Stève Ravussin (Orange Project) : "J’ai heurté un container, ça a cassé la dérive et arraché le safran central. Et comme les pilotes sont branchés sur le safran central, j’ai du bricoler un truc à l’ancienne pour pouvoir naviguer. Je suis sous trois ris-trinquette, j’essaie d’équilibrer le bateau juste en réglant les voiles et je vais quand même à 15,16 noeuds. Je me déroute sur Horta qui est à 200 milles et que j’espère atteindre demain pour réparer et tenter de repartir. Une équipe de Sodeb’O a offert de m’aider sur place et celle de Sopra, qui est un sistership de mon bateau, va me passer un safran. C’est vraiment sympa de leur part, merci à eux."
Lionel Lemonchois (Gitana 11) : "Je n’ai pas vu les Açores, je suis passé un poil trop loin, à 20 milles, et j’ai continué assez loin dans le sud pour éviter le dévent des îles volcaniques. le tout a plutôt payé puisque mes deux petits camarades de derrière qui ont voulu couper le fromage se sont un peu plantés. Il reste 1780 milles au compteur, c’est énorme. En multicoques, 80 milles c’est quatre heures… donc c’est loin d’être fini, on y verra plus clair dans trois jours. Mon ordinateur dit que si je continue comme ça je serai en Guadeloupe dans 2 jours et 15 minutes (rires), mais ça fait une moyenne de 30 noeuds qui est impossible à tenir. Je dirais plutôt dans quatre où cinq jours."
Michel Desjoyeaux (Géant) : "On profite des conditions pour aller vite, le bateau est lancé entre 25 et 30 noeuds en permanence, ce n’est pas les vacances, mais ça va. Je suis à l’intérieur, avec les écoutes en main au cas où il faut choquer d’urgence. Vis à vis de Gitana 11 maintenant ce sera plutôt une course de vitesse : on a à peu près le même bateau, on verra bien qui est le plus rapide et surtout celui qui tiendra le coup. J’ai vu des poissons volants, il fait 23 degrés, ce n’est pas encore les grandes chaleurs mais c’est bien agréable, il ne manque plus que le ti’punch! Je pense qu’on arrivera mercredi 8 novembre."
Franck Cammas (Groupama) : "La nuit s’est très mal passée, à un moment je suis tombé dans un grain, sous la pluie : il n’y avait plus de vent du tout et j’ai mis une bonne dizaine d’heures à retrouver le vent qui était prévu par mes fichiers météo. C’est reparti maintenant, il y a carrément du vent même, mais malheureusement j’ai peu d’espoir de revenir."
Alain Gautier (Foncia) : "J’étais bien revenu dans le match hier et dans le début de nuit, mais là je suis dans la molle, avec 2 noeuds de vent… J’ai un peu les boules car c’est un paquet de milles qui va s’envoler et qui ne seront pas faciles à reprendre. Le bateau est bloqué, on va attendre quelques heures pour faire les comptes mais ça peut aller vite : moi je suis à 2 noeuds et les autres à 20, l’écart va se creuser, je ne sais pas si je vais prendre 100 ou 200 milles de retard, c’est vraiment dommage car j’avais pris le parti d’attaquer et je revenais dans le rythme, mais là, sans vent, ce sont les pires conditions…"









