Après un an de coupure pour cause de maternité, Jeanne Grégoire est revenue sur le circuit Figaro Bénéteau avec une onzième place dans la Solitaire cet été. Elle est actuellement sixième au classement général de la Cap Istanbul. L’heure est désormais au bilan de ce retour. Jeanne Grégoire : « Ce qui est rigolo c’est que tu imagines que tu vas arriver et ne plus rien savoir faire… La première fois que je suis retournée naviguer, c’était en hiver, il pleuvait, ventait, je n’arrêtais pas de me casser la figure dans le bateau. Et rapidement, j’ai retrouvé mes automatismes ».
Le fait d’être mère d’une petite fille a modifié son approche à la course. « Une chose est certaine, c’est que tu ne peux plus t’organiser de la même manière. Auparavant, j’avais un rythme bien établi : le matin de bonne heure, musculation, entraînement physique ; ensuite, je pouvais embrayer sur ma journée de navigation et je pouvais traîner le soir, travailler un peu sur la météo, suivre des débriefings jusqu’à pas d’heure. Maintenant, les horaires sont aussi rythmés par l’heure d’amener la petite chez la nounou, l’heure du coucher, etc. C’est un peu plus « fonctionnarisé », mais je ne suis pas certaine que ce soit moins efficace. »
Loin d’être négatif sur le point de vue du moral, elle estime même que sa petite lui apporte un petit plus. « En course, j’essaye de ne pas y penser, de rentrer dans ma bulle. Il y a juste quand mon ordinateur commence à se mettre en veille, la tête de la petite qui rigole comme une baleine sur l’écran qui apparaît. Comme si elle me disait : mais qu’est-ce que tu fais là ma pauvre… Et pour le moral, c’est pas mal. J’ai pris un énorme plaisir à naviguer cette année. Maintenant, forcément le manque existe : je peux te dire que l’étape de la Solitaire du Figaro qui arrivait à Brest cette année, il y avait peu de chances que je sois à la traîne. Je savais qui m’attendait au bout… »









