Alors que cette nuit, le vent a fortement molli comme attendu, pour atteindre ce matin 7 noeuds, les concurrents de la sixième étape ont choisi leurs camps. Abu Dhabi et Camper sont au coude à coude sous le vent de la flotte, au plus près des côtes brésiliennes. Plus au nord et à l’ouest de la flotte, ils pointent en tête du classement mais risquent de souffrir de leur positionnement au passage du cap Frio. Puma, quant à lui, conserve sa place au centre. Groupama 4 et Telefonica, positionnés au vent de la flotte creusent l’écart latéral avec les Américains (15 milles désormais).
Résultat, Camper est en tête depuis hier, car il est plus proche du waypoint par rapport auquel est calculé le classement. Sa position ne plait pourtant que moyennement à Hamish Hooper, qui voit le verre à moitié plein. « Ce matin, on voyait Puma à l’horizon, mais ils ont depuis disparu plus au sud pour rejoindre Telefónica et Groupama dans leur quête pour aller le plus à l’est possible. Le verdict du jour était plus ou moins positif jusqu’à ce que, après le crépuscule, on heurte un ralentissement de huit km. Un navire de recherche de pétrole qui halait 14 câbles de 8000 mètres derrière lui, avec deux vaisseaux qui l’escortaient, a traversé en plein devant nous. Pas d’autre choix que de changer de route pour les contourner par l’arrière – un mouvement dont Nico pense qu’il nous a fait perdre cinq milles sur Puma, Telefónica et Groupama. Ce n’est pas ce dont on avait besoin mais voilà la vie de ceux qui naviguent dans des eaux riches en pétrole ! Et ils doivent être riches puisqu’on peut voir des plates-formes pétrolières à l’horizon, des flammes qui brulent haut dans le ciel et ce qui semble être des villes sur l’océan. »
Pour Yann Riou sur Groupama, les conditions sont très agréables, mais le plaisir est gâché par la position des Français au classement. « Cela faisait un moment que l’on n’avait pas connu de conditions de navigation aussi faciles sur Groupama 4. Mer plate, une dizaine de nœuds dans des angles d’abord plutôt serrés, mais dont la tendance est à l’ado. Pour ceux qui ne sont pas à la barre ou aux réglages, ça permet de se reposer, de bouquiner, ou encore de plaisanter avec les autres. Ce qui nous gâche un peu le plaisir, c’est de constater de manière assez récurrente que l’on n’est pas parmi les plus rapides de la flotte. Il faut dire qu’il y a déjà des options assez marquées, sur ce début de course. Et seul Telefónica, avec qui on navigue à vue, a privilégié le large avec nous. Les autres bateaux, plus à terre et plus proches de la route directe, touchent un vent sensiblement différent. Mais il n’empêche, on n’a pas la sensation d’être particulièrement rapide sur cette section du parcours, notamment lorsque l’on se compare au bateau espagnol, et on ne l’explique pas forcement. Rien de très grave pour le moment, mais ça agace un peu. »
Classement de 6 heures
1. Camper à 4 383,4 milles de l’arrivée
2. Abu Dhabi Ocean Racing – à 0,9 mille du premier
3. Puma – à 7,7 milles du premier
4. Telefonica – à 26,7 milles du premier
5. Groupama 4 – à 30,2 milles du premier









