Paul Larsen est sur le point de terminer ses tentatives de battre le record de vitesse à la voile sur le Sailrocket. En Namibie c’est en effet la fin de la saison propice aux records qui a débuté en février. A plusieurs reprises, la machine a frôle le record … et la catastrophe. Mais ce matin Larsen a dû accepter que le Graal ne sera sans doute pas le sien cette saison. La dernière sortie hier a été particulièrement frustrante : le vent ne soufflait qu’à une quinzaine de nœuds et comme le pilote le souligne les rafales de 21 nœuds ne lui servent à rien. Mais Larsen ne pouvait pas partir sans cette dernière tentative hier soir lors du coucher du soleil car le vent semblait se renforcer…
"Il était tard. Le soleil s’était couché. J’ai senti quelques fortes rafales. Peut-être que sur 500 mètres je pouvais encore réaliser une bonne moyenne. Les lumières de la Baie de Walvis indiquaient le bout du parcours. Je me suis concentré sur quelques lumières que j’ai reconnues afin de tenter de réaliser un run parfait. Le départ a été rapide. La visibilité était bonne et ça glissait bien. Tout était très "propre", ce qui aurait dû permettre une vitesse élevée, car je gardais bien le contrôle. Le bateau offrait une superbe performance comme anticipée lors de sa conception il y a si longtemps. Je savais que la fin du parcours avait été lente mais dans l’ensemble la moyenne semblait bonne. Je savais qu’il fallait pas trop m’emballer. J’ai regardé le GPS et effectivement les chiffres n’étaient pas si brillants. Encore un run à 40,7 nœuds sur une distance d’un mille. Une journée décevante dans l’ensemble car on traverse toute une série d’émotions. Cela m’a vraiment démoralisé, la bière et le champagne après avaient un goût amer. Aujourd’hui est donc la dernière journée. La météo annonce 22 nœuds de vent et nous restons prêts, mais j’ai peu d’espoir car c’est le même scénario qui se répète tous les jours. Un vent fort, mais pas régulier. On a déjà réalisé 98 runs ici. On va donc tenter d’arrondir ce chiffre avant de partir. C’est cela la recherche de la vitesse à la voile. Si la chance ne sourit pas cela devient très démoralisant. Nous partirons avec une vitesse maximum de 52,26 nœuds, une moyenne sur 500 mètres de 47,36 nœuds et 42,09 sur un mille. Pas si mauvais, mais pas assez bon non plus."








