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Et de trois pour Franck Cammas

Trophee Clairefontaine 2009
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Couru pour la première fois sur le stade nautique de La Grande Motte du 10 au 13 septembre, le Trophée Clairefontaine 2009 a répondu à toutes les attentes. Un soleil d’été, une brise de force 2 à 3 idéale pour de belles compétitions et un plateau de huit stars de la voile ont offert un spectacle de tous les instants. Pas de doute, ce show nautique est taillé sur mesure pour le plaisir des champions invités, mais également pour celui du nombreux public qui a rempli les tribunes naturelles de la digue du port de La Grande Motte trois jours durant.
Franck Cammas a été un cran au-dessus de la concurrence, même si Michel Desjoyeaux et Nicolas Charbonnier se sont appliqués à lui porter toutes les attaques possibles, que ce soit sur la ligne de départ, au passage des bouées et même en ligne droite dans des affrontements en vitesse pure. La bataille navale était permanente, avec une agressivité sportive qui envoya Nicolas Charbonnier au tapis dans la neuvième et dernière régate. Le médaillé olympique français a en effet chaviré alors qu’il profitait d’une brise soutenue pour attaquer encore plus fort.
Franck Cammas a remporté deux manches : le premier Raid et un Run, tout en faisant preuve le reste du temps d’une belle régularité aux avant-postes. Michel Desjoyeaux a remporté lui aussi deux régates : un Raid et un Run, mais il a accumulé deux sixièmes places et une septième position. Il doit ainsi se contenter de la deuxième marche du podium. Nicolas Charbonnier a remporté deux Runs, mais son chavirage dans la dernière manche du jour lui a coûté la troisième place du Trophée Clairefontaine, au profit de Yann Eliès. L’Espagnol Fernando Echavarri a remporté lui aussi deux régates, deux Runs. Mais il a été trop irrégulier le reste du temps pour inquiéter les leaders. Pascal Bidégorry a souffert dans le petit temps qui a prédominé tout au long de ce XXe Trophée Clairefontaine. La brise plus soutenue du dernier Run lui a permis d’illustrer son talent par une victoire. Loïck Peyron n’est jamais véritablement entré dans le match, ne signant que deux places de troisième pour meilleurs résultats. Le septuple vainqueur du Trophée Clairefontaine a achevé les régates au port après avoir cassé une pièce de son catamaran monotype au gré d’une erreur de manoeuvre. Il termine cette vingtième édition à une inhabituelle septième place, devant l’Allemand Boris Hermann.

Classement général :
1- Franck Cammas, 60 pts (1,2,4,2,1,4,4,6,3) ;
2- Michel Desjoyeaux, 53 pts (3,1,2,1,7,6,6,3,4) ;
3- Yann Eliès, 50 pts (5,7,6,4,2,5,2,2,2) ;
4- Fernando Echavarri (Esp.), 48 pts (7,3,8,7, 4,2,1,1,5) ;
5- Nicolas Charbonnier, 47 pts (2,5,1,3,8,1,5,5,DNF) ;
6- Pascal Bidégorry, 37 pts (4,4,5,6,6,8,8,4,1) ;
7- Loïck Peyron (Fra.), 28 pts (6,6,3,5,5, 3,7,DNS,DNS) ;
8- Boris Herrmann (All.), 24 pts (8,8,7,8,3,7,3,7,6).

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Double consécration pour Courrier Dunkerque

Courrier Dunkerque
DR

Daniel Souben : « Nous faisons le grand chelem. Pornichet, Deauville, le Tour et la Route des Îles… C’est une énorme satisfaction car nous sommes bien au-dessus de nos objectifs qui étaient de remporter le Tour de France et le CFE, savoure Daniel SOUBEN. Avec ces quatre victoires, nous montrons que notre projet vaut le coup et que nos partenaires ont eu raison de nous faire confiance ».
La flotte des Farr 30 est unanime, Courrier Dunkerque était le plus fort. « Autant, en 2008, nous étions parvenus à rivaliser avec eux, constate Dimitri DERUELLE, team-manager d’Elcimaï – Ville de Marseille, autant, cette année, il n’y avait rien à faire. SOUBEN a vraiment frappé un grand coup sur le CFE. Bravo à lui et à ses équipiers et que cette suprématie nous serve de leçon pour comprendre comment il fonctionne et ce qu’il faudra faire, à l’avenir, pour le battre ».
 
Quel avenir pour Courrier Dunkerque ?
La saison 2009 s’achève et Daniel SOUBEN prépare déjà la prochaine. « 2010 marquera la dernière année du Farr 30 et nous aimerions bien finir en beauté. Et puis, il y a un autre challenge que nous voulons relever ; celui d’égaler le record de victoires consécutives sur le Tour (3), déjà détenu par nos glorieux aînés Dunkerquois, au début de l’histoire du Tour de France à la Voile ».
 
Coup de chapeau également à Espoirs Ile-de-France qui termine l’épreuve en se classant deuxième de la première manche et qui remporte la seconde manche de la régate spectacle de ce samedi. « Nous terminons à la 7ème place de l’épreuve, ce qui ne nous satisfait pas vraiment. Nous sommes en revanche très heureux de gagner le Trophée LEGAL (NDLR : qui récompense l’équipage le plus régulier de la régate spectacle). Je crois, en fait, que je suis surtout fait pour naviguer autour des ferries », ironise Jimmy PAHUN, le skipper d’Espoirs Ile-de-France, ancien vainqueur du Tour.
 
La Route des Îles se termine donc sur une superbe victoire des nordistes… dans le sud. Cette édition 2009 aura été de très grande facture grâce à une météo idéale. Jusqu’à 30 nœuds de vent pour la grande course, des brises soutenues pour les parcours côtiers. Une belle réussite sportive et un événement parfaitement bouclé qui s’achève, ce soir, par une très grande fête dans le village installé sur le port de Propriano.

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Top départ de la Transat 6,50

Départ transat 6
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Une erreur pour certains favoris…
Au coup de canon ce fut la ruée des « sprinters » au long cours avec un ris dans la grande voile. Mais les premiers en action dans le sillage de Pierre Brasseur (« Région Nord Pas de Calais-Ripolin »), ne prirent pas des vessies pour des lanternes mais… une bouée d’angle de la zone de départ pour la bouée de dégagement proche de la côté située à 1,6 milles de la ligne de départ.
Un tiers de la flotte environ, à la manière des moutons de Panurge, suivit le sillage de Brasseur avant que celui-ci, et les autres donc, de se rendent compte de leur bévue. Ils ont perdu dans cette mésaventure une bonne heure. D’ici Bahia la route est longue. Il va s’en passer d’autres et sans doute des incidents plus complexes, mais il est regrettable ainsi de se donner un handicap facile à éviter. Les principaux fautifs de ce loupé, outre Pierre Brasseur ? Thomas Ruyant (« Faber France »), Rémi Aubrun (« AT Children’s Project »), Henri-Paul Schipman (« Maison de l’Avenir Urbatys ») Bertrand Delesne (« Entreprendre Durablement ») soit autant de favoris.
 
Retour au port
Dans cette cohueJuan-Carlos Sanchis (« Somni-Gaes ») qui espérait tant de sa troisième transat, rentrait au port. Sébastien Rogues (« Eole Génération-GDF-Suez ») heurtait Jean-Christophe Lagrange (« Zoukati »). Lui aussi faisait demi tour avec un trou dans la coque et un énorme cocard au front. Mais le gamin annonçait : « Je repars à 20h. » Et tandis que les « étourdis » cherchaient leur route, les autres fonçaient vers la « vraie » bouée de dégagement située devant La Maison de La Charente-Maritime. Nicolas Boidevezi (Défi GDE) la virait en tête. Il précédait Fabien Despres (Soitec), Laurent Bourgues (« Prim Soins »), Anna Corbella (« Gaes 385 ») et Stéphane Le Diraison (« Cultisol-Marins sans frontières »). En série, Davy Beaudart (« Port à Sec Guy Beaudart ») avait été le plus rapide suivi de Francisco Lobato (Roff Tmn).
Plus d’une heure plus tard, Ruyant, Brasseur et les autres doublaient enfin la bouée. Grand voile et spi ils « envoyaient » de l’air, histoire de combler ces minutes stupidement éparpillées.
Tous les skippers avaient, alors, tourné le dos à la terre et filaient vers le grand large. Ils n’étaient déjà plus des terriens mais des marins à la recherche de leurs sensations. La première nuit est souvent la plus délicate à négocier quand il faut trouver ses marques. Oublier ses soucis quotidiens pour ne plus se concentrer que sur la marche du bateau. Certains mettent quelques heures pour réussir ce break. D’autres plusieurs  jours.
 En ce dimanche, il fallait être très vite dans le rythme. Certains skippers n’espèrent-ils pas être dans un bon lit à Madère dans la nuit de jeudi à vendredi ?…
 
Au pointage de 16 heures, on trouve aux avant-postes en prototypes : Nicolas Boidevezi, Laurent Bourgues, Stéphane Le Diraison… Côté Série, on trouve Andrea Rossi, Francisco Lobato et Davy Beaudart…

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Bernard Stamm et Bruno Jourdren remportent les 1 000 milles

Stamm; vainqueur
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 Pas grisant, mais intéressant
« La prochaine fois, on la fera dans l’autre sens » plaisantait Bruno Jourdren à l’arrivée cette nuit à Saint Malo, après une épreuve qui aura vu le vent tourner et encore tourner au fur et à mesure que les Class40 changeait de cap… Et toujours de face ! « Ce n’était pas vraiment grisant reconnaissait Bernard Stamm, mais c’était intéressant. Il fallait être toujours dessus et c’est bien d’être complémentaire pour se relayer le plus possible, c’est quand même la clef de la course au large. Ça ne sert à rien d’être à fond sur 200 milles si c’est pour s’écrouler ensuite. On a barré, fait la navigation et réglé les voiles à tour de rôle et tout s’est formidablement bien passé».

Cheminées Poujoulat au top !
Bien préparé, le Class40 aux couleurs de Cheminées Poujoulat a été un allié de taille pour remporter les 1000 milles. « On rentre avec un bateau qui pourrait repartir aussitôt » se réjouit Bruno Jourdren. «En plus, comme on a dû faire 10 minutes de spi, au moins, ces voiles-là ne sont pas usées. Nous n’avons rien cassé d’important, il n’y aura rien à réparer de lourd, juste de l’optimisation pour la Solidaire de Chocolat qui est notre objectif de la saison. C’était une bonne mise en jambes et comme nous deux ça fonctionne bien, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. J’aime bien naviguer avec des copains. L’an passé c’était avec Kito de Pavant et nous avions gagné aussi. Si nous revenons l’an prochain, j’espère que ce sera dans des conditions météo plus sympas».

Les poursuivants se font attendre
Les deux prochains Class40 attendus à Saint Malo, couperont la ligne en début de matinée. Il s’agit de Zed 4 et Techneau qui accusaient respectivement 50 et 70 milles de retard alors que Cheminées Poujoulat franchissait la ligne en vainqueur de la 1000 milles Brittany Ferries.

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Rolex Big Boat Series : Les leaders s’affirment déjà

Rolex Big Boat Series - San Francisco
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Avec plus de 1000 équipiers sur l’eau, répartis sur 97 monocoques, eux-mêmes classés en 11 divisions, le comité de course a de lourdes responsabilités cette année, d’autant plus qu’à la fin de la compétition sera décerné le prix Rolex US-IRC National Championship. Une double motivation pour ces équipages qui recevront également l’un des nombreux prix Rolex.

Seuls 3 équipages internationaux ont fait le déplacement à San Francisco pour se mesurer à l’armada américaine : Vincitore, le RP 52 néo-zélandais de Jim Mitchell dans la catégorie IRC A, Raincloud, le J 105 mexicain de Lorenzo Berho et enfin EBB Tide, 1D35 japonais de Masakazu Toyama.

Décidemment, Jim Mitchell sur son 52 pieds ne fait rien comme les autres. Avec le seul RP 52 face au 4 TP52 américains, il dispose d’un équipage international qui est, selon Mitchell, digne des Nations-Unies. Avec Chris Dickson et Simon Minoprio à bord, Mitchell dispose d’une équipe très expérimentée. Les résultats ne se sont pas fait attendre puisqu’en deux manches, Mitchell s’est imposé par deux fois. Mayhem, second au classement général provisoire est déjà relégué à 3 points de Vincitore.

« C’est un réel plaisir de naviguer ici à San Francisco. J’aime y revenir chaque année car cette ville, en toile de fond de la course, est splendide. Les conditions météos sont par ailleurs excellentes pour naviguer. C’est toujours venteux. Je voulais vraiment venir naviguer ici avec mon bateau, ma famille et quelques amis néo-zélandais. Je suis vraiment très heureux d’être ici. », nous confiait Mitchell.

En monotypie, la classe des J 120 est la plus représentée avec 8 participants. Mister Magoo de Stephen Madeira avec 5 points occupe provisoirement la tête de la flotte.

De nombreux concurrents ont réalisé une journée parfaite, à l’image de Jim Mitchell en remportant les deux manches de cette première journée. Kjeld Hestehave sur Velos en IRC B, Daniel Woolery sur Soozal en IRC C et Gerard Sheridan sur son Elan 40 Tupelo Honey dans la catégorie des IRC D ont tous 2 points, tout comme Golden Moon de Kame Richards dans la catégorie monotype Express 37.

Jeudi soir, les compétiteurs ont célébré la première journée de course lors de la Rolex Party. Les images des deux premières manches ont été projetées lors de la soirée ; un vrai régal pour les marins qui ont pu refaire la course.

La Rolex Big Boat Series fait partie de la vingtaine d’événements sponsorisés à travers le monde par Rolex, telle que la Maxi Yacht Rolex Cup, qui se déroule actuellement à Porto Cervo, ou encore la Rolex Fastnet Race, le Rolex Farr 40 World Championship et la Rolex Sydney Hobart.

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Franck Cammas donne le ton à la Grande Motte

Trophee Clairefontaine 2009
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En route vers Saint-Malo

1000 milles Brittany Ferries
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Le vent va basculer Nord Nord Est pour revenir Nord Est autour de 20 nœuds parfois même 25 nœuds dans la partie nord du Golfe de Gascogne. Des conditions qui vont permettre au leader, Cheminées Poujoulat.

L’option Est était la bonne
Les partisans de l’Est peuvent être contents de leur choix. Avançant à petite vitesse, alors que les autres faisaient du sur-place, ils ont gagné du terrain. Puis, le vent frais, arrivé dans l’après-midi du Nord-Est, les a servis les premiers. Ils ont donc attaqué le reste de la remontée sur un bord un peu plus débridé que les concurrents naviguant à l’Ouest, qui savourent encore une fois, les délices de la navigation au près serré.
Le moral est un peu dans les chaussettes du côté de Fantasy Forest–Domaine des Thomeaux et Les Conquérants de Normandie – Caen la mer qui évoluent de concert. « Les fichiers météo annonçaient que la bulle devait se décaler vers l’Est, nous pensions être bien à l’Ouest. C’est le contraire qui s’est passé apparemment, c’est une petite déception pour nous », explique Louis Duc à la vacation, cet après midi.
Quand à Marc Lepesqueux, il voit mal comment revenir dans le coup. « Mauvais choix de route encore une fois, décidément le golfe ne nous réussit pas. On a joué et on a perdu de nouveau. Notre position n’est pas des plus enviables ».

Voiles qui claquent et nerfs qui lâchent
De la pétole, une mer hachée et des bateaux ballottés, rien de tel pour éprouver le matériel et surtout les voiles qui claquent à tout va. Axel Strauss sur Tzu Hang avoue que ça finit par devenir vraiment stressant et l’équipe de Ville de Guérande se casse la tête pour savoir comment réparer à nouveau leur solent qui faiblit au fil des heures. « Les voiles souffrent tellement elles battent. Nous avions endommagé notre solent lors de la première partie de course et il est en train de se rouvrir. Nous n’avons plus vraiment de quoi réparer, mais il faut que nous trouvions une solution car c’est la seule voile d’avant que nous pouvons utiliser au près et il s’agit tout de même d’une déchirure de deux mètres de long ».

Retour au bercail pour Groupe 5
Hier matin, Patrice Carpentier a informé le comité de course de son abandon. Souffrant des côtes après une mauvaise chute sur un chandelier, il s’est résolu à ne pas aggraver le problème en naviguant dans les conditions plus musclées prévues dans cette remontée de l’Atlantique. De plus, l’équipage accuse un trop gros retard sur les autres et ses soucis de ballast ne font qu’amplifier l’écart. Groupe 5 fait donc route tranquillement vers La Trinité sur mer, son port d’attache. Olivier Grassi, sur Au bout du monde avec Grassi Bateaux, qui a croisé Groupe 5 dans le chenal alors qu’il quittait Santander se souvient d’avoir vécu la même chose. « Cette situation n’est jamais facile à vivre. Il nous est arrivé la même chose il y a deux ans. On a croisé Dominique Vittet qui repartait. Et nous avons recommencé cette année puisque nous avons croisé Cheminées Poujoulat à notre arrivée à Santander ».
 

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Foncia et 1876 complètent le podium à Barcelone

Arrivée à Barcelone
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Barcelone le vaut bien ! Kito de Pavant n’a pas fait mystère du grand bonheur qui l’a envahi quand, à la barre de Groupe Bel, il a coupé, au petit matin ce jeudi, la ligne d’arrivée au large de la Rambla. Cette fois, la victoire ne s’est pas dérobée sous l’étrave de son monocoque  à robe rouge. Ce premier succès à bord de Groupe Bel, après l’infortune d’un Vendée Globe qui a trop vite tourné court, met du baume au cour. Elle vient consacrer une navigation exemplaire et couronner de réussite un sprint couru dans le petit temps entre Nice et Barcelone en passant par Minorque.

Ménage à trois en tête

Comme sur la première étape disputée entre Istanbul et Nice, Groupe Bel s’est imposé en Espagne au terme d’une empoignade à trois bateaux d’une intensité de tous les instants. Résultat des courses après deux parcours disputés sur les eaux piégeuses et capricieuses de la Grande Bleue entre Orient et Occident : c’est l’égalité parfaite au classement général  entre Groupe Bel, Foncia et 1876, tous crédités de dix points. C’est dire si la troisième étape, la plus longue entre Barcelone et Brest, entre les Catalogne et la pointe de Bretagne en passant par le détroit de Gibraltar, sera déterminante.

L’escale barcelonaise est apprécié par les équipages des deux autres bateaux à la lutte pour la quatrième place : Paprec-Virbac  et Veolia Environnement. Ex æquo, les hommes de Jean-Pierre Dick et de Roland Jourdain, qui ont tour à tour subi les sautes d’humeur de la météo méditerranéenne, n’ont pas démérité. Ils ne cachent pas non plus leur impatience d’aller en découdre  sur les grands espaces atlantiques pour rallier Brest.

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Avant dernière étape vers Priac-sur-Mer

Tour de Bretagne
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Vainqueurs des deux parcours banane en rade de Brest, l’équipage de Luisina avait 12 points d’avance sur celui de Bbox Bouygues Telecom (Fred Duthil et François Lebourdais) avant les deux dernières courses du classement. « Par principe, Eric (Drouglazet) ne veut pas contrôler les adversaires, mais on ne pourra pas s’en empêcher » a prévenu Laurent Pellecuer avant de quitter le port breton. « Ce n’est qu’une fois arrivés au niveau de St Nazaire et passé la marque SNA que l’on pourra dire si la course tourne bien ou bien s’il y a le feu au lac et qu’il faut sauver les points ».

De son côté, François Lebourdais sait qu’avec Fred Duthil ils vont devoir laisser deux fois Luisina loin derrière eux pour espérer jouer la victoire finale. « On va mettre l’adsl aujourd’hui ! » a prévenu le barreur spécialiste des monotypes Melges 24 et Farr 30. Cinquième au classement provisoire avec Jean Le Cam, Nicolas Lunven ajoute que « cette étape ne s’annonce pas trop compliquée mais cela ne veut pas dire que ce sera une étape facile. Cela peut créer des surprises au niveau des résultats ».

Que ce soit pour les ténors comme pour les autres concurrents, le cumul des journées de régate pèse sur les organismes. Le Cherbourgeois Rolf Toulorge, placé à une belle 15e place avec Bruno James sur son voilier Audition Santé rappelle que l’étape Brest – Piriac se déroule lors du « cinquième jour de course. C’est une étape dans laquelle la condition physique sera importante. Il faut avoir gardé une bonne condition pour la fin de l’étape. C’est certainement la lucidité qui va faire la différence dans les derniers milles ».

Le directeur de course Loïc Ponceau confirmait des conditions ensoleillées mais rudes favorisant les gros bras du circuit placés aux avant-postes. « Les Figaro-Bénéteau naviguent au largue serré sous spinnaker jusqu’au Toulinguet. Ils filent à une dizaine de nœuds ce qui les place en avance sur l’ETA estimée avant le départ pour une arrivée à 9 heures vendredi matin à Piriac ».

Le Tour de Bretagne, une épreuve physique
Le Tour de Bretagne est une course à part du circuit Figaro-Bénéteau puisqu’elle se joue en double et à proximité des côtes. Disputée aux points cumulés sur 7 courses dont 5 étapes et 2 parcours banane en rade de Brest, quinze jours seulement après l’arrivée de la Solitaire du Figaro, elle reste une épreuve pour marins en excellente conditions physique.

« Après la Solitaire du Figaro, je sens que je fatigue plus vite » confirme Nicolas Lunven, le vainqueur de la course sur CGPI. « Les premières étapes du Tour de Bretagne étaient plus compliquées au niveau de la navigation et les bananes de mercredi étaient ‘sollicitantes’ au niveau physique ». « Le Tour de Bretagne impose un rythme plus proche du Tour de France à la voile que de celui de la Solitaire du Figaro. On ressent aussi la fin de la saison mais c’est une jolie course et c’est bien motivant ! » ajoute pour sa part Matthieu Girolet (Entreprendre – Lafont Presse). Deuxième bizuth sur la Solitaire et leader de ce classement avec Fabien Delahaye sur Port de Caen Ouistreham, Paul Meilhat complète : « comme la course se dispute sur des formats courts, l’excitation provoquée par ces étapes nous incite à ne pas ressentir la fatigue ». Vainqueur du Tour de France en catégorie amateurs, François Lebourdais (Bbox Bouygues Telecom) confirme : « C’est une course physique alors, au bout de quelques jours, on commence à être cassé ».

Samedi soir, après l’arrivée finale à La Trinité-sur-mer, les concurrents auront tout le temps de récupérer de leur fin d’été autour de la Bretagne, des souvenirs, des images et quelques courbatures mais « nous nous amusons vraiment bien sur cette course, c’est une belle aventure et c’est étrange de savoir que dans deux jours, la course sera terminée » conclue l’Anglais Jonny Malbon.

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Une transatlantique internationale

depart mini transat 6.50 2007
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La suprématie Pogo 2…
Quel est le point commun entre les éditions 2003, 2005 et 2007 de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 en série ? À chaque fois un Pogo 2 s’est imposé. Dès l’année de lancement, ce Pogo 2 a fait parler l’écume et a trusté les premières marches du podum. Et cette année, ils semblaient encore bien partis pour se disputer une nouvelle fois « la gagne » quand, en 2008, Pierre Rolland a débarqué sur le circuit avec son D2, sortit de son propre carton à dessin. Et d’un coup, l’horizon des Pogo 2 s’est obscurci.
Car Pierre Rolland (D2 Marée Haute) c’est du sérieux. Marin hors pair, architecte naval de talent, il prend le départ de sa cinquième transat. Cependant, le bonhomme connaît trop la mer et les aléas qui vont de pair pour se voir « trop beau. » Il avoue : « Mon mini possède les aspects positifs que j’espérais. En revanche, il est meilleur que je ne le pensais dans certaines conditions et il a quelques faiblesses… que je ne vais pas dévoiler, bien entendu ».
Chacun a pu s’apercevoir qu’au reaching et dans le petit temps, son D2 allait vite. Mais Pierre Rolland tempère : « Il y a 30 Pogos 2 au départ et moi je suis seul. Or, il faut une grosse part de réussite pour s’imposer dans une course aussi longue. Elle se gagne sur une bonne option. Et là, à 30, il y en aura bien un qui trouvera la route idéale ».
Il pourrait d’ailleurs être celui-là, même s’il affirme : « Le grand favori c’est le Portugais, Francisco Lobato. Car, pour s’imposer dans une transat, il y a le marin et le bateau. Et dans les engagés certains sont des marins, mais ne vont pas vite. D’autres vont vite, mais ne sont pas marins. Francisco est un marin et il va vite. De plus, il ne passe pas son temps à la VHF. Lui, il barre. Sauf malchance ou mauvaise option, il sera très, très difficile à battre ».
 
Profil bas…
Un Lobato (Roff TMN) qui fait pourtant profil bas. Il se souvient de ses mésaventures de 2007 : « J’étais chien fou. Je ne pensais qu’à la vitesse. J’ai cassé les safrans, la barre, l’électronique a grillé, j’ai dû monter trois fois en haut du mât. Une vraie galère ».
Et pourtant à Bahia, le Portugais (24 ans seulement à ce jour) a pris une belle 9e place. Moralité, aujourd’hui, il reconnaît : « Je me suis beaucoup assagi. Mon approche a été très différente. J’ai moins gagné de courses avant cette édition qu’en 2007. Je suis moins stressé. Je ne viens pas pour faire 9e ou 10e c’est certain, mais c’est le bonhomme qui fera la différence et dans ce domaine, Pierre Rolland n’a rien à apprendre de nous ».
Même son de cloche chez Sébastien Rogues (Eole Generation- GDF SUEZ), le petit jeune qui monte, mais reste respectueux devant Rolland : « Son bateau est plus extrême qu’un Pogo 2, mais plus typé aussi. Il sera mieux à certains moments, pas toujours, notamment au portant. Je pense que le Pogo a encore quelques belles années devant lui. Ensuite, il y a le marin et là Pierre possède un avantage indéniable. On va savoir si la jeunesse prévaudra sur l’expérience. Ce sera un gros combat ».
 
Encore plus intéressante…
Fabien Sellier (Surfrider Foundation) est plus catégorique encore : « Il y a le bateau, c’est vrai, mais il y a surtout le marin. Lors des Sables-les Açores, Pierre a fait une grande démonstration. Il va jouer les trouble-fêtes sur cette course, c’est évident. J’espère seulement pouvoir jouer avec lui ». Antoine Debled (RegionsJob.com) tombe dans la dithyrambe quand il évoque « l’ancien »  : « Pour tout ce qu’il a apporté à la Classe Mini, je lui souhaite le meilleur. Il arrive avec un nouveau bateau, c’est une chance pour tous. Au portant, il a un petit déficit, mais je sais qu’il a beaucoup travaillé sur les voiles. C’est un grand routier ». Un routier qu’il ne regardera pas passer les yeux béat d’admiration : « Je pars avec pas mal d’espoirs mais il faut que la mer te laisse passer. Il faut être en harmonie avec elle ».
Une harmonie que semble avoir trouvé Davy Beaudart (Port à Sec Guy Beaudart) « J’ai doublé tout ce qui pouvait l’être. Je me connais. J’ai une énorme confiance en mon bateau ». Seule ombre toute relative la présence de Pierre Rolland : « Il va venir nous titiller. Il a tout pour rivaliser avec le Pogo 2. Cela rendra la course plus intéressante encore ». Devant autant de louange à son encontre l’intéressé rappelle : « Pour gagner, il faut déjà finir ».
 
Records à battre en bateaux de série : La Charente-Maritime – Funchal : 6 jours 10 h 18 mn 08 sec. établi par Stéphane Le Diraison en 2007  Funchal – Bahia : 19 jours 14 h 39 mn. établi par Hervé Piveteau en 2007 La Charente – Maritime / Bahia : 26 jours 04 h 31 mn 17 sec record de l’épreuve établi par Hervé Piveteau en 2007.
 

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