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En approche du Cap de Bonne Espérance

Sailing aerial images of the IMOCA boat Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), during training solo for the Vendee Globe 2016, off England, on September 16, 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe Images aériennes de Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), lors d'une sortie d'entrainement en solo au large de l'Angleterre, le 16 Septembre 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe

Alex Thomson pourrait franchir le cap de Bonne Espérance dès jeudi soir. Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse sont toujours à ses trousses et alignent de bonnes moyennes.  Après l’abandon de Vincent Riou (PRB) sur avarie de quille, le groupe des leaders est composé de six bateaux. Sur une trajectoire très Sud, le Britannique flirte avec la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) dans laquelle les coureurs n’ont pas le droit de pénétrer. Une centaine de milles plus au Nord que le leader, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) a pris le dessus sur Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), pénalisé par le choc avec un OFNI qui a nécessité 4 heures de réparation la nuit dernière. A noter qu’Alex Thomson et Armel Le Cléac’h sont pour le moment les deux seuls à naviguer dans les mythiques Quarantièmes Rugissants.

Les écarts se creusent dans le groupe de tête. Premier bizuth, solidement installé à la 4e place au général, Morgan Lagravière (Safran) accuse tout de même près de 400 milles de retard sur Thomson. Paul Meilhat (SMA, 5e) et Jérémie Beyou (Maître CoQ, 6e) pointent respectivement à plus de 600 et 700 milles de l’éclaireur britannique. Dépassés par le front qui a propulsé les premiers, Meilhat et Beyou cherchent désormais à se repositionner pour le prochain système dépressionnaire qui les mènera à Bonne Espérance.

Varier les plaisirs
Les écarts vont probablement diminuer car les premiers vont buter dans une zone de vent faible. Ils ne se plaindront pas de varier les plaisirs car depuis le départ des Sables d’Olonne, le 6 novembre, les hommes de tête tiennent un rythme effréné (17,3 nœuds de moyenne sur l’eau pour Alex Thomson !). Il faut imaginer la haute vitesse permanente sur ces bolides en carbone au confort, disons, limité. Le bateau gîte, tape, des tonnes d’eau s’abattent sur le pont et dans le cockpit. Le vacarme est assourdissant, les appendices sifflent. Dans ces conditions, chaque geste devient périlleux, les repas sont sommaires et les marins n’accèdent au sommeil que par épuisement…
Le moment de répit qui s’annonce permettra aux leaders de souffler, d’effectuer si besoin les petites réparations nécessaires, mais aussi de procéder à un « check » su bateau avant d’entrer dans les mers du Sud, où les conditions seront à nouveau très exigeantes pour l’homme et le matériel.

Pour les poursuivants, enfin des vitesses à deux chiffres !
Derrière Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie) qui a pu garder de la pression dans un couloir de vent, les dernières journées ont été compliquées pour les autres concurrents qui sont restés scotchés de longues heures, voire des journées entières. Pris dans les griffes de l’anticyclone, ils ont dû s’armer de patience et laisser de côté la frustration de s’être fait claquer la porte au nez, là où les leaders filaient à plus de 20 nœuds il y a quelques jours.
Mais ça y est, tout le monde commence à accélérer. Le bruit de la vitesse se fait à nouveau entendre. Le groupe des trois, composé de Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine), naviguera probablement à partir de demain en avant d’un front qui arrive par l’Ouest.

Nouveau départ pour le peloton, Didac Costa seul dans l’hémisphère Nord
La compression de la flotte a été particulièrement favorable à deux concurrents, Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Eric Bellion (CommeUnSeulHomme). Le premier emmène désormais ce peloton : il pointe ainsi en 12e position, soit cinq places de mieux qu’il y a deux jours ! Quant à Eric Bellion, il a gagné quatre places ces dernières 24 heures. Il est ce soir 18e. Deux marins « amateurs » dans le Top 20 du Vendée Globe après 17 jours de course : la performance mérite d’être saluée.

De Fabrice Amedeo à Rich Wilson (Great American IV), dix concurrents se tiennent ce soir en 120 milles. Les cartes ont été redistribuées et côté météo, la situation semble vouloir se décanter. Si ce groupe se bat encore dans les calmes de l’anticyclone, le vent devrait (enfin) rentrer par l’Ouest à partir de demain.

Notons enfin qu’après le passage de l’équateur de Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean), seul l’Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean) n’a pas franchi cette marque symbolique. Mais ce n’est qu’une question d’heures avant qu’il ne rejoigne ses 25 camarades dans l’hémisphère Sud. En fin de semaine, tous les concurrents navigueront dans les systèmes dépressionnaires de l’hémisphère Sud.

Soucis de communication pour Jérémie Beyou
Jérémie Beyou rencontre actuellement des problèmes avec ses deux antennes Fleet, qui sont tombées en panne simultanément. Concrètement, ce problème de transmission empêche le skipper de Maître CoQ de recevoir ou d’envoyer des fichiers, et donc de charger ses fichiers météo. En attendant, il utilise son Iridium. Mais cette solution est bien moins efficace car la connexion est très aléatoire et le téléchargement de fichiers lourds impossible. « C’est compliqué dans ces conditions d’avoir une vraie stratégie », commente Jérémie Beyou.

Après l’abandon de Vincent Riou (PRB) sur avarie de quille, le groupe des leaders est composé de six bateaux. Et c’est toujours le fougueux Alex Thomson (Hugo Boss) qui mène les débats à vive allure (près de 20 nœuds au pointage de 15h). Sur une trajectoire très Sud, le Britannique flirte avec la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) dans laquelle les coureurs n’ont pas le droit de pénétrer. Une centaine de milles plus au Nord que le leader, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) a pris le dessus sur Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), pénalisé par le choc avec un OFNI qui a nécessité 4 heures de réparation la nuit dernière. A noter qu’Alex Thomson et Armel Le Cléac’h sont pour le moment les deux seuls à naviguer dans les mythiques Quarantièmes Rugissants.
Les écarts se creusent dans le groupe de tête. Premier bizuth, solidement installé à la 4e place au général, Morgan Lagravière (Safran) accuse tout de même près de 400 milles de retard sur Thomson. Paul Meilhat (SMA, 5e) et Jérémie Beyou (Maître CoQ, 6e) pointent respectivement à plus de 600 et 700 milles de l’éclaireur britannique. Dépassés par le front qui a propulsé les premiers, Meilhat et Beyou cherchent désormais à se repositionner pour le prochain système dépressionnaire qui les mènera à Bonne Espérance.

Varier les plaisirs
Les écarts vont probablement diminuer car les premiers vont buter dans une zone de vent faible. Ils ne se plaindront pas de varier les plaisirs car depuis le départ des Sables d’Olonne, le 6 novembre, les hommes de tête tiennent un rythme effréné (17,3 nœuds de moyenne sur l’eau pour Alex Thomson !). Il faut imaginer la haute vitesse permanente sur ces bolides en carbone au confort, disons, limité. Le bateau gîte, tape, des tonnes d’eau s’abattent sur le pont et dans le cockpit. Le vacarme est assourdissant, les appendices sifflent. Dans ces conditions, chaque geste devient périlleux, les repas sont sommaires et les marins n’accèdent au sommeil que par épuisement…
Le moment de répit qui s’annonce permettra aux leaders de souffler, d’effectuer si besoin les petites réparations nécessaires, mais aussi de procéder à un « check » su bateau avant d’entrer dans les mers du Sud, où les conditions seront à nouveau très exigeantes pour l’homme et le matériel.

Pour les poursuivants, enfin des vitesses à deux chiffres !
Derrière Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie) qui a pu garder de la pression dans un couloir de vent, les dernières journées ont été compliquées pour les autres concurrents qui sont restés scotchés de longues heures, voire des journées entières. Pris dans les griffes de l’anticyclone, ils ont dû s’armer de patience et laisser de côté la frustration de s’être fait claquer la porte au nez, là où les leaders filaient à plus de 20 nœuds il y a quelques jours.
Mais ça y est, tout le monde commence à accélérer. Le bruit de la vitesse se fait à nouveau entendre. Le groupe des trois, composé de Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine), naviguera probablement à partir de demain en avant d’un front qui arrive par l’Ouest.

Nouveau départ pour le peloton, Didac Costa seul dans l’hémisphère Nord
La compression de la flotte a été particulièrement favorable à deux concurrents, Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Eric Bellion (CommeUnSeulHomme). Le premier emmène désormais ce peloton : il pointe ainsi en 12e position, soit cinq places de mieux qu’il y a deux jours ! Quant à Eric Bellion, il a gagné quatre places ces dernières 24 heures. Il est ce soir 18e. Deux marins « amateurs » dans le Top 20 du Vendée Globe après 17 jours de course : la performance mérite d’être saluée.

De Fabrice Amedeo à Rich Wilson (Great American IV), dix concurrents se tiennent ce soir en 120 milles. Les cartes ont été redistribuées et côté météo, la situation semble vouloir se décanter. Si ce groupe se bat encore dans les calmes de l’anticyclone, le vent devrait (enfin) rentrer par l’Ouest à partir de demain.

Notons enfin qu’après le passage de l’équateur de Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean), seul l’Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean) n’a pas franchi cette marque symbolique. Mais ce n’est qu’une question d’heures avant qu’il ne rejoigne ses 25 camarades dans l’hémisphère Sud. En fin de semaine, tous les concurrents navigueront dans les systèmes dépressionnaires de l’hémisphère Sud.

Soucis de communication pour Jérémie Beyou
Jérémie Beyou rencontre actuellement des problèmes avec ses deux antennes Fleet, qui sont tombées en panne simultanément. Concrètement, ce problème de transmission empêche le skipper de Maître CoQ de recevoir ou d’envoyer des fichiers, et donc de charger ses fichiers météo. En attendant, il utilise son Iridium. Mais cette solution est bien moins efficace car la connexion est très aléatoire et le téléchargement de fichiers lourds impossible. « C’est compliqué dans ces conditions d’avoir une vraie stratégie », commente Jérémie Beyou.
ILS ONT DIT
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Vincent Riou (PRB) :
« J’ai une grosse déception personnelle sur cet abandon mais il faut imaginer tous les gens qu’on amène avec nous sur cette aventure. Il faut imaginer la déception de toute cette communauté qui nous soutient. C’est un fardeau assez lourd à porter, surtout sur une course comme celle-là, où on est seul dans l’action. C’est ce qui me mine le plus… Je vais rallier le port de Cape Town en Afrique du Sud. On imagine que l’ensemble n’est pas trop endommagé. On verra en le démontant. On pense déquiller le bateau rapidement. L’équipe arrive avec des pièces pour réparer. Je ramènerai ensuite mon bateau en Europe. J’espère au plus vite. Des histoires qui se terminent mal comme ça, plus vite elles sont closes et mieux tout le monde se porte. »

Alex Thomson (Hugo Boss) :
« Le vent faiblit peu à peu, ce moment de répit va faire du bien. Le vent tourne un peu à gauche derrière le bateau, je vais donc être obligé d’empanner à un moment. Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse sont toujours avec moi. En ce moment, l’angle de vent est favorable et la mer forte. Le désavantage de ne pas avoir un foil est relativement peu important. Mais dans certaines conditions je serai davantage handicapé. Il me reste le foil bâbord donc j’espère que je naviguerai le plus souvent possible tribord amures ! »

Jean le Cam (Finistère Mer Vent) :
« Je vais appeler Vincent (Riou) dans la journée même si parfois tu n’as pas les mots, tu ne sais pas trop quoi dire. Heurter des OFNI fait partie du métier. On sait tous que c’est aléatoire. On peut avoir toutes les alarmes qu’on veut, un truc immergé dans l’eau, on ne peut rien y faire. On passe 80% du temps à l’intérieur. La vie continue et il y aura d’autres choses derrière pour Vincent, il saura rebondir… De mon côté, j’ai enfin repris de la vitesse. Hier, j’ai fait 2 nœuds pendant 4 heures. Je pense être à ma place, le bateau est nickel, j’avance entre 12 et 14 nœuds sous spi. Le début de course a fait un peu mal, j’essaye de me reposer tant que les conditions sont maniables. J’ai dû dormir 6h cette nuit. »

Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine) :
« C‘est un peu frustrant pour moi de voir cette course qui s’étire par devant sans rien pouvoir faire. La météo a été très favorable pour les leaders. C’est sympa d’avoir devant moi deux marins d’expérience (Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam). Ce sont de bons lièvres et des références intéressantes car ils naviguent dans le même système météo que moi. C’est chouette d’avoir des bateaux autour et de ne pas naviguer tout seul. Je prends énormément de plaisir, je me sens de mieux en mieux. Les IMOCA sont des bateaux incroyables, qui démarrent au quart de tour. Et le solitaire est une pratique grisante. Je suis très fier d’être sur ce Vendée Globe. »

Pieter Heerema (No Way Back) :
« Je suis désolé pour Vincent. Sur les IMOCA, les vitesses et les forces sont si énormes que le moindre choc peut engendrer de lourdes conséquences. C’est flippant ! Actuellement, je navigue dans un vent de 8 à 14 nœuds. Ce temps calme me convient bien car j’ai trois tâches à effectuer : bricoler un safran, décoincer un foil et régler un problème de dessalinisateur. »

Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) :
« J’ai passé l’équateur hier, je suis dans les alizés stables. Il y en a pour quelques jours le long du Brésil avant le grand virage. Ça me parait normal que Didac (Costa) revienne. Nos bateaux ne vont pas à la même vitesse. Mon IMOCA est le seul à quille fixe et ça se ressent au niveau de la performance. Il ne faut pas pleurer. Les performances du bateau ne seront jamais équivalentes à celles de mes voisins, c’est comme ça. Mais je me fais plaisir et je fais du mieux que je peux. Je ne préserve pas le bateau plus que nécessaire, mais je ne me polarise pas non plus sur la vitesse des autres. »

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Cap vers les mers du Sud pour Kito

Kito de Pavant et Bastide Otio tracent leur chemin. Ils se situent actuellement au large de Rio en 13e position. Après avoir passé une nuit blanche à la barre, de nombreux empannages et changements de voiles pour essayer de faire avancer au mieux Bastide Otio dans la pétole, Kito de Pavant sort enfin de la bulle anticyclonique qui le suit depuis dimanche soir.
Malgré le retard accumulé sur les leaders de la flotte, le skipper du Midi reste optimiste et rappelle que la route est longue avec encore 2 mois et demi de course !

Après trois jours difficiles à des vitesses en dessous de 10 nœuds, Kito de Pavant a enfin attrapé du vent de Nord-Ouest d’une bonne dizaine de nœuds qui devrait lui permettre de faire glisser son IMOCA Bastide Otio dans de bonnes conditions, en direction du cap de Bonne Espérance qu’il devrait atteindre d’ici la fin de la semaine.
S’il a gagné une place au classement de 18h hier, Kito vient de passer de la 11e à la 13e place au classement de 18h ce soir. Louis Burton et Fabrice Amedeo, plus à l’Est, sont passés devant, mais ils avancent actuellement moins vite que Bastide Otio et sont a priori moins bien placés pour attraper la prochaine dépression qui arrive de Buenos-Aires.
« Je suis sorti de la cellule anticyclonique. Ça a été vraiment compliqué de sortir de là. Les modèles météo que j’avais me faisaient traverser beaucoup plus vite que ça. Ce matin le vent s’est relevé doucement. J’ai un peu plus d’une dizaine de nœuds.
Plus ça va aller, plus les conditions vont être bonnes, en tout cas jusqu’au cap de Bonne Espérance où j’aurai 4 à 5 jours de retard sur les premiers.
Dans les mers du Sud, il y a peu de chance qu’il y ait de gros chamboulements. Il peut y en avoir en Australie. Je pense qu’il faut attendre le cap Leeuwin pour pouvoir recoller éventuellement parce qu’il va encore y avoir des passages à niveau avec un anticyclone qui est souvent sous l’Australie. La route est longue. On a encore deux mois et demi de course. Il ne faut pas s’affoler, c’est normal qu’il y ait de gros écarts. On va tout faire pour les réduire mais ça ne va pas se faire tout de suite. »
Sommeil
« Je suis vraiment bien calé dans le sac à billes. C’est confortable, j’arrive à dormir assez rapidement. Ça fait bientôt trois semaines qu’on est parti et je me sens en forme donc c’est plutôt bénéfique. On a bien travaillé là-dessus, ainsi que sur la nutrition avec Bastide Médical. On a bien progressé sur ces domaines-là.
Ça reste quand même un bateau à voile en course avec des alarmes qui sonnent en permanence et des contrariétés qui empêchent d’avoir un vrai rythme de sommeil optimal. Mais au bout de 35 à 40 minutes je me réveille assez naturellement. »
Energie à bord de Bastide Otio
« Côté énergie ça se passe bien. J’ai été obligé de faire tourner le moteur dans les zones de pétole, deux fois une heure pour charger les batteries depuis le départ. Tout le reste se fait avec les hydrogénérateurs qui marchent nickel. C’est d’un confort incroyable, ça ne fait pas de bruit, ça ne ralentit pas le bateau, ça tourne tout seul et dès qu’on marche à 10 nœuds on est totalement autonome. »

Kito a profité du calme et de la chaleur des mers tropicales pour se « refaire une petite santé », mais aussi pour bricoler à bord de Bastide Otio. Au large des îles Canaries, le gennaker de brise s’était déchiré dans un départ au lof. Il aura fallu 3 jours au skipper méditerranéen pour enlever les nœuds et 3 de plus pour recoller les morceaux. Cette voile est en effet importante pour la navigation à venir. Kito et Bastide Otio sont donc prêts à affronter les mers du Sud !

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10 000 milles parcourus et 360 milles d’avance

7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'

10000 milles parcourus depuis son départ ! Seul en mer depuis 17 jours, Thomas Coville raconte ce que cela représente de naviguer dans l’Indien sur un bateau de la taille de Sodebo Ultim’.

Alors qu’il va passer au nord des Iles Kerguelen, le skipper de Sodebo Ultim’ revient sur les dernières 48 heures qui ont été très intenses. Après une collision avec une baleine, il a fallu, à califourchon sur le flotteur, réparer la barre de transmission du safran tribord et continuer à progresser vers l’est dans les rafales de vent glacé et une mer déchaînée.

Il reconnaît qu’il n’aime pas cet endroit. Comme bien des marins, il redoute l’Indien même s’il apprécie de « naviguer entouré de centaines d’oiseaux y compris des albatros dont un est d’ailleurs venu se poser cette nuit sur le bateau.»

Du bateau, il en dit le plus grand bien même s’il avoue que « si c’est un atout d’avoir un bateau plus large pour aller plus vite, la gestion de sa puissance est un échiquier permanent entre la prise de risques et ta faculté de réagir à tous les évènements.»

Au sujet des manœuvres à bord, il reconnaît que « pour un seul homme, c’est à chaque fois un travail titanesque et vu la taille des voiles, tu n’as pas intérêt à te tromper dans le choix de ta voile.»

LA VIE EN SOLO DANS L’INDIEN SUR UN MULTICOQUE DE 31 MÈTRES DE LONG ET 21 METRES DE LARGE

« Un funambule au milieu de rien »
« Hier j’ai dû réparer la barre de transmission du safran sur le flotteur suite à un choc avec une baleine. Ça a tapé très fort et le safran s’est désolidarisé du flotteur. J’ai dû me mettre à cheval sur le flotteur. J’allais prendre une photo pour l’envoyer à mon équipe technique, quand j’ai senti mes jambes glisser, la sensation que j’allais y passer. Du coup j’ai perdu l’appareil photo. Pas mal d’adrénaline ! Je suis attaché en deux points avec un baudrier de montagne et aussi aux épaules pour pouvoir me déplacer comme sur une via ferrata. Mais si tu te fais embarquer, tu peux vite glisser, tu n’as pas le droit à la moindre erreur. Tu es un funambule au milieu de rien. Il faut être très concentré. Tu sais que si tu n’arrives pas à réparer le safran, c’est l’abandon. Mais j’ai tout de suite trouvé la bonne solution pour le refixer. Je suis rentré dans le cockpit, les jambes en coton mais avec la sensation d’une petite victoire.»

L’Indien
« Ici tu es juste toléré. C’est hostile. Hier il y avait vraiment de la mer et des creux annoncés jusqu’à 10 mètres. Je n’en ai pas vu mais c’était gros. Ce matin avant de renvoyer le 3ème ris, j’ai dû aller en bout de bôme et je me suis trouvé dans un ruisseau de grêlons qui s’étaient accumulés dans cette grande gouttière. J’étais à quatre pattes pour avancer. Il commence à faire très froid. Ça piquait fort sous le grain de grêle !
Aujourd’hui, il fait assez beau, de plus en plus froid et le vent est toujours relativement soutenu – environ 30 nœuds – mais la mer s’atténue et ça te change la vie.

Ici c’est l’été. Il fait 4 degrés et il fait jour pendant 20 heures environ. Il n’y a que 4 heures pendant lesquelles tu avances dans le noir sans lune et sans voir les rafales de vent et la taille des vagues ! »

Dans l’Indien, il y a beaucoup d’oiseaux. J’aime cette ambiance d’être accompagné par la nature. En l’Atlantique, il y a peu d’oiseaux, quelques poissons volants mais je n’en ai pas vu beaucoup. Depuis des années, j’essaie de photographier un albatros. Sans succès. »

Se protéger du froid glacé
« Je porte : une cagoule, une sous-couche qui me sert de première peau, un babygros qui tient bien chaud, un pantalon et un haut de ciré et j’alterne avec deux paires de bottes et de chaussettes pour être toujours au sec. Pour dormir, je reste habillé, sauf le haut de ciré mais je garde tout car il faut être prêt à intervenir dans la seconde. »

Fast but not furious
« Tu as envie d’aller plus vite, mais ce n’est pas toujours prudent. Quand tu essaies, tu te rends compte que c’est n’importe quoi. Il fallait passer ce noyau de grosses vagues de 8-9 mètres, sans rien casser. J’avais la frustration d’être en dessous des routages et de ce qui était prévu, ce qui me met la pression.

Il faut être encore plus réactif que sur mon ancien bateau. Tu n’as pas le droit à la moindre erreur quand tu arrives en bas d’une vague à 40 nœuds, c’est juste colossal. Tu dois gérer tous les paramètres. Plus le bateau est grand et large, plus tu accèdes à des vitesses importantes et plus la marge d’erreur est faible. »

Les voiles
« Rouler, dérouler, vérifier, ce sont des cycles et un travail éreintant surtout dans le froid (il fait 4 degrés mais la température ressentie est inférieure à cause du vent et de la vitesse). »

Se nourrir
« Actuellement je m’offre des doubles portions, deux sachets des lyophilisés qu’on a préparé avec Sodebo. Mais parfois les conditions sont tellement violentes que ce n’est pas facile de se préparer à manger.»

L’abandon de Vincent Riou, skipper de PRB, dans le VENDÉE GLOBE
« J’ai eu le bourdon hier quand j’ai appris l’abandon de Vincent Riou. Ça m’a affecté. Il a la maturité des leaders et de ceux qui ont déjà gagné la course. Il y met tellement d’énergie. C’est injuste. Ça détruit trop de choses. Vincent connaît tellement bien son bateau qu’il aurait pu l’exploiter complétement dans le sud et montrer ce qu’il sait très bien faire. »

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Avarie de safran réglée à bord d’Edmond de Rothschild

15_65904 © Th.Martinez / GITANA SA. LORIENT - FRANCE . 24 Août 2015. First sail of new IMOCA "MONO60 EDMOND DE ROTHSCHILD" , skipper Sébastien Josse (FRA), co-skipper Charles Caudrelier (FRA)

Personne n’est épargnée par les avaries au sein de la flotte. Sébastien Josse a du réparer son safran hier et a perdu plusieurs milles.
Hier soir, à 22h, le dernier classement du jour conforte Sébastien Josse dans sa deuxième place. Le solitaire pointe alors à 96 milles du leader Alex Thomson et possède quelques milles d’avance sur le troisième, Armel Le Cléac’h. La cadence est toujours élevée et le trio de tête n’entend pas mollir pour exploiter au maximum l’opportunité météorologique qui s’offre à lui. Mais trente minutes plus tard, le skipper du Mono60 Edmond de Rothschild contacte son équipe à terre. Alors qu’il naviguait dans un vent de Nord Nord-Ouest oscillant de 25 à 30 nœuds et progressait à une vitesse équivalente, Gitana 16 a heurté un OFNI (Objet Flottant Non Identifié). L’impact a eu lieu au niveau du safran tribord du 60 pieds et l’incident, forcément violent à de telles vitesses, a endommagé le système de relevage de l’appendice.
La casse du foil tribord de Hugo Boss le week-end dernier ou plus récemment l’abandon de Vincent Riou survenu un plus tôt dans la journée, sont là pour rappeler que les chocs avec les OFNI, si ils font partie du quotidien du marin, n’en demeurent pas moins redoutables pour le matériel et les machines, qui plus est lorsque ces dernières filent à vivent allure.
Sébastien Josse en a encore fait l’amer constat la nuit dernière. Alors qu’il pensait avoir réalisé le plus dur dans l’après-midi en se maintenant à l’avant de la dépression malgré des conditions de vent plus qu’instables, le skipper du Mono60 Edmond de Rothschild a dû faire face à des problèmes techniques consécutifs à un choc avec un OFNI sur le safran tribord du bateau. Dans l’impact, le système de relevage du safran a subi des dommages empêchant l’appendice de reprendre place dans son logement en position basse.
À terre, une équipe constituée de Pierre Tissier, directeur technique du Gitana Team, David Boileau, boat captain de Gitana 16 et Armand de Jacquelot, membre du bureau d’études du Gitana, s’est mis en contact avec Sébastien Josse pour lui proposer des solutions de réparation et l’aider au mieux dans l’application de ces dernières.

Après plus de quatre heures d’arrêt forcé le problème était fixé et tandis que le safran tribord du Mono60 Edmond de Rothschild retrouvait sa place et son utilité, Sébastien Josse pouvait enfin reprendre sa route.
Dans cet incident, le skipper de l’écurie aux cinq flèches a perdu de précieux milles durement acquis. En effet, rappelons que hier les trois premiers concurrents étaient parvenus à se maintenir à l’avant d’un front qui accompagne la tête de flotte vers le cap de Bonne-Espérance. Cette très bonne opération avait permis à Sébastien Josse et ses deux compagnons d’échappée – Hugo Boss et Banque Populaire VIII, de prendre un bel avantage sur leur poursuivants, le premier d’entre eux Safran étant relégué à près de 300 milles du leader tandis que SMA, 5e, accusait un retard de 462 milles.
Au classement de 5h, Edmond de Rothschild cède logiquement sa 2e place et pointe désormais à 169,4 milles du tableau arrière du monocoque britannique. Pour autant, Sébastien Josse est à nouveau en course, ce qui est déjà une satisfaction en soi.
Classement du 23 novembre à 5h (HF)
1. Alex Thomson (Hugo Boss) à 18 143 milles de l’arrivée
2. Armel Le Cleac’h (Banque Populaire VIII) à 102,2 milles
3. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) à 169,4 milles du leader
4. Morgan Lagravière (Safran) à 348,8 milles
5. Paul Meilhat (SMA) à 405,6 milles
6. Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 553,7 milles
7. Yann Eliès (Queguiner Leucémie Espoir) à 1004,3 milles

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Faire le dos rond au coeur des Quarantièmes

Au cœur des Quarantièmes, le skipper du trimaran n’a d’autre choix que de faire le dos rond et de s’adapter. Dans ces conditions extrêmes, il se déplace à quatre pattes sur le bateau. Taper sur son clavier pour échanger avec la cellule routage devient presque impossible.
Alors qu’il contourne le noyau de vent et de mer très forte générée par la dépression qui passe dans son sud, tout le jeu consiste à éviter que le bateau parte en survitesse. Hier sous J3 et 2 ris dans la grand-voile, il dévalait l’océan avec des pointes à 45 nœuds dans des creux de 6 à 7 mètres poussé par des vents de 33 nœuds en moyenne.
Pendant presque deux heures, le skipper a choisi la voix de la raison. Il a préféré ralentir sa course effrénée en affalant la voile d’avant et en gardant le minimum de toile dans la grand-voile.
« On ne cherche pas des vitesses de pointe élevées mais plutôt une bonne moyenne très difficile à obtenir dans ces conditions de mer et de vent instable » expliquait ce matin Thierry Douillard un des membres de la cellule de routage mise en place par Jean-Luc Nélias pour accompagner le skipper de Sodebo Ultim’ dans sa tentative de record autour du monde.
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Un début brutal pour IDEC

@ Idec Sport

Avec toute la flotte des Imoca sur le Vendée Globe dispersée sur plus de 3000 milles et Thomas Coville en éclaireur, l’équipage de Francis Joyon avec son routeur Marcel Van Triest ont une vision assez claire du plan d’eau planétaire ou du moins jusqu’au Cap de Bonne Espérance. Raison pour laquelle, ils n’ont pas hésité à partir ce dimanche, à passer quelques moments dans la pétole et puis avancer à 29 nds. Ils ont pour l’instant 200 milles de retard.

Les six marins du maxi trimaran IDEC SPORT se sont, en toute connaissance de cause, imposés une entrée en matière des plus brutale dans leur seconde tentative, en un an, contre le record du Trophée Jules Verne. Le front actif qui les propulse en ce deuxième jour de course, loin au large du Maroc, s’est longtemps fait désiré, imposant une double purge aux hommes de Francis Joyon, allure au plus près du vent, et deux bonnes heures de franche pétole. Mais le fort vent de secteur nord est bien au rendez-vous, et l’équipage ne chôme pas pour garder le maxi trimaran dans la bonne veine de vent, à bonne allure, cap au sud ouest. La feuille de route établie en pleine concertation avec le routeur Marcel van Triest est pour l’heure parfaitement respectée, et le débours actuellement concédé au tenant du titre, quelques 215 milles, fait intégralement partie de la stratégie élaborée pour rallier dans un premier temps l’Équateur dans un chrono dit « correct », et surtout, pour effectuer une belle transition avec les alizés de sud est et rallier au plus vite les régimes toniques du Grand Sud, en route vers Bonne Espérance.

Sonnés au départ

Francis Joyon, Gwénolé Gahinet, Bernard Stamm, Alex Pella, Boris Herrmann et Clément Surtel émergeaient ce matin quelque peu sonnés au terme de 36 premières heures de course heures particulièrement intenses. « Le passage du centre de la dépression, une douzaine d’heures après notre départ d’Ouessant, nous a un peu bousculé » explique Francis. Les organismes de terrien, encore peu amarinés, ont subit de plein fouet les assauts conjugués du froid, de la pluie, d’un fort vent du nord et d’une mer désordonnée à souhait. « Le bateau tapait beaucoup. C’était osé de partir ainsi à la rencontre du front. » avoue le benjamin du bord, « Guéno » Gahinet, qui retrouve après un jour et demi de mer forme et santé. « Il y a eu beaucoup de manœuvres préjudiciables à la haute vitesse » poursuit Francis, « avec une bonne douzaine de changements de voiles très fatigante, car nous ne sommes que 6 à bord de ce grand bateau. On a ainsi peu dormi et vécu sur nos réserves. » «Et Guéno d’ajouter : « La mer s’organise bien à présent, dans un régime qui fait penser à l’alizé, avec une belle glisse au portant. »

Comme si c’était hier

Les six marins d’IDEC SPORT ont, comme on s’y attendait, repris d’instinct les réflexes et les habitudes de leur première tentative achevée en janvier dernier. « C’est amusant » précise Francis Joyon, « Guéno a ressorti le tableau des systèmes de quart de 2015, et on a repris la vie de bord comme si c’était hier… » Les milles défilent à présent à grande vitesse sur les répétiteurs du bord. IDEC SPORT empannera, (changera d’amure) à proximité des Canaries et ce n’est qu’à hauteur des îles du Cap Vert qu’avec l’affaiblissement du vent, il faudra jouer finement la transition vers l’Equateur, avec un passage possible au milieu des îles.

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Abandon de Vincent Riou

IMOCA 60' PRB - Skipper : Vincent RIOU - Vendée Globe 2016-17 - Port La Forêt 16/09/2016

Alors qu’il faisait partie du groupe de tête, Vincent Riou a annoncé son abndon. Le skipper de PRB a heurté un OFNI dimanche matin (HF) alors qu’il faisait route à vive allure dans le groupe de tête du Vendée Globe vers le Cap de Bonne Espérance (choc différent et antérieur à celui d’hier qui avait relevé un safran). Suite à ce choc, Vincent Riou n’a pas, dans un premier temps, détecté de dégât et a pu continuer normalement sa progression. Ce n’est que trois heures plus tard que la quille s’est mise à entrer en résonnance et à émettre des bruits stridents et constants, témoins d’un effort anormal sur l’appendice. Ces bruits ont continué à s’amplifier dans la nuit de dimanche à lundi.
Compte tenu des conditions météo qui régnaient alors (25 à 30 nœuds avec des moyennes de vitesse aux alentours de 19-20 nœuds), Vincent n’a pas pu immédiatement aller vérifier le puits de quille mais a pu prévenir son équipe à terre. Le Team PRB ainsi que l’architecte du bateau (Guillaume Verdier) et le cabinet de calcul de structures HDS GSEA Design (Hervé Devaux et Denis Glehen) ont alors commencé à étudier toutes les hypothèses à partir des éléments connus (essentiellement le bruit émis par la quille).

Ce n’est que ce matin, évoluant dans des conditions plus calmes que Vincent a pu faire les vérifications nécessaires. Il s’est alors aperçu que l’axe de quille avait été abîmé dans le choc. Cette pièce en titane est un élément essentiel du bateau. Elle permet de lier la quille au monocoque par l’intermédiaire d’une rotule en plastique et c’est également cet axe qui permet la rotation de la quille.
Dans le choc, c’est la rotule en plastique qui s’est cassée entraînant un frottement permanent entre l’axe de quille et le support de la rotule. A terme, et alors qu’il reste encore l’océan Indien, l’océan Pacifique et toute la remontée de l’Atlantique à effectuer, cela signifie que l’intégrité du bateau est mise en péril voire même que la quille se désolidarise du 60′.

La déception est immense chez le vainqueur du Vendée Globe 2004. Celui qui avait vu son rêve brisé il y a quatre ans (quasiment jour pour jour) sur un même choc avec un OFNI avait quitté les Sables d’Olonne le 6 novembre avec l’envie de faire jeu égal en tête de flotte avec les nouveaux bateaux équipés de foils. Un pari réussi puisque PRB n’a jamais quitté le groupe de tête. Longtemps au coude à coude avec Banque Populaire, Vincent a même occupé plusieurs fois la deuxième place et a réalisé une descente de l’Atlantique exceptionnelle avec son bateau à dérive. La performance, saluée par de nombreux observateurs, laissait tous les espoirs permis pour la suite de ce Tour du Monde.

Le skipper et PRB naviguent actuellement dans des conditions maniables (14 nœuds de vent) et Vincent n’est pas en danger. Il est en lien avec son équipe technique pour décider du lieu où il pourrait dans un premier temps faire escale pour réparer son monocoque avant de faire route vers la France, probablement au Cap en Afrique du Sud.
Interview de Vincent Riou :
« La déception est importante. Mais c’est comme à chaque fois, il faut continuer à vivre et pour moi, la suite, c’est ramener mon bateau en toute sécurité quelque part à terre. La nuit de dimanche à lundi, j’ai eu un petit choc sur le bulbe. La quille est partie en fréquence vibratoire. Elle a commencé à se balader d’un bord à l’autre. Ça s’est arrêté assez rapidement. Ça ne s’est pas arrêté tout de suite car le bateau allait à 25 nœuds quand c’est arrivé. Je n’en ai pas fait plus de cas que cela. Des petits chocs sur la quille dans les courses au large, on en a régulièrement. Celui-là ne me paraissait pas très fort.
Vers la fin de la nuit, j’ai commencé à entendre des craquements autour de la quille. Des craquements que j’avais déjà entendus car ça m’était déjà arrivé d’avoir des petites frictions de carbone entre la coque et la quille. Je me suis dit « tiens ça frotte un peu, ce n’est pas très grave ». Mais au fur et à mesure, le bruit s’est amplifié. J’ai commencé à me poser des questions, à réfléchir à ce qui avait pu arriver. J’ai commencé à consulter. (…). Nous n’étions pas super inquiets mais pas sereins non plus car ce n’est pas un endroit accessible dans le bateau. Sans enlever la quille, on ne peut pas constater exactement ce qui s’est passé. Ma démarche a été de dire : « je continue. Soit c’est un petit déplacement de la quille et le carbone va s’user sous le fond de coque et le bruit va petit à petit s’atténuer. Soit c’est plus grave et forcément le palier est endommagé et le bruit va augmenter ». J’ai continué à naviguer pendant 24 heures. Mais le bruit n’a fait qu’augmenter jusqu’à hier en fin de journée où j’ai commencé à entendre des bruits métalliques en plus des bruits de carbone. J’ai compris que le palier était endommagé et que l’axe commençait à toucher la cage du palier.(…)

J’ai contacté les gens qui ont travaillé sur ce bateau. Ils ont essayé d’imaginer ce qui pouvait se passer. Ils m’ont amené à la même décision : à court terme, ce n’était pas risqué car les pièces sont largement dimensionnées mais assez vite, cette friction métal sur métal risquait des dégâts plus graves. C’est compliqué de s’engager sur un tour du monde avec une avarie comme celle-là.
Ce matin, le temps s’est calmé après le passage du front. J’ai pu ouvrir le puits de quille et mettre les mains à l’intérieur. J’ai pu constater que la quille bougeait. Au niveau du palier avant, le trou est plus grand que l’axe de la quille. Cela a fini par confirmer mes craintes sur l’endommagement de ce palier.

Je ne sais pas quoi penser. Cette avarie est survenue à peu près au même moment que l’avarie d’il y a quatre ans. Quand je suis passé devant Salvador il y a quelques jours, j’ai passé ma nuit à y penser. Comme j’avais passé Salvador, je me suis dit, c’est bon, nous avons chassé nos démons. Et en fait comme il y a quatre ans, à la même place, 14 jours après le départ, on a une collision avec des incidences irréparables. C’est dur !
Le plus simple pour moi est de faire route vers l’Afrique du Sud, Cap Town. Je suis en train de regarder si je peux trouver là-bas tout ce qu’il faut. On s’organise avec l’équipe. Je pense à tous ceux qui m’accompagnent et qui me suivent depuis le début. Je sais qu’il y avait beaucoup de monde derrière. Je pense très fort à eux. Je suis déçu par ce qui m’arrive mais je suis aussi déçu pour eux ».

Jean-Jacques Laurent, Président de PRB :
« L’abandon de Vincent est évidemment une déception immense. Il a réalisé une course incroyable depuis le départ des Sables d’Olonne face aux bateaux de nouvelle génération. Il nous a fait rêver. Toute l’entreprise le suivait et l’accompagnait avec passion. Malheureusement, c’est une nouvelle fois un OFNI qui lui barre la route. Nous avons déjà connu cela il y a quatre ans. C’est difficile d’accepter cette loi des séries. Mais nous sommes solidaires du choix de Vincent qui, une nouvelle fois, réagit en bon marin. L’essentiel est de maintenir sa sécurité et de ramener le bateau à bon port. En ce sens, il fait le meilleur choix possible. »

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Choc à bord de Sodebo

7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'

Thomas Coville a ce mardi 387 milles d’avance sur le record en allant à 23 nds de moyenne sur 24h. La tension était palpable ce matin dans la voix des routeurs de Sodebo Ultim’. La traversée de l’Indien s’annonçait virile, depuis plus de 30 heures, elle est musclée et elle le sera encore toute la journée. A bord du maxi trimaran, tout le jeu consiste à trouver la garde robe la moins pire pour adapter la vitesse aux conditions de vent et de mer.

Hier lundi vers 16 heures, les routeurs à terre reçoivent un message de Thomas qui les prévient qu’il a touché un mammifère alors qu’il filait à 30 nœuds. Il leur annonce qu’il va ralentir pour évaluer les dégâts. A cette allure, le choc a été violent mais heureusement sans conséquence majeure. Thomas a pu refixer rapidement le système de liaison du safran tribord qui avait été touché dans la collision.

Dans ce contexte, ce genre d’intervention n’est pas anodin. Il faut l’imaginer seul au milieu des bourrasques de vents, avec ses outils à la main, assis à califourchon sur le flotteur arrière balayé par les vagues ! Des minutes de bricolage pendant lesquelles le marin puise dans ses réserves d’énergie et de lucidité.

Au cœur des Quarantièmes, le skipper du trimaran n’a d’autre choix que de faire le dos rond et de s’adapter. Dans ces conditions extrêmes, il se déplace à quatre pattes sur le bateau. Taper sur son clavier pour échanger avec la cellule routage devient presque impossible.

Alors qu’il contourne le noyau de vent et de mer très forte générée par la dépression qui passe dans son sud, tout le jeu consiste à éviter que le bateau parte en survitesse. Hier sous J3 et 2 ris dans la grand-voile, il dévalait l’océan avec des pointes à 45 nœuds dans des creux de 6 à 7 mètres poussé par des vents de 33 nœuds en moyenne.

Pendant presque deux heures, le skipper a choisi la voix de la raison. Il a préféré ralentir sa course effrénée en affalant la voile d’avant et en gardant le minimum de toile dans la grand-voile.

« On ne cherche pas des vitesses de pointe élevées mais plutôt une bonne moyenne très difficile à obtenir dans ces conditions de mer et de vent instable » expliquait ce matin Thierry Douillard un des routeurs de la cellule de routage mise en place par Jean-Luc Nélias pour accompagner le skipper de Sodebo Ultim’ dans sa tentative de record autour du monde.

Ces conditions de navigations éprouvantes et engagées devraient durer toute la journée. Le skipper devrait passer dans le nord des iles Kerguelen dans la journée de jeudi 24 pour ensuite plonger plus au sud en direction du Cap Leeuwin, le deuxième des trois grands caps de ce tour du monde à la voile.

16 jours après son départ de Ouessant, Thomas Coville est toujours en avance sur le record détenu par Francis Joyon.

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Le départ en vidéo

C’est à 21h 14mn et 45 sec TU (22h14’45’’ HF), ce dimanche 20 novembre 2016, que Francis Joyon et son équipage ont coupé la ligne de départ du Trophée Jules Verne pour s’élancer à la conquête du record de vitesse absolue autour du monde à bord d’IDEC SPORT. « On ne voit rien, sauf le phare du Créac’h, il fait nuit noire. Mais on a l’impression qu’on part pour un grand truc », a juste commenté Francis Joyon, le skipper d’IDEC SPORT, pressé de ne pas manquer la fenêtre météo qui voulait bien se présenter devant les étraves de son trimaran de 31 mètres de long.

À 24 nœuds sur la ligne

Francis Joyon, Bernard Stamm, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Boris Herrmann avaient quitté le quai du port de Brest un peu plus tôt, vers 19h45. Ils avaient prévu de ronger un peu leur frein dans les petits airs d’un centre dépressionnaire avant de toucher les vents puissants et favorables générés dans l’ouest de ce système. Mais la situation météo semble avoir répondu à leur impatience d’aller en découdre à toute vitesse autour de la planète mer, puisque les si hommes du bord ont déjoué les pronostics pour couper la ligne un peu plus tôt que prévu. Ce commando de marins hors pairs est parti ce dimanche à la chasse au record, propulsé après un rapide changement de voile d’avant, à 24 nœuds sur la ligne matérialisée entre le phare du Créac’h à Ouessant et le cap Lizard, à la pointe sud-ouest de l’Angleterre.

On prend les mêmes, et on retente !

Après avoir tenté sa chance l’année dernière et frôlé l’exploit de peu, l’équipage d’IDEC SPORT est reparti dans la même configuration que lors de sa précédente tentative. On ne change pas un équipage capable du meilleur. Pour battre le chrono de référence établi par Loïck Peyron et ses 13 hommes d’équipage en janvier 2012 et inscrire, pour la huitième fois, leur nom au palmarès de l’un des plus prestigieux challenges maritimes, Francis Joyon et ses hommes sont attendus avant le 5 janvier 2017 à 10h 56 mn et 38 sec (TU) sur cette même ligne qu’ils viennent de couper.

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Idec est parti

Training for the maxi tri IDEC Sport, skipper Francis Joyon, and his crew, prior to their circumnavigation crew record attempt for Trophy Jules Verne, off Belle Ile, on october 12, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

IDEC est finalement parti ce dimanche soir. Il y avait eu une possibilité au moment du départ du Vendée Globe mais qui semblait bloquée au Cap de Bonne Espérance. Ce samedi devait être la bonne avant finalement d’être repoussée. Boris Hermann que nous avions joins au téléphone nous expliquait qu’à chaque code orange, l’équipage se sentait de plus en plus prêt.

Francis Joyon, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Clément Surtel et Boris Herrmann sont depuis hier soir dimanche, 22 heures, 14 minutes et 45 secondes en course pour tenter, un an jour pour jour après leur première tentative, de s’approprier le Trophée Jules Verne, le record du tour du monde à la voile en équipage et sans escale.

La décision de s’élancer a véritablement été prise au tout dernier moment à Brest, tant l’analyse des différents fichiers météos s’est avérée pleine d’incertitudes et de supputations. C’est l’expérimenté Bernard Stamm qui le mieux résumait au moment de larguer les amarres l’état d’esprit du groupe : « Si on attend les conditions idéales pour un record, on ne part jamais.» Le maxi Trimaran IDEC SPORT s’est ainsi lancé à l’assaut du phénoménal record détenu par Loïck Peyron depuis 2012, dans des conditions pour le moins surprenantes. Les 9 premières heures depuis Ouessant ont en effet été marquées par une absence quasi totale de vent, et ce n’est qu’au petit matin, avec l‘arrivée brutale d’une forte perturbation, qu’IDEC SPORT a franchement orienté ses étraves au sud ouest, et déclenché à toute allure sa tentative de record.

Attendre le passage du front…
L’examen des trajectoires et de la performance du Maxi Trimaran IDEC SPORT lors de sa première nuit en course a de quoi laisser dubitatif. Longtemps arrêté, à multiplier les changements de bord dans un vent quasiment nul, Francis Joyon et ses hommes ont fait preuve de patience et de constance dans l’attente de l‘arrivée du fort vent de secteur nord nord ouest. « L’idée était d’anticiper l’arrivée de ce front » explique Marcel van Triest, routeur du Maxi trimaran IDEC SPORT, « et de partir avant l’arrivée sur la pointe de Bretagne du plus fort du coup de vent avec des rafales à plus de 45 noeuds. » Ce n’est donc que vers 8 heures ce matin que IDEC SPORT a mis brutalement cap au sud ouest, pour véritablement démarrer sa tentative en calant le speedomètre sur la marque des 30 noeuds, marque qu’il ne quitte guère plus depuis. Les Joyon’s boys abordent leur Jules Verne avec d’emblée un déficit pointé ce matin à 207 milles ; déficit qu’il dévore depuis avec appétit en avalant d’un seul bord le Golfe de Gascogne.

Temps moyen à l’équateur, temps intéressant à Bonne Espérance
Depuis la décision de ne pas « prendre » la fenêtre entr’ouverte le 6 novembre dernier, la donne sur l’échiquier Atlantique s’est considérablement modifiée ; « Inversement aux prévisions d’il y a 15 jours » précise le grand Marcel, « nous envisageons un temps correct à l’Equateur, de l’ordre de 5 jours et une douzaine d’heures, nettement moins bien que lors de la tentative 2015 (5 jours et 1 heures ndlr), mais un chrono très intéressant à Bonne Espérance, de l’ordre de 13 jours et demi, avec de surcroit, la possibilité d’éviter d’aller trop sud jouer avec les zones de glaces, comme le suggéraient nos routages lors de l’examen de la fenêtre du 6 novembre. »

Les supputations sont déjà loin dans l’esprit de Francis Joyon et de son commando, tout au bonheur de « repiquer au truc ». La descente de l’Atlantique ne sera pas aussi limpide que celle expérimentée par les leaders du Vendée Globe, mais l’envie de croquer à nouveau dans cet extraordinaire pari autour du monde est tel que les hommes d’IDEC SPORT sont ce soir prêts à relever tous les défis et à s’accommoder de ce qu’Eole sèmera devant leurs étraves. Rappelons que pour battre le chrono de référence établi par Loïck Peyron et ses 13 hommes d’équipage en janvier 2012, Francis Joyon et ses hommes sont attendus avant le 5 janvier 2017 à 10h 56 mn et 38 sec (TU) à Ouessant.

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