C’est encore une arrivée serrée qu’ont réservée les Class40 pointus de la Globe40. Dans la même journée, en quatre heures (dont trois en moins d’une heure), sont arrivés ce mercredi 28 janvier le Brésilien BARCO BRASIL, l’équipage austro-britannique WILSON, les Anglais de JANGADA RACING et les Canadiens de WHISKEY JACK.
Partis le 1er janvier de Sydney, les sept Class40 (l’équipe allemande NEXT GENERATION ayant dû faire demi-tour vers La Réunion) sont rapidement descendus dans les latitudes sud, doublant la Nouvelle-Zélande par le sud. FREE DOM a quitté la meute après plusieurs péripéties et un double retour vers Sydney, pour un troisième départ le 17 janvier. Pour les quatre survivants de cette première phase commence alors la longue traversée des mers du Sud, à la limite des 50° de latitude sud fixés par la course. Une première pour la quasi-totalité des skippers — à trois exceptions près — : découverte des grandes glissades au portant, des records de vitesse, du froid, voire de la peur, avec des montagnes de vagues et les albatros, gardiens du temple du Sud. Une expérience difficilement transmissible par les mots, mais qui les marquera tous.
La qualité de la préparation technique aura permis à ces Class40 « pointus » de traverser cet océan sans avaries majeures. On retiendra seulement l’exploit de Jade, allant revisser une pièce du gréement en tête de course, au milieu de la nuit, de la tempête et du Pacifique ; rien d’autre à signaler, sous réserve d’inventaire à l’arrivée. Puis ce fut le vertige du passage au point Nemo, symbole des immensités maritimes. Enfin, trois semaines après l’abandon — provisoire — des mers du Sud, la remontée vers le Chili, retrouvant le calme, une certaine chaleur et un peu de répit avant l’atterrissage sur les côtes chiliennes. Une expérience qui a frappé les esprits autant qu’elle a marqué les corps.
Une compétition qui n’a jamais faibli
Aventure, certes, mais compétition toujours : BARCO BRASIL (n°151) conforte son classement en tête des pointus avec cette nouvelle victoire. Le duel avec FREE DOM attendra les 5e et 6e étapes. Sept mille milles parcourus en tête de la flotte des pointus, avec souvent des options très engagées dans le dur des dépressions : José et Luiz ne craignent manifestement rien. Une moyenne de 10,7 nœuds sur l’eau, soit à peine moins que ce qui était, il y a peu, le record des scows sur les parcours transatlantiques (Transat Jacques Vabre 2023 : 11,12 nœuds de moyenne pour Ambrogio Beccaria). Ce record des scows est d’ailleurs passé à 13,40 nœuds de moyenne sur l’ensemble de la Transpacifique, record absolu d’une épreuve au large en Class40.
WILSON (n°93), le plus ancien bateau de la flotte, poursuit une Globe40 remarquable de régularité, de performance et de préparation technique sous l’égide de Jade, patron de chantier dans le civil. Cela n’empêche pas la skippeuse Lisa Berger de nous offrir de magnifiques images sous forme de posts Instagram atteignant régulièrement le million de vues. La sagesse et le flegme britannique de JANGADA RACING (n°152) auront également payé : une prudence volontairement choisie par Richard et Rupert pour remonter lors de la plus grosse dépression rencontrée, rapidement suivis par les autres, à l’exception de BARCO BRASIL — une stratégie payante. Enfin, l’équipage à fleur d’érable, les Canadiens Mélodie et Colin, n’a cessé d’améliorer la performance de leur Class40 n°128, suivant le rythme d’enfer du groupe.
Un groupe uni dans la compétition mais aussi dans la solidarité, chacun s’inquiétant rapidement d’un ralentissement marqué ou d’une route incohérente d’un autre équipage. Et l’image est belle de les voir arriver presque ensemble, avec si peu d’écart, à Valparaiso. Au-delà du classement, tous méritent le même respect pour la performance accomplie.
C’est ce lundi que la Française Alexia Barrier, les Britanniques Dee Caffari et Deborah Blair, la Néerlandaise Annemieke Bes, la Suissesse et Néozélandaise Rebecca Gmuer, l’Espagnole Tamara « Xiquita » Echegoyen, l’Américaine Molly Lapointe et l’Australienne Stacey Jackson sont arrivés à Brest. Le premier équipage 100 % féminin de The Famous Project CIC a bouclé son tour du monde à bord du trimaran Idec Sport sans grand-voile (déchirée par une tempête mercredi dernier) après 57 jours, 21 heures et 20 minutes de mer.
Le franchissement de ligne à 12 heures a eu valeur de délivrance pour l’équipage qui a du patienter pour laisser passer le plus gros de la tempête Ingrid. À l’arrivée à Brest, si la pluie a redoublé d’intensité, la public était pour les accueillir ainsi que que Thomas Coville et Benjamin Schwartz, détenteurs du Trophée Jules Verne depuis la veille.
Alexia Barrier (Française, 46 ans) : « C’est une grande fierté et une grande délivrance. Ces derniers jours ont été très compliqués avec la météo, les avaries alors le fait d’arriver, c’est vraiment incroyable, je suis tellement fière de nous et des progrès. Ce qu’il y a de plus beau, c’est de voir la force du collectif et la manière dont nous avons pris soin de nous. Entre Deborah Blair, la plus jeune (23 ans) qui n’avait jamais franchi l’équateur et Dee Caffari (53 ans), la « daronne » et ses 7 tours du monde, nous avons su former une belle équipe et nous avons appris. On s’est lancé dans un défi de géant. Personne ne pouvait imaginer ce qui allait se passer. Nous y sommes allés avec insouciance, détermination et surtout avec la rage au ventre. Partir faire le tour du monde en multicoque, c’était culotté mais je suis heureuse de savoir qu’on fait désormais partie des géants. »
Dee Caffari (Britannique, 57 ans) : « Après 57 jours en mer, nous avons la chance d’être de retour ici, à Brest, avec tout le public présent et tous ceux qui nous ont soutenus. Bien entendu, nous étions huit à bord mais cette performance, c’est aussi celle de tous ceux qui nous ont accompagnés pendant cette incroyable aventure. Merci aussi à ceux qui nous ont encouragés autour du monde. Le fait que Thomas Coville et Benjamin Schwartz nous offrent un bouquet de fleurs sur le ponton, c’est très symbolique. Ils ont réalisé une prouesse exceptionnelle mais on n’a pas dit notre dernier mot (rires) ! Quoi qu’il en soit, ce qu’on vient de réaliser pose les fondations pour construire l’avenir. »
Molly Lapointe (Américano-Italienne, 28 ans) : « C’est un bonheur de voir la terre et de respirer à nouveau ! Bien sûr que ça a été long et ça n’a pas tous les jours été facile donc forcément, ça fait du bien d’être rentrée ! Les derniers jours, les conditions à bord ont été vraiment dures et le pire, c’est que ça a continué après avoir franchi la ligne d’arrivée ! Mais maintenant, c’est derrière nous. On va pouvoir prendre une douche et dormir dans un lit donc tout va bien ! »
Rebecca Gmuer (Suisse – Néozélandaise, 25 ans) : « Je suis vraiment très fière de nous, de ce qu’on a fait et de savoir qu’on a réussi à revenir à Brest. Il y a eu des moments durs, nous avons été confrontées à des choses qui ne sont pas faciles à gérer. Pourtant, on a toujours réussi à être soudées dans les bons et les mauvais moments et à avancer ensemble, coûte que coûte. Maintenant on va pouvoir profiter ! »
Stacey Jackson (Australienne, 41 ans) : « C’était un sacré challenge, on a eu tout ce qu’on peut affronter dans ce genre de défi. Ce qui est le plus difficile, c’est de réussir à ramener le bateau sans rien casser. Je suis très heureuse de cette aventure. En 57 jours, tu as forcément des jours difficiles mais ce qui compte, c’est de se rappeler pourquoi on est là, pourquoi on se bat. Et à la fin, c’est juste incroyable de le célébrer. J’ai la chance que mon copain soit venu de Sydney. Il a traversé le monde pour me retrouver ! »
Annemieke Bes (Néerlandaise, 47 ans) : « Je crois que le moment dont je suis le plus fière, c’est celui que l’on vit aujourd’hui. Être là avec toute l’équipe et être aussi heureuse, c’est génial. Nous avons vécu des moments durs, des hauts et des bas, on a parfois douté, parfois pensé qu’on n’arriverait jamais au bout. Mais avec de la détermination, on a réussi, on a fini et j’en suis très heureuse. »
Deborah Blair (Britannique, 23 ans) : « Comme nous toutes, je suis super contente de retrouver mes proches. Mon copain et mes parents sont venus ici, ils étaient déjà là au départ. Nous avons vécu de supers moments à bord, des instants de joie intense. Je pense au “Secret Santa” qu’on a fait à Noël et de notre petite et courte fête pour célébrer le nouvel an… C’était sympa mais j’ai quand même prévu de fêter à nouveau Noël avec mes proches dès que je rentrerai en Angleterre ! »
Tamara Echegoyen (Espagnole, 41 ans) : « Je ressens beaucoup de bonheur de terminer ce tour du monde et cette sacrée aventure au sein de cette belle équipe. Il me tient à cœur de remercier profondément Alexia (Barrier). C’est elle qui a eu l’idée de ce projet, qui nous a rassemblées, qui y a cru, qui nous a permis d’aller au bout. Elle a transformé ce rêve en réalité et je lui en serais toujours reconnaissante ! »
PAROLES DE PARTENAIRES
Daniel Baal, président du CIC : « Elles l’ont fait ! Pour la première fois, un équipage 100% féminin vient d’établir un temps de référence autour du monde et sans escale sur un maxi trimaran. Je tiens au nom du CIC à féliciter Alexia Barrier et ses sept coéquipières de The Famous Project CIC, ainsi que toute l’équipe qui les a accompagnées. Le défi était réel, il a été relevé dans l’adversité et contre les éléments. Ce tour du monde révèle la force d’un collectif au service de la performance, mais surtout il restera dans l’histoire. La performance des 8 femmes de The Famous Project CIC devient aujourd’hui le marqueur d’une évolution nécessaire de la société, dans le monde sportif autant que dans le monde de l’entreprise.”
Patrice Lafargue, président du GROUPE IDEC et d’IDEC SPORT : « Jour après jour, à bord du maxi-trimaran, Alexia Barrier et son équipage ont démontré que toute réussite repose avant tout sur la force du collectif et l’engagement total. Envers et contre tout, elles ont avancé avec conviction et détermination, sans jamais dévier de leur cap. La performance ne se résume pas à une question de vitesse, mais à la capacité de tenir une trajectoire malgré les changements et les épreuves. Dompter un tel bateau n’est pas chose aisée. Les miles accumulés et les difficultés rencontrées ont forgé une expérience précieuse. Là où beaucoup auraient renoncé en cours de route, les huit navigatrices ont fait le choix de poursuivre, coûte que coûte. On ne peut que les féliciter. IDEC SPORT est fier d’avoir soutenu le projet The Famous Project CIC d’Alexia Barrier dans ce défi d’une exigence exceptionnelle. »
Eric Pasquier, Directeur général adjoint de Sopra Steria : « L’exploit de ces huit navigatrices force le respect : tenir, jour après jour, seules face aux éléments, dans des conditions qu’on peine à imaginer depuis la terre ferme. Malgré les avaries accumulées, les décisions à prendre en quelques secondes qui engageaient tout, elles ont fait preuve d’une résilience exceptionnelle et sont allées jusqu’au bout. Chez Sopra Steria, nous sommes très fiers d’avoir été à leurs côtés tout au long de cette aventure, avec nos technologies et l’élan de nos 50 000 collaborateurs.”
Amanda Mille, Directrice de la marque et des partenariats de Richard Mille : « Cette tentative du Trophée Jules Verne a été une véritable performance, autant sportive qu’humaine. Malgré les avaries et les conditions exigeantes, l’équipage est allé au bout avec une résilience remarquable, démontrant que terminer dans ces conditions relève d’un véritable exploit. Nous sommes fiers de la prouesse réalisée par les filles qui ont su rester engagées jusqu’au bout. »
crédits Mark Lloyd - Jean-Louis Carli - Vincent Curutchet / Team Sodebo
En devenant ce dimanche 25 janvier 2025 l’équipage le plus rapide autour du monde, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel s’offrent un record qui n’avait plus été battu depuis neuf ans et treize tentatives. Ce temps de 40 jours, 10 heures et 45 minutes et 50 secondes* appartient désormais à l’histoire. Leur cohésion, leur abnégation et leur humilité tout au long de ce tour du monde sont les meilleures illustrations des valeurs insufflées au quotidien par Sodebo. Ce succès célèbre le collectif, l’audace, la solidarité et la fidélité, ce que défend Sodebo avec passion en course au large depuis 1998.
La prouesse collective par Thomas Coville : « Un projet comme ça, c’est le projet d’une vie. On voit passer les années, les échecs, les constructions pour aboutir à ce graal. Quand on le réalise avec des personnes d’univers différents, qui acceptent de se battre avec la même envie et la même détermination, c’est fantastique. On vit ça très rarement dans une vie. Je tiens à remercier l’équipe technique pour tout le travail en amont. Sodebo Ultim 3 est devenu le premier Ultim à boucler le tour du monde sans s’arrêter. Et jusqu’à la dépression Ingrid, on n’a quasiment rien abîmé sur le bateau ! À bord, dans notre petite capsule, il y a une forme de respect qui nous a tous animés et qui nous a permis d’aller au bout. Et à l’arrivée, il y a une incroyable joie collective. »
Le départ et la descente de l’Atlantique par Benjamin Schwartz : « Le départ, ça a été le premier choix difficile de ce tour du monde. Au cours de la semaine précédente, on a décidé de ne pas prendre la fenêtre météo. Et le samedi, Philippe Legros (responsable de la cellule routage) nous dit que c’est vraiment une belle opportunité. Le lendemain, on regarde et on se dit « on n’a pas le choix, il faut y aller ». L’équipe technique a fait un incroyable travail, on a tout chargé dans le bateau et on est partis le lundi (15 décembre). Et l’avance qu’on a eue à l’équateur (4 jours 4 heures 2 min 25 sec) a été un trésor. Ça a été déterminant pour battre le Trophée Jules Verne. »
Le passage des caps par Léonard Legrand : « À chaque cap, il y a toujours beaucoup de joie et d’émotions. Mais c’est rapide parce qu’il y a toujours du travail et qu’il ne faut pas s’assagir ! Quoi qu’il en soit, ce sont de supers moments à vivre. Nous avons eu la chance à chaque point intermédiaire de marquer un nouveau temps de référence, sauf à l’antiméridien. À chaque fois, on le voyait s’afficher sur Wikipedia. C’est très symbolique, comme en Formule 1 quand on allume les secteurs violets… Mais ce sont des souvenirs qui resteront ! »
Le cap Horn par Nicolas Troussel : « Le cap Horn, c’était magique, un grand moment. On a eu de la chance de passer de jour, avec du gros temps. On a pu passer un peu de temps dehors pour l’admirer. Dans la vie d’un marin, c’est un moment très fort et un aboutissement. Et puis ça nous a permis de passer du temps tous ensemble parce que finalement, on se croise plus qu’autre chose entre les quarts. »
La remontée de l’Atlantique Sud par Guillaume Pirouelle : « Quand on franchit le cap Horn, on a tendance à se dire qu’on est bientôt arrivé mais Thomas nous avait prévenu qu’il ne fallait pas nous relâcher. Les routages ont été pessimistes jusqu’à l’équateur, on se disait qu’on allait perdre notre avance. Il a fallu s’accrocher. On a réussi à passer deux transitions mieux qu’attendu, ce qui nous a permis d’être un peu plus rapide qu’espéré. Mine de rien, ça faisait plus de 30 jours qu’on naviguait et le bateau commençait à fatiguer. On a eu une frayeur avec la casse de l’armure de J0 qui aurait pu avoir de plus graves conséquences. Mais on a su garder le rythme ! »
La dépression Ingrid et l’arrivée, par Frédéric Denis : « Nous avions déjà plus de 35 jours de mer et on avait réussi à conserver de l’avance par rapport à IDEC Sport. La remontée dans l’alizé a été rapide mais chahutée. Ensuite, nous avons dû faire face à la dépression Ingrid qui nous barrait la route. Ce n’était vraiment pas facile à négocier et il y avait forcément de l’appréhension à ramener le bateau en un seul morceau. On sentait les vagues virulentes contre la coque et on sait que cela peut arracher des morceaux du bateau. On a su faire les bons choix et garder notre sang-froid. Ça nous a permis de tenir bon jusqu’au bout et de nous offrir ce record ! »
La joie de l’arrivée, par Pierre Leboucher : « Ça fait vraiment du bien d’arriver ! Les dernières heures ont été compliquées à cause du passage de la tempête. Nous avions tous confiance dans le bateau mais on savait aussi que la casse pouvait survenir à tout moment. Mais on a tenu bon jusqu’au bout. Globalement, ça s’est toujours très bien passé entre nous, même si on a vécu 40 jours dans une petite zone de vie. Nous étions tous concentrés sur l’objectif, c’était vraiment chouette ! Tous nos proches sont venus, j’ai de la famille de Paris, des amis de Toulouse, mes voisins… Avec l’accueil du public, la chaleur humaine qu’on a ressentie ici à Brest, c’est juste incroyable et très émouvant ! »
crédits Mark Lloyd – Jean-Louis Carli – Vincent Curutchet / Team Sodebo
C’est un véritable exploit qu’a réussi l’équipe de Sodebo, emmenée par Thomas Coville, avec Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel, en battant enfin le record détenu depuis 2017 par l’équipage de Francis Joyon sur Idec Sport. Le trimaran a franchi la ligne d’arrivée entre Ouessant et le cap Lizard ce dimanche 25 janvier à 7 h 46. Il améliore le record d’une dizaine d’heures, malgré un ralentissement jusqu’à la fin dû à des conditions météorologiques difficiles, marquées par la tempête Ingrid. Réactions à venir.
De retour d’une mission de surveillance, la Marine nationale a survolé Sodebo Ultim 3 dans le golfe de Gascogne et a échangé par VHF avec Frédéric Denis la veille de l’arrivée, permettant d’apprécier les conditions météorologiques. L’équipage s’est élancé le 15 décembre en profitant d’une fenêtre météo exceptionnelle. Après un départ canon, ils se sont offerts deux records* (Ouessant-équateur, océan Pacifique) et ont signé des temps de référence à chaque passage important, notamment aux trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn).
Temps: 40j 10h 45m 50s heure de passage 7h46 et 55s FR Equart Idec: -12h 44’ 40’’ Nbr de milles: 28 315 Vitesse moy: 29,17 nds 7,2% de milles de plus que IDEC 1903 milles en plus 8,61% de vitesse en plus vs IDEC
L’équipage de Sodebo Ultim 3 était en terre inconnue depuis vendredi après-midi, affrontant la tempête Ingrid avec des vents à 40 nœuds et des vagues de 10 mètres. Ce seront sans doute les 24 heures les plus longues pour l’équipe, en mer comme à terre. Le trimaran doit arriver avant dimanche soir à 20 h 30 pour battre le record d’IDEC Sport, détenu depuis 2017.
Il restait encore 500 milles nautiques à parcourir ce samedi matin pour Sodebo Ultim 3, avec une avance de 492 milles sur le record, mais celle-ci fond d’heure en heure. Les conditions de mer rendent la navigation dangereuse, alors qu’IDEC Sport accélérait franchement. Le record du Trophée Jules Verne ne devrait pas descendre sous la barre des 40 jours, mais il devrait néanmoins être battu. Un véritable exploit est attendu dans la nuit de samedi à dimanche. Thomas Coville et l’équipage de Sodebo sont attendus à Brest.
Après un scénario improbable où les 2 Class40 ont franchi la ligne d’arrivée en même temps, c’est le Comité de Course FFV de la GLOBE40 qui a du rendre sa décision relative à l’arrivée de l’étape 4 de la GLOBE40 : les 2 équipes BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL sont déclarés EX AEQUO ; après enquête technique, des résultats contraires de l’analyse cartographique Adrena et du système de balises Yellow brick ne permettent pas d’obtenir un résultat incontestable. La décision a été transmise aux équipages concernés.
Ce samedi 23 janvier 2026 est à marquer d’une pierre blanche dans les annales de la course au large. Partis le 1er janvier de Sydney les concurrents de la 4ème étape de la GLOBE40 avaient à franchir 6228 milles en route directe pour rejoindre Valparaiso au Chili. L’étape a été à la hauteur de la réputation des mers du grand sud avec un parcours seulement limité à 50° sud. L’engagement des skippers sur ce parcours est maximal et les records de vitesse sont à nouveau tombés avec 459 milles enregistrés. Mais plus encore c’est sans doute l’arrivée des premiers à Valparaiso que l’on retiendra. Avec près de 7000 milles en surface parcourus à la vitesse moyenne de 13,40 nœuds – nouveau record d’un événement au large Class40 – les deux premiers BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL terminent l’étape dans la situation incroyable d’une ligne d’arrivée avec un écart qui se compte en secondes. Devant la faiblesse de l’écart qui se compte en secondes et compte tenu des enjeux de cette étape à coefficient 3, les acteurs de la chaine sportive, organisation, direction de course, comité de course et jury international ont du se réunir pour prendre une position finale quant au classement de l’étape.
La grand voile du Maxi Trimaran IDEC SPORT s’est à nouveau déchirée jeudi soir durant une manœuvre d’empannage déclenchée pour contourner l’île de Terceira aux Açores. Cette même voile majeure s’était déjà déchirée en son milieu durant une manœuvre similaire hier matin, contraignant Alexia et ses navigatrices à affaler la toile jusqu’au niveau du deuxième ris. Elles comptaient rallier Ouessant et la ligne d’arrivée sous cette configuration au demeurant parfaitement adaptée aux conditions tempétueuses qui sévissent sur les 1 000 et quelques milles encore à parcourir. Elles vont désormais devoir se priver de ce qu’il restait de cette voile, et naviguer exclusivement propulsées par leur mât aile (30m2) et leurs voiles d’avant.
C’est ainsi sous toilées qu’elles ont cette nuit enchainé de nouveaux empannages pour déborder ce matin l’île de Ponta Delgada et laisser les Açores dans leur sillage, pour prolonger leur route vers la péninsule ibérique. Les conditions sur zone, en bordure sud de la dépression, sont celles annoncées, plus de 35 noeuds de vent allant forcissant et une mer déjà bien formée avec ces vagues de plus de 6 mètres venues du nord ouest, qui ne vont cesser de se creuser ces prochaines 24 heures.
Une journée inamicale s’avance pour l’équipage entamée par 55 jours de mer, mais dont la volonté de rallier Ouessant et de boucler la boucle ne faiblit pas d’un iota. Au petit trot, propulsées par leur seul mât et voile d’avant, Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) le martèlent ; elles verront Ouessant et achèveront ce tour du monde, lundi soir prochain, voire mardi matin.
Alexia Barrier : “Le jour en train de se lever, on n’a pas encore vu la mer et je pense que c’est mieux comme ça pour démarrer. On n’a pas de voile et on avance à plus de 10 nœuds de moyenne avec la surface du mât qui fait 30 mètres carrés. On pense qu’on va pouvoir dérouler le J3 (trinquette) vers 11 heures une fois que le plus gros de la mer sera passé pour la zone qui nous concerne. L’objectif c’est d’être toujours au-dessus de 10 nœuds. Christian (Dumard) nous a fait un routage avec une polaire spéciale, sans grand voile. On vous tient informés sur les différents timings. On reste prudentes évidemment…”
Les deux premiers Class40 arrivés ce samedi à Valparaiso au Chili, BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL ont terminé l’étape dans la situation incroyable d’une ligne d’arrivée avec un écart qui se compte en secondes. Compte tenu des enjeux de cette étape à coefficient 3, les acteurs de la chaine sportive, organisation, direction de course, comité de course et jury international se réuniront ce jour pour prendre une position finale quant au classement de l’étape.
Ce samedi 23 janvier 2026 est à marquer d’une pierre blanche dans les annales de la course au large. Partis le 1er janvier de Sydney les concurrents de la 4ème étape de la GLOBE40 avaient à franchir 6228 milles en route directe pour rejoindre Valparaiso au Chili. L’étape a été à la hauteur de la réputation des mers du grand sud avec un parcours seulement limité à 50° sud. L’engagement des skippers sur ce parcours est maximal et les records de vitesse sont à nouveau tombés avec 459 milles enregistrés. Mais plus encore c’est sans doute l’arrivée des premiers à Valparaiso que l’on retiendra. Avec près de 7000 milles en surface parcourus à la vitesse moyenne de 13,40 nœuds – nouveau record d’un événement au large Class40 – les deux premiers BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL terminent l’étape dans la situation incroyable d’une ligne d’arrivée avec un écart qui se compte en secondes.
Une transpacifique sans concessions. Partis le 1er janvier de Sydney, une bonne entrée en matière pour une nouvelle année, les concurrents de cette 4ème étape avaient devant eux un Pacifique à traverser dans sa totalité. Si des étapes ont pu être plus longues dans l’événement, comme l’étape 2 entre le Cap-Vert et l’île de la Reunion ( 8000 milles) cette étape du Pacifique était inédite avec un océan à traverser dans sa totalité d’ouest en est, loin de toute terre habitée, et passant par le fameux point Nemo. Un parcours ou les dépressions se sont succédées une fois descendu au Sud de la Nouvelle-Zélande dans les quarantièmes. Froid, fatigue, mers abruptes avec jusqu’à 7 mètres de creux, angoisse de la casse de matériel rien n’a été épargné aux équipages. Plus encore cette étape était pionnière en ce sens que c’était la première fois que les Class40 de nouvelle génération effectuaient un tel parcours, le double d’une transat. L’expérience a été concluante et ouvre la porte à de nouveaux territoires de développement pour la Class40.
Une arrivée à Valparaiso jamais vue dans l’histoire de la course au large Sur l’ensemble des étapes de la 2ème édition de la GLOBE40, comme pour toutes celles de la 1ère édition, les lignes d’arrivée sont des lignes virtuelles avec des classements calculés par tracker satellite. La technologie donne aujourd’hui des outils qui modernisent cette partie de l’organisation. C’était donc le cas à Valparaiso avec une fréquence de position de toutes les minutes. La ligne d’arrivée était définie par une ligne entre un point à terre à proximité de l’entrée sud de Valparaiso et un point en mer. Arrivé avec 5 milles d’avance BELGIUM OCEAN RACING- CURIUM s’est retrouvé dans le dernier mille de la course englué dans une zone sans vent en baie de Valparaiso. CREDIT MUTUEL arrivant à pleine vitesse a su profiter de cette situation pour revenir à 500m du premier avant d’être englué à son tour dans des zones sans vent. A force d’efforts les deux concurrents ont pu se rapprocher de la ligne d’arrivée en étant quasiment bord à bord avant de passer celle-ci avec un écart se comptant en secondes. Au vu de la faiblesse de cet écart ( 59″), et des enjeux de cette 4ème étape à coefficient 3 les responsables sportifs de l’épreuve ont décidé de se concerter et de vérifier l’ensemble des éléments avant de valider un classement de l’épreuve. C’est la rigueur de cette organisation, issue de dizaines d’années d’expérience arbitrale des courses au large par la FFV, qui est aussi un témoin de la qualité globale de l’épreuve. Mais quelque soit le résultat ce sont deux magnifiques équipes qui se sont affrontées toujours dans le respect l’un de l’autre. Et l’attend avec impatience le récit de tous les autres concurrents actuellement en mer.
Quel stress et quel suspens pour l’équipage du trimaran Sodebo Ultim 3 à qui il reste à peine 1 500 milles (2 778km) à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne entre Ouessant et le cap Lizard. Pourtant, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel savent que ces dernières heures s’annoncent très délicates. Un défi de taille les attend : une forte dépression hivernale nommée Ingrid leur barre la route entre les Açores et le golfe de Gascogne. Face à ces conditions extrêmes que le bateau n’a jamais rencontrées mais pour lequel il a été normalement conçu, ils vont s’attacher à trouver le bon compromis pour continuer à progresser tout en restant en sécurité. Toujours en avance sur la trace d’IDEC Sport, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est attendu sur la ligne d’arrivée entre samedi soir et dimanche matin. Pour faire tomber le record qui tient depuis 2017, ils doivent passer la ligne avant 20h31 dimanche soir…
Sonore de Nicolas Troussel sur les conditions attendues. Il est également tombé de sa bannette qui est tombée sur Benjamin.
Dans les alizés qui permettent de poursuivre la remontée de l’Atlantique, l’équipage a bénéficié d’un peu de répit ces dernières heures. « Ça tapait un peu mais on a levé le pied, confie Benjamin Schwartz. On est surtout dans la gestion pour anticiper la suite ». Tous ont en effet les yeux rivés sur ce qui les attend à partir de demain, quand ils se rapprocheront des Açores. « Une très grosse dépression hivernale nous attend et nous accompagnera jusque dans le golfe de Gascogne », explique Thomas Coville. Des vents de plus de 40 nœuds, des rafales à 50 nœuds et une mer déchaînée sont attendus, avec « plus de 10 mètres de houle », précise-t-il.
« Trouver le bon dosage entre vitesse et sécurité » Alors que les premiers effets de la tempête seront perceptibles dès demain midi, rien n’est laissé au hasard par l’équipage de Sodebo Ultim 3 qui se prépare. Un check complet du trimaran géant a été réalisé. L’équipage travaille également étroitement avec la cellule routage à terre pour veiller à leurs trajectoires. « Notre but, c’est d’arriver à se laisser de la marge pour anticiper les conditions les plus fortes », précise Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Concrètement, Sodebo Ultim 3 devrait rester à proximité de la route directe. « Si les routages nous amènent près de la côte espagnole, nous avons choisi de faire une route plus ouest afin de garder une marge de manœuvre ». Une fois passé le plus fort de la tempête, la fin de parcours s’annonce également incertaine, à cause de phénomènes secondaires générés par la dépression.
Cette dépression, « c’est Rendez-vous en terre inconnue » assure Philippe Legros. Pour y faire face, Thomas Coville rappelle qu’il est essentiel de « trouver le bon dosage entre la vitesse et notre sécurité et le record ». Benjamin Schwartz sourit : « le but c’est d’arriver avec le record mais d’arriver surtout ». Dans de telles conditions, il est difficile de connaître avec précision le moment où Sodebo Ultim 3 franchira la ligne d’arrivée. Thomas Coville évoque « une arrivée dans la nuit de samedi à dimanche, peut-être dimanche ». En attendant, la vigilance, la concentration et le sang-froid sont à leur maximum. « Cette tentative de Trophée Jules Verne n’aura pas été de tout repos, conclut Thomas. À nous de gérer du mieux possible ce nouveau défi.»
Thomas Coville et son équipage, à bord du trimaran Sodebo Ultim 3, vont devoir doser la vitesse et la sécurité jusqu’à l’arrivée de ce Trophée Jules Verne, qui n’aura pas été simple du début à la fin. L’équipe reste cependant toujours bien partie pour réaliser un formidable exploit, même si personne ne veut encore le dire. Il va falloir patienter jusqu’à la ligne.