C’est une anomalie à la limite de l’injustice, mais c’est ainsi : Yann Eliès n’a pas trouvé de sponsor pour courir le prochain Vendée Globe. Lui qui jouait pourtant les tous premiers rôles dans l’édition 2008 avant son terrible accident austral, lui qui faisait la Une de tous les journaux au moment de son très spectaculaire sauvetage n’a pas retrouvé de « guidon » à la hauteur de ses hautes ambitions sportives. Mais Yann Eliès n’a pas perdu ses instincts de compétiteur et de marin pour autant ! Parfaitement remis après un travail d’arrache-pied pour revenir au plus haut niveau, il n’a pas du tout mis au placard ses ambitions de gagner un jour le Vendée Globe… et prépare déjà celui de 2016. Aujourd’hui, il cherche un partenaire « pour écrire une nouvelle belle histoire, qui pourrait commencer en gagnant La Solitaire. »
Yann a été deux fois Champion de France de course au large. Surtout, il a remporté la bagatelle de six étapes de La Solitaire (un record) et terminé deux fois deuxième au général – en 2004 et 2009 – pour une poignée de secondes. « J’ai envie et je sais que quand j’ai envie, ça fonctionne en Figaro », explique modestement le marin. « J’ai conservé mon Figaro et je m’entraîne à fond. J’ai fait tous les stages du Pôle Finistère cet hiver et j’ai terminé 2e de la première course de la saison, La Solo Les Sables. Pour l’occasion je l’ai courue sur mes fonds propres, sous le nom de baptême de mon bateau, Morbic. C’était le nom du bateau de mon grand-père », raconte cet héritier d’une grande lignée de marins, fils de Patrick qui signa le grand chelem sur la terrible Solitaire 1979.
Que manque-t-il donc à Yann Eliès ? Juste un peu d’argent. « Environ 150 000 euros pour monter une saison de Figaro complète dès maintenant, avec La Solitaire et l’Izmir Cup en septembre », répond Yann, « surtout pour écrire une belle histoire avec un partenaire, pourquoi pas une histoire qui se prolongerait ensuite ».









