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    Ils ont dit…

    Arnaud Boissières (Akena Vérandas) :
    "Tout va bien sur Akena Vérandas. Après un virement en direction du Sud, je me dirige vers la porte de glaces, à peine à quelques milles devant pour ensuite tracer vers Boston. Nous formons un petit groupe de bateaux avec Roxy, Cervin EnR et Safran un peu plus loin. Il y a quelques jours, j’ai vu Roxy. Au milieu de l’Atlantique, c’est toujours sympa de pouvoir échanger avec un bateau à vue !"

    Loïck Peyron  (Gitana Eighty) :
    "Ça va bien à bord de Gitana, le bateau glisse, Vincent dort pour passer l’ennui de ne rien faire. Rires. Du coup, moi aussi ! C’est une belle nuit avec une belle lune, des dauphins un peu partout. Tout est humide. Je prépare le bateau pour la petite tempête qui va nous arriver dessus. Avoir un passager à bord est assez compliqué et étonnant. Ça casse le rythme, mais ça permet de parler un peu. En règle générale, ce n’est pas facile à gérer. Concernant les abandons liés à des collisions avec des animaux marins, c’est vraiment quelque chose de complexe de gérer ces aspects aléatoires. On réfléchit beaucoup sur des systèmes qui nous protégerait de ça, et qui éviterait de faire mal aux animaux. Comment réveiller nos amis les bestiaux ? Dans les prochaines heures, je vais me concentrer sur les conditions actuelles et ne pas trop me projeter au-delà de 12 heures, car de toute façon après une dépression le temps est toujours brouillon ! Là actuellement j’ai Grand Voile haute et génois. On passera ensuite le Solent puis la trinquette et je prendrai 2 ris sur la Grand Voile".

    Yannick Bestaven (Cervin EnR) :
    "Avec la molle je dois manœuvrer et notamment vider les ballasts. Tourner les vannes, c’est notre quotidien sur nos bateaux ! On est un peu des porteurs d’eau au milieu de l’Atlantique ! Le vent est autour de 10 nœuds, c’est calme, trop calme… Ce n’est vraiment pas simple de faire de la régate au contact au milieu de l’Atlantique. J’ai bataillé plusieurs heures hier et j’avais vraiment le moral dans les chaussettes après. En voulant gagner du terrain sur mes concurrents j’ai abattu, déroulé le grand gennacker. Le vent est monté. A 25 nœuds il a fallu l’enrouler mais comme vous pouvez l’imaginer, ça devenait une manœuvre pas simple. Le bateau est parti un peu au tas et j’ai concédé les milles que j’avais chèrement gagné durant une semaine entière. Je prends tout de même du plaisir à voir que les bateaux anciens sont aussi performants. Dans le duel a distance avec eux, dès le départ j’ai pris des options différentes, en m’éloignant de la route directe. Je ressens de la fatigue et je fais parfois quelques erreurs. C’est toujours la même histoire il faut trouver le bon compromis entre sommeil réparateur et veille pour faire marcher le bateau. L’abandon de Vincent nous a tous miné le moral. Je sais que Vincent à la « veille » d’un Vendée Globe vit un moment très très dur. Même sur un bateau bien préparé, un imprévu comme cela est malheureusement possible. Sans parler des risques : un arrêt buffet à 15-20 nœuds, Vincent n’est pas blessé ? Sacré choc ! Bravo à Loïck (Peyron) pour son deuxième sauvetage, après celui de Poupon pendant le Vendée Globe. Il faut mieux l’avoir à côté de soi lors d’une course. Par contre pas facile avec la vitesse qu’il a sur son nouveau bateau de rester près de lui… Loïck, attends moi ! "