Thomas Ruyant, imperturbable leader, continue d’attraper le vent de la réussite dans ses voiles. De quoi creuser de sérieux écarts face à ses poursuivants directs : entre 5 et 120 milles sur Yvan Noblet (Appart City) et Sam Manuard (Vecteur Plus) Pourtant, l’incertitude l’emporte encore et toujours dans les rangs des Class 40 de la Route du Rhum. A 1600 milles de l’arrivée, la course redouble d’intensité ! Elle est aussi marquée par le violent abordage dont a été victime dans la nuit Louis Burton (Bureau Vallée). Plus de peur que de mal, fort heureusement pour le plus jeune skipper de la série qui s’accrochait dans le top ten. Le bateau, bien que fortement malmené, ne semble pas avoir été trop endommagé dans ses fonctions vitales et poursuit sa progression vers Pointe-à-Pitre.
Quel bazar météorologique sur la route de la Guadeloupe ! « Digne du pot au noir » où le vent n’en fait qu’à sa tête, dixit Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty). Les spis sont hissés certes, mais ils peinent à se gonfler obligeant les solitaires à rester aux aguets pour sans cesse régler dans ses adapter la voilure à ses sautes d’humeur. Sur l’échiquier de l’Atlantique dans ces conditions exigeantes, les routes commencent à converger entre les nordistes passés par les Açores et les sudistes arrivés par le large du Portugal. Les premiers progressent sous un vent de sud-est de 20 nœuds, contre un alizé d’une force similaire pour les seconds. De quoi préserver, si ce n’est franchement attiser, le suspense jusqu’au bout
Au Sud, mais avec un déficit de 180 milles de retard sur le premier de cordée du Nord, Nicolas Troussel (CMB) tient, en 5è position, toujours bon la barre d’une option pleine de promesses. Mais à l’instar de ses prédécesseurs sur les chemins tortueux qui mènent au Rhum, il sait que rien n’est joué et tout reste à faire. Face à un vaste « mur de perturbations » qui se dresse devant les étraves à l’ouest, bien malin celui qui sait si sait le Sud ou le Nord qui passe…









