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Accueil Orange II à fond vers l’Australie

    Orange II à fond vers l’Australie

    L’équipage du maxi-catamaran Orange II flirte toujours avec les 50e Hurlants, à la limite des glaces, et dans des conditions climatiques plutôt hostiles. Mais cela n’entame pas le moral de l’équipage qui se réjouit surtout d’avoir toujours trois jours et demi d’avance sur le record. Après 18 jours de mer, une telle situation était inespérée. D’autant qu’après plusieurs jours difficiles à zigzaguer entre les îles, les glaces et les zones de calme, Orange II va pouvoir remettre du charbon sur la route directe… Une situation idéale qui pourrait donner raison au poète Paul Eluard. La terre serait-elle bleue comme une orange ?

    Bruno Peyron, vendredi matin à 5h00 : « On vient de refaire un petit empannage car on va trop vite !  L’anticyclone ne se déplace pas aussi vite que nous. On est reparti au sud-est pendant 2-3 heures afin de provoquer la bascule de vent. Dès qu’on aura touché cette bascule, on repartira vers l’est ce qui nous fera passer au nord des Kerguelen. Il n’y a pas d’intérêt à passer au sud. On va ensuite longer la ligne de convergence des glaces pendant quatre jours, ce qui correspond à l’orthodromie (route la plus courte).
    Le décalage horaire de plus d’une heure tous les jours nous oblige à nous décaler aussi pour le rythme biologique. Les changements climatiques, le décalage horaire, les nuits courtes, la descente rapide de l’Atlantique… Tout ça explique en partie la fatigue à bord. Du coup, on se décale de quatre heures quand on en a besoin.
    Les nuits sont assez courtes et elles commencent à se rallonger. Une nuit dure 6-7 heures environ. (…)
    Sinon, on commence à s’habituer au froid. La température est la même qu’il y a trois jours, mais nous sommes moins frigorifiés, sauf pour le quart en stand-by qui dort dehors. Lorsqu’il fait 8°C, cela fait –5°C dehors à cause de la vitesse apparente. Mais on s’y habitue aussi. Cependant, le froid, plus le vent, plus l’eau, on tombe très vite dans des sensations de températures inférieures à 0°C. (…)
    Même si on va tout droit, il y a toujours beaucoup de manoeuvres sur le pont. Ça enchaîne pas mal toute la journée. On progresse au niveau des manoeuvres. Là, l’équipage vient de réaliser un empannage superbe. Pendant quatre jours, nous aurons une séquence classique de réduction de voilure en fonction de la force des vents. Nous portons actuellement 240 m2 de toile, avec grand-voile et gennaker. Nous allons passer par toutes les réductions possibles… Il se passe toujours quelque chose à bord d’Orange II. Honnêtement, je ne pensais pas au départ que nous aurions une telle avance sur le record (3 jours et demi, ndlr). J’avais pour ambition d’être dans les temps et de porter des attaques de temps en temps, pour avoir un peu d’avance au Cap Horn. Là, c’est bien plus que ce que je pouvais espérer. Si on a quatre jours à mi-parcours (sud Tasmanie, ndlr), ce sera très bien. Nous faisons une bonne moyenne depuis le départ, et pourtant nous avons rencontré des phénomènes météos pas toujours avantageux… Mais à bien y regarder, si on a 3 jours et demi d’avance sur le bateau le plus rapide autour du monde, c’est forcément que cela avance vite… »