Route du Thé. Francis Joyon au Cap de Bonne Espérance

OFF BELLE-ILE EN MER, FRANCE - SEPTEMBER 18: French skipper Francis Joyon is training on his Maxi Trimaran IDEC Sport with his crew, Christophe Houdet, Bertrand Delesne, Corentin Joyon and Antoine Blouet, prior to their Asian Tour next winter on September 18, 2019, off Belle-Ile en Mer, France. (Photo by Francois Van Malleghem/Alea)

Francis Joyon, Christophe Houdet, Antoine Blouet, Bertrand Delesne et Corentin Joyon passent ce samedi le cap de Bonne Espérance avec 568 milles d’avance sur le record de la Route du Thé -Hong Kong-Londres – détenu par le Mod70 Maserati, soit environ deux jours d’avance sur l’équipage italien de Giovanni Soldini qui avait signé un temps référence de 16 jours, 2 heures et 25 minutes depuis Hong Kong.

Un Indien capricieux jusqu’au bout
« On espérait un Océan Indien à la configuration similaire à un Atlantique Nord d’Est en Ouest » s’amuse Joyon. « Il n’en a rien été. Les alizés étaient aux abonnés absents, nous avons depuis l’Indonésie continuellement rebondi de centres dépressionnaires en zones de transition déventées. Il en résulte une certaine fatigue de l’équipage et du bateau, car ces transitions et ces nombreux passages de fronts ont à chaque fois engendré énormément de manoeuvres, ainsi qu’un certain stress dans les rafales. La mer ne s’est jamais véritablement aplanie, levée par les centres cycloniques et jamais en phase avec l’axe du vent. »
En rejoignant Bonne Espérance IDEC SPORT en termine avec la première moitié de ce long périple de plus de 13 000 milles en route directe, au terme de 14 jours et quelques heures. Une performance accomplie quand même à plus de 22 noeuds de moyenne sur le fond!

Dans la chaleur de l’Afrique
Après cet océan Indien sans alizé, tout l’équipage aspire aux allures portantes. « Dès Bonne Espérance, nous allons toucher du vent de secteur Sud Est, et la remontée le long des côtes Africaines et Namibiennes s’annonce sympathique » se réjouit Antoine Blouet. « Nous savons que nous traversons des zones chaudes très fréquentées par les cétacées, c’est pourquoi nous nous donnons une marge à ne pas franchir au plus près des côtes. Hors de question de risquer de percuter les nombreuses baleines mais aussi les phoques qui vivent proches du rivage. L’Atlantique signifie que nous nous rapprochons de la maison. C’est sympa de naviguer en des contrées peu fréquentées par la course au large. La route est longue et nos options ne sont pas encore clairement définies quant à notre route au large de l’anticyclone de Saine Hélène. Nous sommes heureux de notre belle avance sur le record. Ce voyage est fabuleux. L’effectuer dans un contexte de compétition est nouveau pour moi. J’étais très stressé au départ mais j’ai pris mes marques à bord et je prends beaucoup de plaisir. »