« La dépression qui concernait les équipages hier est restée davantage dans l’ouest des bateaux. Du coup, ils ont du portant fort. A partir de là, ça devient une course de sangliers : il ne faut rien lâcher. Les vitesses sont impressionnantes et quand on avance aussi vite au portant, c’est beaucoup de stress, tout simplement parce que c’est dangereux : les sorties de route peuvent coûter très cher. Les marins doivent vivre en ce moment un mélange d’angoisse et de plaisir… ce sont des moments super sur ces bateaux. Mais la moindre erreur se paye comptant. Lorsqu’on empanne dans la brise avec ces grands spis, le moindre grain de sable peut-être fatal. Pour l’équipage, c’est à coup sûr très fatigant. Il faut tourner beaucoup sur le pont, raccourcir la durée des quarts et il est difficile de se reposer. J’imagine que l’équipage doit être prêt à intervenir pour manœuvrer et rester en veille dans la descente en ciré ; ce ne sont pas des conditions idéales pour dormir ! C’est toujours pareil, on est toujours content de faire du portant dans la brise, quand ça avance vite, on y prend beaucoup de plaisir. Mais lorsque ça dure plus de 24 heures, on commence à avoir hâte que ça se calme ! Tant que ça ne mollit pas, les équipages devront donc rester vigilants. Car depuis le début de la course, ils n’ont jamais eu des conditions faciles. En tout cas, c’est une superbe régate. » Vincent Riou.
La chronique de Vincent Riou
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