Le soleil a déserté le plan d’eau et la route vers Porto va s’achever dans le gris et l’humidité. Pour les 41 solitaires, il faut y aller sur la pointe des pieds : les conditions sont toujours très poussives avec entre 3 et 5 nœuds de Nord-Ouest. Et devant le port de Porto, la brume est épaisse et le vent quasiment inexistant.
Pas facile d’empanner dans ces conditions, quand la grand-voile se met à faseyer et que le spi reste en berne de longues secondes. Les 30 milles à parcourir jusqu’à l’arrivée vont être très longs pour certains, car les trois quarts de la flotte sont relégués à plus de dix milles des leaders. ETA (temps estimé pour finir) des premiers : entre midi et quatre heures (heure française).
L’analyse du Directeur de Course, Gilles Chiorri : « Ce sera un final Douro Douro… Dur parce qu’ils ne sont pas en route directe. Entre les premiers, c’est le début d’une guerre d’empannages dans des patchs de vent. Il faudra se positionner par rapport aux nuages. Hier soir, la flotte était encore compacte. En début de nuit, Jean-Pierre Nicol et Frédéric Rivet avaient réussi à faire le trou et on pouvait penser qu’ils avaient fait un gros coup. Mais les dés se sont relancés plus au large pour une petite partie de la flotte seulement, dont Yann Eliès. Là, les écarts se sont considérablement creusés. Il y aura assez vite des deltas de deux heures à l’arrivée. Mais il peut encore se passer des choses. Car le vent est quasi nul à Porto, avec de la brume. Le vent n’est pas encore établi le long de la côte et il y aura une zone tampon, une période transitoire à gérer avant l’arrivée des brises et du fond de synoptique d’Ouest. »









