Cléac’h (Brit’Air) à 53,1 milles

Premiers étrangers :

6- Mike Golding (Ecover 3) à 64,8 milles

11- Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à 232,2 milles

12- Dominique Wavre (temenos II) à 236,4 milles

Thomas Coville retrouve du vent stable

Sodebo
DR

Le cauchemar du solitaire 
Quel week-end éprouvant pour les muscles et les nerfs ! Batailler entre les grains et un vent qui varie de 5 à 25 nœuds en quelques minutes n´a rien d´amusant. Surtout lorsque l´on est seul à suer sur le pont, sans dormir, et à manœuvrer pour adapter la voilure à chaque sursaut du vent. « Thomas va mieux, » confie Thierry Briend, « il a enfin pu se reposer de la journée d´hier qui a été éprouvante. Il peut laisser maintenant le bateau faire des moyennes de vitesse très honorables, c´est à dire au-dessus de 20 nœuds, dans un vent qui espérons-le restera assez stable dans les prochaines heures. » 

Etrange situation météo dimanche…En effet, le Trimaran Sodeb´O a traversé une zone qui avait tous les symptômes de la fameuse région de convergence, souvent très chaotique, entre l´alizé de nord-est et l´alizés du sud-est. Mais il semblerait que le « vrai » pot au noir soit au programme d´aujourd´hui et qu´il se présente plutôt bien : « il est finalement très nord, bien avant l´équateur, et assez étroit. Thomas pourrait donc toucher rapidement les alizés de l´hémisphère sud sans être trop ralenti, » poursuit Thierry, avant de conclure : « Sodeb´O retrouve donc une situation météo classique de cette région et devrait rallier comme prévu l´équateur demain. Pour l’instant vent de travers, il devra faire ensuite du près à l’approche de l’anticyclone de Sainte-Hélène. » 

Première épreuve passée
Forcément, la gestion de cette zone complexe a demandé beaucoup d´efforts à Thomas qui a de plus vu fondre l´avance qu´il avait accumulé sur Francis Joyon depuis son départ mardi dernier de Brest. Cette nuit, Sodeb´O a eu jusqu´à 249 milles de retard sur IDEC mais avec le retour d´une situation beaucoup plus « navigable », Thomas a déjà repris près d´une quarantaine de milles depuis ce matin. 

Dans un message envoyé il y a quelques minutes, le skipper confiait sa satisfaction s´être sorti de cette première « épreuve » d´un tour du monde qui n´en est qu´à son début : « Ce matin au levé du jour j’ai regardé derrière moi et je voyais se dessiner cet énorme amas nuageux qui montait très haut dans le ciel. J’étais de l’autre côté, j’étais passé ! Ou plutôt il m’a laissé passer ! J’y ai laissé beaucoup d’énergie et de temps, je le sais mais j’avais au fond de moi cette petite joie intérieure d’avoir négocié et passé quelque chose de fort. Je suis là pour cela et rien d’autre ce matin…. »

J.H.

Au large de la pointe brésilienne

BT - Sébastien Josse / VG
DR

Aucun virement de bord. Aucun changement de voiles. Depuis deux jours et pour les trois ou quatre prochains, la vie à bord se résume à régler au millimètre les monocoques 60 pieds et à vivre penché dans une maison secouée par une mer agitée. Après un début de course marqué par un sacré coup de vent dans le Gascogne et une descente saccadée jusqu’à l’équateur, il serait naturel de vouloir souffler un peu avant d’attaquer le Grand Sud dans une dizaine de jours. Pourtant, ce n’est pas le moment de s’endormir sur ses lauriers. Car d’autres n’attendent pas. S’il n’y a pas de coup tactique possible ni de gros écarts à espérer, cette descente de l’Atlantique Sud exige néanmoins une concentration maximale pour ne pas laisser l’inamovible leader Loïck Peyron (Gitana Eighty) se faire la belle. Mille après mille, celui qui mène la flotte depuis plus de 10 jours creuse subrepticement son avance. Tenir le rythme du leader suppose donc une attention permanente. Car si les dix premiers se maintiennent toujours en moins de 100 milles, sept des neuf poursuivants de Loïck Peyron accusent entre 51 et 94 milles de retard. Quant à la stratégie, elle sera conditionnée dans les prochains jours par une zone de transition à négocier au large de Bahia. Ça va encore fumer dans les neurones des marins solitaires pour trouver une échappatoire à ce casse-tête météo.

15 marins la tête en bas
Michel Desjoyeaux (Foncia), 15e ce matin, s’apprêtait à couper la ligne virtuelle de l’équateur au pointage de 5h00. Le pot-au-noir, plutôt clément avec la première moitié de la flotte, semble moins généreux avec les retardataires. Jonny Malbon (Artemis), Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Rich Wilson (Great American III) peinaient cette nuit à progresser entre 3 et 6 nœuds dans la zone de convergence intertropicale.

Classement à 5h00 :

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20924 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 25,8 milles du premier

3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 39,9 milles

4- Vincent Riou (PRB) à 51,9 milles

5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 55,2 milles

Avarie sur Delta Dore : Beyou se déroute vers le Brésil

Jeremie Beyou - Delta Dore
DR

C’est à 9h12 dimanche matin que Jérémie Beyou a téléphoné à la Direction de Course pour lui faire part de son avarie. Au lever du jour, vers 8h00 (HF), il a constaté que son gréement sous le vent (sur tribord) n’était plus solidaire du mât, l’empêchant de virer de bord ou d’empanner. Le skipper n’est pas en danger et fait route à allure réduite vers la terre la plus proche, le Brésil. Il se dirige actuellement vers la ville de Recife distante de 430 milles (cap au 240°) qu’il pourrait atteindre en 2 à 3 jours de navigation.

Il n’y a pas eu de choc pouvant expliquer cette avarie. Seules les secousses répétées dans une mer formée semblent à l’origine de cette désolidarisation du gréement avec le mât. Le règlement du Vendée Globe n’autorise l’assistance extérieur qu’au port de départ, Les Sables d’Olonne. Ensuite, chaque concurrent doit réparer par lui-même sans faire escale s’il veut rester en course. Delta Dore ne peut donc pas s’amarrer dans un port, mais peut mouiller à l’abri d’une côte. Ce qu’avait réalisé Yves Parlier lors du Vendée Globe 2000-2001 en réparant seul son mât dans un mouillage d’une île néo-zélandaise.

Sodeb’O ralenti par une zone perturbée

Sodebo 2008 start
DR

« C´était comme un pot au noir avant l´heure » confiait cet après-midi Christian Dumard ancien navigateur qui fait partie de l´équipe de routage de ce tour du monde en solitaire et en multicoque. Si le passage des Iles du Cap-Vert s´est déroulé comme prévu, c´est à dire facilement avec une navigation entre les îles sans jamais être déventé, la suite a été surprenante.

Thomas Coville a en effet rapidement rencontré une zone de grains imprévue caractérisée par des amas de nuages très actifs. « Le vent passait de 5 à 28 noeuds oscillant en direction jusqu´à 90 degrés à tel point que le bateau s´est retrouvé bout au vent ! » confiait Christian Dumard. « Cette zone a littéralement tué ponctuellement l´alizé qui offrait à Thomas une descente tranquille sous gennaker » renchérissait Thierry Douillard fin régatier et « performer » au sein de la cellule routage pour le tour du monde.

La conséquence de ces quelques heures perturbées ? Une cinquième journée moins parfaite que les autres. Dimanche soir, Sodeb’o avait 117 milles de retard sur la route d’IDEC. Parti mardi dernier de Brest, Thomas a parcouru la bagatelle de plus 2300 milles en 5 jours soit un peu plus de 450 milles par jour. Les 48 heures à venir sont annoncées perturbées mais avec des grains sans doute moins violents. Le « vrai » pot au noir, installé entre 5 et 7 degrés Nord, n´est aujourd´hui pas très marqué et les conditions devraient permettre au maxi trimaran Sodeb´O d´arriver comme prévu, mardi à l´Equateur.

Et maintenant l’hémisphère sud …

Jean-Pierre Dick qualifié
DR

Ce n’est pas très important, mais si cela continue à ce rythme comme en ce début de week-end, il va y avoir du doute dans l’air ! Car maintenant que les dix leaders ont franchi l’équateur, les conditions météorologiques sont stables : constater que Loïck Peyron (Gitana Eighty) arrive à gratter encore trois milles par jour sur ses deux dauphins, Sébastien Josse (BT) et Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et jusqu’à vingt milles sur Jean Le Cam (VM Matériaux) et Jérémie Beyou (Delta Dore), n’est pas de bon augure ! Surtout que les vents de Sud-Est qui soufflent désormais sur la tête de la flotte sont au programme pendant quelques jours… Quatre ou cinq au moins, voire plus. Car l’anticyclone de Sainte Hélène a des velléités vacancières du côté du Brésil, loin, très loin de sa position habituelle au Sud du golfe de Guinée. En conséquence, les leaders vont devoir faire du près dans une mer assez hachée au moins jusqu’à la latitude de Salvador de Bahia, soit plus de 1 200 milles !

Vitesse pure
Deux facteurs vont donc jouer sur le différentiel de vitesse dans ce " club des dix " : le bateau avec son concept architectural et son optimisation ; le skipper avec sa présence sur le pont pour affiner les réglages. Or les quatre premiers sont tous des plans de l’architecte néo-zélandais Bruce Farr ! Le Baulois a l’art de mettre la pression sur ses concurrents en marquant son ascendant par touches homéopathiques : il l’avait déjà fait lors de la descente dans les alizés canariens, il recommence dans les alizés de Sainte-Hélène… Il est probable que le vent est un peu moins établi pour le groupe suivant comprenant Dominique Wavre (Temenos II), Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran) : ils ont passé l’équateur qu’en milieu d’après-midi. Mais d’ors et déjà, il va falloir surveiller le plan Juan Kouyoumdjian du Britannique : très puissant, très lourd et très toilé, ce monocoque est attendu au tournant car ce sont les conditions idéales pour qu’il s’exprime et à première vue, il grappille déjà presque un nœud sur ses plus proches concurrents !

Changement de Pot
Michel Desjoyeaux (Foncia) peut souffler : il a passé le Pot au Noir la nuit dernière avec quelques grains mais peu de ralentissement alors que celui-ci est en train de gonfler, de se reformer et même de se refermer sur Steve White (Toe in the water)… Sans parler des plus " extrémistes " qui ont voulu " couper le fromage " en cherchant un passage sur le 23° Ouest, trop près des côtes africaines ! Le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia) en fait les frais avec une des plus faibles progressions vers le but de toute la flotte : cette situation pourrait lui coûter cher, tout comme au Britannique Jonny Malbon (Artemis) qui voit revenir dans son tableau arrière, l’Américain Rich Wilson (Great American III) et Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) qui a pourtant perdu son gennaker.

Vu de l’arrière
Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) est toujours le plus rapide de la flotte avec une moyenne journalière de plus de treize nœuds : le benjamin du Vendée Globe a ainsi pu rattraper une grande partie du terrain perdu lors de son deuxième départ, quand le golfe de Gascogne a été très mou… Il n’est plus qu’à 1 660 milles du leader. Tout comme Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui est sorti de l’archipel du Cap Vert la nuit dernière : avec plus de dix nœuds de moyenne sur la route, le Suisse a pu repasser sous la barre des 900 milles en écart par rapport au premier. Bonne pioche !

Voix du large…

Loïck Peyron (Gitana Eighty) 1er : « Je peux vous dire que ce n’est pas de la croisière ! Les bateaux sont menés à 100% de leur capacité. Des petits plaisirs ? Aller vérifier sur le pont du bateau en tenue d’Adam. L’air est chaud, l’eau doit être à plus de 20 degrés, c’est très agréable. »

Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) 22ème à 617 milles : « Je suis en train de tricoter, en approche du Pot au Noir. J’ai un petit vent de Nord-Est, avec une houle un peu croisée, je suis sous les grains : tout à l’heure, j’ai vu des éclairs. Donc, cela demande d’être sur le pont quasiment en permanence. Il y a de l’animation ! »

Michel Desjoyeaux (Foncia) 15ème à 363 milles : « Après un petit ralentissement dans le Pot au Noir la nuit dernière : la transition vers les vents de Sud-Est a été immédiate ! Et hop, je ne me suis pas embêté, j’ai tout de suite mis la trinquette. Par contre, pour la suite, on ne va pas faire le grand tour de la paroisse (de l’anticyclone de Ste Hélène, ndlr). On va avoir du près et encore du près, ça ne sera ni très marrant, ni très rapide… »

Jérémie Beyou (Delta Dore) 9ème à 91 milles : « Je dormais pendant mon passage de l’équateur, donc pas de rituels ni d’offrandes. Je ne suis pas comme Francis Joyon qui relève ses dérives au passage de la fameuse ‘ligne’. Pourquoi Loïck Peyron va si bien ? Il sait faire avancer vite son bateau. Et dans tous ses choix, il a été un peu plus extrême que nous… »

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20562,9 milles de l’arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 24,4 milles du leader
3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 38,7 milles
4- Vincent Riou (PRB) à 48,5 milles
5- Armel Le Cléac’h (Brit’Air) à 52,5 milles

Les premiers étrangers
7- Mike Golding (Ecover 3) à 75,3 milles
11- Dominique Wavre (Temenos II) à 200,6 milles
12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 206,4 milles

Les leaders sortent du pot au noir

Vincent Riou PRB
DR

Loïck Peyron et les neuf concurrents accrochés dans sa roue sont bel et bien sortis de la zone de convergence. Cette nuit, ils ont bordé les voiles et progressent entre 10 et 13 nœuds dans un vent d´est-sud-est, à 190 milles de l´équateur. Dès lors, il s´agit et pour plusieurs jours, d´une course de vitesse au près océanique au beau milieu de l´Atlantique, entre les côtes africaines et sud-américaines. Au sein de ce groupe homogène, les écarts restent dérisoires à l´échelle d´un tour du monde (72 milles en tout). En dehors des ultras réguliers Peyron et Josse qui monopolisent depuis plus d´une semaine le haut du tableau, chaque classement pourrait donner une nouvelle hiérarchie, à l´instar de celui de ce vendredi matin.

A l´aube du 12e jour de course, le tenant du titre Vincent Riou (PRB) fait son entrée sur le podium virtuel, une place jusque-là occupée par Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). Derrière eux, Roland Jourdain (Veolia Environnement) et Jérémie Beyou (Delta Dore) ont gagné chacun une place, au détriment de Mike Golding, relégué en 9e position et désormais à portée de fusil de Jean Le Cam (VM Matériaux).

100 milles plus au nord, Dominique Wavre (Temenos II) emmène sa troupe à l´entrée du pot au noir. Mais ni le skipper suisse, ni ses plus proches adversaires Thompson, Davies et plus loin Guillemot, ne semblent souffrir pour l´instant du moindre ralentissement. Leurs vitesses moyennes sont en effet comparables à celles des leaders.

Le troisième groupe de chasseurs, Dee Caffari (Aviva) en tête, n´est plus très loin lui non plus de la zone de convergence intertropicale. La navigatrice anglaise est sans nul doute la prochaine « cible » de Michel Desjoyeaux qui a doublé dans la nuit Steve White (Toe in the Water) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas).

Pour le suspense et l´intensité de la régate, un scénario avec plusieurs groupes séparés par moins de 100 milles dans les alizés de l´hémisphère sud, serait idéal !

1 Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20896 milles de l´arrivée

2 Sébastien Josse (BT) à 16,1 milles

3 Vincent Riou (PRB) à 26,9 milles

4 Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 27,4 milles

5 Armel Le Cléac´h (Brit´Air) à 40,3 milles

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