Plus de peur que de mal, fort heureusement. Il n’empêche que Louis Burton (Bureau Valléee) a vécu un moment très difficile la 9e nuit de course alors qu’il était parti s’accorder un peu de sommeil sur les coups de 5h TU. Le plus jeune skipper engagé dans la flotte Class 40 a percuté chalutier portugais dans l’Ouest des Açores. S’il ne déplore pas de dégâts majeurs qui altéreraient les fonctions vitales de son bateau, la liste des avaries occasionnées laisse imaginer la violence de cette collision, le traumatisme et les désillusions qu’elle engendre pour le navigateur qui avait débuté sa première transat en solitaire de très belle manière…
La collision ?
« Il était 5h environ. Je faisais route grand spi et grand voile quand je suis descendu pour dormir une demi-heure. J’avais branché les feux de navigation, le détecteur de radar etc… Une demi-heure plus tard, j’ai été réveillé par un choc violent. Mon bateau est venu taper de face sur le flanc avant bâbord du chalutier de 30-35 mètres qui barrait la route. C’était hyper flippant. Le bout-dehors en carbone a explosé, il a servi d’amortisseur. Mais le pilote, qui a poussé sur la barre pour retrouver sa route, a plaqué le bateau sur le chalutier. J’ai tapé sur la coque, j’ai hurlé, il n’y avait personne de l’équipage en veille. J’ai réussi à abattre et à empanner, mais le 3è bosse de ris est venue se coincer dans le bastingage du chalutier, j’étais retenu par l’arrière. 3-4 fois le flanc avant du chalutier est venu taper sur mon bateau. Un type est sorti en slip, il m’a alors libéré. »
Les dégâts ?
« La chance que j’ai, c’est que cet accident n’a pas altéré les fonctions vitales du bateau. Le mât, les haubans n’ont pas été touchés. J’ai un petit trou à l’étrave, mais il y a une cloison étanche. J’ai aussi des grosses fissures au niveau de la liaison coque pont, tous les chandeliers et les balcons arrière sont tordus en vrille. J’ai pété ma bôme, le vit de mulet a été arraché, mais j’ai réussi à la remettre en place. Le grand spi est en miettes, j’essaye de le réparer, et le bout-dehors est en trois-quatre morceaux. »
La suite ?
« J’étais un peu paumé juste après coup. C’est hyper violent. Un abordage de ce type quand tu es tout seul, loin de tout, de nuit, c’est vraiment effrayant. J’ai dormi deux-trois heures après et je viens d’envoyer le spi médium. Vu les conditions météo, sans trop tirer dedans, ça devrait pouvoir le faire jusqu’à Pointe-à-Pitre. Mais ce qui me déçoit vraiment, c’est que c’est ma première transat, ma première course en solitaire. Elle avait plutôt bien commencé, j’étais 9è au classement, et premier des vieux bateaux. Et voilà, à présent, sur le plan de la course, c’est vraiment compromis. Toute la partie au portant ne pose pas de vrais problèmes. Par contre, dans deux-trois jours, on doit passer un front avec du près. Il faudra que alors je fasse très attention à l’endroit à l’arrière, à 2cm de la cadène de bastaque, que cela ne cède pas. »








