Il s’agit sans doute de la plus courte étape de l’histoire du Tour de France à la Voile. Pour le dernier ralliement de cette 28ème édition, la flotte n’a officiellement parcouru que 6 petits milles. Faute de vent, ce matin, dans le Golfe de Saint-Tropez, les concurrents ont quitté Sainte-Maxime au moteur en attendant qu’Eole se décide à gonfler leurs voiles. Douze milles plus loin, une ligne de départ est enfin mouillée mais dans un vent toujours très faible compris entre 4 et 6 nœuds. Après un double Rappel Général, les Mumm 30 s’élancent au pied du Cap Roux pour traverser la Baie de la Napoule.
Très vite, deux options se dessinent. Tandis qu’une majeure partie des bateaux choisit la côte, deux équipages partent au large et passent en tête : EMINENCE MARSEILLE et ESPOIRS AQUITAINS. «Nous ne voulions pas trop approcher de la côte, explique le barreur aquitain, Xavier Cantegrel. Sur les précédentes éditions du Tour de France à la Voile, nous avions déjà vu le vent tomber brusquement dans cette zone. Nous sommes donc partis sur la droite du plan d’eau, ce qui nous permet de passer deuxième au pointage, derrière Eminence ». A la Tourelle Les Moines, à quelques encablures de l’île Saint Honorat, l’équipage féminin mène, en effet, la flotte. Il est alors 13h00 et le vent s’est légèrement renforcé entre 6 et 8 nœuds. Cela sera de courte durée …
Drôles de Dames
Monaco Classic Week : Régates de Yachts de tradition et défis de Class J
Une VIIème édition, placée sous le signe de l’excellence
Pour cette nouvelle édition, le Yacht Club de Monaco a souhaité privilégier la qualité du plateau, en invitant les plus beaux fleurons de la flotte classique, dont l’histoire, la carrière sportive, les armateurs ou tout simplement l’architecte et le chantier dont ils sont issus, en font des yachts d’exception.
Près d’une quarantaine de yachts (à voile et à moteur), triés sur le volet, ont d’ores et déjà confirmé leur participation. C’est ainsi que l’on pourra découvrir, lors des régates de yachts de tradition, le ketch Sumurun (1914), un plan Fife de 28 mètres, détenteur de l´ «Atlantic Challenge Cup» en 1997 et nouveau venu à Monaco ; Xarifa, une goélette à trois mâts de 43m lancée en 1927 ou encore l’élégant plan Charles E. Nicholson, Orion (1910), qui fera son grand retour après une longue restauration de plus de deux ans et demi aux chantiers de Classic Works, à la Ciotat.
A leurs côtés, des motor-yachts d’époque. Véritables monuments historiques à l’instar de Mabrouka (18m – 1926), ils sont des témoins de l´avancée technologique de leur temps, tel le yacht à vapeur SS Delphine (80m – 1921) ou encore du développement, du confort et du luxe de l´entre-deux-guerres, comme à bord de Over the Rainbow (35m – 1930), entièrement restauré par Jean-Michel Folon, qui viendra présenter son nouveau chef d’oeuvre.
Autres invités de marque… les Riva avec la présence exceptionnelle de Carlo Riva. Ces runabouts en bois acajou ont marqué de leurs vernis et de leurs chromes toute une génération, et sont aujourd’hui encore synonymes de beauté et d’excellence. Un succès qui ne saurait faire oublier leur inégalable qualité de conception et de fabrication et leurs excellentes performances de racers.
Vent et brouillard pour les Swan 45
Avec 19 milles de course pour les Swan de la catégorie B et D puis 30 milles pour les grandes unités de la Classe A et C (celle de Swan 45), le comité de course avait réservé aux concurrents un parcours intéressant d´un point de vue tactique. Naviguer dans le brouillard n´est pas chose facile et encore moins en course. A ce petit jeu de cache-cache, Plenty effectue la bonne opération de la journée et fait un bon au classement général provisoire juste derrière l´éternel leader, Goombay Smash, troisième de ce parcours côtier.
Pourtant, la bataille a été rude pour l´obtention de la première marche et ce n´est qu´au terme d´une tactique sans faille qu´Alexandre Roepers a subtilisé la victoire à ses poursuivants. « Nous étions quatrième et grâce à un empannage exécuté rapidement nous avons pu bénéficier d´un vent légèrement plus soutenu que nos adversaires. Cette manouvre nous a permis de nous imposer dans une régate dont les conditions n´ont pas cessé de changer. Nous avons adoré naviguer dans le brouillard. Cela a été un grand moment d´excitation mais aussi de stress ! », raconte Roepers.
Rencontre avec Sam Davies
Aller plus loin
« Je suis capable de meilleurs résultats » avouait Sam en début de saison. En avril, SKANDIA arrive cinquième à Cuba sur le trophée BPE. Cette transatlantique entre Saint-Nazaire et Cuba a permis à Sam de retrouver son bateau et de se confronter aux autres figaristes. En juin, la britannique s’engage dans la Générali Solo en Méditerranée, première course du championnat de France. Elle s’offre alors quelques belles étapes, arrive à trois reprise cinquième et montera une fois sur la troisième marche du podium. Mais Sam souffre d’un vent trop faible et manque de chance dans ses choix tactiques. Déçue elle ne termine que 12ème au classement général « J’ai vécu les jours les plus difficiles avec Skandia. C’était très éprouvant et je n’ai pas eu de très bons résultats. Mais avec du recul je me dis que les échecs enrichissent ma navigation et que je vais être au top pour la Solitaire ! ». C´est pour parfaire son expérience qu´avant la Solitaire Afflelou Le Figaro, Sam a fait une petite infidélité à son Figaro SKANDIA en rejoignant l’équipe féminine d’Eminence Marseille pour tirer quelques bords sur les premières étapes du tour de France à la voile.
A l´assaut de la Solitaire…
La grande course approche, « la Solitaire Afflelou Le Figaro, Pour Sam, c´est un rendez-vous important. Décrochant deux fois la 19ème place en 2003 et 2004, elle a également gagné la seconde place de Bizuth la première année. Lors de cette 36ème édition, les skippers vont devoir une fois de plus déployer tous leurs talents pour arriver à bout des 1 710 milles que compte le parcours, des 12 jours de navigation intensifs, et des 4 manches entre la France, l’Espagne et l’Irlande. 46 solitaires dont les célèbres Michel Desjoyaux et Charles Caudrelier (tenant du titre en 2004) seront les acteurs de cette grande joute nautique. Sam fait partie des 4 étrangers de la course et des 3 filles inscrites. Quelques jours avant le départ elle est sereine et aborde sa troisième participation avec détermination « Mon objectif est de terminer dans le top 10… Je pense maintenant être capable de terminer sur le podium d’une manche…».
Mondial 420 à Brest : Lumeau et Bossard, un duo en or
Constante progression
Les deux régatières ont commencé la voile à l´âge de 9 ans. Toutes deux en Optimist. Marie à l´Ile Tudy, Claire à Brignogan. Adversaires sur l´eau, elles sont très vite devenues amies à terre. “On s´entendait bien, donc, après 6 ans d´Optimist, on s´est retrouvé en 420 car on n´avait pas le gabarit pour l´Europe ou le Laser””.
La première fois qu´elles sont montées sur le dériveur, Marie s´est installée à la barre, Claire prenant le rôle d´équipière : “”On a commencé comme ça et ça a marché””. Et plutôt bien si l´on en juge par les premiers résultats : une 30e place (sur 60) au Mondial 2002 en Angleterre : “”Nous n´avions ni la technique, ni le physique. A vrai dire, cette 30e place ne nous convenait pas vraiment, les autres françaises étaient devant nous””.
Qu´importe, les cadettes se rattrapent quelques mois plus tard en décrochant une belle 2e place au France à Binic. La machine est lancée et, l´année suivante, Marie et Claire gagnent vingt places au Mondial à Melbourne : “”10es, c´était mieux””.”
Armel Tripon : “je vais me donner à fond”””
Voici revenu le temps de l’épreuve reine, La Solitaire. La deuxième pour Gedimat et Armel Tripon : « J’ai vraiment hâte de retrouver cette course et je suis motivé à bloc », assure le navigateur nantais, « la Solitaire, c’est vraiment l’épreuve phare de la saison ». Armel Tripon sera dès dimanche à Perros-Guirec pour fignoler au mieux les derniers préparatifs de la grand’messe des Figaristes. Le prologue aura lieu le 5 août et le départ de la première étape sera donné le dimanche 7, cap sur Geixto-Bilbao au Pays Basque espagnol. Les trois autres étapes seront Bilbao-La Rochelle, La Rochelle-Cork (Irlande) puis Cork-Port Bourgenay, le port de Talmont Saint Hilaire près des Sables d’Olonne où sera jugée l’arrivée et sacré le grand vainqueur, entre le 26 et le 28 août. Quatre étapes, plus de trois semaines de course : la Solitaire est de nouveau dans son format classique, après l’édition 2004 écourtée pour cause de Jeux Olympiques.Ce retour à une course de longue haleine n’est pas pour déplaire au skipper de Gedimat. «Je suis un peu comme Ullrich dans le tour de France cycliste : pour être bien il lui faudrait une épreuve de six semaines… c’est un peu pareil pour moi, je préfère quand c’est long », s’amuse Armel. « Les étapes vont faire 3 ou 4 jours, je pense que ça me convient bien mais je ne dirais peut-être pas ça tous les ans ». A peine sous-entendu : si les progrès constatés cette année dans tous les domaines mais surtout dans les phases de départ, en vitesse pure et en tactique se confirment, alors cette donnée s’amenuise puisque le risque de retard au lancement se trouve réduit.
Transgascogne : La belle progression d’Isabelle Joschke
De Rio à PaimpolUne beau jour, on lui propose un convoyage entre La Rochelle et Rio (Brésil) sur un voilier de croisière. Elle accepte sans savoir que cette longue traversée va changer sa vie. “A l’arrivée, j’ai su que j’étais faite pour ça””. Pour parfaire ses connaissances, elle débarque à Paimpol en tant que monitrice aux Glénan. “”Là, j’ai appris énormément de choses, comme la navigation dans les cailloux, la gestion des courants””.Même si elle parvient à décrocher sa Maîtrise de Lettres, son choix est fait : elle a décidé d’exercer un métier en rapport avec la mer. Son brevet d’Etat et son PPV (Patron de Plaisance Voile) dans la poche du ciré, Isabelle s’oriente pendant deux ans vers le métier de skipper professionnel. Mais, très vite, les convoyages et les sorties “”charter”” ne lui suffisent plus : “”J’avais besoin d’autre chose, d’adrénaline. Il me manquait ce côté aventure””.”
E.Leclerc-Bouygues Telecom remporte la 1e étape de la Transgascogne
Defimer, le 27 juillet 2005 à 10h30.- « Je suis très content, toute la course s’est super bien passée, je n’ai vu absolument personne depuis Belle-île ! J’ai traversé le Golfe de Gascogne tout seul, ça avait un vrai parfum de Transat et à l’arrivée je me retrouve avec 1h40 d’avance avant le retour à Port-Bourgenay.… » La voix est fatiguée, mais l’esprit est clair, tôt ce matin, à l’aube du port espagnol de Gijon où Corentin Douguet goûte aux toutes premières heures d’un repos de vainqueur bien mérité. Avec son Mini 6.50 E.Leclerc-Bouygues Telecom, le navigateur nanto-rochelais a coupé la ligne d’arrivée à 3h15 ce matin, reléguant le deuxième, Aloys Claquin (Vecteur Plus) à une heure et quarante minutes, au terme de 340 milles nautiques de course (630 km) entre Port-Bourgenay et Gijon, mais en allant d’abord virer Belle-Ile. Le départ de la deuxième et dernière étape sera donné samedi, mais le parcours est cette fois en route directe (240 milles). La course est-elle déjà gagnée ? « Bien sûr que non », répond Corentin Douguet « on sait bien que tout peut arriver dans la course au large, mais disons que je préfère ma position à celle de mes concurrents ! C’est un peu long pour jouer le marquage, je pense que j’essaierai de faire ma course au mieux, sans prendre d’options trop risquées toutefois, c’est aux autres de faire le jeu maintenant…»
Equipage olympique à bord du géant Orange II
Orange II avec un équipage olympique
« Cela s´est fait assez naturellement » explique Bruno Peyron, « Nous en avions déjà longuement parlé avec Gwen Chapalain, Louis Urvois et Erik Orsenna parrain de l´équipe de France de Voile Olympique lors de ma participation au Grand Prix Petit Navire de Dragon en mai dernier. Comme le programme le permettait, il n´y avait aucune raison de ne pas faire profiter Orange II de ce magnifique plan d´eau de la Baie de Douarnenez. » Pour le moment en stand-by dans le port de Lorient, le maxi-catamaran rejoindra le port du Rosmeur pour les trois jours du Défi avec comme équipage des membres de l´équipe de France de Voile Olympique. Admiratif du talent d´où qu´il vienne, le détenteur du trophée Jules Verne a toujours cherché à éviter le cloisonnement : « En voile, comme dans tous les sports, on n´est jamais champion par hasard. Tout au long de ma carrière, j´ai souhaité créer des passerelles entre les différents supports et c´est également ce qui me plaît dans ce type d´épreuve : rencontrer des gens d´univers variés mais qui ont tous comme passion commune la mer. »
Jimmy voit double à St Tropez
De leurs côtés, les espoirs ont connu plus de difficultés à rester régulier. 21ème lors de la première manche du jour, les jeunes Franciliens ont laissé partir leurs adversaires au classement amateur. Il se rattrape avec « classe » lors du deuxième parcours Olympique en coupant la ligne d’arrivée en septième position. Du coup, « Espoir Ile-de-France » garde sa place de leader au classement amateur mais doit faire très attention à « CSC Essec » et « Ville du Port « qui sont en embuscade. Les espoirs continuent leur convaincante formation au Tour de France à la Voile… Demain, direction Menton, dernier ralliement.
Jimmy Pahun : « Hier soir, nous avons pris une pénalité de 18 points suite à une faute sur un parcours Olympique à Hyères. Alors ce matin, nous étions remontés à bloc. Nous avons effectué deux très belles manches. Laurent Pagès avait décidé de se positionner toujours à droite du vent. Cela a vraiment payé. Je suis heureux pour mon équipage. Nous voilà tout de même quatrième au général ».
Bertrand Castélnérac, numéro 1 sur « Région Ile-de-France »: « Cela fait du bien d’entendre deux fois le coup de canon de la victoire. On a vraiment pas fait les choses à moitié. Nous réalisons une belle dernière partie de Tour ».
Jean-Pierre Nicol, skipper de « Espoir Ile-de-France » : « Depuis deux à trois jours, nous hésitons à marquer nos adversaires directs au classement amateur ou assurer une place dans les 10 premiers au général. Aujourd’hui, nous avons décidé collectivement de réaliser un marquage net de « Ville du Port » et « CSC Essec ». Nous sommes contents du résultat. Restons concentrés ».


















