Grosse frayeur ce vendredi sur le monocoque Spartan de Chris Stanmore-Major au large des Kerguelen. Pour le skipper britannique participant à la Velux 5 Oceans la fin de l’année 2010 a été marquée par une panne de moteur.
« La nuit dernière, j’ai bien cru que je n’étais plus en course. Il y a beaucoup d’équipement important à bord de ce bateau comme les cartes, les pilotes, les téléphones satellite… Mais il y a une autre chose encore qui est indispensable, c’est le moteur! Tout fonctionne à la condition que, lors que je lance le moteur, celui-ci démarre! S’il ne démarre pas, j’aurais de sérieux problèmes. Et hier, alors qu’il avait parfaitement démarré, il est s’est éteint, victime d’une secousse du bateau. J’ai tenté de le redémarrer, de réapprovisionner la pompe du carburant… mais il n’a pas voulu redémarrer. Ma première réaction quand j’ai compris que le problème était sérieux fut de m’arrêter pour réfléchir. J’ai immédiatement éteint tout ce qui pouvait consommer de l’énergie et isolé les batteries pour ne les dédier qu’au pilote et au démarreur. J’ai même changé les deux filtres à gasoil et réamorcé la pompe pour évacuer toute bulle d’air. Le moteur a toussoté quelques secondes avant de s’arrêter de nouveau. Au cours des derniers essais de démarrage, je commençais à ressentir que le démarreur commençait à peiner faute d’énergie dans les batteries. J’ai entamé un monologue avec moi-même puis me suis rappelé qu’on devait appuyer sur la pompe de la réserve pour relancer un moteur. Celles-ci servent à pousser l’essence vers le moteur quand on a un moteur… hors bord. Mais pour un moteur diesel inboard? Et alors je comprends que « je voyais mais ne regardait pas bien » cette pompe. A cause du froid, les valves de la pompe empêchaient le carburant de passer. J’ai alors pris mon couteau pour brancher directement le tuyau vers le réservoir. J’ai tout contrôlé une nouvelle fois, appuyé sur le bouton de démarrage me disant que s’il ne démarrait pas cette fois-ci, je n’aurais plus d’énergie pour le relancer. J’appuie donc sur le bouton… et le bruit du moteur se refait entendre. C’est le plus beau bruit que l’on puisse entendre dans ces mers. »
L’année termine pour Derek Hatfield avec des conditions météorologiques surprenantes au sud-ouest de l’Australie. Comme pour le leader hier, cette fin d’année semble propice à la méditation pour les skippers de la Velux 5 Oceans. Dans son dernier message de 2010, le skipper d’Active House écrit, « Les mers du Sud sont les mers de l’extrême et les dernières 24 heures l’ont encore prouvé. Lors de la dernière journée, nos trois bateaux de tête ont filé vers le sud-est dans des vents de plus de 30 noeuds. Les vitesses des bateaux ont frisé avec les 20 noeuds. Et il y a à peine deux heures, j’ai vécu une des transitions les plus mémorables de ma carrière. Le ciel était très bas et il pleuvait. En deux minutes, le vent est tombé de 28 à 10 noeuds. Il a tourné de 45 degrés… laissant Active House ballotté par la longue houle. Le vent est revenu maintenant tout en reprenant ses 45 degrés. En une heure, le soleil est apparu. De tel changements de météo nous rendent humble.”









