Après la rencontre des premiers icebergs mardi après-midi, l’équipage du maxi-catamaran Orange II a infléchi sa route vers le nord-est pour rester en limite nord de cette dangereuse zone de glaces. Une navigation sur le fil du rasoir ! « Nous devons éviter les calmes à gauche et les glaces à droite » avouaient Bruno Peyron à la vacation. A 5h00 ce mercredi matin, Bruno Peyron et ses hommes passaient à moins de 7 milles de Marion Island, une petite île volcanique de 19 km de long sur 12 km de large, et dont le plus haut cratère, en permanence enneigé, culmine à 1230 m de haut. Balayée par les puissants vents des 40èmes Rugissants, l’île, qui appartient à l’Afrique du Sud, est surtout habitée par de nombreuses familles de manchots, de pétrels, d’albatros, de cormorans et de bien d’autres espèces spécifiques à ces latitudes extrêmes. Mais l’équipage a à peine eu le temps d’apercevoir l’île à travers la bruine du petit jour. Juste après le passage de cette île, Orange II devrait rapidement ré-empanner vers le nord-est pour ressortir légèrement des ces zones inhospitalières et se positionner en vue de la prochaine dépression à venir. Après une petite période de ralentissement hier en fin d’après-midi, les vitesses du maxi-catamaran sont de nouveau revues à la hausse. Le rythme effréné entraîne de nombreuses manœuvres épuisantes et impose beaucoup de vigilance…
Bruno Peyron, mercredi matin à 5h00 : « Nous sommes dans un train de dépressions classiques. Nous sommes entre deux dépressions, dans un col, où il faut éviter les calmes à gauche, dus à une dorsale qui pousse, et les glaces à droite. On attend donc la dépression suivante en essayant de se positionner au mieux en latitude. Il faut savoir ralentir un peu pour accélérer plus tard, ce qui permet de soulager le matériel et l’équipage. La fatigue est présente ; il faut être lucide par rapport à ça ; et régler le bateau en fonction.
Nous ne sommes plus très loin des 50e Sud. Ça ressemble à un endroit où il ne faut pas trop rester. C’est un univers hostile noyé de gris, de brume et de bruine, avec une mer grise également.
A cause des glaces, nous sommes obligés de rallonger un peu la route par le nord. La mer de travers n’est pas propice aux grandes vitesses, mais si nous faisons une journée à 450 milles, cela reste une bonne moyenne. On pourra accélérer de nouveau plus tard… »








