Message de Yann Elies, ce matin à son équipe de Generali : “L’aventure vient, depuis quelques jours, de se transformer en combat au corps à corps. L’Indien, l’ Apache, le Mohican est un valeureux guerrier. Et les pauvres cow-boys que nous sommes, avons sous-estimé l’instinct sauvage de cet océan. Nous, les régatiers aux montures flambant neuves et aux pares-choc chromés, ne faisons plus route en rang serré mais en ordre dispersé. Le champ de bataille laisse à la lumière de l’aube, apparaître des monocoques mutilés et des marins groggy. Cette description de la situation peut vous paraître exagérée ce matin du 16 décembre, mais à travers les petits coups de fils passés à droite et à gauche, et aussi au regard de mon propre état et de celui de mon bateau, voilà ce que je ressens ce matin. Vous l’avez bien compris, l’Océan Indien est en train de donner ou non son autorisation de passage et le droit est cher pour certains. Je me suis réveillé ce matin comme après un long cauchemar. Sonné, presque choqué par la violence des coups. Mais l’Indien qui sommeillait en moi vient lui aussi de se réveiller. J’en ai marre de prendre des coups et de subir. A travers cette lettre, et en même temps que je cherche mes mots, je sens que la rébellion monte en moi comme un fils peut en vouloir à son père le jour de l’adolescence. Maintenant je combattrai la tête haute, animé d’un esprit de vengeance, pour toi le frère de sang, pour ta tribu des Abers, mon ami Bernard. L’Indien mérite beaucoup de respect et d’humilité pour être traversé. Mais j’en ai encore plus pour toi et ta famille. Le combat continue, plus pour très longtemps mais il faut tenir.”Yann Eliès
Yann Eliès : “la rébellion monte en moi”
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