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Thomas aux Kerguelen

7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'

C’est la troisième des plus grandes îles françaises, après la Nouvelle Calédonie et la Corse. Elle commande une escadre de trois cents îlots. Alors on lui donne un pluriel de majesté. Elle est loin de tout mais ses pointes, ses baies et ses monts parlent de la France.

Le grand albatros Sodebo Ultim’ raye de son triple sillage les eaux de Kerguelen. Pour la première fois depuis des jours et des jours, il va peut-être y croiser de grands bateaux de pêche. Mais sa cavalcade n’est pas aussi limpide qu’aurait pu le rêver son skipper.

Le vent est trop instable. Ses rafales administrent de terribles coups de pied aux fesses de ce géant. Le compteur de vitesse s’affole. Il dépasse parfois les 40 nœuds. Comme des chevaux fous, les étraves se ruent dans des descentes terrifiantes. Au creux des grandes vagues de l’Indien, le danger guète. Si les proues s’immergent trop violemment, le coup de frein est tel que l’équilibre devient scabreux.

Pour Thomas Coville, le juste contrôle de la bête n’est pas facile à trouver. Personne n’a jamais mené seul un engin aussi puissant aux latitudes de la Désolation. Impossible de lui lâcher la bride. L’allure est trop usante, stressante, frustrante. Mais « gémir n’est pas de mise » aux Kerguelen. Il faut tenir.

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Passage difficile au cap vert

@ IDEC Sport

Francis Joyon et son équipage n’ont pas eu la même chance qu’Alex Thomson en traversant au milieu de l’archipel du Cap Vert. Pourtant arrivé le matin même à très vive allure pour transpercer les îles via le canal Mindelo-Santa Lucia. Ce sont les dévents de deux petites îles du sud de l’archipel, Fogo et Sao Tiago, qui ont considérablement freiné hier soir Francis Joyon et ses hommes, contraints de multiplier les empannages dans de petits airs pour s’échapper dans un alizé faiblissant. La nuit a ensuite permis au trimaran géant de glisser plein sud vers un nouveau morceau de bravoure, la négociation toujours délicate du pot au noir, et la transition avec les alizés de sud est. C’est ainsi une journée particulièrement névralgique qui s’avance tant la situation météo devant les étraves d’IDEC SPORT est volatile, l’aide des fichiers météos s’avérant souvent nulle dans ces contrées où les masses d’air de l’hémisphère nord entrent en friction avec celles de l’hémisphère sud. La moyenne du bateau a considérablement chuté, et le retard sur le tenant du titre, Banque Populaire V est reparti à la hausse, plus de 170 milles ce matin. A l’entame de son 5ème jour de mer, Joyon et son commando sont encore à 600 milles de l’équateur.

Hier était pourtant un mardi de folie. 2 290 milles parcourus sur le fond, à 26,3 nœuds de moyenne ! Le maxi-trimaran IDEC SPORT tient à la perfection un carnet de route pourtant peu orthodoxe dans sa tentative contre le record du Trophée Jules Verne. La fenêtre météo décidée un peu au dernier moment dimanche soir, est en effet loin d’être idéale, avec ces premières heures chaotiques au cœur d’une dépression, et une connexion vers les alizés de sud-est problématique. Mais Francis Joyon, Clément Surtel, Alex Pella, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet et Boris Herrmann ont foi en leur étoile. Ils tirent le meilleur profit des conditions rencontrées et pouvaient à la mi-journée, constater avec satisfaction d’être revenus à la hauteur de leur concurrent virtuel, qu’ils devançaient d’une cinquantaine de milles. Passées les îles du Cap Vert, le vent, va baisser d’intensité.  La course poursuite pourra donc reprendre, avec comme prochain objectif l’Équateur. Avec près de 700 milles avalés en 24 heures, à plus de 29 nœuds de moyenne, le maxi- trimaran IDEC SPORT a montré mardi une partie de son formidable potentiel, dans des conditions pourtant pas totalement favorables à la glisse, ainsi qu’en témoigne Francis : « J’ai barré comme un fou hier, 35 nœuds et plus. Mais on n’a pas encore  exploité tout le potentiel du bateau. Le vent était trop irrégulier en force comme en direction. C’était sportif. » Sportif au point de solliciter au maximum la vigilance et la concentration des hommes du bord : « Dans de telles conditions,  le bateau exige tant de concentration de la part du barreur qu’au bout de 30 mn, il faut passer la main. Il faut vraiment que les conditions soient faciles pour rester plus d’une demi-heure à la barre. » IDEC SPORT se montre en tous cas à la hauteur des attentes des fines lames du bord, avec son nouveau jeu de voiles particulièrement performant : « Le bateau nous semble plus rapide et toute la journée d’hier, sous Grand Voile haute et gennaker, on était 7 à 8% plus rapide que l’an passé. On a tiré les enseignements de notre tentative passée, et on essaie de faire mieux dans tous les domaines, jusqu’à l’avitaillement. » En avance sur le temps référence à la mi-journée, Francis Joyon et ses hommes s’attendent de nouveau à se retrouver en situation de chasseur. Une position assumée, conforme aux schémas météo du moment. La course contre la montre ne fait que commencer et Francis Joyon se projette déjà en Atlantique sud.

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Un Vendée à grande vitesse

Sailing aerial images of the IMOCA boat Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), during training solo for the Vendee Globe 2016, off England, on September 16, 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe Images aériennes de Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), lors d'une sortie d'entrainement en solo au large de l'Angleterre, le 16 Septembre 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe

Le mythique Cap de Bonne-Espérance est le premier marqueur significatif de ce Vendée Globe. Alex Thomson (Hugo Boss) a été le premier à le passer avec un temps canon, suivi d’Armel Le Cléac’h (banque Populaire) et de Sébastien Josse (Edmond de Rotschild)
Passage à la longitude du cap de Bonne-Espérance
1-Alex Thomson : 17j 22h 58’
2-Armel le Cléac’h : 18j 03h 30’ à 04h 32’ du leader
3-Sébastien Josse : 18j 12h 42’ à 13h 44’ du leader
Cette première partie de course a été extrêmement rapide par rapport à la précédente édition et c’est bien 3 foilers qui sont en tête avec écart entre les deux premiers qui s’est resseré à 35miles. Sébastien Josse qui a subi une avarie de safran il y a 2 jours peine un peu à quelques 200 miles derrière mais reste dans le coup.

Derrière le trio de tête, Vincent Riou (PRB) et Morgan Lagravière (Safran) ont quitté la course malheureusement et se dirigent vers le Cap de Bonne-Espérance. Paul Meilhat (SMA) est 4è. Une belle performance pour le skipper et le bateau vainqueur de la dernière édition. A la même période, François Gabart n’avait pas encore dépassé les île Tristan da Cunha, soit 1500 milles derrière la position actuelle de SMA. Ce qui montre à quel point ce début de Vendée a été rapide et que les bateaux ont aussi progressé.
Juste derrière Paul Meilhat, on retrouve Jérémie Beyou (Maitre CoQ) qui peine sur ce Vendée Globe en enchaînant les problèmes techniques. Après des problèmes de pilote qu’il a réussi à réparer, il a endommagé son moteur et a des problèmes avec ses antennes fleet qui l’empêche de charger les fichiers météos. Un sérieux handicap pour la suite. Il est actuellement 5e à 60miles de SMA.

A 300 milles derrière Jérémie Beyou, Yann Eliès ne lâche rien et a réussi un bon coup. Il sait que le Vendée est long et qu’il a encore des chances de revenir.

Le troisème match est celui avec Jean-Pierre Dick, Jean Le Cam et Thomas Ruyant. St Michel-Virbac a payé un coût exorbitant après son option au Portugal. Avec son foiler, Jean-Pierre est 7e. Il va pouvoir à nouveau accélerer et peut revenir encore sur Jérémie Beyou et SMA. Mais on notera la performance de Jean Le Cam, 8e qui est complètement dans le match et qui n’a rien perdu des ses facéties.

Classement de 9h :
1 – ALEX THOMSON – HUGO BOSS À 17 271 MILLES DE L’ARRIVÉE
2 – ARMEL LE CLÉAC’H – BANQUE POPULAIRE VIII À 39 MILLES DU LEADER
3 – SEBASTIEN JOSSE – EDMOND DE ROTHSCHILD À 239 MILLES DU LEADER
4 – PAUL MEILHAT- SMA À 867 MILLES DU LEADER
5 – JEREMIE BEYOU – MAITRE COQ À 917 MILLES DU LEADER

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Morgan Lagravière sur Safran abandonne

Sailing onboard image bank of the IMOCA boat SAFRAN, skipper Morgan Lagraviere (FRA) during training for the Vendee Globe 2016, in South Brittany, on september 16, 2016 - Photo Olivier Blanchet / DPPI

Après l’euphorie des premiers jours, les coureurs sur le Vendée Globe ne sont plus tous à la fête. Après Vincent Riou, c’est au tour de Morgan Lagravière d’abandonner. Quel dommage. Les bateaux cassent à cause d’OFNI sur leur route nous privant d’une course magistrale avec ce peloton de tête qui foncent bride abattue vers l’Océan Indien. Comme Vincent, Morgan Lagravière aura fait une course fantastique. Si on connaissait le talent de Vincent, on connaissait moins celui de Morgan sur un Imoca, encore moins sur un Vendée Globe. Le premier bizuth de la course s’est montré offensif. Découvrant son bateau au fil de la descente de l’Atlantique, gérant des petits problèmes au début, prenant un vrai plaisir à naviguer, faisant des coups tactiques.

Suite à l’avarie de gouvernail survenue en fin de matinée, le skipper de Safran Morgan Lagravière, confirme son abandon sur le Vendée Globe, en accord avec son équipe et son partenaire.

Joint par son équipe cet après-midi, Morgan expliquait : « J’ai eu une nuit très agitée avec des soucis de pilote automatique. J’avais entre 20-25 nœuds de vent et le bateau était incontrôlable. Je suis parti à l’abattée 4 à 5 fois. Alors que je faisais une sieste à la mi-journée, j’ai senti le bateau partir au tas. En sortant, j’ai constaté que le safran sous le vent était sorti de son socle et qu’il en manquait les 2/3. Je pense que c’est dû à un choc avec un OFNI*.Malheureusement, je n’ai pas de quoi réparer une telle avarie, c’est donc la fin pour moi.  Je veux cependant garder en tête les points positifs de cette aventure : 18 jours de course extraordinaires à bord d’un bateau très performant, avec lequel je suis toujours resté dans le coup. Ce parcours en solitaire a également été l’occasion d’apprendre un peu plus sur moi et sur ce qui est important dans la vie. Je veux remercier toute mon équipe technique ainsi que tous les fans qui m’ont soutenu. »

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Gourvernail cassé pour Safran

Morgan Lagraviere (Fra) onboard IMOCA Safran training before Vendee Globe, start 6 november 2016 in Les Sables d'Olonne, off Groix, south brittany, on april 15th, 2016 - Photo Jean Marie Liot / DPPI/ Vendee Globe

A 12h10, heure française, Morgan Lagravière, skipper de Safran, contactait son équipe à terre pour l’informer d’une avarie de gouvernail.
Alors qu’il naviguait à une vitesse de 18-19 nœuds, le monocoque Safran s’est couché, Morgan a tout de suite constaté que le safran tribord était relevé et qu’une partie du gouvernail était cassée, probablement du à un choc avec un OFNI (objet flottant non identifié).
Morgan va bien, il reste en contact avec son équipe pour évaluer la possibilité de réparer et de poursuivre la course.

De plus amples informations vous seront communiquées dans les heures à venir.

 

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Idec a refait son retard

@ Idec Sport

Deux jours et demi après son départ au cœur d’un centre dépressionnaire, pour une tentative contre le record du Trophée Jules Verne, le maxi-trimaran IDEC SPORT est parfaitement revenu dans le match. Son déficit initial de près de 220 milles s’est réduit, à la faveur d’une rapide descente le long de la péninsule ibérique, à une soixantaine de milles, alors que Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage laissent déjà les Canaries dans leur sillage. La moitié de la distance entre Ouessant et l’Équateur a déjà été parcourue, à 25,8 nœuds sur le fond. Le fort vent du Golfe de Gascogne, associé à une mer mal rangée, a d’emblée plongé les Joyon, Surtel, Herrmann, Pella, Gahinet et Stamm dans le vif de l’âpreté de leur tour du monde sans escale. Ce n’est qu’aujourd’hui que le TEAM IDEC SPORT commence à s’installer dans la jouissive routine d’un fonctionnement admirablement rodé lors de la précédente tentative. Les quarts s’enchainent avec fluidité, les tâches s’accomplissent avec anticipation et la vie à bord semble n’avoir jamais connu d’interruption depuis janvier dernier et le retour à Brest.

Trois premiers jours exigeants
Le tour du monde d’IDEC SPORT, second opus en moins d’un an, se met donc en place avec méthode et sans impatience. Le maxi-trimaran s’est extirpé vite et sans dégât des vents violents de secteur nord-ouest du départ. Il commence à réguler sa foulée, en rythme avec les trains de vagues qui s’aplanissent et s’organisent dans le sens de la marche. Seules quelques lignes de grains contraignent encore l’équipage à une grande vigilance, tant les variations en force sont importantes ; « Nous sommes en permanence en train de choquer et de reborder, toutes les 20 minutes » témoigne Gwénolet Gahinet, « C’est exigeant ! » Avec les organismes désormais bien amarinés, la vie s’organise naturellement entre les six marins liés par l’amitié propre aux hommes de mer. Clément Surtel, sollicité pour quelques menus travaux de bricolage, a retrouvé avec un bonheur non dissimulé ses marques à bord du trimaran géant : « Un départ, c’est toujours fort émotionnellement et celui-ci a été brutal. On s’en sort bien. On a évité le gros du vent. La mer se calme. On tient bien la feuille de route en bataillant avec des grains un peu mous. On attaque pour se sortir des grains. On est content de notre moyenne. Un peu de bricolage à faire mais rien de grave. On commence seulement à s’alimenter régulièrement, œufs au bacon pour moi ce matin. »

L’Équateur à l’esprit
Bien calé dans l’alizé, IDEC SPORT plonge plein sud avec déjà le passage de l’équateur en tête. Francis Joyon et ses hommes s’appliquent à réciter leurs gammes et à suivre à la lettre les conseils élaborés depuis la terre par le routeur Marcel van Triest. L’heure d’un premier bilan viendra avec la bascule dans l’hémisphère sud. « Pour l’instant on ne regarde pas trop les écarts, mais on reste concentré sur les conseils de Marcel. » explique Clément. « On est dans la bonne gestion du bateau, dans la mise en route de ce tour du monde. Avec le vent régulier, on va allumer.  Francis et Marcel échangent par mail et on discute entre nous. J’espère qu’il est content de nous. »

Le soleil est au rendez-vous. Une à une, les couches de vêtements d’hiver sont remisées au placard, et le plaisir d’une navigation de l’extrême, à bord d’un voilier hors norme s’installe tranquillement.

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En approche du Cap de Bonne Espérance

Sailing aerial images of the IMOCA boat Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), during training solo for the Vendee Globe 2016, off England, on September 16, 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe Images aériennes de Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), lors d'une sortie d'entrainement en solo au large de l'Angleterre, le 16 Septembre 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe

Alex Thomson pourrait franchir le cap de Bonne Espérance dès jeudi soir. Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse sont toujours à ses trousses et alignent de bonnes moyennes.  Après l’abandon de Vincent Riou (PRB) sur avarie de quille, le groupe des leaders est composé de six bateaux. Sur une trajectoire très Sud, le Britannique flirte avec la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) dans laquelle les coureurs n’ont pas le droit de pénétrer. Une centaine de milles plus au Nord que le leader, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) a pris le dessus sur Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), pénalisé par le choc avec un OFNI qui a nécessité 4 heures de réparation la nuit dernière. A noter qu’Alex Thomson et Armel Le Cléac’h sont pour le moment les deux seuls à naviguer dans les mythiques Quarantièmes Rugissants.

Les écarts se creusent dans le groupe de tête. Premier bizuth, solidement installé à la 4e place au général, Morgan Lagravière (Safran) accuse tout de même près de 400 milles de retard sur Thomson. Paul Meilhat (SMA, 5e) et Jérémie Beyou (Maître CoQ, 6e) pointent respectivement à plus de 600 et 700 milles de l’éclaireur britannique. Dépassés par le front qui a propulsé les premiers, Meilhat et Beyou cherchent désormais à se repositionner pour le prochain système dépressionnaire qui les mènera à Bonne Espérance.

Varier les plaisirs
Les écarts vont probablement diminuer car les premiers vont buter dans une zone de vent faible. Ils ne se plaindront pas de varier les plaisirs car depuis le départ des Sables d’Olonne, le 6 novembre, les hommes de tête tiennent un rythme effréné (17,3 nœuds de moyenne sur l’eau pour Alex Thomson !). Il faut imaginer la haute vitesse permanente sur ces bolides en carbone au confort, disons, limité. Le bateau gîte, tape, des tonnes d’eau s’abattent sur le pont et dans le cockpit. Le vacarme est assourdissant, les appendices sifflent. Dans ces conditions, chaque geste devient périlleux, les repas sont sommaires et les marins n’accèdent au sommeil que par épuisement…
Le moment de répit qui s’annonce permettra aux leaders de souffler, d’effectuer si besoin les petites réparations nécessaires, mais aussi de procéder à un « check » su bateau avant d’entrer dans les mers du Sud, où les conditions seront à nouveau très exigeantes pour l’homme et le matériel.

Pour les poursuivants, enfin des vitesses à deux chiffres !
Derrière Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie) qui a pu garder de la pression dans un couloir de vent, les dernières journées ont été compliquées pour les autres concurrents qui sont restés scotchés de longues heures, voire des journées entières. Pris dans les griffes de l’anticyclone, ils ont dû s’armer de patience et laisser de côté la frustration de s’être fait claquer la porte au nez, là où les leaders filaient à plus de 20 nœuds il y a quelques jours.
Mais ça y est, tout le monde commence à accélérer. Le bruit de la vitesse se fait à nouveau entendre. Le groupe des trois, composé de Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine), naviguera probablement à partir de demain en avant d’un front qui arrive par l’Ouest.

Nouveau départ pour le peloton, Didac Costa seul dans l’hémisphère Nord
La compression de la flotte a été particulièrement favorable à deux concurrents, Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Eric Bellion (CommeUnSeulHomme). Le premier emmène désormais ce peloton : il pointe ainsi en 12e position, soit cinq places de mieux qu’il y a deux jours ! Quant à Eric Bellion, il a gagné quatre places ces dernières 24 heures. Il est ce soir 18e. Deux marins « amateurs » dans le Top 20 du Vendée Globe après 17 jours de course : la performance mérite d’être saluée.

De Fabrice Amedeo à Rich Wilson (Great American IV), dix concurrents se tiennent ce soir en 120 milles. Les cartes ont été redistribuées et côté météo, la situation semble vouloir se décanter. Si ce groupe se bat encore dans les calmes de l’anticyclone, le vent devrait (enfin) rentrer par l’Ouest à partir de demain.

Notons enfin qu’après le passage de l’équateur de Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean), seul l’Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean) n’a pas franchi cette marque symbolique. Mais ce n’est qu’une question d’heures avant qu’il ne rejoigne ses 25 camarades dans l’hémisphère Sud. En fin de semaine, tous les concurrents navigueront dans les systèmes dépressionnaires de l’hémisphère Sud.

Soucis de communication pour Jérémie Beyou
Jérémie Beyou rencontre actuellement des problèmes avec ses deux antennes Fleet, qui sont tombées en panne simultanément. Concrètement, ce problème de transmission empêche le skipper de Maître CoQ de recevoir ou d’envoyer des fichiers, et donc de charger ses fichiers météo. En attendant, il utilise son Iridium. Mais cette solution est bien moins efficace car la connexion est très aléatoire et le téléchargement de fichiers lourds impossible. « C’est compliqué dans ces conditions d’avoir une vraie stratégie », commente Jérémie Beyou.

Après l’abandon de Vincent Riou (PRB) sur avarie de quille, le groupe des leaders est composé de six bateaux. Et c’est toujours le fougueux Alex Thomson (Hugo Boss) qui mène les débats à vive allure (près de 20 nœuds au pointage de 15h). Sur une trajectoire très Sud, le Britannique flirte avec la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) dans laquelle les coureurs n’ont pas le droit de pénétrer. Une centaine de milles plus au Nord que le leader, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) a pris le dessus sur Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), pénalisé par le choc avec un OFNI qui a nécessité 4 heures de réparation la nuit dernière. A noter qu’Alex Thomson et Armel Le Cléac’h sont pour le moment les deux seuls à naviguer dans les mythiques Quarantièmes Rugissants.
Les écarts se creusent dans le groupe de tête. Premier bizuth, solidement installé à la 4e place au général, Morgan Lagravière (Safran) accuse tout de même près de 400 milles de retard sur Thomson. Paul Meilhat (SMA, 5e) et Jérémie Beyou (Maître CoQ, 6e) pointent respectivement à plus de 600 et 700 milles de l’éclaireur britannique. Dépassés par le front qui a propulsé les premiers, Meilhat et Beyou cherchent désormais à se repositionner pour le prochain système dépressionnaire qui les mènera à Bonne Espérance.

Varier les plaisirs
Les écarts vont probablement diminuer car les premiers vont buter dans une zone de vent faible. Ils ne se plaindront pas de varier les plaisirs car depuis le départ des Sables d’Olonne, le 6 novembre, les hommes de tête tiennent un rythme effréné (17,3 nœuds de moyenne sur l’eau pour Alex Thomson !). Il faut imaginer la haute vitesse permanente sur ces bolides en carbone au confort, disons, limité. Le bateau gîte, tape, des tonnes d’eau s’abattent sur le pont et dans le cockpit. Le vacarme est assourdissant, les appendices sifflent. Dans ces conditions, chaque geste devient périlleux, les repas sont sommaires et les marins n’accèdent au sommeil que par épuisement…
Le moment de répit qui s’annonce permettra aux leaders de souffler, d’effectuer si besoin les petites réparations nécessaires, mais aussi de procéder à un « check » su bateau avant d’entrer dans les mers du Sud, où les conditions seront à nouveau très exigeantes pour l’homme et le matériel.

Pour les poursuivants, enfin des vitesses à deux chiffres !
Derrière Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie) qui a pu garder de la pression dans un couloir de vent, les dernières journées ont été compliquées pour les autres concurrents qui sont restés scotchés de longues heures, voire des journées entières. Pris dans les griffes de l’anticyclone, ils ont dû s’armer de patience et laisser de côté la frustration de s’être fait claquer la porte au nez, là où les leaders filaient à plus de 20 nœuds il y a quelques jours.
Mais ça y est, tout le monde commence à accélérer. Le bruit de la vitesse se fait à nouveau entendre. Le groupe des trois, composé de Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine), naviguera probablement à partir de demain en avant d’un front qui arrive par l’Ouest.

Nouveau départ pour le peloton, Didac Costa seul dans l’hémisphère Nord
La compression de la flotte a été particulièrement favorable à deux concurrents, Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Eric Bellion (CommeUnSeulHomme). Le premier emmène désormais ce peloton : il pointe ainsi en 12e position, soit cinq places de mieux qu’il y a deux jours ! Quant à Eric Bellion, il a gagné quatre places ces dernières 24 heures. Il est ce soir 18e. Deux marins « amateurs » dans le Top 20 du Vendée Globe après 17 jours de course : la performance mérite d’être saluée.

De Fabrice Amedeo à Rich Wilson (Great American IV), dix concurrents se tiennent ce soir en 120 milles. Les cartes ont été redistribuées et côté météo, la situation semble vouloir se décanter. Si ce groupe se bat encore dans les calmes de l’anticyclone, le vent devrait (enfin) rentrer par l’Ouest à partir de demain.

Notons enfin qu’après le passage de l’équateur de Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean), seul l’Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean) n’a pas franchi cette marque symbolique. Mais ce n’est qu’une question d’heures avant qu’il ne rejoigne ses 25 camarades dans l’hémisphère Sud. En fin de semaine, tous les concurrents navigueront dans les systèmes dépressionnaires de l’hémisphère Sud.

Soucis de communication pour Jérémie Beyou
Jérémie Beyou rencontre actuellement des problèmes avec ses deux antennes Fleet, qui sont tombées en panne simultanément. Concrètement, ce problème de transmission empêche le skipper de Maître CoQ de recevoir ou d’envoyer des fichiers, et donc de charger ses fichiers météo. En attendant, il utilise son Iridium. Mais cette solution est bien moins efficace car la connexion est très aléatoire et le téléchargement de fichiers lourds impossible. « C’est compliqué dans ces conditions d’avoir une vraie stratégie », commente Jérémie Beyou.
ILS ONT DIT
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Vincent Riou (PRB) :
« J’ai une grosse déception personnelle sur cet abandon mais il faut imaginer tous les gens qu’on amène avec nous sur cette aventure. Il faut imaginer la déception de toute cette communauté qui nous soutient. C’est un fardeau assez lourd à porter, surtout sur une course comme celle-là, où on est seul dans l’action. C’est ce qui me mine le plus… Je vais rallier le port de Cape Town en Afrique du Sud. On imagine que l’ensemble n’est pas trop endommagé. On verra en le démontant. On pense déquiller le bateau rapidement. L’équipe arrive avec des pièces pour réparer. Je ramènerai ensuite mon bateau en Europe. J’espère au plus vite. Des histoires qui se terminent mal comme ça, plus vite elles sont closes et mieux tout le monde se porte. »

Alex Thomson (Hugo Boss) :
« Le vent faiblit peu à peu, ce moment de répit va faire du bien. Le vent tourne un peu à gauche derrière le bateau, je vais donc être obligé d’empanner à un moment. Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse sont toujours avec moi. En ce moment, l’angle de vent est favorable et la mer forte. Le désavantage de ne pas avoir un foil est relativement peu important. Mais dans certaines conditions je serai davantage handicapé. Il me reste le foil bâbord donc j’espère que je naviguerai le plus souvent possible tribord amures ! »

Jean le Cam (Finistère Mer Vent) :
« Je vais appeler Vincent (Riou) dans la journée même si parfois tu n’as pas les mots, tu ne sais pas trop quoi dire. Heurter des OFNI fait partie du métier. On sait tous que c’est aléatoire. On peut avoir toutes les alarmes qu’on veut, un truc immergé dans l’eau, on ne peut rien y faire. On passe 80% du temps à l’intérieur. La vie continue et il y aura d’autres choses derrière pour Vincent, il saura rebondir… De mon côté, j’ai enfin repris de la vitesse. Hier, j’ai fait 2 nœuds pendant 4 heures. Je pense être à ma place, le bateau est nickel, j’avance entre 12 et 14 nœuds sous spi. Le début de course a fait un peu mal, j’essaye de me reposer tant que les conditions sont maniables. J’ai dû dormir 6h cette nuit. »

Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine) :
« C‘est un peu frustrant pour moi de voir cette course qui s’étire par devant sans rien pouvoir faire. La météo a été très favorable pour les leaders. C’est sympa d’avoir devant moi deux marins d’expérience (Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam). Ce sont de bons lièvres et des références intéressantes car ils naviguent dans le même système météo que moi. C’est chouette d’avoir des bateaux autour et de ne pas naviguer tout seul. Je prends énormément de plaisir, je me sens de mieux en mieux. Les IMOCA sont des bateaux incroyables, qui démarrent au quart de tour. Et le solitaire est une pratique grisante. Je suis très fier d’être sur ce Vendée Globe. »

Pieter Heerema (No Way Back) :
« Je suis désolé pour Vincent. Sur les IMOCA, les vitesses et les forces sont si énormes que le moindre choc peut engendrer de lourdes conséquences. C’est flippant ! Actuellement, je navigue dans un vent de 8 à 14 nœuds. Ce temps calme me convient bien car j’ai trois tâches à effectuer : bricoler un safran, décoincer un foil et régler un problème de dessalinisateur. »

Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) :
« J’ai passé l’équateur hier, je suis dans les alizés stables. Il y en a pour quelques jours le long du Brésil avant le grand virage. Ça me parait normal que Didac (Costa) revienne. Nos bateaux ne vont pas à la même vitesse. Mon IMOCA est le seul à quille fixe et ça se ressent au niveau de la performance. Il ne faut pas pleurer. Les performances du bateau ne seront jamais équivalentes à celles de mes voisins, c’est comme ça. Mais je me fais plaisir et je fais du mieux que je peux. Je ne préserve pas le bateau plus que nécessaire, mais je ne me polarise pas non plus sur la vitesse des autres. »

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Cap vers les mers du Sud pour Kito

Kito de Pavant et Bastide Otio tracent leur chemin. Ils se situent actuellement au large de Rio en 13e position. Après avoir passé une nuit blanche à la barre, de nombreux empannages et changements de voiles pour essayer de faire avancer au mieux Bastide Otio dans la pétole, Kito de Pavant sort enfin de la bulle anticyclonique qui le suit depuis dimanche soir.
Malgré le retard accumulé sur les leaders de la flotte, le skipper du Midi reste optimiste et rappelle que la route est longue avec encore 2 mois et demi de course !

Après trois jours difficiles à des vitesses en dessous de 10 nœuds, Kito de Pavant a enfin attrapé du vent de Nord-Ouest d’une bonne dizaine de nœuds qui devrait lui permettre de faire glisser son IMOCA Bastide Otio dans de bonnes conditions, en direction du cap de Bonne Espérance qu’il devrait atteindre d’ici la fin de la semaine.
S’il a gagné une place au classement de 18h hier, Kito vient de passer de la 11e à la 13e place au classement de 18h ce soir. Louis Burton et Fabrice Amedeo, plus à l’Est, sont passés devant, mais ils avancent actuellement moins vite que Bastide Otio et sont a priori moins bien placés pour attraper la prochaine dépression qui arrive de Buenos-Aires.
« Je suis sorti de la cellule anticyclonique. Ça a été vraiment compliqué de sortir de là. Les modèles météo que j’avais me faisaient traverser beaucoup plus vite que ça. Ce matin le vent s’est relevé doucement. J’ai un peu plus d’une dizaine de nœuds.
Plus ça va aller, plus les conditions vont être bonnes, en tout cas jusqu’au cap de Bonne Espérance où j’aurai 4 à 5 jours de retard sur les premiers.
Dans les mers du Sud, il y a peu de chance qu’il y ait de gros chamboulements. Il peut y en avoir en Australie. Je pense qu’il faut attendre le cap Leeuwin pour pouvoir recoller éventuellement parce qu’il va encore y avoir des passages à niveau avec un anticyclone qui est souvent sous l’Australie. La route est longue. On a encore deux mois et demi de course. Il ne faut pas s’affoler, c’est normal qu’il y ait de gros écarts. On va tout faire pour les réduire mais ça ne va pas se faire tout de suite. »
Sommeil
« Je suis vraiment bien calé dans le sac à billes. C’est confortable, j’arrive à dormir assez rapidement. Ça fait bientôt trois semaines qu’on est parti et je me sens en forme donc c’est plutôt bénéfique. On a bien travaillé là-dessus, ainsi que sur la nutrition avec Bastide Médical. On a bien progressé sur ces domaines-là.
Ça reste quand même un bateau à voile en course avec des alarmes qui sonnent en permanence et des contrariétés qui empêchent d’avoir un vrai rythme de sommeil optimal. Mais au bout de 35 à 40 minutes je me réveille assez naturellement. »
Energie à bord de Bastide Otio
« Côté énergie ça se passe bien. J’ai été obligé de faire tourner le moteur dans les zones de pétole, deux fois une heure pour charger les batteries depuis le départ. Tout le reste se fait avec les hydrogénérateurs qui marchent nickel. C’est d’un confort incroyable, ça ne fait pas de bruit, ça ne ralentit pas le bateau, ça tourne tout seul et dès qu’on marche à 10 nœuds on est totalement autonome. »

Kito a profité du calme et de la chaleur des mers tropicales pour se « refaire une petite santé », mais aussi pour bricoler à bord de Bastide Otio. Au large des îles Canaries, le gennaker de brise s’était déchiré dans un départ au lof. Il aura fallu 3 jours au skipper méditerranéen pour enlever les nœuds et 3 de plus pour recoller les morceaux. Cette voile est en effet importante pour la navigation à venir. Kito et Bastide Otio sont donc prêts à affronter les mers du Sud !

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10 000 milles parcourus et 360 milles d’avance

7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'

10000 milles parcourus depuis son départ ! Seul en mer depuis 17 jours, Thomas Coville raconte ce que cela représente de naviguer dans l’Indien sur un bateau de la taille de Sodebo Ultim’.

Alors qu’il va passer au nord des Iles Kerguelen, le skipper de Sodebo Ultim’ revient sur les dernières 48 heures qui ont été très intenses. Après une collision avec une baleine, il a fallu, à califourchon sur le flotteur, réparer la barre de transmission du safran tribord et continuer à progresser vers l’est dans les rafales de vent glacé et une mer déchaînée.

Il reconnaît qu’il n’aime pas cet endroit. Comme bien des marins, il redoute l’Indien même s’il apprécie de « naviguer entouré de centaines d’oiseaux y compris des albatros dont un est d’ailleurs venu se poser cette nuit sur le bateau.»

Du bateau, il en dit le plus grand bien même s’il avoue que « si c’est un atout d’avoir un bateau plus large pour aller plus vite, la gestion de sa puissance est un échiquier permanent entre la prise de risques et ta faculté de réagir à tous les évènements.»

Au sujet des manœuvres à bord, il reconnaît que « pour un seul homme, c’est à chaque fois un travail titanesque et vu la taille des voiles, tu n’as pas intérêt à te tromper dans le choix de ta voile.»

LA VIE EN SOLO DANS L’INDIEN SUR UN MULTICOQUE DE 31 MÈTRES DE LONG ET 21 METRES DE LARGE

« Un funambule au milieu de rien »
« Hier j’ai dû réparer la barre de transmission du safran sur le flotteur suite à un choc avec une baleine. Ça a tapé très fort et le safran s’est désolidarisé du flotteur. J’ai dû me mettre à cheval sur le flotteur. J’allais prendre une photo pour l’envoyer à mon équipe technique, quand j’ai senti mes jambes glisser, la sensation que j’allais y passer. Du coup j’ai perdu l’appareil photo. Pas mal d’adrénaline ! Je suis attaché en deux points avec un baudrier de montagne et aussi aux épaules pour pouvoir me déplacer comme sur une via ferrata. Mais si tu te fais embarquer, tu peux vite glisser, tu n’as pas le droit à la moindre erreur. Tu es un funambule au milieu de rien. Il faut être très concentré. Tu sais que si tu n’arrives pas à réparer le safran, c’est l’abandon. Mais j’ai tout de suite trouvé la bonne solution pour le refixer. Je suis rentré dans le cockpit, les jambes en coton mais avec la sensation d’une petite victoire.»

L’Indien
« Ici tu es juste toléré. C’est hostile. Hier il y avait vraiment de la mer et des creux annoncés jusqu’à 10 mètres. Je n’en ai pas vu mais c’était gros. Ce matin avant de renvoyer le 3ème ris, j’ai dû aller en bout de bôme et je me suis trouvé dans un ruisseau de grêlons qui s’étaient accumulés dans cette grande gouttière. J’étais à quatre pattes pour avancer. Il commence à faire très froid. Ça piquait fort sous le grain de grêle !
Aujourd’hui, il fait assez beau, de plus en plus froid et le vent est toujours relativement soutenu – environ 30 nœuds – mais la mer s’atténue et ça te change la vie.

Ici c’est l’été. Il fait 4 degrés et il fait jour pendant 20 heures environ. Il n’y a que 4 heures pendant lesquelles tu avances dans le noir sans lune et sans voir les rafales de vent et la taille des vagues ! »

Dans l’Indien, il y a beaucoup d’oiseaux. J’aime cette ambiance d’être accompagné par la nature. En l’Atlantique, il y a peu d’oiseaux, quelques poissons volants mais je n’en ai pas vu beaucoup. Depuis des années, j’essaie de photographier un albatros. Sans succès. »

Se protéger du froid glacé
« Je porte : une cagoule, une sous-couche qui me sert de première peau, un babygros qui tient bien chaud, un pantalon et un haut de ciré et j’alterne avec deux paires de bottes et de chaussettes pour être toujours au sec. Pour dormir, je reste habillé, sauf le haut de ciré mais je garde tout car il faut être prêt à intervenir dans la seconde. »

Fast but not furious
« Tu as envie d’aller plus vite, mais ce n’est pas toujours prudent. Quand tu essaies, tu te rends compte que c’est n’importe quoi. Il fallait passer ce noyau de grosses vagues de 8-9 mètres, sans rien casser. J’avais la frustration d’être en dessous des routages et de ce qui était prévu, ce qui me met la pression.

Il faut être encore plus réactif que sur mon ancien bateau. Tu n’as pas le droit à la moindre erreur quand tu arrives en bas d’une vague à 40 nœuds, c’est juste colossal. Tu dois gérer tous les paramètres. Plus le bateau est grand et large, plus tu accèdes à des vitesses importantes et plus la marge d’erreur est faible. »

Les voiles
« Rouler, dérouler, vérifier, ce sont des cycles et un travail éreintant surtout dans le froid (il fait 4 degrés mais la température ressentie est inférieure à cause du vent et de la vitesse). »

Se nourrir
« Actuellement je m’offre des doubles portions, deux sachets des lyophilisés qu’on a préparé avec Sodebo. Mais parfois les conditions sont tellement violentes que ce n’est pas facile de se préparer à manger.»

L’abandon de Vincent Riou, skipper de PRB, dans le VENDÉE GLOBE
« J’ai eu le bourdon hier quand j’ai appris l’abandon de Vincent Riou. Ça m’a affecté. Il a la maturité des leaders et de ceux qui ont déjà gagné la course. Il y met tellement d’énergie. C’est injuste. Ça détruit trop de choses. Vincent connaît tellement bien son bateau qu’il aurait pu l’exploiter complétement dans le sud et montrer ce qu’il sait très bien faire. »

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Avarie de safran réglée à bord d’Edmond de Rothschild

15_65904 © Th.Martinez / GITANA SA. LORIENT - FRANCE . 24 Août 2015. First sail of new IMOCA "MONO60 EDMOND DE ROTHSCHILD" , skipper Sébastien Josse (FRA), co-skipper Charles Caudrelier (FRA)

Personne n’est épargnée par les avaries au sein de la flotte. Sébastien Josse a du réparer son safran hier et a perdu plusieurs milles.
Hier soir, à 22h, le dernier classement du jour conforte Sébastien Josse dans sa deuxième place. Le solitaire pointe alors à 96 milles du leader Alex Thomson et possède quelques milles d’avance sur le troisième, Armel Le Cléac’h. La cadence est toujours élevée et le trio de tête n’entend pas mollir pour exploiter au maximum l’opportunité météorologique qui s’offre à lui. Mais trente minutes plus tard, le skipper du Mono60 Edmond de Rothschild contacte son équipe à terre. Alors qu’il naviguait dans un vent de Nord Nord-Ouest oscillant de 25 à 30 nœuds et progressait à une vitesse équivalente, Gitana 16 a heurté un OFNI (Objet Flottant Non Identifié). L’impact a eu lieu au niveau du safran tribord du 60 pieds et l’incident, forcément violent à de telles vitesses, a endommagé le système de relevage de l’appendice.
La casse du foil tribord de Hugo Boss le week-end dernier ou plus récemment l’abandon de Vincent Riou survenu un plus tôt dans la journée, sont là pour rappeler que les chocs avec les OFNI, si ils font partie du quotidien du marin, n’en demeurent pas moins redoutables pour le matériel et les machines, qui plus est lorsque ces dernières filent à vivent allure.
Sébastien Josse en a encore fait l’amer constat la nuit dernière. Alors qu’il pensait avoir réalisé le plus dur dans l’après-midi en se maintenant à l’avant de la dépression malgré des conditions de vent plus qu’instables, le skipper du Mono60 Edmond de Rothschild a dû faire face à des problèmes techniques consécutifs à un choc avec un OFNI sur le safran tribord du bateau. Dans l’impact, le système de relevage du safran a subi des dommages empêchant l’appendice de reprendre place dans son logement en position basse.
À terre, une équipe constituée de Pierre Tissier, directeur technique du Gitana Team, David Boileau, boat captain de Gitana 16 et Armand de Jacquelot, membre du bureau d’études du Gitana, s’est mis en contact avec Sébastien Josse pour lui proposer des solutions de réparation et l’aider au mieux dans l’application de ces dernières.

Après plus de quatre heures d’arrêt forcé le problème était fixé et tandis que le safran tribord du Mono60 Edmond de Rothschild retrouvait sa place et son utilité, Sébastien Josse pouvait enfin reprendre sa route.
Dans cet incident, le skipper de l’écurie aux cinq flèches a perdu de précieux milles durement acquis. En effet, rappelons que hier les trois premiers concurrents étaient parvenus à se maintenir à l’avant d’un front qui accompagne la tête de flotte vers le cap de Bonne-Espérance. Cette très bonne opération avait permis à Sébastien Josse et ses deux compagnons d’échappée – Hugo Boss et Banque Populaire VIII, de prendre un bel avantage sur leur poursuivants, le premier d’entre eux Safran étant relégué à près de 300 milles du leader tandis que SMA, 5e, accusait un retard de 462 milles.
Au classement de 5h, Edmond de Rothschild cède logiquement sa 2e place et pointe désormais à 169,4 milles du tableau arrière du monocoque britannique. Pour autant, Sébastien Josse est à nouveau en course, ce qui est déjà une satisfaction en soi.
Classement du 23 novembre à 5h (HF)
1. Alex Thomson (Hugo Boss) à 18 143 milles de l’arrivée
2. Armel Le Cleac’h (Banque Populaire VIII) à 102,2 milles
3. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) à 169,4 milles du leader
4. Morgan Lagravière (Safran) à 348,8 milles
5. Paul Meilhat (SMA) à 405,6 milles
6. Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 553,7 milles
7. Yann Eliès (Queguiner Leucémie Espoir) à 1004,3 milles

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