Boris Herrmann, Neutrogena : « On a la philosophie de préserver un peu le bateau. On a du vent de 30-40 nœuds et on se dit que c’est peut-être la dernière fois que l’on a autant de vent donc ça serait un peu bête de prendre le risque de casser quelque chose maintenant, à la fin du Sud. Nous avons une mer croisée, une houle de travers et ce n’est pas facile de faire avancer le bateau dans des conditions comme ça : c’est un peu brutal ! Nous avons fait d’énormes surfs parfois sur les vagues : plus de 30 nœuds ! »
Pachi Rivero (ESP) Renault : « Nous avons empanné avec la rotation, car nous voulons nous éloigner du centre de la dépression. Nous avons entre 35 et 40 nœuds de vent par l’arrière. Nous descendons bien dans une mer très grande. Parfois le Cap Horn nous semble loin. Cette basse pression est malvenue. Nous devons la passer, mais par où ? Son centre, par le Nord ? Nous ne le savons pas encore. C’est important de bien sortir du Sud, frais et dispo pour remonter à la maison. Calme, tempête, calme, tempête… c’est notre rythme dans ce Pacifique. »
Jaume Mumbru à propos de l’inondation hier de l’intérieur de We Are Water: « L’incident s’est produit en quelques secondes. Le bateau est littéralement tombé dans un trou. Nous marchions à 18 nœuds et en un instant nous nous sommes retrouvés à 0 nœud et le bateau est parti au lof. La faible distance entre deux vagues et leur hauteur nous ont surpris. Le bateau accélérait beaucoup. Tous les objets ont volé à l’intérieur, tout comme nous. L’eau est rentrée dans le cockpit. Sous sa pression la bâche qui protège l’intérieur a cédé et l’eau a inondé le carré et l’électronique. Nous nous sommes mis à la cape avec trois ris dans la grand-voile et sans voile à l’avant. Nous avons pu ainsi stopper le bateau et vider l’intérieur puis sauver l’électronique. À bord toute la partie sous le vent était inondée avec nos objets personnels. Tout baignait dans l’eau. Sur les trois instruments de mesure de vent, deux en tête de mât ont été arrachés. Le positif c’est que la seule girouette qui reste en tête de mât sert pour le pilote. Nous avons repris notre route, nous avons vidé l’eau et avons pris le temps de prendre soin de nous, car la situation peut vite dégénérer si vous êtes épuisés.»









