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PRB, en remorque, arrive ce matin à Puerto Williams

PRB - Vincent Riou / VG
DR

Décidément l´incroyable aventure du Vendée Globe ne cesse de rebondir ! Lors du sauvetage de Jean Le Cam suite au chavirage de son monocoque, le bateau de Vincent Riou avait touché le voile de quille en carbone de VM Matériaux et sectionné un outrigger (barre de flèche à plat pont servant à tenir le mât aile) de PRB. Le profil avait failli tomber, n´étant presque plus tenu latéralement sur bâbord, mais les deux hommes réussirent à manœuvrer pour sauver le mât et assurer sa verticalité le temps de s´abriter derrière les terres patagonnes. Jean Le Cam et Vincent Riou (PRB) étaient donc en route vers l´île des Etats après avoir passé le cap Horn mercredi soir lorsque, vers 20h, le mât s´écroulé suite à la rupture du brêlage (ligature en cordage) qui servait de réparation à l´outrigger.

Remorquage vers Puerto Williams
Dans 25 nœuds de Nord-Ouest, le bateau dérivait en direction de l´entrée du canal de Beagle sans pouvoir manœuvrer car les deux marins n´avaient pu récupérer que la bôme… De plus, Vincent Riou avait déjà signalé auparavant que son moteur ne fonctionnait plus depuis plusieurs jours. Après avoir lancé un signal de demande d´assistance, les deux skippers apprenaient que le patrouilleur chilien LSG Alacalufe était en route et faisait la liaison à 23h00 locale (3h00 heure française). Pris en remorque, PRB devrait arriver à Puerto Williams vers 9h45 (heure française) avec ses deux navigateurs qui n´ont pas été blessés lors du démâtage. C´est un coup dur pour Vincent Riou qui venait de sauver Jean Le Cam et pensait pouvoir réparer les conséquences de l´abordage entre PRB et VM Matériaux lors de l´ultime approche salvatrice.

Divergence en tête
Pour les deux leaders qui sont déjà à plus de 850 milles du cap Horn, la remontée de l´Atlantique est déjà très différente : si Michel Desjoyeaux (Foncia) reste toujours en tête selon les critères du classement par rapport à un parcours théorique, Roland Jourdain semble en position de le déstabiliser ! A 250 milles plus à l´Ouest, le skipper de Veolia Environnement est déjà 20 milles plus au Nord que son compère de Port la Forêt… Les deux solitaires n´ont donc pas la même approche pour aborder les petites dépressions qui essaiment au large de l´Argentine et la position de premier n´est pas forcément la plus confortable avec seulement une centaine de milles d´avance ! Il y a du match, il y a des coups à jouer, il y a des retournements de situation à attendre…

Grand calme pacifique
De l´autre côté de la barrière de l´Amérique du Sud, le Pacifique a changé de visage : beaucoup plus maniable, voire carrément « pacifique » ! A l´image de Steve White (Toe in the Water) qui se retrouve encalminé dans un anticyclone et ne progressait ce jeudi matin qu´à 1,5 nœuds… De même pour le dernier : Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) s´est retrouvé englué dans de petits airs du côté de l´île Stewart tout comme son prédécesseur Norbert Sedlack (Nauticsport-Kapsch) qui va avoir une bonne journée de pause. De quoi faire un check-up complet du bateau avant de s´engager pleinement dans cet océan qui réserve bien des surprises… Quant aux autres solitaires, c´est dans des brises d´une vingtaine de nœuds seulement et sur une mer enfin assagie qu´ils peuvent progresser sous des températures clémentes et même parfois un soleil généreux ! Comme quoi d´une semaine à l´autre le paysage maritime marque ses contrastes… Samantha Davies (Roxy) sera la prochaine à passer le cap Horn, distant de 1 000 milles ce jeudi matin.

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6 126,8 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 104,7 milles
3- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 720,5 milles


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Thomas Coville : “encore une chance »

Thomas Coville - Sodebo
DR

Depuis la nuit dernière, Thomas Coville traverse le Pot au Noir avec son lot de grains et de manœuvres usantes. Le maxi trimaran devrait rejoindre d’ici peu des alizés de Nord-Est, stabilisés entre 18 à 22 nœuds, qui lui permettront de gagner rapidement au Nord. Il sera alors temps pour lui d’abattre une de ses dernières cartes. Une dépression venue des Etats-Unis se dirige vers les Açores. Si Sodeb’O arrive à monter dans le train au bon moment, ce flux pourrait l’emmener jusqu’à Brest, avec encore des chances de jouer le record de quelques heures… Extraits de la vacation avec Thomas Coville :

Attraper la dépression aux Açores…
"Je suis entouré de grains très actifs. On avait prévu un Pot au Noir moins actif, mais il s’est réactivé dans la nuit avec des grains à plus de 30 noeuds. (…) C’est physiquement et nerveusement très compliqué car on peut chavirer à ces endroits-là ou casser beaucoup de matériel. (…) Il faut continuer à aller vite, à pédaler puisqu’on est dans la dernière ligne droite et il me reste très peu de temps et très peu de chances pour passer devant Francis Joyon. Si on arrive à attraper la dépression qui passe dans les Açores dans quatre jours, ça le fera peut-être de quelques heures. Si on n’arrive pas à attraper ce front qui nous emmènerait jusqu’à Brest, on raterait le record de quelques heures. Cela se joue à pas grand chose, après un tour du monde à courir derrière, il ne faut pas baisser les bras.(…) Pour l’instant il y a eu un bon dosage du matériel, je suis au service du bateau, je n’ai pas lâché une seule minute. (…)"

Plus de chemin parcouru qu’IDEC
« Je suis à fond depuis le début. C’est maintenant la météo au niveau des Açores qui va décider. Il faut que je sois au rendez-vous. Quand on sait à quel point la météo fluctue sur cet anticyclone, je n’ai aucune idée de l´issue du record. (…) On a fait beaucoup plus de milles que Francis Joyon (1450, ndr) à cause des glaces et de la météo. C’est vous dire à quel point je n’ai pas molli. J´ai cette frustration d’avoir été le jouet de la météo. C’est le principe des records (…). Francis avait eu une belle phrase à son arrivée, il avait dit : « la nature m´a laissé passer ». Cela résume bien les choses. Il faut jouer avec elle, la respecter, rester humble. Soit, elle vous laisse passer, soit vous subissez. »

Une concentration permanente
"Il faut avoir en tête que naviguer en multicoque demande une attention et une concentration permanente du fait de la vitesse constante ou de l’accélération rapide. La moindre minute d’inattention peut être fatale. C’est un exercice de tous les instants et c’est ce qui est harassant dans la tête et physiquement car on est à 100% tout le temps (…). Je n’ai pas eu le temps de m’évader. J’avais emmené deux livres que je n’ai même pas effleurés. (…) J’ai dû écouter de la musique deux ou trois fois seulement alors que je suis mélomane. La musique me manque mais je ne peux pas me couper du bateau, ça ne m’est pas permis pour garder la vitesse mais aussi pour ma sécurité".

Repousser ses limites

"Plus tu as passé de temps sur l’eau, plus tu as de sensations. Tu ressens chaque vagues, c’est un prolongement de toi. Ce sont des sensations de marin, de quelqu’un qui a passé beaucoup de temps sur l’eau (…). Je ne pensais pas que je puisse repousser aussi loin nerveusement et psychologiquement. Et physiquement je ne pensais pas pouvoir pousser si loin le bateau et me pousser aussi loin. Et finalement ça reste une énigme: où est la limite? Je crois que je m’en suis approché plusieurs fois (…)"

Le point à 17h jeudi :

A 17 h heure française ce jeudi, Sodeb’O avançait à 17,3 noeuds à 3110 milles de l’arrivée, dans du vent d’Est-Nord-est force 6. Son retard sur le chrono de Francis Joyon s’était stabilisé dans la journée autour de 590 milles. Thomas Coville en était alors à 51 jours et 2 heures de course. Autrement dit il lui restait 6 jours et 11 heures pour arriver à Brest et battre le record de Francis Joyon, soit tenir une moyenne légèrement supérieure à 20,06 noeuds.

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Douze en lice pour le troisième mois de mer

Samantha Davies - Roxy
DR

Voici deux mois que les marins tournent autour de la planète et seulement douze d’entre eux seront potentiellement à l’arrivée. Malgré les évolutions technologiques et les mesures de sécurité de plus en plus drastiques, le Vendée Globe colle à son histoire : une course de contrastes où les heurts succèdent aux heures de gloire à la vitesse d’une dépression du grand Sud, où tout le spectre des émotions peut-être balayé en quelques secondes. Depuis soixante jours et maintenant que les leaders ont accompli plus des deux tiers du parcours, 60% de la flotte a jeté l’éponge, ce qui prouve à quel point cette giration planétaire en solitaire est avare en récompenses.

Sentiment d’injustice

Pourtant, jamais une course n’avait vu autant de cadors affûtés déflorer la ligne de départ le 9 novembre dernier. Sur les trente partants, dix-sept ne termineront pas. Seize ont été victimes d’avaries, (dont six démâtages) qui ne sont pas seulement dues à des problèmes purement mécaniques, mais aussi à la malchance, ou à un enchaînement d’événements malencontreux comme les objets flottants rencontrés par Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam, la déferlante qui a couché BT ou le naufrage de Cheminées Poujoulat aux Kerguelen. Un seul (Yann Eliès) a été évacué sur blessure et depuis mercredi soir, c’est au tour de Vincent Riou, d’être frappé par le sort.

Joint ce matin à la vacation pendant que PRB arrivait (à 10h30) en remorque à Puerto Williams, un port militaire chilien situé dans le canal de Beagle (au sud de la Terre de Feu), Vincent avait la voix fanée, trahissant fatigue morale et sentiment d’injustice. Hier si heureux d’avoir réussi à récupérer son ami Jean Le Cam, au prix d’une manœuvre périlleuse, le vainqueur du Vendée Globe 2004 réfléchissait déjà à l’avenir, avec comme seul objectif : réparer son gréement et terminer sa course au Sables d’Olonne.

Le privilège d’être encore en course

Paradoxalement, cette succession de funestes péripéties renforce le sentiment de privilège d’être encore en course. Même Raphaël Dinelli, dernier à plus de 6 300 milles des leaders, savourait cette journée calme et ensoleillée au large de la Nouvelle-Zélande, malgré ses soucis techniques et la récente tentation de s’arrêter définitivement en Australie. En troisième position avec un océan d’avance, Armel Le Cléac’h, dans une vidéo envoyée mercrerdi, ne cachait pas son immense plaisir de doubler pour la première fois de sa vie le cap Horn. La rayonnante Samantha Davies qui a cassé (et réparé) son hâle-bas de grand-voile et beaucoup bricolé sur le pont de Roxy, devrait franchir à son tour le fameux caillou, ce week-end. On imagine déjà la satisfaction de la navigatrice anglaise actuellement pointée dans le top 5. Arnaud Boissières, lui, trouvait son bonheur dans la bagarre qui l’oppose depuis de nombreuses semaines à Dee Caffari, malgré un déficit de vitesse à bord de son ” vieux ” bateau. Bref, malgré les galères et les coups du sort, percent toujours de brefs moments d’euphorie ou de soulagement.

Foncia, la force tranquille

Et que dire du réjouissant duel qui se trame au large de l’Amérique du Sud ? Aux commandes depuis maintenant 23 jours, Michel Desjoyeaux progresse comme une mécanique bien huilée. Même si le skipper de Foncia déplore quelques bricoles à réparer, il demeure sûr de ses choix stratégiques et serein dans sa navigation. C’est la voix claire et déliée qu’il répondait ce jour à la vacation, sans trop s’inquiéter – apparemment – de la trajectoire de son adversaire Bilou, décalé de 250 milles dans son Ouest. Pourtant, la situation est loin d’être limpide devant les étraves de Veolia Environnement et Foncia, avec un immense anticyclone de 900 milles, en formation au large de l’Uruguay. Sainte Hélène, priez pour eux !

Voix du large…

Vincent Riou (PRB) : « Nous étions en train de manœuvrer pour approcher le canal Beagle quand la cadène provisoire que nous avions faite à bâbord a cassé. Le mât est tombé tranquillement dans l’eau. On n’a rien pu faire d’autre que de l’abandonner car il y avait du clapot. Vouloir le récupérer était plus dangereux qu’autre chose. La nuit dernière, on a été pris en remorque par la marine chilienne et on vient d’arriver à Puerto Williams (à 10h30). On avait fait 250 milles avec le gréement réparé, il n’en restait que 50 à faire ! C’est comme ça. J’ai du mal à me projeter plus loin que là où je suis. Il faut qu’on se pose, qu’on se repose, qu’on règle nos problèmes de douanes qui ne vont pas être simples. Il est surtout urgent de ne pas se précipiter. Physiquement, on est fatigué mais ça, on connaît. Que ce soit moi ou Jean, on en a les bras qui tombent, c’est le truc de trop. Il va falloir qu’on fasse avec mais ça m’arrive après d’autres événements similaires qui me sont arrivés l’année dernière. J’ai l’impression que l’histoire se répète… »

Arnaud Boissières (Akena Vérandas), 8e à 3147 milles : « Il y a du vent qui est rentré par le travers et ça va pas mal. J’ai bien peur qu’avec ces conditions, on fasse une route identique avec Dee (Cafari) mais elle va un peu plus vite… Il ne faut pas traîner car il y a une grosse cartouche qui arrive vers le 16 janvier. La bataille avec Dee Caffari est plutôt intéressante : il me manque parfois des chevaux sous le capot, mais c’est fascinant. Je ne lâcherai pas le morceau, même si elle va un peu plus vite : je ne désespère pas. »

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), 13e à 6369 milles : « Les jours prochains vont être plus difficiles car une nouvelle dépression arrive. Si je m’arrête ici, je perds déjà le contact avec Norbert (Sedlacek) et je vais me retrouver avec deux jours de retard sur son bateau. Or, au cap Horn, ce sera bourré d’iceberg et donc dangereux. Ça va mieux là, je n’étais pas bien en fin d’année, après deux mois et toutes mes avaries, je suis physiquement très fatigué, j’ai vraiment pris coup sur coup. C’est vrai qu’au niveau moral parfois, je me retrouve loin derrière. Mais le but c’est que tout le monde arrive à bon port. »

Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er : « Ça continue de foncer à bord de Foncia. Tous ces milles parcourus nous rapprochent de chez nous. Je vais bien et a priori, rien ne pourrait m’empêcher d’aller jusqu’aux Sables d’Olonne, Comme j’ai un peu d’avance, ça va me permettre d’aller de l’autre côté de la bulle anticyclonique qui arrive. J’ai pas mal cravaché après les Malouines pour accrocher ce système. Et comme les fichiers météo sont sur sept jours, ça m’a permis de bien calculer ma trajectoire. Je pense que ça va devrait se passer pas trop mal ! »

Les trois premiers au pointage de 16h ce jeudi : 
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5956,4 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 123,5 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 768,8 milles

* A noter que Vincent Riou (PRB) apparaît toujours dans le classement car il n’a pas encore déclaré officiellement son abandon.

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PRB fait route vers le canal de Beagle

Le Cam sauve par Riou
DR

Les émotions du sauvetage de Jean Le Cam (VM Matériaux) ont été tellement intenses que la description des avaries subies par le monocoque de Vincent Riou (PRB) n´a pas été très claire : on sait que l´outrigger bâbord qui permet de tenir le mât aile latéralement, a été cassé et que le tube a bien failli tomber pendant l´opération délicate d´embarquement de Jean. Mais les deux skippers ont réussi à empanner rapidement et à sauver le mât qui penchait pourtant de 30° ! Magnifique manœuvre qui a permis aux deux hommes de brêler des cordages de sécurité afin de repartir bâbord amure (donc sur le mauvais côté du gréement affaibli), vers les îles chiliennes.

La route suivie par le monocoque orange indique un cap vers le canal de Beagle, une zone abritée de la houle du Pacifique et un ensemble d´îlots où croisent de nombreux bateaux de croisière et de charter extrême. La décision finale des deux hommes n´est pas encore connue, mais le point presse qui sera organisé avec eux à 10h00 en visio-conférence au PC Course parisien du Vendée Globe, devrait permettre d´éclaircir leurs intentions. Seule certitude : Vincent Riou a bien la volonté de repartir au plus vite en course…

Des Malouines à la Nouvelle-Zélande !
Armel Le Cléac´h (Brit Air) qui était resté sur zone pendant toute l´opération de sauvetage, a repris sa route vers le cap Horn après s´être assuré que le gréement de PRB tiendrait le coup. Il n´était plus qu´à 80 milles du cap ce mercredi matin, naviguant à plus de quatorze nœuds dans un bon flux portant d´Ouest 25 nœuds. Et devant, les deux compères de Port la Forêt sont déjà au Nord de l´archipel des Malouines : Michel Desjoyeaux (Foncia) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) ont ostensiblement obliqué vers le large pour éviter des micro-bulles sans vent qui vont glisser le long des côtes argentines ces prochains jours. La prévision météorologique n´est pas très claire sur le moyen terme (cinq jours) mais les deux marins ont préféré prendre la poudre d´escampette en contournant ces zones incertaines pour aller chercher des alizés de Sainte Hélène, peut-être contraires mais au moins bien établis…

Dans le Pacifique où navigue donc le reste de la flotte, les vitesses de progression ont sensiblement ralenti car le plus grand océan de la Terre s´est nettement calmé : Samantha Davies (Roxy) pointe son étrave vers les côtes chiliennes à douze nœuds, et Marc Guillemot (Safran) toujours sous voilure réduite, a passé mardi soir la dernière porte des glaces du Pacifique Est. De son côté, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) a fait le break face au duo Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) relégués à plus de 300 milles de son tableau arrière. Le Britannique Steve White (Toe in the Water) est quant à lui sur la porte Pacifique Ouest, en plein milieu de cet océan en bordure d´un anticyclone qui a sérieusement assagi la mer.

Mais ce n´est pas le cas pour les trois derniers : l´Américain Rich Wilson (Great American III) subit des vents de plus de trente nœuds de Nord-Ouest en avant d´une belle dépression tandis que Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) et Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) se sont fait brasser la nuit dernière au passage de plusieurs fronts mais ils devraient bénéficier d´une accalmie pour leur passage sous la Nouvelle-Zélande ce mercredi. Ils pourraient même avoir à tirer des bords dans une dizaine de nœuds de brise de secteur Nord à Nord-Est !

Classement du mercredi 7 janvier à 5h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6 475,7 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 90,9 milles du leader
3- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 641 milles
4- Vincent Riou (PRB) à 688,2 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 1 855,5 milles

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Au 60e jour de mer, Desjoyeaux caracole toujours

Desjoyeaux Foncia Cap Horn 2009
DR

Le visage de Jean Le Cam bouffi de sommeil est apparu sur les écrans de la visioconférence, aux côtés de son sauveur Vincent Riou. Les deux hommes, relayés par Armel Le Cléac’h, sont revenus avec leurs mots sur l’incident qui a tenu en haleine toute de la communauté de la course au large, suspendue aux nouvelles du skipper de VM Matériaux, bloqué pendant plus de 10 heures à l’intérieur de son monocoque chaviré. Après de longs moments d’inquiétude, l’histoire se termine bien et presque de manière cocasse.

” Une seule balle dans le barillet “

Jean a expliqué qu’étonnamment, il était au téléphone avec Vincent juste avant que son bateau ne se couche et qu’il pensait avoir heurté quelque chose, peut-être un container entre deux eaux, cause de la perte du bulbe. Il a eu le réflexe de récupérer habits chauds et combinaison de survie avant de se retrancher dans la soute avant, seul endroit encore sec, l’arrière de son bateau étant immergé, rendant une sortie par la trappe de secours très compliquée. Jean, dans son cocon exigu et froid, s’est inquiété pour ses réserves d’air, conscient qu’il ne fallait pas quitter le bateau en l’absence des secours. Vincent, arrivé sur zone mardi à 15h21 n’avait quant à lui qu’une crainte : que Jean n’ai pas réussi à enfiler sa combinaison de survie et qu’il entre en hypothermie, dans une eau à 5 degrés. C’est pourquoi les deux hommes n’ont pas hésité à saisir l’opportunité qui s’est présentée vers 19h00. Une opportunité provoquée par Jean, dès qu’il a compris que son ami se trouvait près de lui. Après avoir viré des caisses qui lui barraient la route dans le compartiment arrière inondé, puis la porte de la trappe, il a attendu qu’une vague lève l’arrière du bateau pour s’extirper, puis s’amarrer à l’un de ses safrans. ” Et là tu sais que tu n’as qu’une balle dans le barillet ” commentait-il avec le recul. La suite a déjà été racontée : c’est dans sa quatrième tentative (réussie) pour récupérer Jean Le Cam que l’outrigger de PRB s’est cassé en partie, exposant le bateau orange à un démâtage. Mais les deux marins ont vite retrouvé leurs réflexes en empannant aussitôt et en assurant le gréement. ” L’empannage de notre vie ” assurait Jean.

Isabelle Autissier pourrait récupérer Jean

Ce mercredi à 16h00, PRB était à 30 milles du cap Horn et faisait route à 10 nœuds de moyenne vers l’entrée du canal de Beagle (sud de la Terre de Feu) où devrait l’attendre Isabelle Autissier. Jean pourrait alors être débarqué jeudi matin à bord du bateau de la navigatrice. Quant à Vincent, il souhaite plus que tout finir sa course, arriver aux Sables et être classé. ” Pour faire partie des 13 encore en course, il a fallu se battre et je peux vous dire que je me suis battu pendant toutes ces semaines ! “. Pour cela, Vincent sait qu’il devra consolider son gréement. Il attend également des précisions du jury international concernant sa situation et les compensations qui pourraient lui être accordées.

Premier cap Horn pour Armel

Le skipper de Brit Air a quant à lui repris sa route et ses esprits après une journée chargée d’émotions contradictoires. Le voici, lui le bizuth du Vendée, propulsé sur la troisième marche d’un podium provisoire, à 659 milles de Michel Desjoyeaux. Armel peut déboucher le champagne, pour une triple occasion : le sauvetage réussi de Jean, sa position au sein de la flotte et son premier passage du cap Horn, commenté en direct par ses soins à la vacation du jour. Le visage barbu, le navigateur de la baie de Morlaix ne cachait pas sa joie de croiser le fameux rocher.

13 en course et deux devant

Armel fait partie de la nouvelle bande des 13, en espérant que ce chiffre porte bonheur pendant les 6300 milles de course restants. Au sein de cette bande, un homme se distingue depuis 22 jours déjà, soit le record de durée en tête de course depuis le début de ce Vendée Globe. Le skipper de Foncia qui met de l’est dans sa trajectoire pour négocier une paire d’anticyclones sud-américains, est devenu le ” Monsieur Plus ” de cette giration planétaire mouvementée. Dans ses choix stratégiques, dans sa façon de mener le bateau, dans l’apparente absence de soucis techniques, dans sa vitesse, Mich’ est toujours plus. Ce qui faisait dire à son fidèle poursuivant Roland Jourdain : ” mon Mich, il m’énerve, mais il m’énerve ! Il va falloir que je me gratte la tête, que je brûle des cierges pour le dépasser “. Au classement de 16h00, le skipper de Veolia Environnement était pointé à 108,9 milles d’un Foncia plus rapide de 5 nœuds ! Mais l’espoir est toujours permis pour Roland : selon Sylvain Mondon de Météo France, il y aura des coups à jouer pour négocier les anticyclones argentins et uruguayens devant leurs étraves.

A chacun sa porte

Derrière, toute la flotte étalée sur 6000 milles profite aujourd’hui d’une relative accalmie. De belles tranches de pétole attendent même Steve White, en plein anticyclone. Ce dernier a franchi aujourd’hui la première porte Pacifique. Derrière lui, l’Américain Rich Wilson a respecté le tronçon de sécurité néo-zélandais, tandis que Samantha Davies, 5e et Marc Guillemot, 6e, se dirigent librement vers le cap Horn.

Voix du large…

Jean le Cam (VM Matériaux) « J’ai toujours eu en tête de ne pas quitter le navire. Ça, c’était la chose la plus importante. Mais je ne savais pas combien de temps je pouvais rester à l’intérieur. Dans un volume d’air de 10 m3, j’ignore combien de temps un être humain peut vivre. A un moment, j’ai entendu la voix de Vincent. Vrai ou pas ? Je l’ai entendue une deuxième fois. Là, j’étais sûr… Si tu sors et qu’il n’y a personne, ça devient dangereux. Et là, je savais qu’il n’y avait qu’un coup dans le barillet… Je me trouvais dans mon igloo à l’avant du bateau. Je suis retourné derrière prendre un cordage. Avec Tabarly, j’avais déjà chaviré, donc je savais qu’il fallait pouvoir s’amarrer. Si tu n’as pas de bout, une fois dehors, t’es comme un con. C’est comme quand tu vas acheter du pain et que tu as oublié tes sous… Plein de trucs sortaient du bateau et Vincent, qui les voyait sortir a dû se dire: ” C’est l’heure de l’accouchement ! “. J’ai mis les pieds devant, et dans un mouvement de vague, je suis sorti. Là je l’ai vu…Un grand moment… Je monte sur mon bateau. Je m’amarre au safran. Il y avait de la mer. Vincent a fait plusieurs passages et, à un moment, j’ai attrapé son bout. Comme les deux bateaux sont passés assez près, l’outrigger s’est cassé. Le mât de PRB s’est incliné de 30°. On a fait l’empannage de notre vie ! »

Vincent Riou (PRB), 4e à 742,5 milles « Je sentais la détresse dans les cris de Jean. L’arrière de VM Matériaux était enfoncé de bien 40 centimètres. Jean était guetté par le froid. Quand je suis passé à côté, j’ai crié. Une réponse m’est parvenue. Jean a agité un pavillon par le passe coque. Ne sachant pas dans quel état il se trouvait à l’intérieur, je me suis organisé avec Armel pour faire des rondes. Il se trouve que Jean a réussi à sortir, attraper son safran et à monter sur son bateau. La manœuvre n’était pas évidente. Il fallait se tenir tout près pour le réceptionner. Là, je me suis approché une première fois, tout près, une deuxième fois. Ce n’est qu’à la quatrième tentative que j’ai réussi à passer le cordage. Je prenais plus de risques en m’approchant. Même s’il était accroché au safran, il suffisait d’une vague un peu grosse pour que Jean soit éjecté. Pas facile de résister à la pression de l’eau. Les coques se sont frôlées. L’outrigger a été cassé, mais à ce moment précis, c’était le cadet de mes soucis. J’ai entendu le crac du mât. Heureusement, Jean était déjà à bord. Maintenant, nous faisons route vers le cap Horn, vers l’entrée du canal Beagle. On a rendez-vous là-bas avec Isabelle Autissier. C’est notre contact sur place. A priori, le débarquement se fera par elle. »

Armel Le Cléac’h (Brit Air), 3e à 659,7 milles « Je suis à 5 milles du cap Horn. C’est mon premier et je suis ravi de le passer aujourd’hui. D’autant que depuis 24 heures, il y a beaucoup d’émotions. La bouteille de champagne est prête !… Quand j’ai appris le souci de Jean Le Cam, je me suis tout de suite dérouté. On a vu le bateau chaviré. La manœuvre s’est avérée assez difficile. On a dû attendre. Avec la direction de course, on s’est organisé au mieux pour faire le maximum sur place. C’est la solidarité des marins. Je suis très heureux que ce soit fini et que Jean se trouve en pleine forme. C’était une sacrée expérience. Je garderai de ce sauvetage un souvenir exceptionnel. Pour moi, la course a repris depuis quelques heures seulement. J’essaie de ne pas forcer sur le bateau, de me reposer émotionnellement. »

Les premiers au pointage de 16 heures le 07/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6312,5 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 108,9 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 659,7milles
4- Vincent Riou (PRB) à 742,5 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 1860,4 milles

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Jean Le Cam en détresse au Cap Horn

Jean Le Cam / VM Materiaux
DR

Jean Le Cam (VM Matériaux) a pu téléphoner à son équipe technique en France pour signaler qu’il avait de gros problèmes à bord de son monocoque : il est possible qu’il était en train de chavirer car la communication a ensuite été coupée. Le voilier se situait alors par 56° 17’ Sud et 73° 46’ Ouest, soit à environ 200 milles dans l’Ouest du cap Horn. Les conditions météorologiques sur zone étaient alors du vent d’Ouest à Sud-Ouest vingt-cinq nœuds avec rafales.
Immédiatement, le MRCC (service international de sécurité en mer) a été prévenu et Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) ont été déroutés vers la position de Jean Le Cam : ils devraient être sur zone vers 14h (heure française).

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Jean Le Cam a chaviré, un pétrolier est sur zone

VM Materiaux chavire 2009
DR

Voici les interventions qui ont eu lieu lors d´une communication spéciale à 11 heures en direct sur le site Internet du Vendée Globe. Des informations qui laissent à penser que Jean Le Cam serait à bord de son bateau chaviré. Le pétrolier Snalgol-Kassanje est sur zone et son commandant étudie les possibilités de porter assistance à Jean.

Philippe de Villiers :

Nous avons des informations toutes récentes. Nous sommes inquiets mais il y a des petits signes depuis quelques minutes qui nous laissent de l´espoir pour Jean.

Premier signe : le bateau a été repéré par un avion des secours chiliens. Le bateau est retourné, à l´envers. Le bateau n´a pas coulé.

Deuxième info : le pétrolier qui a été dérouté pour porter secours à Jean est arrivé sur place, à un mille, il voit le bateau retourné. Le pétrolier a donné un grand coup de corne pour indiquer à Jean sa présence. Le commandant du pétrolier a eu une communication avec Denis Horeau.

Troisième élément : on vient d´apprendre que la deuxième balise avait été déclenchée C´est l´information la plus importante car on pense que comme la première balise, celle-ci a été déclenchée manuellement. L´équipe est mobilisée à 100% évidemment et la réactivité des secours a été remarquable depuis la première minute où nous avons appris la difficulté dans laquelle se trouve Jean. Jean est un marin hors pair et je suis convaincu que nous allons maintenant vers de bonnes nouvelles.

Denis Horeau, directeur de course

Le pétrolier est à un mille, il voit très bien VM Matériaux à l´envers. Il va estimer quelles sont les meilleures procédures pour porter secours à Jean . Le fait que Jean ait déclenché sa deuxième balise au moment où le pétrolier arrivait est un élément extrêmement positif. Je doute que ce soit un hasard, je pense que c´est bien une manœuvre volontaire de la part de Jean, de déclencher sa 2e balise au moment le plus opportun. Nous laissons évidemment le commandant du pétrolier prendre les décisions qui s´imposent. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une mer difficile, avec un pétrolier qui fait plus de 200 mètres de long, et que l´approche peut être difficile. On croit que Jean est à l´intérieur du bateau. La manœuvre ne se fera pas en deux minutes, il faudra être patient, attendre les nouvelles du MRCC Punta Arenas, dans les heures à venir.

Alain Gautier, consultant sécurité du Vendée Globe

« Il faisait nuit quand VM Matériaux a chaviré, le bateau étant à l´envers il faut imaginer le capharnaum que ce doit être à l´intérieur. On peut imaginer que Jean a eu du mal à trouver le matériel, les lampes torches, le caisson de survie, etc. Dans un bateau à l´envers dans le noir, il est dificile de se repérer. Le fait que la 2e balise ait été déclenchée, on espère manuellement, 7 heures après la première est un élément positif. Le cargo est tout près, à 300 ou 400 mètres du bateau. Les gens du cargo ne peuvent pas pour le moment mettre de canot de sauvetage à l´eau, car il roule énormément. D´où l´importance qu´Armel Le Cléac´h et Vincent Riou aillent sur zone car c´est plus facile avec un autre voilier qui peut aller à vitesse très réduite. On espère que Jean av pouvoir récupérer une VHF portable pour entrer en communication avec le pétrolier, ce qui n´est pas le cas pour le moment.»

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Jean Le Cam a donné signe de vie !

Jean Le Cam 2009
DR

Le skipper de PRB s’est approché du monocoque retourné et a d’abord constaté qu’il y avait un petit pavillon qui sortait par un des passe-coques à l’avant du bateau. Vincent a alors crié pour s’enquérir de la présence de son ami et Jean lui a répondu par un cri !

L’arrière de VM Matériaux, là où se trouve le sas de sortie en cas de chavirage, est immergé dans l’eau et Vincent a signalé que le bateau n’avait plus de bulbe.
Par ailleurs, un remorqueur de la marine chilienne est parti à 13h30 heure française de Puerto Williams et sera sur zone à 7h30 mercredi matin. Ce remorqueur est équipé d’un semi-rigide et de plongeurs qui pourraient être sollicités pour libérer Jean de son habitacle.

(source Vendée Globe)

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Jean Le Cam attend les secours chiliens

VM retourne 02
DR

VM Matériaux, rappel des faits

A 2h40, après une brève communication avec son équipe où Jean Le Cam signalait qu’il était en grande difficulté, sur le point de chavirer, sa balise de détresse se déclenchait. VM Matériaux était alors situé par 56° 17′ Sud et 73° 46′ Ouest, soit à environ 200 milles dans l’Ouest du cap Horn. Immédiatement, le MRCC (service international de sécurité en mer) était prévenu et Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) déroutés vers la position de Jean Le Cam. A 9h50, une deuxième balise de détresse était activée sur VM Matériaux, avant qu’un avion de la Marine chilienne ne survole le monocoque, confirmant que le bateau était bien chaviré. Vers 11 heures, un pétrolier de 270 mètres, le Sonagol Kassanje dérouté par le MRCC, arrivait sur zone, se postait à quelques centaines de mètres du bateau rose, émettait plusieurs coups de corne de brume. Mais l’état de la mer (4 à 5 mètres de creux) ne permet pas à l’équipage du navire de mettre à l’eau un canot de sauvetage. A ce moment-là, Jean Le Cam n’a toujours pas donné signe de vie, même si tous les acteurs de la course sont persuadés qu’il est en sécurité à l’intérieur de son bateau.

Riou, le Cléac’h et un pétrolier en guise d’escorte

Sous l’impulsion de Philippe de Villiers, Président de la SEM Vendée, l’organisateur de la course, les pouvoirs français sont en contact avec les autorités chiliennes pour activer le processus. Un bateau de pêche se déroute et un remorqueur de la Marine quitte Puerto Williams à 13h30. Il faudra attendre 15h21 et l’arrivée de Vincent Riou pour avoir des nouvelles de Jean. Ce dernier, qui a réussi à glisser un petit pavillon dans un des passe-coques de son bateau retourné, répond par un cri aux appels de Vincent ! Soulagement général au sein de la famille du Vendée Globe. Jean Le Cam est sain et sauf à l’intérieur de son monocoque. Le bateau n’a plus de bulbe, ce qui explique le chavirage. Le plan Lombard a l’arrière enfoncé dans l’eau ; la trappe de sortie est immergée. A 16h30, Brit Air arrivait à son tour sur zone. Les deux marins ainsi que le pétrolier vont rester aux côtés de VM Matériaux jusqu’à l’arrivée du remorqueur chilien attendu demain mercredi vers 6h00 du matin. Le remorqueur est équipé d’un semi-rigide et d’une équipe de plongeurs qui seront vraisemblablement sollicités pour aider Jean à sortir de son bateau.

Treize en course et deux échappées

Si Vincent Riou et Armel Le Cléac’h ont mis la compétition entre parenthèses, elle se poursuit pour les hommes de tête, et plus loin pour Samantha Davies, Marc Guillemot et consorts.

Aux abords des Malouines, avec deux tiers du parcours dans leur tableau arrière, Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain se préparent à un combat singulier qui pourrait durer jusqu’au Sables d’Olonne. En tandem aux avant-postes depuis 3 semaines, les deux hommes séparés de 135 milles, sont en train de s’échapper au gré d’un joli flux de sud-ouest qui les propulse à bonne vitesse vers le nord. C’est le début d’une partie de ” poker menteur ” comme l’évoquait hier Michel Desjoyeaux, conscient d’aborder une semaine de navigation aléatoire le long des côtes sud-américaines, ” l’endroit le plus risqué, le plus casse-gueule, poursuivait-il, où ” Bilou le farceur ” pourrait lui réserver quelques entourloupes.

Roxy cinquième

Et voilà la régulière et enjouée Sam Davies propulsée malgré elle en 5e position. Navigant à l’avant d’un front froid dans des vents de nord-ouest, Sam, qui a respecté la dernière porte Pacifique, était la plus rapide ce jour, alignant des moyennes de 16 à 17 nœuds. Elle devance de 418 milles un Marc Guillemot (Safran) handicapé par son rail de mât arraché.

Derrière, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) évoluaient dans des conditions plus instables, tandis que Steve White, rattrapé par un anticyclone, était le plus lent de toute la flotte. L’Américain Rich Wilson (Great American III), en approche de la porte néo-zélandaise, devrait commencer à entrevoir ce soir les prémices de la belle dépression qui a frappé toute la journée Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch). Entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande, les deux compères viennent de vivre leur troisième passage de front avec des vents moyens de 45 nœuds ! Comme d’habitude, malheureusement, c’est en queue de peloton que les conditions sont les plus rudes.

Enfin, à noter l’arrivée de Sébastien Josse à Auckland (Nouvelle-Zélande) peu avant 1 heure ce mardi matin. BT est actuellement amarré dans le Viaduct Basin, berceau légendaire de l’America’s Cup en 2000 et 2003.

Les premiers au pointage de 16 heures le 06/01/09 : 
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6619,8 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 135,4 milles du leader
3- Vincent Riou (PRB) à 612,8 milles
4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 618 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 1900 milles

(source C.El/Vendée Globe)

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Jean Le Cam recueilli à bord de PRB !

PRB - Vincent Riou / VG
DR

Revêtu de sa combinaison de survie, Jean est sorti tout seul de son bateau. Vincent a fait quatre passages pour tenter de le récupérer. Au quatrième passage, le bout de l’outrigger bâbord de PRB s’est pris dans la quille de VM Matériaux et s’est cassé. Dans la foulée, Jean Le Cam a pu grimper à bord, mais les deux hommes ont dû bricoler pour assurer le gréement et virer de bord rapidement pour éviter que le mât ne tombe. Ils font actuellement cap 110° tribord amures, avec trois ris dans la grand-voile et rien à l’avant, en attendant de réaliser une réparation de fortune du gréement. Armel Le Cléac’h qui était également sur place, s’est mis en route dans leur sillage. ” C’est une histoire incroyable qui se termine bien ” selon les mots d’Alain Gautier, le consultant sécurité du Vendée Globe.

Les opérations de sauvetage de la marine chilienne sont en cours d’annulation. Le pétrolier sur zone depuis ce matin va pouvoir reprendre sa route. L’hélicoptère a rebroussé chemin, de même que le remorqueur de la marine chilienne qui devait arriver sur VM Matériaux mercredi matin.

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