L’équipe technique de Groupama pourra alors commencer le chantier de réparation des cloisons de bras arrière afin de rallier Brest au plus tôt. Franck Cammas a annoncé que l’objectif était désormais de rejoindre Brest vers la mi-décembre, pour être en stand-by pour le début du mois de janvier. Une nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne est donc d’ores et déjà programmée pour l’équipage qui convoiera Groupama 3 début décembre sur les 6 000 milles qui séparent Cape Town de la Bretagne.
Thomas Coville est aussi revenu sur l’ambiance à bord tant avant qu’après l’avarie, marquant son immense déception mais aussi son énorme envie de repartir au plus tôt…
« J‘étais à la barre quand j’ai entendu un bruit étrange : ça n’était pas un grand crac. C’était plutôt un petit cliquetis, et ce moment-là, il faut être capable de le détecter comme étant anormal. Pour moi il n’y avait pas de doute. Sur un bateau, chaque bruit a une signification. Il y a dû en avoir d’autres auparavant, des bruits, mais on ne les a pas remarqués… J’ai demandé à Bruno Jeanjean d’aller voir sur place. Il était attaché parce qu’il était plutôt exposé avec les conditions musclées que nous avions à ce moment-là. Il a détecté une petite fissure qu’on a essayée de consolider, avant de finalement décider d’arrêter l’aventure, ou au moins de la reporter. Maintenant je dois vivre avec ça mais c’est comme quand tu démâtes : ça reste ancré en mémoire…
Le fonctionnement à bord est remarquablement organisé et quand il a fallu décider de l’avenir, Franck Cammas était très présent mais toujours en prenant les avis des équipiers impliqués… On était dans l’action, et quand tu es dans l’action sur un bateau, tu ne penses pas aux conséquences. Ce n’est que quand nous avons réussi à réparer la cloison que la déception nous a envahi : même la fatigue devient beaucoup plus lourde… Il ne faut pas se relâcher dans ces cas-là parce que ça peut devenir dangereux si tu ne fais pas attention ! Mais l’équipage est extrêmement professionnel avec un mental et une cohésion exceptionnels. C’est le très gros point positif du groupe : cette avarie n’a fait que renforcer ce rapport humain. Je suis fier de faire partie de cet équipage… ».
Les plaisanciers ont de quoi se réjouir avec le lancement innovateur de la nouvelle gamme 2010 des très appréciés radeaux VIKING RescYou™ grâce à un niveau de sécurité et de confort accrus. Viking propose sa gamme de radeaux RescYouTM 2010 et notamment son radeau RescYouTM autoredressable, reconnu le meilleur dans les tests comparatifs, avec une toile jaune hautement visible.
“Nous avons mis à l’épreuve la pensée de l’industrie traditionnelle sur la visibilité des radeaux, ce qui nous a conduit a mener des tests très poussés avec une variété de couleurs et de nuances afin de déterminer avec précision la teinte la plus visible par tout type de temps en mer,” a déclaré le Directeur Commercial et Marketing de chez Viking, Henrik U. Christensen. “Et il s’est avéré qu’une nuance de jaune fluorescent faisait toute la différence."
Alors que c’est tout nouveau pour les radeaux, le jaune fluorescent choisi par Viking est une teinte très utilisée dans de nombreux pays européens pour les ambulances et véhicules de secours. Conforme à la norme EN471 sur la Haute Visibilité dans le domaine de la circulation routière, les tests ont prouvé que la couleur apportait un excellent contraste avec le gris et le bleu profond – nuances de la mer. Elle apporte également la meilleure visibilité dans de mauvaises conditions climatiques et en cas de brouillard.
La toile jaune fluorescent n’est pas l’unique innovation dans le lancement de la nouvelle gamme RescYouTM. Le radeau RescYouTM autoredressable est doté d’une doublure intérieure bleue qui permet de réduire l’anxiété et le mal de mer afin d’améliorer le confort et le bien être du malheureux naufragé. De plus des fenêtres équipées de rideaux offrent une vue à 360° sans avoir besoin d’ouvrir le radeau et de risquer l’hypothermie. Enfin, l’embarquement est plus facile et plus rapide grâce à des poignées positionnées au-delà de la rampe d’embarquement. Sélectionné comme le meilleur radeau du marché par des sources indépendantes, ce radeau a conquis le marché depuis le début en tant que premier radeau à se redresser automatiquement en quelques secondes. Aujourd’hui, la gamme des radeaux VIKING est considérée par beaucoup comme le choix unique pour tout type de navigation et le plus approprié pour une navigation trans-océanique. La conformité à la norme ISO ainsi que notre réseau global de filiales Viking et stations de révision agréées assure une plus grande tranquilité d’esprit pour le navigateur.
Le lancement de la gamme complète des radeaux VIKING RescYouTM à toile jaune hautement visible se fera lors du salon du METS à Amsterdam, du 17 au 19 Novembre 2009 (stand 11.527).
Au fur et à mesure que les marins s’éloignent d’un port de départ, laissant souvent un climat automnal derrière eux, et gagnent dans le Sud Ouest, ils trouvent des conditions de navigations qui se conjuguent entre chaleur et plaisir absolu de la glisse à bord de leurs belles machines. Et forcément, ce sont presque toujours les premiers qui bénéficient de ces bouleversements attendus. Les témoignages de marins comme Marc Guillemot ou Kito de Pavant sont là pour le confirmer. La vie devient plus facile et plus agréable à bord des destriers en carbone, quand les manœuvres se font sur le pont en étant libérés des entraves qui peuvent constituer les cirés et autres vêtements chauds.
Côté course, on ne laisse rien au hasard et à la contemplation. Relativement serein, le leader du moment, Marc Guillemot, affichait ce matin la confiance des grands jours, estimant, qu’à moins d’un pépin ou d’une casse, le podium de cette Transat Jacques Vabre allait se jouer entre le duo qu’il forme avec Charles Caudrelier Bénac, Kito de Pavant et François Gabart et enfin Mike Golding et Javier Sanso. Sur le papier, force est de constater que la théorie du marin de Saint-Philibert est plus que fondée. Mais est-il bien raisonnable d’envisager une seule seconde que les compétiteurs acharnés que sont Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou ont décidé de rendre les armes et de ne pas entrer dans cette lutte pour une place d’honneur ? Certes à ce stade du jeu, le défi paraît difficilement surmontable, mais une fois paré l’arc Antillais, les opportunités les plus folles pourraient se présenter à tous.
Difficile d’appliquer la même philosophie à la flotte des Multi50, tant le delta est grand du point de vue de la performance des bateaux. Il est en effet aujourd’hui inconcevable pour Victorien Erussard et Loic Fecquet ou Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro, de venir titiller les flotteurs de Crêpes Whaou ! Mais si le tenant du titre fait cavalier seul en tête, déployant actuellement tout le potentiel de cette nouvelle monture, derrière, la bagarre pour la deuxième place n’est pas dénuée de sel et enthousiasme manifestement ses protagonistes.
Ils ont dit…
Marc Guillemot – Safran 1er au classement de 5 h « C’est agréable : on n’est plus en ciré et on peut passer du temps dehors mais on va moins vite. Ça nous permet de nous aérer et de se balader sur le pont. On a encore des affaires qui sont humides mais pas beaucoup : à mon avis demain on aura tout séché. On surveille de près les camarades qui sont juste derrière nous : Groupe Bel et Mike Golding. Si il n’y pas de casse, la course se joue désormais entre nous trois : les autres sont trop loin.. »
Loic Fequet – Guyader pour Urgence Climatique 2ème au classement de 5h « On a enfin retrouvé des conditions agréables, on ne met plus de ciré ! Tout cela nous permet de faire des pointes à 18 nœuds. Lalou et Amaiur sont encore derrière nous : pour l’instant ils ont du mal à nous suivre. Il faut dire aussi que notre bateau marche bien au portant… »
Kito de Pavant –Groupe Bel – 2ème au classement de 5h « C’est les Tropiques ! Maintenant on marche à 18 nœuds et rien que le fait de sortir du bateau et de ne pas avoir des vagues sur la tête à chaque fois qu’on est dehors, c’est un vrai bonheur ! Cela nous était arrivé seulement au Havre, au départ. La mer s’est donc nettement calmée depuis hier soir et on espère faire sécher tout ce qui est encore humide. Ce soir il va peut–être y avoir une option à jouer. On essaye de se décaler plus au Sud. Au Nord il y a une zone de vent faible et on voudrait l’éviter. On essaiera d’être plus vent arrière en approchant des Antilles. C’est une course de vitesse ».
Classement de 8 heures Monocoques 1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 1923,6 milles 2 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 40,6 milles 3 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 104,4 milles
Multicoques 1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 2260,3 milles 2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 945,9 milles 3 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 1009,6 milles
Le vent de nord, 20-25 nœuds, s’est subitement levé en début de nuit au large de Progreso. Ces conditions ont incité les équipages à terre et la direction de course à intervenir dans l’urgence sur les coups de 3 heures du matin (10 heures, heure française) pour mettre les Class 40 à l’abri de l’autre côté de la grande digue, au port de commerce là où accostent les paquebots. Quatre bateaux, Telecom Italia, Cheminées Poujoulat, 40 Degrees et Cargill-MTTM sont désormais à l’abri. Le bateau des Chiliens, Desafio Cabo de Hornos progresse au large. Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva préfèrent attendre des conditions plus maniables pour rallier le port.
La situation est en revanche plus délicate pour deux d’entre eux qui se sont échoués : Palanad 2 et surtout Initiatives-Novedia dont la quille s’est plantée dans le sable entre le môle et la digue, mais qui ne menace plus d’être drossé à la côte.
Damien Grimont, l’organisateur de la course, fait le point sur la situation : « L’ensemble de la flotte a rapidement été mise en sécurité, mais nous avons rencontré des difficultés avec deux bateaux qui se sont échoués. Fort heureusement, les fonds, ici, sont sableux et ils sont juste plantés. Il n’y a pas d’inquiétude majeure, ils ne sont pas en péril. Les autorités locales se sont toute de suite mobilisées pour nous prêter main forte : la police est là avec deux bateaux. Des pêcheurs et un plongeur nous également rejoints et nous disposons d’un pousseur. Nous sommes d’ailleurs déjà parvenus à dégager Palanad 2 qui est en cours de remorquage pour rejoindre la zone de mouillages à l’abri. »
A cette époque de l’année, la pointe bretonne est régulièrement balayée par des passages dépressionnaires. Pour Yann Guichard et son équipe, le but était par conséquent de trouver le bon créneau météo pour sortir Gitana 11 de l’eau. La journée d’hier, mardi, où soufflait une légère brise de secteur Ouest sur fond de ciel majoritairement bleu, était donc idéale. En trois heures de temps, le maxi-trimaran a ainsi pu être gruté puis placé dans le hangar qui l’avait vu renaître il y a de cela moins de trois mois.
Pour les orfèvres du Gitana Team, la liste des travaux à réaliser est établie et les trois prochains mois y seront en partie consacrés. Au programme, pas de grands chamboulements structurels mais des ajustements nécessaires à une performance optimale. Yann Guichard, le skipper du maxi-multicoque, détaille le travail de l’hiver:
Modification des appendices « L’un des gros dossiers de ce chantier consistera à avancer les puits de foils et ce afin de gagner dans l’équilibre général de la plateforme. De la même façon, de nouveaux safrans de flotteurs vont être fabriqués car nous souhaitons augmenter leur surface et ainsi accroître le contrôle du bateau à la barre. Enfin, un arbre d’hélice rétractable va être mis en place pour diminuer la trainée hydrodynamique.»
Plan de voilure « Pour la mise à l’eau, en septembre dernier, nous n’avions pas commandé de voiles neuves. Mais cet hiver, Jean-Baptiste Levaillant – des Voileries Incidences La Rochelle – va travailler sur une nouvelle garde-robe en cherchant à optimiser les formes et les surfaces de ce nouveau jeu de voiles.»
Recherche sur les systèmes embarqués « Benoît Piquemal et Pierre Bourcier travaillent conjointement sur la partie névralgique que sont les pilotes automatiques. Car sans pilote, tu ne fais pas de solitaire et d’autant plus sur un multicoque. Les recherches vont s’orienter tant sur des modes de performance que sur des modes de sécurité. Enfin, l’hiver va être mis à profit pour améliorer les moyens de tournage embarqués de Gitana 11.»
Lionel Lemonchois, désigné « chef de chantier » pour effectuer les réparations provisoires de la cloison de bras de liaison, explique les conditions nécessaires pour résoudre totalement ce problème structurel, subi par Groupama 3 au dixième jour de sa tentative sur le Trophée Jules Verne.
« Hier, on avait encore espoir de trouver une zone de mer plus calme pour pouvoir intervenir sur la casse et rentrer directement en Bretagne, mais comme le bateau est en permanence en mouvement, on ne peut pas faire quelque chose de bien. Nous sommes encore en bordure du Grand Sud, sous un paysage gris, une mer désordonnée, avec des oiseaux planeurs et une température fraîche…
Il a fallu travailler dans un taux d’humidité proche de 100%, à genoux à l’intérieur du flotteur : ce n’est pas l’idéal pour faire du composite ! Cela a permis d’avoir une bonne réparation mais pas suffisante pour l’exploiter à 100% en toute sécurité : le plus sage est de réparer proprement en Afrique du Sud, car il faut que le flotteur et le bras soient immobiles. Nous sommes à 1 400 milles de Cape Town et d’après les prévisions météo, il n’y a pas de zone suffisamment tranquille pour résoudre le problème en mer …
L’équipe technique de Groupama va nous rejoindre, mais il ne sera normalement pas nécessaire de mettre le trimaran au sec ou de démâter. Nous allons aussi renforcer la cloison tribord de la même façon, et cela devrait tout de même durer une semaine environ.
J’avais embarqué une grande équerre en carbone que nous avons boulonnée et collée pour maintenir en place les pièces à réparer : nous avions aussi plusieurs kits de résine et de colle pour intervenir sur tous les secteurs. La cause réelle n’est pas évidente à analyser : les ingénieurs se penchent sur la question car c’est une avarie qui n’avait jamais eu lieu… Ce sont probablement des facteurs concomitants qui en sont à l’origine, car il n’y a pas de malfaçon et les collages étaient corrects… Nous avons ouvert toutes les trappes de visite pour vérifier la structure et nous n’avons rien trouvé de suspect. Le trimaran a l’air parfaitement sain. »
Si les courses de voile n’autorisent pas de vrais temps morts, elles offrent parfois des pauses bienvenues : et celles-ci sont suffisamment peu nombreuses pour tenter d’en profiter à plein. Ces moments sont souvent déterminants pour recharger les batteries du corps et de l’âme. D’autant que certains gestes quotidiens deviennent précieux, quand on en a été privé par la force des choses et la volonté des éléments. C’est aussi l’occasion de faire le décompte des petits bobos du bateau et des bonhommes. Des premiers à la queue de peloton, on envisage l’atterrage sur l’arc antillais avec une certaine distance. Interrogés à la vacation, tous les navigateurs reconnaissaient ne pas savoir avec certitude quelle passe leur servirait à quitter l’Atlantique pour la mer des Caraïbes.
Côté classement, c’est le statu quo… Entre Safran (Marc Guillemot – Charles Caudrelier Bénac) et Groupe Bel (Kito de Pavant – François Gabart), l’élastique ne cesse de se tendre et se détendre. Mike Golding et Javier Sanso (Mike Golding Yacht Racing) bataillent pour préserver leur troisième place et gardent encore à distance prudente Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou (Foncia). Ces deux derniers n’ont toutefois pas baissé la garde et profitent d’un bateau en parfait état pour continuer de grignoter des milles, sur une route un peu plus sud que leurs adversaires. Mais comme le reconnaissait lui-même le double vainqueur du Vendée Globe, ce tandem de furieux devra compter sur un faux pas de ses prédécesseurs pour se hisser sur le podium et plus si affinités. Même son de cloche chez Vincent Riou et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) comme Sam Davies et Sidney Gavignet (Artemis) qui se fixent, pour l’heure, des objectifs intermédiaires avant d’envisager de plus hautes ambitions.
Chez les Multi50, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux se sont donnés un nouveau challenge, faute de concurrence au sein de leur classe. Parvenir à Puerto Limon devant le premier des IMOCA aurait un certain panache, compte tenu des conditions rencontrées sur la première partie du parcours… Mais il leur faudra contourner l’île de la Barbade pour parvenir à leurs fins. Pour peu que les restes d’alizés s’orientent avec une légère composante sud, les deux navigateurs devront négocier toute une série d’empannages. Plus que la distance supplémentaire à parcourir, c’est bien le positionnement stratégique contraint de Crêpes Whaou ! qui devrait décider de la réussite ou non de leur pari. A l’arrière de la flotte Hervé Cléris et Christophe Dietsch (Prince de Bretagne) ont choisi : ils s’arrêteront à Puerto Calero, sur l’île de Lanzarote pour réparer. Pour eux, pas question de renoncer : le Costa Rica était leur objectif, il n’a pas changé…
Ils ont dit : Marc Guillemot, Safran : « On continue de le surveiller de près, mais notre point de passage dans l’arc Antillais est défini depuis plusieurs jours. D’ailleurs ce ne sera pas jeudi mais plutôt vendredi car l’alizé a bien faibli. C’est l’alizé et sa force qui décideront. Charles se donne beaucoup pour bien préparer la navigation. Cela paye puisque nos traces sont propres, ce qui est un gage de qualité ».
Roland Jourdain, Veolia Environnement : « Cette nuit, contrairement à la nuit d’avant, on a vu des étoiles, mais pas suffisamment pour nous faire avancer assez vite. Le vent était jusqu’à ce matin encore trop irrégulier pour nous permettre de faire des vitesses correctes. C’est toujours difficile à comprendre car pour Aviva et W Hôtels qui ne sont pourtant pas très loin de nous mais un peu plus sud, le vent semble plus régulier. Avec le soleil, on a toujours tendance à penser que ça sent l’écurie et on oublie qu’il restera encore 1 300 milles à parcourir après les Antilles ! Il y a donc plein de choses à faire ou à tenter pour grappiller des milles. »
Arnaud Boissières, Akena Vérandas : « On est plus ou moins à mi-distance du parcours : on a fait 2600 milles, et il en reste 2400. On est dans les alizés, et on a effectivement raté un épisode dans le golfe de Gascogne, où il fallait peut-être partir au Nord. On peut encore jouer d’ici l’arc antillais avec deux bateaux situés devant nous : W Hotels, et Aviva. D’ici l’arc, c’est une course de vitesse. Faut rien lâcher et on ne lâche rien ! »
Classement de 17 heures Monocoques 1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 1804,9 milles de l’arrivée 2 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 52,5 milles 3 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 125,9 milles
Multicoques 1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 2081,9 milles de l’arrivée 2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 1009,2 milles 3 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 1094,4 milles
Créé en 2007, le Sibex – China Shenzhen International Boat Show s’est rapidement développé pour devenir en deux éditions, un des rendez-vous importants du calendrier nautique asiatique. Organisé au Shenzhen (Chine) Marina Club situé à Da Mei Sha Bay, ce salon est idéalement situé près de Hong Kong et bénéficie d’une exposition à flot, qui lui confère un caractère unique pour le sud de la Chine. A l’issue de sa deuxième édition, Sibex a été qualifié de « the top in-water boat show in China » par la presse et les exposants présents.
Pour son édition 2009, le Sibex – China (Shenzhen) International Boat Show a été co-organisé entre Shenzhen Yubo Exhibition Group, Exposalons et Grand Pavois Organisation (GPO), organisateur du salon nautique international à flot du Grand Pavois de La Rochelle (France). Yubo Exhibition Group et Grand Pavois Organisation se sont mobilisés afin de promouvoir, valoriser et développer ce rendez-vous chinois auprès d’une population asiatique en quête d’un nouveau loisir : le nautisme. Le but : faire du « China Shenzhen International Boat Show (SIBEX) with GPO as strategic partner », l’un des salons nautiques internationaux de référence en Chine et en Asie du Sud Est !
Des marques internationales… Ils étaient près de 100 exposants présents à cette édition 2009 et 40 unités à flot étaient présentes dont certaines unités imposantes comme un Monte Fino de 85 pieds, un X-Yacht de 55 pieds, deux catamarans avec un Nautitech 47 et un Lagoon 400, sans oublier un Azimut 58, un Ferretti 550, un Sunbird 65, une Princess 65, un Heysea 55, un Sea Stella 63, un Sunseeker Predator 72… De bien belles unités présentées à flot qui avaient la possibilité dès 17h00 de sortir en mer pour effectuer des essais. Une nouveauté pour ce salon que certains exposants ont su mettre à profit. A terre, la qualité était également présente avec des stands Sunseeker International, Kingsway Marine, Solaleluna, Simpson Marine, Speedo Marine, Wauquiez, Rotomod, Rotoplus, Poralu, Adagio, Cubisystem, Windward Islands, Technicarbone et bien d’autres… Côté chantiers français, à noter les présences de Fountaine Pajot, Rhéa Marine, Latitude 46, Dufour Yachts, RM Fora Marine, Tag Yachting, Nautitech sous la houlette du département de La Charente-Maritime, de la Fédération des Industries Nautiques et qui étaient, pour beaucoup, présents pour la toute première fois en Chine…
Des objectifs différents… mais réussis ! Découvrir un nouveau marché, trouver un distributeur de qualité, réaliser des ventes, occuper le marché et montrer son savoir-faire : chaque exposant y allait de ses objectifs. Et le Sibex – China Shenzhen International Boat Show a réalisé leurs attentes répondant en partie aux objectifs des uns et des autres. Vente de bateaux à l’image de Heysea Yachts Company qui a vendu deux unités de 55 pieds, Sunbird Yacht Co. qui a vendu quatre unités de 65 pieds, Rotoplus qui a vendu les quatre unités en démonstration de son petit trimaran d’initiation – le Maora – à la marina de Dameisha, Cubisystem qui a vendu son long ponton flottant d’exposition qui reliait les deux espaces d’exposition à flot… sans parler des marques étrangères venues en prospection de réseaux de distribution. Des ventes et des attentes très diverses et assez représentatives de l’ambiance présente pendant ses quatre jours d’exposition. De la vente en face à face, du B to B, de la mise en relation, de la prospection de réseaux de diffusion, le Sibex – China Shenzhen International Boat Show a été le lieu de nombreux échanges. Des objectifs atteints même s’ils doivent être développés demain…
Mike Simpson (Simpson Marine Limited – Azimut, Benetti, Beneteau, Lagoon, Sea Ray) : « C’était un salon très intéressant et nous avons rencontré de nouveaux clients. Si jeudi et vendredi n’ont pas été très favorables, samedi et dimanche ont été de bonnes journées pour nous. Ce sont avant tout le catamaran Lagoon 400 et l’Azimut 58 qui ont été visités. Le catamaran rassure et est large, cela plaît. La clientèle chinoise commence également à avoir des idées de ce qu’est la qualité et l’Azimut 58 a répondu à leurs attentes. Pour ce qui sont des monocoques, ce n’est pas encore cela… C’est comme les petites unités à moteur : il faut former au yachting, faire découvrir cette activité. »
Olivier Decamps (Jebsen Marine – Atlantis, Archambault, Hanse, Nautitech) : « Nous repartons avec une quarantaine de nouvelles fiches clients, ce qui est intéressant. L’avenir nous le dira… Ce sont avant tout le Nautitech 47 et le Hanse 400 qui ont été bien accueillis. C’est un bon salon et nous sommes globalement satisfaits. C’est un vrai salon à flot ! »
Hugues Leblond (Wauquiez International – Chantier naval) : « C’était pour nous un premier contact avec le marché chinois. Il nous fallait comprendre comment cela se passe, qui sont les interlocuteurs ? C’est un bon premier contact pour nous. Nous n’avons pas encore de distributeur ici actuellement et cela me permet de mieux cibler les possibilités existantes. Mais je pense que nous avons une place sur ce marché où une marque prestigieuse comme la notre a sa place ».
Laurent Gaudez (Filière Nautique Normande – F2N) : « Nous représentons les entreprises du secteur nautique de la Région Basse Normandie. C’est une vraie opportunité d’être ici et cela répond à une logique volontariste de développer de nouveaux marchés. Nous avons une vingtaine d’entreprises qui font de l’exportation et il y en a bien une dizaine qui sont capables d’exporter ici. J’avais préparé un certain nombre de rendez-vous en amont et j’ai eu des contacts très intéressants pour poursuivre notre développement. Je cherchais des réseaux de distribution en Chine et à Hong Kong pour des entreprises comme Carver, Facnor ou encore Allures Yachting et à identifier des constructeurs, des écoles de voile… Nous avons avancé sur ses objectifs ».
Romain Motteau (Catamarans Fountaine Pajot – Chantier naval) : « Le marché du catamaran est en développement ici et il nous fallait venir pour mieux comprendre… Nous n’avons pas encore de distributeur sur zone mais j’ai eu trois contacts très intéressants qu’il faut maintenant développer. Ces éventuels distributeurs doivent venir au salon nautique de Paris pour venir parler plus concrètement. A suivre ! ».
Christian Ducroit (RFTronic – Radiofréquence & Electronique numérique) : « Il nous fallait établir une tête de pont ici et prendre contact avec ce marché. C’est fait et c’est Ok pour nous ! Je suis venu sans rendez-vous particulier et je repars avec le contact d’un très gros opérateur. Le contrat est rempli pour nous ! ».
Rotoplus (Chantier naval) : « Un salon très positif. J’ai exposé quatre petits trimarans et qui ont été vendus tout de suite. J’ai d’ores et déjà des rendez-vous à Canton et je vais envoyer ici un ou deux containers rapidement car j’ai des contacts importants avec des marinas et des écoles de voile… »
Daniel Doppler (Windward Islands – Charter…) : « Nous sommes déjà présents sur la zone Asie Pacifique et cela représente aujourd’hui 10% de notre chiffre d’affaires. C’est peu, mais nous sommes persuadés que cela va se développer et inverser complètement nos résultats. Nous voulons être présents pour ne pas rater le moment. Nous semons pour récolter demain… »
Quelques chiffres sur cette édition qui s’est tenue du 12 au 15 novembre dernier. – 15 000 visiteurs sur quatre jours d’exposition. – 87,19% de visiteurs satisfaits. – 250 millions de RMB d’affaires réalisés sur le salon. – 100 exposants internationaux ont participé à l’édition 2009 et 15 000 visiteurs ont arpenté les deux pontons d’exposition lors de cette édition 2009 contre 11 000 en 2008, soit 36% d’augmentation. – Pour ce qui sont des visiteurs, il est intéressant également de noter que le Sibex a accueilli 5 000 professionnels contre 4 000 en 2008, 1 500 visiteurs étrangers, et plus de 4 500 VIP contre 3 000 en 2008. Plusieurs délégations se sont également rendues à Dameisha comme la Finlande, l’Australie, Hong Kong et Macao. – Indice satisfaction de cette édition 2009 : 31,46% des visiteurs ont considéré cette édition comme « excellente », 55,73% comme « bonne », 9,76% comme « correcte » et 3,05% comme « pauvre ». – Enfin pour ce qui est du chiffre d’affaires réalisé sur le salon, le montant des transactions établies est de 250 millions de RMB (200 millions en 2008) et le montant des transactions attendues suite au salon est de 500 millions de RMB.
Si jusqu’à hier encore les marins avouaient toujours souffrir de l’humidité imprégnant vêtements et intérieurs, l’heure est désormais d’avantage à la glisse vers un confort qui, s’il reste relatif, n’en demeure pas moins très appréciable. Le poste de barre devient alors plus fréquenté et les nuits s’organisent à un rythme nouveau, laissant les fines lames s’adonner à l’art du pilotage tout en subtilité. Dans des vents plus favorables en direction et parfois instables en force, chacun cherche à gagner au plus vite vers les Antilles, la chaleur et un nouvel acte.
Les réjouissances s’annoncent donc et vont surtout permettre de jouer la vitesse, mettant de côté pour un temps les grandes manœuvres stratégiques. Derrière, une fois passés du côté de ces îles aux noms évocateurs, l’expérience des uns et des autres fera son office. Depuis plusieurs jours, les lauriers reviennent à Marc Guillemot et Charles Caudrelier Bénac qui ont toutefois vu Kito de Pavant et François Gabart faire un retour en fanfare dans leur sillage. Ces deux monocoques constituent avec Mike Golding et Javier Sanso, le trio de tête du moment. Notons cependant que l’équipage britannico-espagnol s’est vu légèrement décrocher ces dernières heures, faisant tourner la lutte à un duel franco-français.
En Multi50, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux poursuivent leur cavalcade solitaire et impériale. Difficile aujourd’hui d’imaginer un autre épilogue que celui de leur couronnement au Costa Rica, laissant les duos Victorien Erussard – Loic Fecquet et Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro se battre pour la deuxième et la troisième place.
Ils ont dit… Michel Desjoyeaux – Foncia – 4ème au classement de 5h « Nous ne sommes pas mécontents du classement de ce matin, ça a bien marché cette nuit. Le vent reste très variable, c’est difficile de trouver les bons réglages et les bons caps. On a 15/20 nœuds, donc ça a un peu molli. Ca glissait mieux hier. Ca va être moins rapide à partir de maintenant mais ce sera aussi moins mouillé. On va commencer à entrer dans l’alizé et à s’éloigner de l’anticyclone. On devrait avoir un vent qui va rester autour de 15/20 nœuds quasiment jusqu’aux Antilles. Les camarades de devant sont vraiment loin maintenant, donc on ne s’en occupe plus trop. Avant qu’ils empannent on pouvait encore y croire, mais maintenant que nous sommes sur la même trajectoire et qu’on a la même philosophie ça va être difficile. On s’occupe plutôt de ceux qui sont autour de nous.»
Erwan Leroux – Crêpes Whaou ! – 1er au classement Multi50 de 5h «Actuellement on est au portant dans l’alizé et nous avons empanné vers la Barbade hier soir. On a un ris dans la grand voile et le gennaker et on avance entre 18 et 20 nœuds. La mer est plutôt belle et il y a moins de secousses, on arrive à mieux vivre. C’est notre première nuit en petite tenue et en ciré. Il fait chaud et l’eau est chaude aussi. C’est les alizés quoi ! Mais il faut quand même être vigilent car on a quand même du vent qui monte un peu de temps en temps et qui refuse. Ce qui nous attend maintenant c’est un long bord pour descendre sur La Barbade. Ca va durer au moins 2 jours et demi. »
Arnaud Boissières – Akena Vérandas – 9ème au classement de 5h « Ca va nickel ! On est dans les alizés, on se fait des petits relais réguliers à la barre. La bonne nouvelle c’est que depuis hier on peu enfin sécher. Ca change la vie, c’est une autre manière de naviguer. Sinon le vent devrait légèrement mollir et va faire de l’est, a priori toute la journée. On a 15/20 nœuds, parfois un peu plus. On a un long bord qui nous attend maintenant ».
Classement de 8 h Monocoques 1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 2280,6 milles de l’arrivée 2 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 26,2 milles 3 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 99,5 milles
Multicoques 1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 2721 milles 2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 748,3 milles 3 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 788,1 milles
A 1760 milles (3100 km) devant les étraves, la terre est encore loin mais les hommes sont proches : « L’équipage, toujours très professionnel, s’est encore comporté merveilleusement, sans défaitisme ni relâchement, se creusant les méninges pour sortir au plus vite de ce faux pas » écrivait tôt ce matin le skipper de Groupama 3.
Tandis qu’à la table à carte, Stan Honey et Franck affinent avec Sylvain Mondon la stratégie pour éviter le plus gros du coup de vent qui balaye l’Atlantique Sud d’un revers, dans les entrailles du flotteur, certains équipiers sont à l’œuvre.
Guidés par le boat captain, Loïc Le Mignon, qui connaît Groupama 3 sur le bout des doigts, Lionel Lemonchois et Thomas Coville posent une attelle en carbone sur la cloison défectueuse. « Elle tiendra jusqu’à Cape Town ? » demande Loïc. Et Lionel de répondre « Idéalement, ce serait que ça tienne jusqu’à Brest mais là, c’est pas garanti ». Sur les visages, point besoin d’être grand clerc pour lire la déception, la frustration : « Ca fait chier… » dit sobrement Fred Le Peutrec tandis que Bruno Jeanjean ajoute « C’est une énorme frustration, on pense à tous ceux qui travaillent sur ce projet ».
A 6 heures ce matin, sous voilure réduite, Groupama 3 progressait à onze nœuds, cap au 118°