Présentation officielle du Figaro 3

C’est à l’occasion de la remise des prix du Championnat de France Elite Course au Large qui a sacré les skippers Macif Charlie Dallin (1er) et Yoann Richomme (2e) ainsi que Nicolas Lunven (3e), que le Figaro 3 a été officiellement présenté par les architectes de VPLP et les représentants de la Classe Figaro.

Charlie Dalin a reçu son trophée de champion de France de course au large en solitaire ce samedi au Salon Nautique de Paris.
Charlie Dalin a reçu son trophée de champion de France de course au large en solitaire ce samedi au Salon Nautique de Paris.

Le Figaro Bénéteau 3 sera le premier monocoque à foils de série au monde. En 2019, tandis que la Solitaire URGO – Le Figaro fêtera son cinquantenaire, le Figaro Bénéteau 3 prendra la succession de son illustre prédécesseur, le Figaro Bénéteau 2, qui arpente en course les côtes françaises et l’Atlantique depuis 2003. Ce Figaro Bénéteau 3 présenté dans le Course au Large n°68 est le fruit d’une forte collaboration du Groupe Bénéteau avec la Classe Figaro et le cabinet d’architectes Van Peteghem – Lauriot-Prévost.
« Le défi qui nous était proposé, résume l’architecte naval Vincent Lauriot-Prévost, était de faire un bateau performant et aussi fiable que l’a été le Figaro Bénéteau 2. Nous avons fourni un gros travail avec les spécialistes du Groupe Bénéteau afin de concevoir un bateau hi-tech, en termes de matériaux et de process de fabrication ».
Toujours aussi investi dans la voile de haute performance et de compétition, le Groupe Bénéteau a rassemblé les meilleurs experts au sein de ses marques et métiers pour concevoir et construire cette nouvelle génération. Ils ont ainsi apporté leur savoir-faire dans la conception du monotype par VPLP.

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Foils, mât reculé et carène performante
Le premier prototype entre en phase de construction, pour être mis à l’eau et testé durant l’été 2017. Il est acquis que le Figaro Bénéteau 3 entrera dans la catégorie de conception A ISO/World Sailing.
Il portera tous les insignes de la modernité : des foils, oui, mais aussi une carène plus performante et libérée des ballasts, une quille plus fine et plus profonde, un mât reculé et un plan de voilure plus fourni et plus grand. Enfin, le Figaro Bénéteau 3 ne pouvait qu’être conçu pour être aussi fiable que son prédécesseur. VPLP assure que, si le foil devait casser dans un choc, il n’abîmera pas la structure du bateau.

Le Figaro Bénéteau 3 point par point
Les foils A l’inverse des foils des Imoca60, ceux-ci auront un profil tourné vers l’intérieur. « Le foil polyvalent que nous avons créé, explique Vincent Lauriot-Prévost, apporte autre chose que la puissance dynamique et la portance verticale qui sont recherchées en Imoca. Nous l’avons conçu de telle manière qu’il soit le moins pénalisant possible par petit temps et pour qu’il génère de l’antidérive à pleine vitesse  ».

La carène Fabriquée en sandwich de mousse, fibre de verre et résine polyester, elle répond aux dessins actuels. Il faut surtout noter la disparition des ballasts.
La quille Plus profonde, avec un voile de quille plus étroit, elle générera moins de traînée. Le complément d’antidérive sera apporté par les foils.
Mât et plan de voilure Comme sur les Imoca60, le mât a été reculé, ce qui permet d’adopter des voiles plusperformantes, et un bout-dehors est adjoint. Les solitaires navigueront avec une grand-voile à corne, un génois et un foc bien sûr, mais aussi un spi de tête (de 105m2 pour trouver de la vitesse dans les petits airs) et d’un petit gennaker.

Le défi de la production de série
Une centaine de Figaro Bénéteau 2 a été conçue depuis 2003. De quoi laisser de belles perspectives pour le troisième du nom. Afin d’optimiser la production en série, tout en respectant les critères drastiques de la monotypie, le Groupe vient de créer la
Groupe Bénéteau Racing Division. Un signal fort de la volonté d’aller de l’avant sur l’innovation tourné vers la performance. Un site de construction dédié est mis en place à Nantes-Cheviré (Loire-Atlantique). Ce pôle composé d’une quinzaine d’experts sera également amené à piloter et produire les futurs projets course et régate du Groupe.
Un défi s’impose d’ores et déjà : la Groupe Bénéteau Racing Division devra mettre en production un premier lot de 50 Figaro Bénéteau 3 pour fin 2018. Alors seulement, la classe les répartira entre les adhérents au moyen d’un tirage au sort, pour préserver l’équité sportive.

Yoann Richomme Vainqueur de la Solitaire Bompard Le Figaro 2016 Responsable de la commission Jauge et Sécurité de la classe Figaro
Avec ce nouveau Figaro Bénéteau 3, nous espérons offrir à la flotte et à ceux qui rêvent de la rejoindre un support enthousiasmant et plus moderne.
Forcément, après 15 ans de course au large sur le même bateau, on se lasse un peu. C’était aussi le moment opportun pour le faire, pour se mettre en rapport avec l’état de la science. Il s’agissait non pas de faire un millésime du Figaro Bénéteau 2, mais d’apporter quelque chose de novateur et visible. Les foils sont clairement l’avenir, surtout quand on parle de compétition. Les skippers vont pouvoir apprivoiser en Figaro ces outils, pour le cas où ils souhaiteraient faire autre chose par la suite.
Il y aura des gains en vitesse, c’est certain, ne serait-ce que par la puissance de la carène et la modernité du plan de voilure. Mais anticiper les gains n’est pas simple, surtout pour un petit bateau. Ils devraient être de l’ordre de 15% au portant.”