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Globe. Arrivée en direct de Crédit Mutuel, vainqueur de la Globe40

Le bateau Crédit Mutuel s’impose sur cette Globe40. Skippé par Ian Lipinsky avec Antoine Carpentier, Amélie Grassion et Alan Roberts l’équipe s’impose sur cette dernière étape devant l’équipe Belgium Ocean Racing Curium à l’issue d’un tour du monde de 7 mois.
Ian Lipinsky et Antoine Carpentier sont arrivés ce mercredi matin à Lorient après 16j 13h et 40 mn de course entre Récife et Lorient. En remportant l’ultime étape de la Globe 40 ce mercredi 15 avril, à 08h40, à Lorient, Ian Lipinski et Antoine Carpentier ont aussi conquis la victoire dans la deuxième édition de ce tour du monde en double avec escales ! Un succès magistral qui vient récompenser l’opiniâtreté de toute l’équipe skipper Crédit Mutuel, contrainte de courir après les points depuis sa troisième place sur la 3e étape, à La Réunion, le 1er novembre dernier, et qui n’aura jamais baissé les bras.

Cette victoire finale met un terme à une aventure collective de 223 jours, dont 124 jours, 7 heures et 54 minutes en mer pour les marins Ian Lipinski, Antoine Carpentier, Amélie Grassi et Alan Roberts, qui se sont succédé à bord sur le prologue et les six étapes qui constituaient cette édition de la Globe40. Elle consacre aussi le travail de préparation et de réparation de Sébastien Picault, le directeur technique et de Camille Seassau, la préparatrice, tous deux d’une efficacité redoutable tout au long des 98 jours d’escales cumulées à Cadix, Mindelo, La Réunion, Sydney, Valparaiso et Recife.

À égalité de points au départ de Recife (Brésil) il y a 16 jours et demi avec Belgium Ocean Racing – Curium, avec à son bord son skipper, Jonas Gerckens et Benoît Hantzperg, Ian Lipinski se devaient de devancer le bateau belge à l’arrivée à Lorient pour s’imposer au classement final. Mission remplie. Temps de course : 16 jours 13 heures et 40 minutes.

Cette ultime étape a été marquée par la traversée d’un pot au noir difficile à décrypter puis par une chasse aux systèmes dépressionnaires de l’Atlantique nord, chasse dans laquelle les deux monocoques ont opté pour des routes divergentes, avant que le Class40 Crédit Mutuel, en avance d’une cinquantaine de milles, ne vienne se caler sur la route de son adversaire pour mieux le contrôler. Au ponton, à La Base de Lorient, une forte, puissante émotion a saisi les vainqueurs du tour du monde et les acteurs du projet.

ILS ONT DIT :

Ian Lipinski : « On l’a fait ! C’est un grand ‘ouf’ de soulagement et cela m’ôte beaucoup de pression. Pour moi le premier temps fort, c’est déjà la décision de faire ce tour du monde. L’idée germe un jour, on en parle autour de soi (la famille, le partenaire, l’équipe), et petit à petit ça se construit et ça prend forme. Je repense souvent à cette incroyable première nuit étoilée après le passage d’un front en Atlantique sud dans les Quarantièmes Rugissants. J’étais avec Amélie (Grassi), le moment était incroyable. Air frais et vif, ciel très pur… on se serait cru à la montagne, avec vue sur la croix du sud, les nuages de Magellan, le centre de la voie lactée… Ce qui m’a agacé le plus, c’est les situations météo qui faisaient revenir les bateaux de l’arrière. On a vécu vraiment beaucoup de moments comme ça, avec l’arrivée paroxystique à La Réunion, qui restera très, très douloureuse. Depuis cette arrivée, le moindre faux pas était rédhibitoire pour la victoire finale, ce qui m’a mis une pression énorme pendant cinq mois… Boucler un tour du monde (même si je n’ai pas fait tout le Pacifique) m’apporte de la sérénité et de la confiance dans mes capacités de skipper. Je suis parti voir les mers du sud et les trois caps… Même si on a été très épargnés sous l’œil très vigilant de Miranda (Merron, la directrice sportive de la Globe40), on l’a fait ! C’est un grand ‘ouf’ de soulagement et cela m’ôte beaucoup de pression ».

Antoine Carpentier : « Pour moi, les temps forts de cette Globe40 auront été le départ de Lorient – un départ de tour du monde ! – puis l’étape de Cadix, qui fut très sympa. Sur l’eau, l’arrivée à Valparaiso, à égalité, restera gravée dans ma mémoire et celle de la course au large. Il y eut aussi le cap Horn et la chance inouïe de pouvoir l’apprécier tout en étant en tête de la flotte, presque en t-shirt. Il y a aussi le retour à Lorient et les retrouvailles avec ma petite tribu, plus de sept mois après être parti. Ce qui m’a agacé le plus ? Les marins belges et leur capacité à aller vite ! Je n’ai pas fait toutes les étapes, mais j’ai le sentiment d’avoir grandement contribué à ce résultat, et c’est une vraie fierté d’être de l’équipage qui a fini un tour du monde en scow. J’étais le premier à dire que ces bateaux n’étaient pas faits pour le large… et j’ai eu tort. C’est ultra violent, mais ça passe. On a accumulé beaucoup de fatigue morale et physique, et la récupération sera longue et laborieuse. Même si on a fait des exercices d’assouplissement et du renforcement musculaire à chaque étape, il y aura du programme pour retrouver la forme. Mais bon… on a gagné un tour du monde ! »


Ian Lipinski : “C’est un grand soulagement d’arriver premier. Je ne réalise pas encore. On n’avait plus le droit de perdre depuis notre arrivée ratée à la Réunion. On devait gagner toutes les autres étapes. Il n’y a pas eu beaucoup d’opportunité tactique sur cette étape. J’ai eu le sentiment d’avoir été préservé par les conditions. C’était engagé mais pas périlleux non plus. Le Cap Horn ce n’est pas plus beau que le Cap Fréhel. Ce n’est pas mon meilleur souvenir. C’était plutôt l’arrivée dans les mers du sud avec ce ciel très pur et des centaines d’oiseaux. Cette victoire c’est aussi la victoire technique et la préparation du bateau. Structurellement, le bateau n’a rien. J’ai emmagasiné beaucoup d’expériences sur ce bateau pour la Route du Rhum. Je suis parti il y a 8 mois. Cela a été un long voyage. La bataille entre les bateaux a peut-être donné envie à d’autres de participer à la prochaine.”

Antoine Carpentier : ” Cela fait deux mois que je suis parti. Content d’arriver premier et d’ajouter cela à mon palmarès. Les journées ont été rapides. Il y avait pas mal de pression. C’est un soulagement d’arriver en vainqueur. On a fait le tour du monde en scow. On est des pionniers. On a réussi à faire le tour sans trop d’avaries majeur. Au fur et à mesure des étapes, on a appris à se connaitre avec tous les autres concurrents. Personne ne démérite. Les pointus ont passé plus de temps sur l’eau. “