
Trente-deux bizuths, soit presque la moitié des marins engagés, prêts à s’attaquer à un parcours de 800 milles entre les îles du Ponant. Un chiffre fort, révélateur de l’ADN même de l’épreuve : exigeante, formatrice, et devenue en quelques années un véritable passage obligé pour qui veut s’installer dans le paysage de la course au large. Entre découverte du support, premières armes sur le circuit Figaro Beneteau et confrontation directe avec l’élite, tous viennent chercher ici bien plus qu’un résultat : une trajectoire.
Une fabrique à marins grandeur nature
Le Trophée Banque Populaire Grand Ouest s’affirme plus que jamais comme une fabrique à marins. Une course où l’on apprend vite, parfois dans le dur, toujours au contact. Sur un tracé aussi technique qu’engagé, la moindre approximation se paie comptant, et chaque option devient une leçon. « Cinq jours de course, ça laisse le temps de s’exprimer », souligne Thomas Dinas, engagé avec Elliot Coville à bord de Auray Quiberon by Orlabay. « On va apprendre avec et contre les autres, et essayer de faire du mieux possible. » Une lucidité presque méthodique, où la progression prime autant que la performance. « Le but, c’est de rester dans le match et de ne pas se faire larguer dès la première nuit », précise-t-il encore.
Car ici, la gestion du risque est un art en soi. Trouver le bon équilibre entre prudence et audace, entre observation et initiative. Une ligne de crête que les bizuths abordent avec application… mais sans renoncer à exister.
Des bizuths au CV déjà bien rempli
Derrière l’étiquette de « rookies », les profils racontent des histoires bien différentes. Certains découvrent, certes, le circuit Figaro Beneteau, mais arrivent avec un bagage déjà impressionnant. Benjamin Ferré, au côté de Gaston Morvan (SLB Pharma), ou Pip Hare, associée à Ellie Driver (Stem on the Start Line), ont participé au dernier Vendée Globe. Des marins rompus à la solitude et à l’engagement extrême, qui viennent ici affiner leur précision et leur efficacité en monotypie. Ambrogio Beccaria s’inscrit dans cette même catégorie. Désormais à la tête d’un projet IMOCA, l’Italien, vainqueur de la Mini Transat et figure majeure de la Class40, aborde le Figaro Beneteau 3 avec la curiosité et l’exigence qui le caractérisent. Associé à Thomas de Dinechin (Almond for Pure Ocean), il en découvre les subtilités dans un exercice où la finesse prime sur la puissance. À leurs côtés, Pablo Santurde del Arco (Wings of the Ocean), en duo avec Alexis Thomas, savoure ce retour sur un support qu’il connaît peu mais apprécie particulièrement : « C’est une classe où le plateau est généralement incroyable ». Avant d’ajouter, lucide : « C’est justement pour ça que c’est très difficile de se projeter, de savoir comment se positionner. » Dans un registre similaire, Cole Brauer, associée à Joss Creswell (digiLab), incarne cette nouvelle génération internationale. Deuxième du Global Solo Challenge et élue Rolex Yachtswoman of the Year par US Sailing en 2024, elle arrive avec des références solides… mais la même envie d’apprendre les codes du circuit.
L’école Mini en renfort
Autre fil rouge de cette édition : l’influence de la Mini Transat 6.50, véritable vivier de talents. L’Espagnol Carlos Manera Pascual et l’Uruguayen Federico Waksman en sont l’illustration parfaite.. Deuxième en Proto en 2023 pour le premier, vainqueur dans la même catégorie en 2025 pour le second, ils se retrouvent cette fois sur le même bateau. « L’idée, c’était de naviguer ensemble, ce qu’on n’avait jamais fait en course », explique le Madrilène. Habitués à se confronter, ils découvrent ici une nouvelle dynamique. « On est contents d’avoir l’occasion de se battre avec une foule de légendes de la course au large », poursuit-il, sans détour. Leur expérience des bateaux exigeants et des formats engagés constitue un atout évident. Mais le Figaro Beneteau 3 impose ses propres codes. « C’est un monocoque simple… mais le niveau est tellement élevé que tout devient compliqué », glisse-t-il avec justesse. Une phrase qui résume à elle seule toute la difficulté du défi.
Pages blanches et appétit féroce
Face à ces profils aguerris, six équipages 100% bizuths plongent dans l’inconnu. Des duos sans repères sur le circuit, lancés dans une course où tout s’apprend en accéléré. Une immersion totale, sans filet. « On part vraiment d’une feuille blanche », reconnaît Elliot Coville. Mais loin d’être un frein, cette absence d’historique devient une force. « On a la dalle ! », lâche-t-il, dans une formule aussi simple qu’éloquente. Une envie brute, partagée par beaucoup. « Alexis Loison l’a répété encore ce matin : les bizuths sont dangereux, ils arrivent avec une envie décuplée », poursuit-il. Une fraîcheur, une spontanéité, qui peuvent faire vaciller les certitudes. « Ça libère un peu d’être nombreux dans ce cas-là », ajoute Thomas Dinas. Dans ce contexte, l’apprentissage devient collectif, presque générationnel. On observe, on s’adapte, on tente. Et parfois, on surprend.
Bousculer l’ordre établi
Car ces 32 bizuths n’ont pas l’intention de se contenter d’apprendre dans l’ombre. Ils viennent aussi pour jouer, pour se mesurer, pour bousculer. « On va essayer d’aller titiller les moustaches des costauds », sourit Carlos Manera Pascual. Une ambition assumée, qui résume l’état d’esprit général. Respect des anciens, oui. Complexes, non. Dans une course aussi ouverte, où la moindre option peut redistribuer les cartes, la hiérarchie reste fragile. Et c’est précisément là que ces nouveaux venus peuvent faire la différence. Au Trophée Banque Populaire Grand Ouest, les « rookies » ne sont pas de simples apprentis. Ils sont déjà des acteurs. Et dans ce mélange d’audace, de fraîcheur et d’engagement, ils pourraient bien écrire une partie de l’histoire. Avec envie, culot… et un panache qui ne demande qu’à éclore.
LE PROGRAMME DU VENDREDI 17 AVRIL 2026
10h à 19h – Ouverture du village
Animations sur le stand Banque Populaire Grand Ouest
Découverte de la nouvelle exposition Région Bretagne – L’action de la Région dans son quotidien.
16h – Rencontres avec les marins animées par Serge Herbin : Lola Billy, Paul Loiseau, Edouard Golbery, Pierrick Letouzé, Ivica Kostelic, Deniz Bagci, Victor Mathieu, Tiphaine Ragueneau, Titouan Marilley, Jérémie Beyou et Paul Morvan
18h – Présentation des 35 duos sur la scène du village
19h – Concert public : DJ Set avec le collectif Verve
LES INSCRITS DE L’ÉDITION 2026
- ACTION ENFANCE – NO LIMIT // Titouan MARILLEY – Sidney GAVIGNET
- ALMOND FOR PURE OCEAN // Thomas DE DINECHIN – Ambrogio BECCARIA
- AMELICOR // Ivica KOSTELIC – Deniz BAGCI
- AURAY QUIBERON BY ORLABAY // Thomas DINAS – Elliot COVILLE
- BANQUE POPULAIRE // Loïs BERREHAR – Charlotte YVEN
- BEYOU RACING // Jérémie BEYOU – Paul MORVAN
- COLOMBE AU LARGE // Colombe JULIA – Jules DELPECH
- DEMAIN SANS HPV // Eliaz MORINEAU – Pierrig DE KERDREL
- DIGILAB // Joss CRESWELL – Cole BRAUER
- ELITYS // Victor MATHIEU – Ulysse DAVID
- FONDATION JÉRÔME LEJEUNE // Marin CARNOT – Alexandre DEMANGE
- HAUTERIVE // Laure GALLEY – Calixte BENOIT
- HOPE // Erica LUSH – Mac MANION
- KEREIS SNCF VOYAGEURS // Marie GENDRON – Julie SIMON
- KILOUTOU // Arthur MEURISSE – Arno BISTON
- KINSPAN // Tom DOLAN – Gildas MAHÉ
- LA FRESQUE DU CLIMAT // Léo BOTHOREL – Pierrick EVENOU
- NORMANDY OFFSHORE PROGRAM // Pierrick LETOUZÉ – Jules DUCELIER
- OLLIE HILL RACING // Oliver HILL – Robin ELSEY-WEBB
- ORCOM // Tiphaine RAGUENEAU – Pierre LEBOUCHER
- PAPREC // Yoann RICHOMME – Martin LE PAPE
- PRB // Nicolas LUNVEN – Tom GORON
- RÉGION BRETAGNE – CMB ESPOIR // Paul LOISEAU – Victor LE PAPE
- RÉGION BRETAGNE – CMB OCÉANE // Lola BILLY – Thomas ANDRÉ
25.. RÉGION NORMANDIE // Paul COUSIN – Alexis LOISON - REPREMAR SHIPPING // Federico WAKSMAN – Carlos MANERA
- SARTH’ATLANTIQUE // Hugo CARDON – Antoine CHAPOT
- SAVEURS & DÉLICES // Quentin MOCUDET – Basile GAUTIER
- SEASTEMIK // Edouard GOLBERY – Yaël POUPON
- SKIPPER MACIF // Hugo DHALLENNE – Chloé LE BARS
- SLB PHARMA // Gaston MORVAN – Benjamin FERRÉ
- SOUTHERN X RACING // Oakley MARSH – Corentin LEROUGE
- STEM ON THE START LINE // Ellie DRIVER – Pip HARE
- WINGS OF THE OCEAN // Alexis THOMAS – Pablo SANTURDE DEL ARCO
- YUMAN // François JAMBOU – Maël GARNIER

















