Nourri aux fruits de mer de maman et à la passion de son beau-père qui fût parmi les pionniers de la course au large en multicoque, Yvan Noblet est de ces marins qui ne peut concevoir ses projets en dehors d’un cadre vraiment très familial. « Chez nous, la course au large est une affaire de famille. Je ne la conçois pas en dehors de ce cadre. J’y trouve l’équilibre et l’énergie » C’est au Port de Belon, niché au cœur de la rivière du Belon, qu’il faut aller pour comprendre. Sylviane, la maman, gère un restaurant et en jetant un œil sur ses viviers, où se languissent de gros homards, elle scrute l’entrée de la ria. Elle est presque certaine d’y apercevoir son fiston entrer ou sortir.
Sur l’eau ou dans le petit chantier familial, impossible de ne pas croiser Patrick Morvan, le beau-père d’Yvan, achevant de vernir une de ses dernières trouvailles, tout en réfléchissant aux optimisations du Class’40 Appart’City s’apprêtant à reprendre son mouillage. Patrick Morvan, c’est trois Route du Rhum, un record de l’Atlantique sur le catamaran Jet Services, trois podiums dans la course de l’Aurore, l’actuelle Solitaire du Figaro. « Patrick m’a transmis sa passion, son expérience et aussi une certaine sagesse. A six ans, je naviguais avec lui sur les plus grandes gloires de la course au large : Dix de Lyon, l’ancien Kriter de Malinovski et bien d’autres encore.».
Quant à Sandrine, la bienveillante préparatrice du bateau, à qui pas un détail n’échappe à bord, elle espère bien que le skipper ne s’attarde pas trop sur l’Atlantique s’il veut voir la naissance du petit Noblet junior début décembre. « Sandrine connaît ce bateau mieux que moi. Elle ne laisse rien au hasard. Chaque centimètre est gravé dans sa tête et quand je suis en course c’est elle que j’appelle au moindre petit problème »









