La Solitaire du Figaro est un monument de la course au large. C’est une épreuve unique qui, pendant plus de cinquante ans, a vu se révéler les plus grands marins et que le monde entier nous envie. Aujourd’hui, OC Sport Pen Duick veut détruire cet héritage en reprenant le nom de la course pour l’attribuer à une épreuve en solitaire réunissant onze Ocean Fifty. C’est un non-sens. L’entreprise doit faire marche arrière et revenir sur cette décision.
Pendant des années, OC Sport a défendu l’ADN de la Solitaire du Figaro avec cette maxime : « Ici naissent les légendes. » Vouloir aujourd’hui faire de la Solitaire du Figaro une manche du circuit Ocean Fifty n’a absolument aucun sens. Qu’OC Sport organise une épreuve en solitaire en Ocean Fifty, en s’appuyant sur son savoir-faire, est une très bonne idée. Mais cette course doit porter un autre nom.
La Solitaire du Figaro doit rester attachée à la Classe Figaro et à toute la filière qui s’est construite autour d’elle depuis plus de cinquante ans. Les plus grands marins ont inscrit leur nom à son palmarès. On ne peut se résoudre à l’idée que, l’année prochaine, un dernier skipper puisse être le dernier vainqueur de cette épreuve historique dans son format actuel.
La Classe Figaro travaille déjà à la création, pour 2028, d’une course sportivement comparable, qui deviendra l’épreuve phare du Championnat de France Élite de course au large. Mais, pour son vainqueur, elle n’aura jamais la même saveur si elle porte un autre nom. Quant au vainqueur de la nouvelle épreuve en Ocean Fifty, quel sens cette victoire aura-t-elle ? En changeant ainsi l’identité de la course, on brouille tous les repères et l’on vide de son sens un héritage sportif majeur, simplement parce qu’OC Sport ne parvient pas à en tirer une rentabilité suffisante. Cette décision est profondément regrettable.
Ludovic Sorlot
Les réactions d’ailleurs sont nombreuses. #touchepasamasolitaire
Vincent riou : L’incompréhension totale.
On nous explique qu’il faut faire évoluer @lasolitairedufigaropaprec. Bien sûr qu’un événement a le droit voire même l’obligation de se réinventer. Mais il y a une différence fondamentale entre faire évoluer une course et démanteler une filière de formation en piétinant son ADN. La Solitaire du Figaro est une course unique. Un monument de la course au large qui a une véritable valeur patrimoniale. Pendant cinquante ans, La Solitaire du Figaro a produit ce que le sport français fait de mieux.
Les vainqueurs du @vendeeglobe
Les vainqueurs de la @route_du_rhum
Les vainqueurs de @theoceanrace
Les leaders des @imocaglobeseries
Les meilleurs navigateurs de la planète.
Ce n’est pas un hasard.
Le Figaro est une école d’exigence, une voie vers la performance.
Une école où l’on apprend à naviguer seul, à prendre des décisions, à résister à la pression, à construire un marin complet.
Aujourd’hui, on choisit de tourner cette page. Je crois profondément que c’est une erreur. Parce que l’on peut créer de nouveaux formats. On peut imaginer de nouvelles courses. Mais il existe des institutions qu’il faut protéger. La Solitaire du Figaro en fait partie. Et je crains que sous prétexte de vouloir moderniser son image, on perde ce qui faisait son âme. La France domine la course au large depuis des décennies. Cette domination est née sur les pontons de la Solitaire du Figaro.
Jérémie Beyou : Ce sont les coureurs qui, à bord de petits monotypes et au cours de quatre étapes parmi les plus exigeantes, affrontent les cailloux, les courants et les vents variables. Ce sont surtout eux qui, en allant au bout d’eux-mêmes, ont écrit la légende de cette course. L’héritage de cette épreuve revient désormais à la Classe Figaro Bénéteau, que je soutiens dans la création, dès 2028, d’une nouvelle course s’inscrivant dans la continuité des valeurs qui font la richesse de la course au large française.
Armel Le Cléac’h : C’est une vraie erreur. Le côté sportif n’est plus du tout une priorité pour eux.








