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Une flotte divisée en trois groupes

Initiatives-Novedia
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Les riches toujours plus riches dans des conditions favorables, des retardataires qui encaissent et perdent chaque jour un peu plus de terrain : depuis que les premiers ont rejoint la mer des Caraïbes, la flotte s’est divisée en trois groupes : les trio de tête, les quatre bateaux à ses trousses dans ces eaux propices à tous les rebondissements, et les huit autres équipages qui progressent encore sur le grand océan.

Faites votre tiercé
En tête, les trois premiers échappés semblent bien décidés à jouer un podium à trois. Dans quel ordre ? Il reste bien évidemment 1 000 milles dans des conditions somme toute incertaines au regard de la zizanie que promet de semer une dépression tropicale, dénommée Ida, qui évacue actuellement la péninsule du Yucatan par le nord-ouest mais promet de semer quelques bulles sans vent sur le parcours de ces trois protagonistes. Si l’on en croit l’adage de la course au large selon lequel « être devant, rend intelligent », Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy, qui montrent combien la valeur n’attend pas le nombre des années, savent trop bien qu’ils n’ont aucun droit à l’erreur. Le moindre faux pas sur la route de Progreso risquera toujours d’être sanctionné par un retour en force de leurs poursuivants rompus à l’art de la régate qu’il tempête ou qu’il pétole. Les duos de Telecom Italia et de Cheminées Poujoulat, à vue, au contact, naviguent bord à bord après trois semaines de course. Dans ce contexte de compétition exacerbée qui focalise tous les regards, ils tirent forcément le meilleur de leur bateau, parés à attraper la moindre occasion de venir chambouler la hiérarchie provisoire donnée par les classements. De quoi en tout cas leur permettre de croire que le petit matelas de 110 milles confectionné pas les jeunes skippers d’Initiatives-Novedia peut encore fondre comme neige au soleil sous ces latitudes tropicales où tout est permis. Pas de statu quo sur l’eau qui tienne au large de la République Dominicaine, d’Haïti ou encore de la Jamaïque qui se rapproche des étraves.

Du côté des « Atlantistes »
Dans les sillages de ce trio de tête progressent quatre équipages qui ont déjà rejoint la mer des Caraïbes : Cargill MTTM (Seguin-Tripon), Palanad II (Wright-Brennan), Desafio Cabo de Hornos (Cubillos-Bravo Silva) et 40 Degrees (Harding-Merron). Avec un retard par rapport aux premiers qui se mesure de 300 à 500 milles, leur vitesse de progression sur l’eau suit leur place dans les classements. Preuve qu’ils naviguent dans des conditions qui favorisent les premiers. Ca creuse par devant alors que le flux de nord-est, qui gonfle les spis et oblige à multiplier les empannages, se renforce par l’ouest.

Pour les « Atlantistes », la note est encore plus salée. Sous l’influence d’une formation orageuse avec son lot de grains à moudre, les équipages vivent des heures électriques. Il y a de l’orage dans l’air en approche de l’arc antillais qui sème le trouble et souffle un grand vent d’incertitude. Sollicités à la manœuvre pour adapter la voilure aux variations brutales du vent, des filets d’air aux violentes bourrasques, les hommes ne ménagent pas leur peine pour sortir leur sillage de ce jeu à haut risque. Vivement donc la porte de Saint-Barth qui marque la fin d’une longue traversée et le début d’un tout autre parcours le long des côtes et au fil des îles jusqu’à Progreso.

Après l’équipage Finlandais de Tieto Passion (Rompannen-Ohman), contraint à l’abandon après avoir constaté une importante fissure dans leur puit de quille, et qui a rallié port Gustavia hors course, c’est au tour des deux complices de Groupe Picoty (Fournier-Criquioche) d’être attendus, dans le courant de la nuit prochaine au large du Pain de Sucre. Il leur restera néanmoins 1 500 milles avant de goûter aux saveurs tropicales terrestres sur la péninsule du Yucatan.

Classement de 17 h (heure française)
1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy 909,98 milles de l’arrivée
2. Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 107,22 milles
3 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 114,35 milles
4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 293,45 milles
5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 383,8 milles

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Deux profondes dépressions à venir

Foncia - Transat J. Vabre
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A entendre les navigateurs en route vers Puerto Limon, la situation météorologique des jours à venir promet un chemin de pénitence : vents forts et contraires, mer formée et croisée, même les habitués des navigations hivernales sur l’Atlantique nord, tel Jean-Luc Nélias (Veolia Environnement), reconnaissaient que le menu qui les attend était des plus indigestes. Et ce d’autant plus que la route du sud, synonyme de vents plus maniables, paraît pour l’heure fermée. Alors, chacun fait contre mauvaise fortune bon cœur. On se préoccupe de l’instant présent, on profite des milles grappillés sur la concurrence. Il est parfois nécessaire de cultiver un certain fatalisme quand on voit s’approcher les griffes de l’ours et que l’on est au fond de la cage.

Ce qui est pris…
A ce petit jeu, Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou (Foncia) n’ont rien perdu de leur pugnacité. Auteurs d’un départ moyen, les deux hommes n’ont pas tardé à revenir aux avant-postes et occupaient déjà la tête du classement devant Kito de Pavant et François Gabart (Groupe Bel) et le tandem Arnaud Boissières – Vincent Riou (Akena Vérandas). Mais les écarts encore faibles entre tous les monocoques n’ont pas encore de valeur vraiment significative. Charles Caudrelier qui accompagne pour la deuxième fois Marc Guillemot à bord de Safran préférait, quant à lui, se réjouir du formidable potentiel de leur plan Verdier – VPLP et ne retenait jusque là que le plaisir d’une première nuit en mer, suffisamment tonique pour remettre tout le monde dans le bain de la compétition. Mike Golding (Mike Golding Yacht Racing) , s’il avouait quelques travaux de bricolages sur ses pilotes, n’en continuait pas moins d’afficher un optimisme certain et son bonheur d’être sur l’eau… Il n’empêche : derrière les discours de façade, chacun cherche à engranger des forces, à se mentaliser vers des heures difficiles. Siestes réparatrices et petits plats réchauffés font parfois plus de bien à l’âme que les sempiternelles projections dans des heures dont l’issue ne fait guère de doute.

Un seul être vous manque
Pour les Multi50, la situation n’est pas la plus enviable. L’accident survenu à Yves Le Blévec et Jean Le Cam est venu rappeler à toute la flotte que l’équilibre d’un multicoque ne saurait dépasser certains seuils critiques. Victorien Erussard (Guyader pour Urgence Climatique) reconnaissait avoir levé le pied dès le début de nuit devant une mer chaotique. C’est un coup dur aussi pour l’essor de cette classe que Franck-Yves Escoffier, le skipper de Crêpes Whaou ! a porté à bout de bras avant de voir son souhait se réaliser que d’autres navigateurs de renom le rejoignent. Le leader de la classe Multi50, contacté à la vacation de ce matin, ne voyait aucune raison de se réjouir de l’élimination prématurée d’un de ses plus dangereux concurrents, bien au contraire. Pour Alain Maignan et Nicole Harel, c’était aussi la soupe à la grimace. Le skipper de FENETREA – Cardinal, au vu d’une fissure décelée sur son bras de liaison, décidait de faire route sur Port-la-Forêt pour faire expertiser son bateau avant de savoir s’il pouvait continuer l’aventure.

Classement de 17 heures

Monocoques
1-FONCIA Michel Desjoyeaux – Jérémie Beyou
2-GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart
3-AKENA VERANDAS Arnaud Boissières – Vincent Riou
Multicoques
1-CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux
2-REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro
3-GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet

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Sept bateaux en Mer des Caraïbes

40 Degrees
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A 120 milles dans leur sillage, au large de Puerto Rico, un duel d’une incroyable intensité, digne d’une épreuve de match-racing, oppose le duo Jourdren-Stamm (Cheminées-Poujoulat) au binôme Soldini-D’Ali (Telecom Italia). Au contact et à vue, moins d’un mille sépare ces deux équipages après trois semaines de course ! Les jours à venir s’annoncent passionnants avec un savoureux parcours côtier de 1 500 milles jusqu’au golfe du Mexique.
La famille des pirates de la mer des Caraïbes compte donc désormais une femme. L’équipage mixte de 40 Degrees a en effet laissé à son tour le grand océan dans son sillage ce dimanche 8 novembre. A 12h14 (HF), Miranda Merron et Peter Harding ont doublé la porte de Saint-Barth en 7è position après s’être fait doubler dans les dernières longueurs de l’Atlantique par le bateau chilien Desafio Cabo de Hornos, mené par Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva. Hormis un grand spi déchiré dans toute sa largeur, le tandem britannique affichait la forme des grands jours et ne cachait pas sa satisfaction de s’attaquer aux 1 500 derniers milles à parcourir pour rallier la ligne d’arrivée à Progreso. Après une bonne séance d’atelier couture, une course-poursuite est désormais engagée pour combler les quelques milles perdus en approche de l’arc antillais.

7 passages, un pit-stop
Après sept passages au large du Pain de Sucre et un arrêt technique au port de Gustavia, celui de Cargill-MTTM (Seguin-Tripon), la Solidaire du Chocolat se poursuit sur le mode de la régate où tous les coups tactiques sont plus que jamais permis pour tirer son sillage du jeu au fil des îles aux noms enchanteurs qui nourrissent l’imaginaire marin. Puerto Rico, la République Dominicaine, Haïti, la Jamaïque et le golfe du Mexique.

La preuve par trois semaines
Pour huit bateaux, la mer de Caraïbes se fait encore désirer. Pour Groupe Picoty (Fournier-Criquioche), premier de cordée en approche de l’arc antillais, il reste encore 200 milles avant la porte de Saint-Barth. Pointé à 6 nœuds de moyenne, le joyeux duo de bord, attendu demain, lundi, dans la soirée à ce point de passage obligatoire, doit néanmoins surveiller ses arrières menacées par l’équipage de Plan, Les enfants changeront le monde. Denis Lazat et Frédéric Nouel réduisent en effet les écarts et filent surtout à plus de 9 nœuds. L’atterrissage au large du Pain de Sucre s’annonce mouvementé et propice à de nouveaux rebondissements. D’autant plus qu’eux-mêmes doivent se méfier des sudistes d’hier partis à la quête des alizés sur la Longue Route. Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) progressent désormais plus au nord à moins de 15 milles derrière. Preuve si besoin est qu’après trois semaines de course, si une hiérarchie se dessine à la frontière de l’arc antillais, rien n’est encore joué.

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Ils sont partis !

Départ de la Transat Jacques Vabre 2009
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Calé à leur vent, Hervé Cléris et Christophe Dietsch (Prince de Bretagne) montraient que leur handicap de préparation n’avait en rien entamé leur pugnacité. Mais rapidement le tandem Yves Le Blévec – Jean Le Cam (Actual) faisait parler le potentiel de leur plan Verdier pour revenir au contact des deux leaders. Après quelques milles à peine, les deux nouveaux derniers-nés de la classe Multi50 faisaient montre d’une vitesse appréciable et commençaient à se détacher du reste de la flotte, talonnés encore par l’équipage malouin, Erussard – Féquet. S’engageait alors une bataille d’empannages dans un vent mollissant au large quand, sur la côte, un nuage prometteur d’un peu plus de vent commençait à toucher les IMOCA pressés d’en découdre.


De l’audace, toujours de l’audace
Changement de décor pour les monocoques : un léger renforcement du vent et une bascule franche vers l’est obligeait la flotte à un départ au vent arrière. A ce petit jeu, deux approches tactiques prévalaient. Certains soucieux de disposer d’une certaine vitesse choisissaient de hisser leur spinnaker relativement loin de la ligne avec plus ou moins de bonheur : si Dee Caffari et Brian Thompson (Aviva), tout comme Sébastien Josse et Jean-François Cuzon (BT) trouvaient le bon timing, d’autres se laissaient engluer dans le ventre mou de la flotte tels Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou (Foncia) qui, aux prises avec un spinnaker récalcitrant, ne pouvaient que constater, impuissants, les dégâts. D’autres, plus joueurs, avaient choisi de partir en tribord amure sous grand-voile seule pour contraindre leurs adversaires à s’écarter profitant de leur position prioritaire suivant les règles de course. Deux bateaux particulièrement audacieux tentaient ainsi de partir à raser le bateau comité, mouillé, une fois n’est pas coutume, à bâbord de la ligne. Marc Guillemot et Charles Caudrelier (Safran) parvenaient ainsi à trouver une place favorable en milieu de ligne et lancés à pleine vitesse, creusaient rapidement un petit écart sur leurs poursuivants. Kito de Pavant et François Gabart (Groupe Bel) tentaient, quant à eux, d’exploiter pleinement leur avantage au bateau comité, mais se voyaient contraints d’empanner à rebours de la flotte sous peine de se retrouver déventé. Une option solitaire qui ne devrait pas avoir de conséquences malheureuses pour la suite des opérations.

Qui va piano…
Pour l’heure, il s’agit maintenant, l’excitation du départ passée, de rentrer dans le rythme de la course. La première nuit de mer va être l’occasion pour les tandems de prendre leurs marques, de laisser s’instaurer une routine encore fragilisée par la nécessité de travailler les réglages au mieux. Trouver le bon compromis entre la nécessité de ne pas se mettre dans le rouge et le besoin impératif de rester dans un tempo performant n’est pas forcément l’exercice le plus facile. Les scories de la vie à terre ne s’éliminent pas en un tour de main et il y a fort à parier que les premières heures de course en porteront encore les stigmates. La traversée de la Manche devrait se dérouler relativement tranquillement dans un vent de nord modéré. Les choses sérieuses commenceront à la pointe de Bretagne avec la traversée d’une dorsale océanique : derrière cette zone sans vent, la flotte devrait trouver des vents d’ouest puissants. Route nord, route sud, viendra l’heure des premiers choix et du véritable remue-méninges.

Classement à 17 heures :

Multi 50 :
1 Crêpes Whaou ! (FY Escoffier – E Le Roux)
2 Actual (Y Le Blévec – J Le Cam)
3 Guyader pour Urgence Climatique (V Erussard – L Féquet)

IMOCA 60
1 BT (S Josse – JF Cuzon)
2 Groupe Bel (K de Pavant – F Gabart)
3 Mike Golding Yacht Racing (M Golding – J Sanso)

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Un excellent dimanche pour Groupama 3

Groupama 3
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D’abord, Stan Honey va bien mieux. Le navigateur de Groupama 3 a été pris en main par l’équipage et grâce à de la viande séchée suisse et à une situation météorologique très favorable, l’Américain a pu continuer dans de meilleures conditions son travail à la table à cartes : le trimaran est sur une route favorable pour aborder le Pot au Noir dès lundi soir… Car c’est désormais l’objectif de l’équipage de Franck Cammas qui n’a pas eu une journée si facile que ça malgré des vitesses supersoniques ce dimanche : le trimaran a pu engranger près de 708 milles en 24 heures !
« Stan se repose, mais ça va beaucoup mieux heureusement. Je pense que c’était en partie dû à l’échappement moteur mais il a aussi un problème avec une oreille : il a pris des potions helvètes et ça va bien… » indiquait Stève Ravussin à la vacation radio de ce dimanche midi.

Point de contact
Depuis l’empannage de samedi soir, Groupama 3 peut tirer un grand trait vers le Sud-Sud Est à vitesse régulière, poussé par des alizés variant de 22 à 35 noeuds sous les grains. Ces conditions météorologiques furent d’ailleurs sollicitantes pour l’équipage car il a fallu adapter en permanence la voilure pour aller vite en sécurité : « ça mouille beaucoup, mais c’est sympa ! On a dû tout de même pas mal manoeuvrer cette nuit avec des grains et des rafales jusqu’à 36 noeuds de vent… Avec une mer courte qui nous a donné quelques émotions : on a été jusqu’à deux ris et foc Solent ! Nous avons fait des pointes jusqu’à 42 noeuds, mais ce n’est pas notre objectif d’aller très vite : il faut d’abord faire la route… » confirmait le chef de quart.

De fait, la trajectoire est très pure avec un cap au 210° qui permet aussi de ne pas s’approcher de trop près de l’archipel du Cap Vert afin de ne pas subir le dévent des îles volcaniques. Sylvain Mondon de Météo France précisait que les alizés étaient bien présents jusqu’au 20° Nord et que la trajectoire du trimaran devrait s’incurver légèrement vers le Sud après l’archipel : à l’approche du Pot au Noir, les vents de Nord-Est vont faiblir et la problématique du skipper, du navigateur et du routeur à terre est de bien cerner la zone la plus optimale pour franchir ce magma de vents instables… Logiquement, le « tunnel » devrait se situer entre le 24° et le 27° Ouest, mais il faudra dès lundi matin choisir très précisément le point de contact car tout changement de route dans les petits airs est très pénalisant…

La tête à l’envers
Après trois jours de navigation, Groupama 3 qui avait accumulé jusqu’à 115 milles de retard sur le temps de référence du Trophée Jules Verne, a totalement inversé le scénario ! Depuis l’empannage au large de Madère samedi après deux jours de mer, les milles défilent et c’est avec quasiment une journée d’avance que le trimaran aborde le Cap Vert… Il faut souligner que Orange 2 n’avait pas réalisé une très bonne journée à sa sortie des Canaries et s’était même fourvoyé dans l’archipel capverdien le lendemain. Franck Cammas et ses neuf équipiers avaient ainsi dimanche après-midi plus de 270 milles d’avance sur le parcours de Bruno Peyron en 2005, soit pratiquement une journée de marge ! Et pour demain lundi, il faudra compter très probablement une demi-journée de bonus : l’équateur à ce rythme pourrait bien être franchi en moins de six jours, mercredi …

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Les Kiwis en tête à Nice

Emirates Team New Zealand / All4One à Nice
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Levés dès potron-minet, 15 000 spectateurs ont pu admirer deux des quatre Class America du Louis Vuitton Trophy paradant devant la Promenade des Anglais. Chef d’orchestre de l’équipe néo-zélandaise, Dean Barker a rapidement pris la mesure de ses adversaires dès l’entame de match. A la fin d’un premier tour nettement dominé par les kiwis, une avarie de drisse de grand-voile ruinait définitivement le peu d’espoir qu’il restait au duo franco-allemand Col/Schümann, contraint à l’abandon.

Le temps de rentrer au port et de réparer, le vent jouait de nouveau les filles de l’air. Fini le petit vent de nord, place à une légère brise de sud, entraînant un chassé-croisé des différents bateaux du comité de course pour rétablir un parcours dans le bon sens. Le deuxième départ du jour opposait Artemis, l’équipe suédoise au fort accent américain, avec Paul Cayard et Terry Hutchinson, face à TFS-Pages Jaunes (ex-French Spirit) menés par Bertrand Pacé et Philippe Presti. Trop prompts à franchir la ligne, les Français réduisaient à néant leur domination dans la phase de pré-départ. « En commettant cette erreur, ils nous ont fait un beau cadeau car ils avaient gagné le côté droit de la ligne de départ » reconnaissait avec fair-play Paul Cayard. « Il faut savoir que le bateau comité n’est pas mouillé à cause des trop grands fonds, expliquait de son côté Mathieu Richard, stratège de l’équipe tricolore. Cela complique un peu les choses mais n’excusent pas l’erreur de jugement. Je pense que nous avons viré un peu trop tôt en bâbord avant le coup de canon. Du coup, on arrive également trop tôt sur le bateau comité et on est obligé de lofer pour éviter la collision. » A l’arrivée, Paul Cayard et sa bande s’imposaient sans résistance avec 2’17’’ d’avance.

La météo capricieuse n’a pas permis de disputer les deux autres matchs programmés dimanche. Grâce à la réparation terminée sur l’un des Class America italien de la seconde paire, le programme de lundi propose huit matchs dans des conditions de vent plus favorables (6 à 15 nœuds de nord à nord-est).


Programme du 3e jour du Round Robin 1 :
Azzurra vs BMW Oracle Racing
Emirates Team New Zealand vs Synergy Russian Sailing Team
Team Pages Jaunes vs Team Origin
ALL4ONE vs Artemis
BMW Oracle Racing vs ALL4ONE
Artemis vs Azzurra
Azzurra vs Emirates Team New Zealand
BMW Oracle Racing vs Team Pages Jaunes

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Actual chavire au large du Cotentin

Chavirage actual
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Jean Le Cam a installé une flash-light pour baliser le bateau et le CROSS Jobourg a lancé immédiatement un « safety net » précisant la position du bateau de manière à éviter tout risque de collision. Yves Le Blévec et Jean Le Cam étaient alors à 22 milles au nord de Cherbourg. Ils n’ont pas lancé d’appel de détresse, mais ont fait une demande d’assistance de manière à pouvoir remorquer le bateau jusqu’à Cherbourg. Le canot SNSM de la station de Goury, dans le sud du cap de la Hague, se rend sur zone. Il devrait être sur place aux alentours de 22 heures.

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Début des hostilités à Nice

Nice - Entraînements
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Suite à un accrochage entre un Class America et un bateau accompagnateur hier matin à l’entraînement, le voilier ITA 99 ne sera pas disponible pour ce premier week-end. Même bénigne, l’avarie suppose d’immobiliser le monocoque pendant deux jours pour le réparer. Par conséquent, seulement deux Class America seront utilisés pour ce premier week-end de match-race au lieu de quatre, réduisant de moitié les duels initialement prévus. Le monocoque prêté par les Italiens de Mascalzone Latino (absent de la compétition) devrait être opérationnel dès lundi matin.

Hier soir, dans le somptueux décor de l’Opéra de Nice s’est tenu le tirage au sort qui a permis aux équipes de choisir sur quel bateau disputer leur duel et qui aurait l’avantage tribord (la droite) au moment du départ. Synergy Russian Sailing Team et Team Origin auront l’honneur de s’opposer sur le premier match du jour, suivis ensuite par l’équipe française French Spirit-Pages Jaunes face aux redoutables Kiwis d’Emirates Team New Zealand. Le troisième match de la journée opposera les Italiens d’Azzurra aux Américains de BMW Oracle Racing. Si les conditions météo le permettent, le quatrième match réunira l’équipe franco-allemande ALL4ONE à l’équipe suédoise Artemis. Le vent de nord plutôt léger en début de matinée devrait rapidement se renforcer vers midi en tournant au secteur sud-ouest. Dans de telles conditions, les régates s’annoncent d’ores et déjà spectaculaires.

Samedi 7 novembre

Match 1 Synergy c. TeamOrigin
Match 2 Team French Spirit-Pages Jaune c. Emirates Team New Zealand
Match 3 Azzurra c. BMW Oracle Racing Synergy
Match 4 Artemis c. All4One

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Cammas et ses hommes allongent la foulée

Groupama 3
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Après une première journée musclée pour sortir du golfe de Gascogne, Groupama 3 a pu allonger la foulée depuis la latitude de Porto : le trimaran géant a déjà comblé les deux tiers de son retard sur le temps de référence de 2005 et d’ici la fin de la journée, il sera en avance sur le record de Bruno Peyron. En effet, Orange 2 avait eu du mal à négocier l’archipel des Canaries alors que Groupama 3 va bénéficier d’un régime d’alizés de Nord-Est en cours de renforcement jusqu’à 25 noeuds et plus. De plus, Franck Cammas et ses neuf équipiers vont éviter de passer près des archipels de Madère et des Canaries qui perturbent énormément le vent par leur imposant relief.

C’est donc un bon week-end qui s’annonce pour le trimaran géant ! Une mer régulière venant de l’arrière, un vent de Nord-Est qui permet de naviguer sous grand voile et gennaker, des températures déjà estivales et surtout un cap direct vers le Sud… Au large de Madère, le trimaran va pointer ses étraves sur la route directe à des moyennes qui devraient dépasser les trente noeuds. Les Canaries, c’est pour ce samedi soir et le Cap Vert pour dimanche… Franck Cammas et son équipage devraient donc être dans les temps du record dès ce soir et en avance dès la fin du week-end. Le créneau pour s’élancer à l’assaut du Trophée Jules Verne reste toujours excellent malgré un départ de Ouessant peu favorable dans la brise et la mer.

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Cap sur l’Ile Maurice

IDEC Tribord amures
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A 1 300 milles de l’arrivée, la bonne nouvelle du jour est qu’à l’approche du centre des hautes pressions, le vent a suffisamment basculé au Nord Ouest pour permettre à Francis de regarder enfin vers le nord. La moins bonne nouvelle, et directement liée à la première, est bien sûr que qui dit "centre des hautes pressions", signifie vent faible et vitesse de progression réduite.

IDEC est bien sur la route de l’île Maurice, mais il ne progressait plus ce matin que de 5 à 7 noeuds. Ainsi qu’il l’exprimait avec quelques inquiétudes hier, l’examen du comportement de ce centre anticyclonique révèle une propension à se déplacer vers le nord, soit sur la route du trimaran géant. La problématique du jour est donc simple ; comment et à quelle vitesse Francis va t’il être capable de traverser cette zone de vent faible, et gagner la bordure sud ouest d’un autre système, dépressionnaire celui là, qui évolue en son nord est, et qui génère des flux portant pour une vingtaine de noeuds, capables de propulser IDEC durant une bonne journée aux vitesses "stratosphériques" dont le grand multicoque est coutumier. Des heures difficiles s’avancent pour Francis, au 21ème jour de son grand voyage en solitaire, heures de vigilance aux réglages, à l’exploitation des moindres variations du vent, exercice qui réclamerait l’énergie de tout un équipage, et que Francis va de nouveau assurer seul, barrant ici, bordant là, assurant ailleurs, jusqu’à la délivrance du portant de sud est. Anticipant le scénario de ce samedi, le skipper d’IDEC s’interdisait hier toute heure d’estimée fiable.

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