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Pendant le sauvetage, la course continue

Safran sauvetage Generali 1
DR

Du mieux pour Yann Elies : le skipper de Generali très largement réconforté par la présence à ses côtés de Marc Guillemot a pu correspondre avec son alter ego. Les deux navigateurs ont pu se voir et Yann a même pu adresser des signes de la main à son Saint-Bernard… Mais surtout, il a trouvé les ressources physiques et morales pour accéder à sa pharmacie ainsi qu’à un peu d’eau et de nourriture. En tous les cas, le navigateur a largement de quoi tenir jusqu’à l’arrivée des secours. La dynamique collective enclenchée entre le soutien de son équipe à terre et de la direction de course, l’arrivée des secours, la présence essentielle de Marc et la volonté exceptionnelle de Yann aboutit aujourd’hui à une situation qui permet un optimisme mesuré…
Philippe de Villiers, Président du Vendée Globe, vient d’adresser une lettre au Premier Ministre Australien Mr Kevin Rudd pour le remercier de la rapidité et de l’efficacité dont fait preuve la Marine Australienne pour porter secours à Yann Eliès. Il a convié l’Ambassadeur d’Australie en France, Monsieur David Alexander Ritchie, à se rendre au PC Course pour lui exprimer sa reconnaissance pour la part qu’il a prise après de nombreux contacts téléphoniques dans la mise en œuvre des opérations.

Le dilemme du groupe de tête
En tête de flotte, Michel Desjoyeaux continue de mettre ses compagnons d’échappée sous pression. Seul Roland Jourdain (Veolia Environnement), auteur d’une course remarquable, résiste aux coups de butoir du skipper de Foncia. Un cran en dessous, Sébastien Josse (BT) comme Jean Le Cam (VM Matériaux) refusent de se laisser entraîner dans la spirale infernale du toujours plus vite. Pour ces quatre-là, la parenthèse de la course n’existe que dans un repli de leur cerveau… On pense à Yann, mais la bagarre en tête ne laisse pas beaucoup de place pour les états d’âme. Bien évidemment, c’est dans un autre état d’esprit que se trouvent tous ceux qui accompagnaient le skipper de Generali lors de son accident. Parce qu’ils étaient dans le même rythme, qu’ils sont à proximité géographique de la zone d’intervention, tous doivent composer entre la frustration légitime de ne pas pouvoir participer à l’intervention et la nécessité de ne pas sortir de la course : un exercice autrement plus difficile qu’il n’y parait… Quant à ceux qui ferment la marche, ils se disent que la route est encore longue, qu’il faut savoir prendre soin de soi et de son bateau tout en conservant la hargne nécessaire pour rester maître de son destin face aux éléments. De la tête de flotte à la queue de peloton, tous ont à cœur de faire la meilleure figure possible à l’entrée du Pacifique.

Demain est un autre jour
La journée de samedi va marquer deux dates importantes dans la petite histoire de ce Vendée Globe. C’est finalement vers 12h (TU+1) que la frégate de la Marine Australienne devrait arriver sur zone. Erwan Steff, chef de projet de Generali, est entré en contact avec les autorités australiennes de manière à préparer au mieux l’évacuation de Yann : accessibilité au navire, positionnement de la quille pour donner une gîte optimale au bateau ont été quelques uns des points débattus. Pour la course aussi, la journée de samedi devrait marquer l’entrée dans le Pacifique. Après un Indien qui n’avait pas hésité à déterrer la hache de guerre, la plupart des concurrents attend une mer plus ordonnée propice aux longues glissades. Si les conditions devraient permettre à tous de souffler aux latitudes de la Mer de Tasman, il reste que les nerfs devraient encore être soumis à rude épreuve. Les premières analyses montrent des glaces nombreuses sur la route, au point que la porte des glaces de Nouvelle-Zélande a dû, elle aussi, être remontée. Il n’existe pas de répit pour les braves.

Voix du large…

Sébastien Josse (BT) à la vacation de 11h00 : « L’accident de Yann fait froid dans le dos. Je n’aime pas trop ce genre de truc. Je vais faire encore plus attention pour ne pas me faire mal. Nos bateaux sont très raides. Alors, quand on dit qu’il s’arrête dans une vague, ce n’est pas seulement une image. Le bateau s’immobilise et on ne tient plus debout. Il faut donc bien s’attacher, bien se tenir. Je me rappelle souvent cette devise : une main pour le bateau, une autre pour l’homme. Parfois, il faut deux mains pour le bateau. L’Océan Pacifique, on sait que c’est moins casse bateau. La mer, normalement, est plus organisée. Ce sera plus facile d’appuyer sur le champignon. Pour le moment, je marche un peu serré à 17/18 nœuds. J’ai un superbe coucher de soleil sous le manteau nuageux. Ça fait du bien, moi qui suis dans le gris depuis 3 jours. »

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 12 503,4 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 45,2 milles du premier
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 157 milles du premier
4- Sébastien Josse (BT) à 211 milles du premier
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 404,9 milles du premier

Premiers étrangers
10- Sam Davies (Roxy) à 1069,8 milles du premier
11- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1214,4 milles du premier
12- Dee Caffari (Aviva) à 1676 milles du premier

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Atomium 9.50 : sans compromis !

Fusion - Atomium 950
Fusion - Atomium 950

3 coureurs s’associent autour de ce nouveau Classe 950, qui sera mis à l’eau début 2009 : Jacques Valente, Hervé Favre et Sébastien Magnen s’unissent autour du même projet : mettre sur le marché un classe 950 sans compromis, orienté totalement course.

Le bateau sera construit par le chantier FUSION France à La Rochelle, qui, sous la houlette de Jean-Michel Linck et son équipe termine actuellement le premier catamaran européen Fusion 40 avec lequel partira Hervé et sa famille en septembre 2008 autour de l’atlantique. La construction du classe 950 de Jacques Valente – L’Atomium 950 – débutera en septembre 2008 pour une mise à l’eau en mars 2009.

Le point de vue de l’architecte :
"L’Atomium 950 est un bateau puissant, toilé, résolument orienté vers la performance. La jauge bloquant la raideur et le déplacement de la carène, nous avons essentiellement travaillé sur le centrage des poids et l’ergonomie pour les courses en solitaire et en double au détriment d’une utilisation plus "croisière" ou équipage. Même une jauge contraignante comme celle de la classe 950 laisse une marge de manoeuvre à l’innovation. L’Atomium 950 sera le plus novateur de cette jeune classe."
Sébastien Magnen

Le point de vue du futur propriétaire :
"Dès la création de la Classe 950, je regardais ce qui se préparait, les différents projets et l’idée de créer mon propre bateau, avec l’aide de Sébastien Magnen a doucement germé. En effet, j’ai navigué pendant trois saisons sur le Ginto et je dois dire que son coup de crayon est magique. Quelques échanges de courriels plus tard le bateau prenait forme et tant Sébastien que moi étions sur la même longueur d’onde, il ne fallait plus que trouver le chantier qui allait construire le bateau… ! Ce sera un chantier créé par un ancien de la Mini, Hervé Favre."
Jacques Valente

Le point de vue du chantier :
"Nous nous connaissons avec Jacques depuis la mini 2001 et avons travaillé ensemble pour préparer la transat 6.50 2007. J’avais pris la décision depuis longtemps de partir avec ma famille autour de l’Atlantique et pour cela nous avons monté la structure et le chantier FUSION France à La Rochelle. Nous recherchions depuis quelque temps à diversifier les activités du chantier lorsque Jacques nous a informés de son intention de faire construire un nouveau bateau. Il nous a paru évident de nous associer dans ce projet, avec l’idée de commercialiser également pour d’autres navigateurs l’Atomium 950."
Hervé Favre et Jean Michel Linck – Chantier Fusion France

Coque, Pont et Structure :
– Coque et pont construits sur moule femelle découpés numériquement. Construction en sandwich fibre de verre, âme mousse PVC et résine époxy mise en oeuvre sous vide.
– Structure intérieure construite en sandwich fibre de verre, âme mousse PVC et résine époxy mise en oeuvre sous vide.
– Finition extérieure de coque primaire époxy poncé grain 600 prêt à peindre. Peinture en option.
– Pont blanc et anti-dérapant blanc sur les surfaces horizontales.
– Réserves de flottabilité : mousse polystyrène

Appendices :
– Voile de quille et lest plomb
– Pelles et mèches de safran verre/époxy
– Paliers auto-alignants et système de barre JP3
– Safrans sous voûte
 
Moteur :
– Moteur Yanmar (2YM15c SD20) 14 CV Saildrive
– Hélice bi-pale bec de canard
– Alternateur 60 amp
– Réservoir 50 litres, raccords, évents, échappement, filtre à eau, commandes moteur

Electricité :
– 2 batteries de service de 100 amp
– 1 batterie de démarrage 55 amp
– tableau électrique
– 2 coupe-circuits
– Eclairage intérieur
– Feux de navigation
– 1 prise 12V
– pré-câblage pour instruments de navigation

Intérieur :
– Deux couchettes simples et une double
– WC chimique
– Bac à évier simple
– Réchaud simple feu
– Table à carte
– Ballasts d’eau de mer latéraux compartimentés avant et arrière
– Système de transfert de ballast, écope, pompe manuelle (électrique en option)
– Réservoirs eau douce 2×50 L
– Pompe de cale manuelle

Gréement :
– Mât carbone
– 1 étage de barres de flèche
– Cadènes en alu en applique
– Bôme carbone
– Bout-dehors orientable carbone
– Tangon carbone en option
– Dormant : étai (étai textile en option) et haubans en rod, bastaques et bas-étai en textile
– Courant : drisses et écoutes en dyneema 75
 
Accastillage :
– 2 winches self-tailing de piano taille 30 (modèle racing en option)
– 2 winches primaires self-tailing taille 40 (modèle racing en option)
– Accastillage de pont Lewmar (poulies, rails, chariots, winches)
– Double barre franche
– Filières en acier
– Chandeliers et balcons inox 316 L poli miroir
 

Caractéristiques techniques :
Longueur HT : 9.50 m
Longueur flottaison : 9.27 m
Largeur : 3.70 m
Tirant d’eau : 2.40 m
Déplacement selon jauge 950 : 2700 kg
GV : 50,5 m2
Génois 110% : 29,5 m2
Spinnaker : 140m2
Ballasts latéraux : 2x 450 l
Motorisation : Yanmar Saildrive 14CV
Réservoir gasoil : 50 l
L’Atomium 950 est conforme à la jauge de la classe 950 et répond aux critères de structure et
de stabilité pour la catégorie A.

Source : Chantier Fusion France
www.fusionfrance.fr

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Excès de vitesse dans les Cinquantièmes

Veolia VG 2008
DR

Une fois le poisson ferré, ne pas lâcher la prise. C’est l’idée qui semble régner au sein de l’armada où se sont formés une série de duels qu’on imagine stimulants pour chacun des protagonistes. En tête, alors que Michel Desjoyeaux est à nouveau pied au plancher, avec une vitesse de 20,5 nœuds enregistrée ce matin, tout l’art, pour son dauphin Roland Jourdain, consiste à ne pas se laisser distancer. Pour l’heure, le skipper de Veolia Environnement remplit parfaitement sa mission : tout en accompagnant Mich’ Desj’ dans sa plongée au sud, il gère à merveille son retard qui n’excède jamais une trentaine de milles. 
94 milles dans le sillage de Foncia, c’est un peu ‘à toi à moi’ entre Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux). Séparés d’1,5 milles en distance au but, les deux marins sont en lutte pour la troisième place, avec un autre objectif en filigrane : maintenir la cadence pour rester dans le wagon de tête qui s’est constitué hier.
Plus loin, on trouve deux autres couples de duellistes : Le Cléac’h/Riou et Guillemot/Eliès. ‘Marco’ qui a confessé ses soucis de rail de mât ne semble pas souffrir de sa navigation sous voilure réduite, grâce à un vent d’ouest qui a retrouvé du coffre cette nuit. Il a plongé au sud, laissant à Yann la voie du nord.

Dick dans la bonne direction
La bonne nouvelle de ces dernières heures concerne Jean-Pierre Dick. Depuis hier soir, Paprec-Virbac 2 glisse de nouveau dans la bonne direction. A 12 nœuds de moyenne, il progresse prudemment vers l’est. ” JP ” a basculé en 9e position et évolue 400 milles au nord de ses camarades. On ne sait pour l’instant s’il a terminé la réparation de son safran tribord.
En milieu de paquet, Samantha Davies a respecté cette nuit la première porte de sécurité australienne et sera la 10e à franchir ce soir la longitude du cap Leeuwin. Sam gère parfaitement son avance d’une centaine de milles avec son poursuivant et compatriote Brian Thomson. A noter enfin le corps à corps qui se trame entre le couple du moment : Arnaud Boissières et Dee Caffari poursuivent leur route de concert à 1500 milles de la tête de course.
Aujourd’hui, alors que les 19 concurrents s’étirent sur plus de 3400 milles dans l’océan indien, le flux perturbé du grand sud va comme chaque jour distribuer les cartes : zone de transition pour les uns et arrivée d’un nouveau front pour les autres.

C.El.

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 13091 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 29,5 milles du leader
3- Sébastien Josse (BT) à 94 milles 
4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 95,4 milles 
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 311,2 milles

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Questions d’angles

Telefonica Blue
DR

La roulette n´a en effet pas encore fini de tourner, même si Telefónica Blue, mené par Bouwe Bekking et son navigateur Simon Fischer (ex- navigateur de Seb Josse sur ABN AMRO TWO dans l´édition précédente), tient toujours la pole position, après avoir opéré hier son recalage dans le nord sans difficulté. L´équipage espagnol se sait en effet de plus en plus menacé par Ericsson 4, mieux positionné sur la route directe vers la marque,  à 35 milles dans son nord.

 La chasse à ces deux concurrents est donnée par un groupe de 4 mené par Ericsson 3 suivi par Puma, Telefónica Black et Green Dragon, pointés dans un mouchoir de poche, prêts à en venir aux mains pour empocher les précieux points décernés à Palau We.

A l´arrière, le combat pour éviter la dernière place du classement d´étape fait rage entre Team Russia le plus au nord de la flotte et Delta Lloyd ; avec un léger avantage pour les Russes, mieux positionnés sur l´île Palau We et l´entrée dans le Détroit de Malacca par rapport à l´angle du vent actuellement.

Les conditions de navigation se sont stabilisées pour l´ensemble des concurrents avec une brise Est-nord-est d´une vingtaine de nœuds, qui obligent les VO 70 à progresser vent dans le nez, bâbord amure dans des gerbes d´embruns salés et moites. Les moyennes de progression se sont également stabilisées avec 13 nœuds pour les leaders et 11-12 nœuds pour les deux retardataires.

A cette vitesse, Palau We n´est donc plus qu´à une journée de mer.  Rien ne semble en effet indiquer sur les fichiers météo que le rythme de la flotte va chuter de façon significative dans les prochaines 24 heures.

Il faudra donc attendre demain vendredien milieu de journée pour savoir qui va remporter la première manche de cette 3ème étape qui devrait s´achever, en milieu de semaine prochaine à Singapour et permettre sans doute aux concurrents de passer Noël en famille…  au sec. Mais ce n´est pas encore gagné.

 

 

Positions ce jeudi à 11 h

1- Telefónica Blue à 928 milles de Singapour

2 – Ericsson 4 à 17milles

3 –  Ericsson 3 à 28 milles

4 – Puma à 30 milles

5 – Telefónica Black à 36 milles

6 – Green Dragon à 50 milles

7 – Team Russia à 108 milles

8 – Delta Lloyd à 122 milles

 

Classement général provisoire au départ de Cochin

1. Ericsson 4:  26 points 
2. Telefónica Blue: 19 points 
3. PUMA: 18 points 
4. Green Dragon: 16 points 
5. Ericsson 3: 14.5 points 
6. Telefónica Black: 13.5 points 
7. Delta Lloyd: 7.5 points 
8. Team Russia: 7.5 points

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Yann Elies gravement blessé, Marc Guillemot se déroute

Yann Eliès - Generali
DR

Ce jeudi matin 18 décembre, sur les coups de 10 heures, Yann Eliès, engagé dans le 6è Vendée Globe, manoeuvrait à l´avant. En appui sur le balcon avant, alors qu´il préparait une voile, Generali, son voilier, s´est brutalement arrêté dans une vague. Le solitaire a ressenti une douleur très vive. Il s´est écroulé sur la plage avant et a dû ramper pour rejoindre l´intérieur de son bateau et contacter son équipe.

D´après le premier diagnostic du docteur Jean- Yves Chauve, le médecin de la course, Yann souffre d´une fracture du fémur. Le monocoque Generali, que son skipper a mis à la cape, se situe à 800 milles dans le sud de l´Australie dans l´océan Indien. Les secours australiens ont été aussitôt alertés, ils étudient les meilleures solutions à apporter pour évacuer Yann au plus vite.

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Les secours s’organisent autour de Yann Eliès

Safran leader Vende Globe
DR

Alors qu’il manoeuvrait pour changer une voile et qu’il était en appui sur le balcon avant, Yann Elies a vu son monocoque s’arrêter brutalement en allant percuter une vague. Semble-t-il projeté contre le balcon, il a aussitôt ressenti une douleur très vive qui l’a obligé à revenir en rampant jusque dans sa cabine. Il a pu alors contacter le médecin de la course par téléphone, qui, au vu de la description des symptômes a diagnostiqué, selon toute vraisemblance, une fracture du fémur. Le navigateur, qui ne peut plus se déplacer, a mis son bateau à la cape et a demandé à être évacué. Generali se trouve actuellement à 800 milles dans le sud de l’Australie.

Le dispositif d’assistance
Jean-Yves Chauve, le médecin de la course est en relation régulière avec Yann Elies. Dans un premier temps, il lui a conseillé de rester immobile au chaud, de s’alimenter et de boire. Dans l’idéal, il faudrait que le navigateur puisse accéder à sa trousse de secours pour prendre des comprimés de morphine et qu’il puisse réaliser une attelle qui immobiliserait sa jambe. La direction de course, par l’intermédiaire de son consultant sécurité David Adams, basé en Australie, a contacté le Maritime Rescue Coordination Center (MRCC) de Canberra. Les secours australiens ont décidé de détacher une frégate médicalisée de type Adélaïde qui devrait quitter Perth ce soir à 21h (TU+1). La frégate se situe à deux jours de mer environ du bateau de Yann Elies. La frégate HMAS Arunta mesure 180m de long et peut atteindre les 30 nœuds. Elle devrait pouvoir atteindre la position de Generali d’ici samedi soir. Toujours à la demande de la direction de course, Marc Guillemot (Safran) et Sam Davies (Roxy) se sont déroutés pour porter assistance à Yann. Marc se situe à 100 milles environ dans le sud de Generali et fait route travers au vent. Sam, quant à elle, est actuellement positionnée à 535 milles dans l’ouest de la position du bateau de Yann. Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) ont également proposé leur aide, mais la météo n’est pas favorable à leur progression vers le but…

Voix du large… (conférence de presse de 15h30)

Denis Horeau, directeur de course : « A 10h15 ce matin, Erwan Steff, directeur sportif du monocoque Generali, m’a appelé en me disant que Yann Elies s’était cassé la jambe et qu’il demandait à être évacué. Nous avons immédiatement pris contact avec le MRCC Réunion et par l’intermédiaire de notre correspondant sécurité en Australie David Adams, avec le MRCC Australie. A 10h40, toute la boucle était alertée. A 10h55, nous avons constaté que Generali était à la cape et qu’il faisait route à petite vitesse vers le nord. A 11h20, nous avons pris la décision de demander à Marc Guillemot et Sam Davies de se dérouter. Marc sera sur la position ce soir et Sam d’ici une quarantaine d’heures. Leur mission est celle d’une assistance psychologique avant tout… »

Erwan Steff, directeur sportif du monocoque Generali : « Sous le choc avec le balcon avant, Yann a senti sa jambe gauche se démantibuler. Il nous a immédiatement appelés pour demander assistance. Il est dans l’impossibilité de bouger mais se trouve désormais en sécurité dans sa bannette, devant la table à carte. Le bateau est à la cape, sous trois ris et trinquette, il y a 15 à 20 nœuds de vent sur place, donc c’est praticable. Nous sommes en liaison permanente avec lui, pour suivre son état de santé et lui remonter le moral. »

Docteur Jean-Yves Chauve, médecin du Vendée Globe : « On a refait un bilan récemment. La déformation de son genou semble indiquer une fracture au tiers inférieur du fémur gauche. Ce n’est pas une fracture ouverte. Le seul risque est un risque de saignement. Yann est dans une situation stabilisée, immobile dans sa bannette. Il souffre de façon importante car il n’a pas encore réussi à prendre ses antidouleurs, situés dans une trousse à pharmacie à deux mètres de lui. Il a de quoi tenir trois jours sous morphine. Il faudrait aussi qu’il puisse immobiliser sa jambe en réalisant une attelle pour éviter que la fracture ne bouge. Je l’ai eu plusieurs fois ce matin et c’était difficile pour lui. Mais cet après-midi, il avait pris la mesure des choses et était réconforté de savoir que tout le monde se mobilisait pour lui. »

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 12 890,3 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 39,6 milles du premier
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 109,8 milles du premier
4- Sébastien Josse (BT) à 124,5 milles du premier
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 357,8 milles du premier

Classement des premiers étrangers
10- Sam Davies (Roxy) à 997 milles du premier
11- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1155,8 milles du premier
12- Dee Caffari (Aviva) à 1578 milles du premier

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Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain mènent le bal

Desjoyeaux en tête
DR

On se demandait si une fois en tête, Michel Desjoyeaux retrouverait la pédale de frein. Que nenni ! Le nouveau leader assume pleinement son rôle de locomotive et s’échine à faire marcher toujours un peu plus vite que ses congénères. Le consensus que Roland Jourdain appelait hier de ses vœux n’est donc pas pour demain. C’est pourtant à force de vitesse que ce nouveau carré d’as a fait exploser le peloton. Désormais, il y a plus de 200 milles d’étendues liquides entre Jean Le Cam et Armel Le Cléac’h. Ce dernier endosse de fait le statut guide du premier groupe de chasseurs composé de Vincent Riou, Marc Guillemot et Yann Eliès. Quant au skipper de Paprec-Virbac, il ne joue plus le même jeu depuis 48 heures. Jean-Pierre Dick fait cap au nord-est à 90 degrés de la route, dans l’espoir de réparer son safran tribord, un exercice délicat qu’il ne manquait pas de qualifier de ” réparation à la Parlier “. 
Pas de ” réparation à la Parlier ” en revanche pour Mike Golding qui a perdu son mât hier à 7h47 (heure française) et cherche à gagner un abri. David Adams, le consultant sécurité du Vendée Globe basé en Australie, a prévenu les autorités de Freemantle et de Hobart (en Tasmanie), mais ce matin, on ne savait toujours pas vers quel port comptait se diriger le marin britannique.
Excepté Jean Pierre Dick, les neuf premiers plongent vers le sud dans un vent d’ouest de 25 nœuds, en direction de la deuxième porte de sécurité australienne. La course de vitesse continue dans un océan Indien mal pavé.

A chacun son Indien
Ce matin, les 19 concurrents encore en course s’étirent en un long chapelet de 3200 milles. Les lanternes rouges Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek ont laissé la porte des Kerguelen dans leur sillage ; le Canadien Derek Hatfield, un peu esseulé, navigue au nord des îles Crozet ; Rich Wilson et Jonny Malbon pointent vers l’archipel des Kerguelen que Steve White a contourné par le nord ; Arnaud Boissières et Dee Caffari poursuivent leur route en tandem à 21 milles l’un de l’autre, tout comme Samantha Davies et Brian Thompson qui visent la première porte australienne. De Desjoyeaux à Sedlacek, les objectifs, les motivations et les conditions météo varient… à chacun son Indien.

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 13 469 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 26 milles du leader
3- Sébastien Josse (BT) à 69,9 milles 
4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 72,9 milles

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Aux prises avec le Pot au Noir Indien

Green Dragon
DR

La position relativement nord du Pot au Noir indien a incité les concurrents depuis hier après-midi, a engager des paris pour aborder la deuxième partie de cette ligne droite de 1 000 milles, entre le Sri Lanka et le nord de Sumatra, où les attend, dans 2 ou 3 jours pour les premiers, la porte à points de l´île Palau We.

Telefónica Blue, en tête ce mercredi matin en distance par rapport au but, a opté pour d´une route directe plein Est vers le point de passage, après avoir fait une estimation au plus juste des risques de tomber dans les pièges du pot au noir et des chances de sauter juste à temps dans le wagon de vents qui le mèneraient directement sur Palau We.

Puma, le VO 70 battant pavillon américain, a opté quand à lui,  pour une option radicalement différente et pour l´instant plus sûre, en  se positionnant à une centaine de milles au nord du concurrent espagnol. Entre ces deux points de vue, on retrouve en position intermédiaire, le reste de la flotte avec Ericsson 4 aux commandes, 25 milles sous la route du Puma. Dans les deux jours qui viennent, tous savent que même si les fichiers météo ont été passés au détecteur de mensonge, le facteur chance va s´inviter à la table des négociations.

A 10, 12 noeuds

 Les vitesses des VO 70 sont actuellement de 10 à 12 nœuds avec un léger avantage pour les nordistes ; avantage qui commence en effet à inquiéter Bouwe Bekking : « Nous sommes un peu tendus en ce moment, écrivait le skipper de Telefónica Blue cette nuit. Nous avons de moins en moins de vent et nous sommes obligés d´attendre une bascule pour virer et remonter au nord. J´espère que nous n´aurons pas à attendre trop longtemps, sinon, nous aurons du mal à rester dans le jeu. »

Même si les perspectives sont meilleures pour les nordistes, les conditions de navigation n´en sont pas pour autant plus confortables. « Le vent est très faible, instable, écrit Rick Deppe, l´équipier média de Puma. Il fait très chaud et il y a beaucoup de travail sur le pont. Beaucoup de virements de bord et de changements de voile. Pour la première fois depuis le début de la course, j´aimerais  donner un coup de main aux hommes de quart, juste aider à soulever une voile, à faire un réglage, mais cela m´est interdit par le règlement. C´est la première fois que je me sens gêné d´être un spectateur passif par rapport à la marche du bateau. »

L´île Palau We est encore à près de 500 milles. La question est donc encore totalement ouverte de savoir qui va remporter la mise, avant de s´engager dans le détroit de Malacca, même si les nordistes semblent au vent de la bouée.

 

Positions ce mercredi à 9h

1- Telefónica Blue à 1 147 milles de Singapour

2 – Ericsson 4 à 22 milles

3 – Telefónica Black à 34 milles

4 – Green Dragon à 34 milles

5 – Ericsson 3 à 39 milles

6 – Puma à 48 milles

7 – Team Russia à 73milles

8 – Delta Lloyd à 93 milles

 

Classement général provisoire au départ de Cochin

1. Ericsson 4:  26 points 
2. Telefónica Blue: 19 points 
3. PUMA: 18 points 
4. Green Dragon: 16 points 
5. Ericsson 3: 14.5 points 
6. Telefónica Black: 13.5 points 
7. Delta Lloyd: 7.5 points 
8. Team Russia: 7.5 points

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Thomas Coville : “ça vaut le coup de s’accrocher”

Thomas Coville - Sodebo
DR

Ta réaction suite à l´annonce du démâtage de Mike Golding dans le Vendée Globe ?

« Nous vivons tous avec l´angoisse de la casse. Je sens que mon bateau souffre, je suis forcément tendu en me demandant ce qui va finir par lâcher. La voile est un sport mécanique avant tout. Savoir quand tu es juste à la limite et quand tu la dépasses est très délicat.”

Ton analyse de la remontée saisissante de Michel Desjoyeaux ? :

« Un Michel Desjoyeaux agacé et vexé en vaut deux ! Pour avoir été déjà bord à bord avec lui, c´est difficile de le garder derrière. Il a été malin et a bénéficié de conditions météo très favorables. Il arrive à être au-dessus de la moyenne et sur la durée. Il sait être une machine et avancer sans se poser de question. Pour moi, c´est souvent une référence de ce point de vue. »

Pourquoi conserves-tu une trajectoire aussi Nord ?

« L´année dernière, une énorme plaque de banquise de plusieurs kilomètres de long s´est décrochée de l´Antarctique vers le Pacifique et elle s´est morcelée depuis. Nous ne sommes pas des gladiateurs, on ne fait pas les jeux du cirque et lorsque nous avons des informations sur une zone à risques nous cherchons à l´éviter, c´est l´une des raisons pour lesquelles je fais une route plus Nord que celle de Francis actuellement. »

Tu es bientôt à mi-parcours, comment abordes-tu cette seconde partie de tour du monde ?

« Comme elle vient, avec ce retard. On savait que la trajectoire de Francis jusqu´ici a été exceptionnelle et la seconde moitié est celle où il faut que je revienne. Le Pacifique sans doute assez peu mais c´est sur la remontée de l´Atlantique où j´ai une chance de reprendre mon retard. Nous estimons qu´il y a entre 3 et 4 jours à gagner sur cette partie. Il faudra que le bateau soit en parfait état et que je sois suffisamment en forme pour un tirer le maximum. »

Dans quel état psychologique es-tu ?

« On a eu tendance à dire parfois qu´il suffisait de tenter les records pour les réussir et la performance à battre aujourd´hui donne aussi toute la valeur sportive de ce record. Ellen et Francis avaient beaucoup d´avance à ce stade. Ils n´ont pas eu comme moi à se battre avec du retard ce qui me fait aujourd´hui beaucoup travailler sur moi-même pour continuer à avoir autant la niaque. Avoir la force de caractère de revenir est le signe des grands champions et je me dis que cela vaut le coup de s´accrocher, de serrer les dents. »

Comment va ton bateau avant d´entrer dans le Pacifique ?

« Sodeb´O est ma satisfaction première. Je me sens très bien à bord. Plus ça va et plus on fait corps. Nous sommes devenus deux potes qui ont envie de finir ce tour ensemble ! On est tous les deux en bon état malgré cette mer chaotique.»

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Gros temps sur la flotte

Jean Le Cam / VM Materiaux
DR

Ambiance tendue sur la flotte du Vendée Globe… Alors que le gros du peloton est aux prises avec des vents puissants et une mer croisée, Eole a trouvé des exécutants dignes de leur mission puisqu’une nouvelle dépression particulièrement creuse s’apprête à balayer l’arrière de la flotte dans les quarante huit heures à venir. Les premiers peuvent espérer en réchapper, mais il semble bien que les heures à venir vont ressembler à un pensum pour les autres. Les leaders doivent, quant à eux, négocier une zone de transition délicate avant de repartir danser à pas feutrés sur le dos du Grand Méchant Sud. Pour la tête de pont l’ambiance était aujourd’hui plutôt à la concentration et la recherche du vent perdu.

L’heure des choix

Plus à l’arrière, les navigateurs solitaires doivent composer avec la dépression qui les malmène. Arnaud Boissières (Akena Vérandas) confessait naviguer sous grand-voile seule à trois ris quand Sam Davies (Roxy) reconnaissait n’avoir jamais vu une mer aussi forte de toute sa carrière de navigatrice. Même cas de figure pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui avait enregistré des rafales supérieures à 55 nœuds. Surtout, l’ensemble des navigateurs devait affronter une mer croisée terriblement difficile à négocier. Temps gris entre chien et loup, hurlements du vent mêlés aux sifflements de la quille dans des surfs difficilement contrôlés, voix blafardes à la vacation, l’heure n’était pas aux blagues de potache à la vacation de 11h.

Si à l’avant de la flotte, la guerre des nerfs bat son plein, d’autres semblent avoir adopté un mode de fonctionnement moins ambitieux, tout au moins en apparence. Finir le Vendée Globe avant tout, devient le leitmotiv de certains qui, soit par nécessité suite à des avaries, soit par adéquation du projet avec leurs ambitions, ont pour l’heure remisé les armes au placard. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) contraint de jouer les carrossiers stratifieurs pour réparer son safran ou Marc Guillemot (Safran) qui doit remettre en état un rail de grand-voile endommagé n’ont pour l’heure guère le choix. D’autres réalisent à quel point le fait d’être encore en course est déjà précieux. Au regard du nombre d’abandons survenus lors de cette semaine sanglante, on peut les comprendre aisément…

Infortunes de mer

Pour ceux qui ont du abandonner les fortunes sont encore diverses. Loïck Peyron (Gitana Eighty) fait route vers l’Australie qu’il devrait atteindre vers le 29 ou 30 décembre. La belle quantité de livres embarqués par le navigateur baulois ne compensera jamais, même pour un amoureux du verbe, la frustration de n’avoir pas pu mener son projet à bout. Pour autant Loïck a des motifs de relativiser : Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui a réussi à faire embarquer son bateau à bord du Marion Dufresne a d’autres raisons de se ronger les sangs devant les dégâts occasionnés par son échouage… Dominique Wavre (Temenos 2) dont la quille se balade à nouveau dangereusement après que la réparation effectuée aux Kerguelen ait cédé se contenterait sûrement d’un mode convoyage. Mike Golding (Ecover), Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) ou bien encore Unai Bazurko (Pakea Bizkaia) savent bien que l’anonymat est aussi le signe d’une certaine tranquillité d’esprit.

Voix du large…

Marc Guillemot (Safran) : « Je suis un peu fatigué car j’ai dû faire deux escapades à mi-hauteur de mât. Depuis le passage de la porte ouest Australie, j’ai des soucis de chariot de grand-voile et je ne peux plus porter toute la toile. Mais je me suis reposé, je me suis restauré et je suis de nouveau en route, même si je ne suis pas à 100%. Les quatre leaders s’envolent, ils sont un bon petit groupe à se tirer la bourre, mais tant pis, je dois gérer le bateau et ma priorité, c’est de finir la course. »

Derek Hatfield (Algimouss Spirit of Canada) : « L’océan Indien est un endroit qui force le respect. Je ressens très fort les choses, mes émotions sont intenses. Cela doit s’expliquer aussi en partie par le manque de sommeil, le froid et l’isolement. De plus, je me retrouve face à l’inconnu et donc confronté à une multitude de possibilités dans les choix d’options et de voiles. Mes derniers jours de navigation ont été vraiment très frustrants. J’avais cette sensation étrange que le bateau ne répondait pas à mes commandes, il allait très lentement. Je suis donc revenu à des basiques de navigation. Autant dire que dans un état de fatigue avancé, ça a de quoi rendre dingue.” »

Sébastien Josse (BT) : « On a eu une matinée mouvementée avec des grains de grêle et de grosses rafales. En ce moment, on est dans une transition, mais la mer est très formée, plus grosse que le vent. Je suis vraiment content d’être dans le bon paquet et ce qui m’importe, c’est d’y rester. Je dois dire que je suis satisfait de ma navigation jusqu’à présent. »

Classement à 16h (TU + 1) :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 13 287,7 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 36,5 milles du premier
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 99,3 milles du premier
4- Sébastien Josse (BT) à 104,4 milles du premier
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 314,5 milles du premier

Séléction internationale :
10- Sam Davies (Roxy) à 928,6 milles du premier
11- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1049,7 milles du premier
12- Dee Caffari (Aviva) à 1448 milles du premier

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