Pascal Bidégorry (Banque Populaire) : "J’ai empanné parmi les premiers,
c’est un choix stratégique, en solitaire et en multi tu n’empannes pas
dans 20 noeuds de vent juste pour voir! Pour l’instant, ça ‘tartine’,
quand tu es à la barre tout va bien mais il faut rester vigilant, car
l’accident est vite arrivé. Depuis le départ, on ne s’est pas ménagé,
alors j’essaie de rester prudent. Il y a des petits camarades autour de
moi qui ont appuyé sur le champignon, mais ce n’est pas trop grave : il
faut d’abord durer."
Yvan Bourgnon (Brossard):"J’avais deux choix possibles, jouer le
système de l’anticyclone des Bermudes ou bien rester dans le système
actuel et c’est ce que j’ai choisi, je joue la sécurité. Cette nuit ça
a été exceptionnel, j’ai fait toute la garde-robe du bateau dans le
passage du front et maintenant je suis à 22-23 noeuds sous gennaker.
J’ai été impressionné par les capacités du pilote automatique, qui
tient très bien le bateau. J’ai fait une pointe à 35 noeuds… j’ai
même utilisé une fois mon système de largage d’urgence de la voile
d’avant, pour gagner 3 secondes et ça a très bien fonctionné. Ma
position? Je suis bien content d’être là, avec cette météo, car
Brossard aime bien la glisse. C’est sport, ça se passe bien, je ne
descends plus au-dessous de 20 noeuds et ça va durer. Préparez vite vos
valises, j’ai l’impression qu’on ne va pas traîner en route!"
Roland Jourdain (Sill et Veolia) : « Jean-Pierre (Dick) a bien joué car
il a contourné l’endroit tendancieux… Ensuite, il fallait aller
chercher vers l’Irlande un front qui arrivait sachant que l’anticyclone
dans le sud Bretagne nous empêchait de passer. (…) On vient de passer
une nuit sympa en essayant de tirer le maximum avec toujours un peu de
prudence. Ce matin, sous génois, j’ai retrouvé mon petit Sill et Veolia
en pleine forme, comme je l’aime ! je n’avais pas dormi la première
nuit, et la deuxième, j’ai enchaîné six fois 20 minutes de sommeil. Mon
premier vrai sommeil depuis le départ ! »
Jean Le Cam (VM Matériaux), joint à 13h :
« En ce moment, il faut envoyer sur les manœuvres ! C’est le gendre de
manœuvre que, lorsqu’on est 5 à les faire à bord, on croit que ce n’est
pas possible à faire seul ! Cette nuit, c’était vraiment très humide
car c’était du reaching avec de l’eau, de l’eau, et de l’eau… Tu restes
dans le sas et tu joues avec le pilote suivant l’allure et ce dont tu
as besoin. Ça avance bien depuis hier soir mais le passage du front a
quand même été difficile… Là, c’est plus soft ! »
Marc Guillemot (Safran), joint à 13h :
« Je me suis pas mal accroché pour sortir de cette situation entre
Ouessant et l’Ile Vierge. J’ai dû pas mal manœuvrer depuis pour adapter
le bateau aux variations de vent, mais j’ai pu me reposer, bien manger…
Je pense revenir un peu sur mes camarades. En mono, on a plus le temps
de réfléchir qu’en multi… Avec les vents soutenus que l’on a eu, je ne
suis pas sûr que j’aurais pu me reposer comme je l’ai fait en trimaran
! C’est beaucoup moins stressant et j’apprécie ! »









