Yannick Bestaven ("Aquarelle.com") : " Je suis de plus en plus naze mais on approche de l’arrivée. Les premiers vont arriver 24 heures avant nous ! Ils ont eu plus de vent et plus tôt que nous en plus, mais une journée dans la vue, c’est dur ! Ce matin, le vent est revenu. Là, j’ai 14 noeuds d’Est Nord-Est. C’est ce qu’on aurait dû avoir cette nuit. Finalement, il était au Sud-Est et je suis un peu vert car je m’étais recalé au Sud de mon groupe et ça n’a pas payé. J’en profite néanmoins pour avancer, pour gagner des milles car le vent actuel ne va pas tenir longtemps selon moi. C’est un peu usant car il ne faut rien lâcher. On est au contact. Banque Populaire est 20 milles dans mon Sud mais à la même distance au but que moi. Idem pour Gedimat, qui est 50 milles dans mon Nord. Maintenant, c’est juste une histoire d’angle. Tous les bateaux vont à la même vitesse. Entre la 6e et la 14e place, ça va se jouer dans un mouchoir de poche. Le hic, c’est que finir 6e ou 14e, ce n’est pas exactement la même chose ! "
Eric Drouglazet ("Luisina Design") : " On a retrouvé un peu de vent et j’espère que ça va durer. Ca commence à sentir un peu l’écurie ! Lenze est passé devant moi cette nuit et Banque Populaire et Aquarelle.com ne devraient pas tarder à faire de même. Ils progressent sur Marie-Galante avec un meilleur angle que moi. Ca je le voyais venir gros comme une maison. Il a y beaucoup de rotations de vent, je n’arrête pas d’empanner par contre je suis content parce que je suis repassé devant ceux de mon groupe. C’est une petite consolation. Cela signifie que j’ai bien travaillé. Il y a des différences importantes entre les vents diurnes et les vents nocturnes. Le soir, ça tombe. Idem le matin. C’est un peu comme s’il y avait du thermique, c’est étonnant. Je cravache. J’ai hâte d’arriver, d’autant plus que je n’ai plus de petites collations. Résultat, je suis contraint de m’envoyer un couscous royal ou du cabillaud au petit déjeuner ! (rires). Sinon, tout va bien, le bateau est en état. "
Victor Jean-Noël ("Pays Marie-Galante") : " Ca va pas mal. J’ai un peu de vent de Nord depuis 3 heures du matin, environ 8-10 noeuds et ça regonfle le moral parce qu’hier et avant-hier, c’était la bérézina. Il n’y avait rien sur le plan d’eau. Il fallait batailler pour attraper les risées. Je continue de passer énormément de temps à la barre. Je dors trois heures par jour, généralement entre minuit et 3h. Après, je prends la barre et je ne la lâche plus. Mes mains sont un peu abîmées mais après plus de 20 jours de mer, c’est normal. Pour l’heure, c’est le vent qui commande. Si ça tient comme c’est là, je vais probablement arriver dans la journée de mercredi. Je fais au plus vite ! "
Philippe Quéré ("Iles de la Région Guadeloupe") : " Je suis assez content ce matin parce que j’avance correctement. Enfin j’arrête de perdre entre 50 et 100 milles par jour sur mes concurrents plus au Sud. Jusqu’ici, je faisais du louvoyage. Depuis hier soir, je fais route directe sur Marie-Galante. Ca change et c’est bon pour mon moral car faire du près avec le sentiment de ne pas avancer, c’est déprimant. Il me reste 1200 milles à parcourir. Je vais profiter d’une semaine de plus en mer que mes adversaires : 25 % d’activité gratuite supplémentaires, ça ne se refuse pas ! (rires). La seule inquiétude, c’est que je vais être hyper juste en eau. Aujourd’hui, comme c’est dimanche, je voulais prendre une douche mais il ne me reste que 30 litres de flotte et ce ne serait pas raisonnable. Je dois également faire attention à ma consommation de gaz, la faute à une fuite mais je ne vais pas mourir de faim. De plus, j’ai monté une ligne de pêche. Ca m’a occupé deux heures, c’est toujours ça. Ce matin, un petit poisson volant a atterri dans mon cockpit : je fais de la pêche à vif ! (rires). En tous les cas, les gars du Sud nous auront mis une sacrée taule ! "









