Suite à la publication de la jauge pour les Volvo 70 et l’Avis de Course pour la prochaine édition de la Volvo Ocean Race, deux des plus célèbres cabinets d’architectes, Juan Yacht Design responsable pour la conception des deux derniers vainqueurs de l’épreuve (ABN AMRO ONE et Ericsson 4), et Botin Carkeek, le dessinateur de Puma, nous offrent leurs commentaires sur ces évolutions.
Santiago Lange, double médaillé de bronze aux J.O. qui travaille désormais aux côtés de son compatriote Juan Kouyoumdjian chez JYD avoue avoir des sentiments mitigés sur la nouvelle jauge. « Il va devenir de plus en plus difficile d’améliorer les plans. Ce sera la troisième édition de la course sous cette jauge et les bateaux se ressembleront de plus en plus, ce qui fait que faire la différence demandera des efforts supplémentaires. Les limitations sur le nombre de voiles pourraient inciter les équipes à adopter des stratégies différentes en terme de leur garde-robe. Le choix de voiles pourrait devenir un facteur déterminant. Mais ce qui m’inquiète le plus concerne le fonctionnement du comité d’arbitration. Nous estimons qu’il faut avoir un comité de jauge, un comité pour interpréter les règles et un groupe indépendant en cas d’arbitrage pour régler les différends entre les comités et les participants. »
Adolfo Carrau de chez Botin Carkeek apprécie les principes de la jauge, mais se pose des questions sur le coût. « Les principes de base n’ont que peu évolué, bien que l’on note des modifications dans l’Avis de Course en ce qui concerne les limitations sur le nombre de voiles et le matossage, ce qui va avoir une influence importante sur les plans des bateaux. Ceci marquera une révolution au niveau de la voilure par rapport à la dernière édition de la course. Dans certains domaines cela signifie un nouveau départ, ce qui va profiter aux équipes, qui disposent d’un budget important. Nous ne sommes pas sûrs que ce fût le but de l’opération, car les coûts ne baisseront pas. »
Lange estime également que l’interdiction d’effectuer des essais avec deux bateaux obligera les équipes à effectuer encore plus de simulations et de recherches avant la construction du bateau. La décision de limiter le nombre d’appendices produira le même effet. A son avis le budget sera simplement transféré aux bureaux d’études. Mais son homologue de chez Botin Carkeek ne partage pas tout à fait cet avis, soulignant que de toute manière à l’exception des VO70 construits bien à l’avance, les équipes techniques n’ont jamais eu le temps de faire des expériences avec les appendices et les gréements en grandeur nature. Carrau estime néanmoins que cela va favoriser les équipes expérimentées qui disposent déjà de VPP fiables, et même si cela risque d’augmenter le coût de la recherche, cela reviendra bien moins cher qu’une campagne avec deux bateaux.
En tout état de cause, les deux cabinets se disent contents d’avoir le temps de pouvoir travailler sur des projets en tenant compte des modifications annoncées rapidement après la conclusion de la dernière édition de la Volvo Ocean Race et les deux architectes ont désormais hâte de découvrir le parcours pour celle de 2011-2012.









