A 08h 30, ce matin, Adrien naviguait à la latitude de Berwick qui marque la frontière Est entre l’Ecosse et l’Angleterre. Après une journée particulièrement éprouvante hier, sur une mer très agitée et un froid presque polaire, Jean-Luc bénéficie ce matin de conditions un peu plus clémentes, avec une mer un peu assagie et une brise Nord-Nord-Ouest, de 20-25 nœuds, qui bascule tout doucement vers le Nord-Ouest, une évolution positive pour le marin picard. En entrant en Mer du Nord, Jean-Luc savait qu’il abordait la partie la plus délicate en solitaire de ce parcours autour des Iles Britanniques. « En haut », la météo y est très souvent plus féroce que sur la façade atlantique, « en bas », les hauts fonds et les bancs de sable à la hauteur de la Tamise exigent une vigilance permanente et entre les deux, la présence de très nombreuses plates-formes pétrolières et des bateaux de liaison font ressembler cette descente sur la face Est de l’Angleterre à la traversée d’un champ de mines où la tentation de céder à un sommeil réparateur est reportée sine die. « J’ai perdu un peu de temps cette nuit, car je suis tombé pendant 4 à 5 heures, dans un petit trou de vent entre deux grains. C’était la première fois que je marchais à moins de 10 nœuds depuis Ventnor. Depuis hier, je navigue avec trois lattes cassées, prix payé pour un départ à l’abattée un peu violent, ce qui n’empêche pas Adrien d’avaler les milles avec puissance et sérénité. La nuit prochaine, j’ai un petit passage délicat à négocier avec à nouveau de nombreuses plates-formes pétrolières, des bancs de sable et une petite zone de vent relativement faible, mais pense toujours arriver sur l’Ile de Wight, terme de cette dernière tentative de record en solitaire sur Adrien, dans la nuit de mercredi ou au lever du jour après-demain. »
Jean-Luc Van den Heede : A moins de 48 heures de l’arrivée
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