Après son abandon de cette édition du Vendée Globe, le skipper de Safran, Marc Guillemot, est revenu sur l’incident lors d’une conférence de presse aux sables ce dimanche matin.
« Ca marchait fort jusque vers 17h34. J’étais dehors car le vent était variable en force et en direction et il y avait beaucoup de réglages à effectuer. A un moment précis, j’ai entendu ce que j’interprète comme la succession de deux chocs, dans le temps très court d’une seconde. Il y a avait quelque chose de très bruyant, de très fort, de très brutal qui s’était fait au niveau de la quille. Le bateau s’est mis à gîter fortement, dangereusement. Comme j’étais dehors avec pratiquement les écoutes à la main, j’ai pu choquer immédiatement les voiles d’avant et la grand’voile. J’ai fait fonctionner ma quille dans les deux sens, sans que je sente une grande incidence sur le bateau donc petite inquiétude. J’ai utilisé l’endoscope pour regarder sous le bateau mais il commençait à faire sombre et je ne voyais pas grand chose, donc je n’ai pas insisté. Ensuite je suis resté dans le cockpit, car je craignais malgré tout un éventuel chavirage. A partir de là, j’ai fait demi-tour, ce n’était pas facile car le bateau n’allait pas très vite et dérivait beaucoup. »
Quant aux causes de la casse de la quille, Marc insiste sur le fait que son équipe va tout dire après avoir réalisé des examens approfondis. « Je ne sais toujours pas à ce stade si j’ai touché quelque chose. Si ce n’est pas une collision, la casse de la quille peut être due à une fatigue du métal, un souci de conception ou une erreur de calcul. Il valait mieux que cela arrive dans une météo maniable qu’avec un petit gennaker et 35 nœuds de vent, sans visibilité au sud des Kerguelen. La quille avait entre 23 000 et 25 000 milles. Compte tenu de tout ce que nous lui avons fait vivre depuis plus d’un an, je peux vous garantir que je partais en toute confiance. Aujourd’hui nous ne sommes pas dans la phase d’analyse mais plus de recherche de compréhension. Nous cherchons à rentrer à la Trinité le plus rapidement possible, pour démâter et sortir de l’eau pendant la semaine. Nous récupèrerons la tête de quille avec le moignon qui reste et ce morceau va partir aussitôt en analyse chez Safran. »









