La Translémanique en Solitaire 2026, qui réunit 125 voiliers, se déroule actuellement dans des conditions clémentes. Après un départ très lent, le vent de sud-ouest s’est progressivement levé, atteignant 15 noeuds en début d’après-midi avec des rafales soutenues qui ont donné du fil à retordre à certains concurrents. Le skipper Philippe Séguret sur le Psaros 33 Pro Yachting Nivose a franchi la ligne d’arrivée à minuit 46’ 15’’. Il devance deux autres Psaros 33: Luc Munier sur Carpediem Cube, de 3 minutes et 43 secondes, et Nicolas Baudu, sur Eole 7, de 9 minutes et 34 secondes.
« Je suis très heureux, c’était une superbe course », raconte le vainqueur. « La descente en direction du Bouveret était vraiment très intense, j’ai eu jusqu’à 25 noeuds de vent et j’ai enfourné à plusieurs reprises. Lors de l’arrivée au Bouveret, j’ai vu qu’il y avait des risées qui descendaient de Montreux; je suis allé les chercher et ça m’a permis de revenir sur Katana. Sur le chemin du retour, j’ai controlé Eole 7. Mais à la fin de la course, j’ai vraiment eu une frayeur lorsque tout d’un coup Luc Munier est apparu à ras de la côte. Il a failli passer, mais j’ai tout juste franchi la ligne d’arrivée devant lui. »
Deuxième pour la seconde année consécutive, Munier était très heureux du petit coup tactique qui lui a permis de ravir la seconde place à Nicolas Baudu, juste devant sa maison de la Belotte. «C’est vrai que je connais bien le coin», a-t-il confirmé. Mais le moment le plus exaltant de la course était clairement la descente sur le Bouveret. «C’était grandiose, et vraiment «chaud». A un moment, il y avait 25 noeuds et j’ai décidé d’affaler le spi; j’ai réalisé que je n’avais plus vingt ans… Ensuite le passage du Bouveret s’est avéré conforme à l’habitude, c’est à dire totalement imprévisible.»
C’est pourtant bien là que la régate s’est jouée, Alexander de Weck (Katana) demeurant scotché de longues minutes et regardant passer ses adversaires les uns après les autres, et entamer un long bord en file indienne à destination d’Yvoire.
Comme le résume Nicolas Groux, légèrement frustré par sa quatrième place: « Ensuite il y a eu un peu de jeu jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais pour moi, c’était trop tard. »
Derrière, la régate se poursuit, avec des brises nocturnes soutenues qui devraient permettre à l’essentiel de la flotte de franchir la ligne d’arrivée avant le lever du jour.
Comme l’avait annoncé le consultant météo de la SNG, Philippe Jeanneret, les concurrents ont ensuite atteint une zone-tampon au large de Lutry, qui a eu pour conséquence de ralentir les leaders et de concentrer la flotte.
En tête depuis la sortie du Petit-Lac, Alexander de Weck et son Luthi 1090 Katana ont mené la course durant toute l’après-midi, avant de tomber dans un trou d’air au large du Bouveret et de se faire rattraper par leurs concurrents directs.
C’est finalement le Psaros 33 Eole 7 qui a franchi la marque du Vieux-Rhône en tête, à 17 h 03, après 7 h 33 minutes de course. Il devance Pro Yachting Nivose, Carpediem Cube et MSC, tous revenus très fort lors des derniers kilomètres. Katana a finalement franchi la marque quatre minutes plus tard, à la cinquième place. Une chose est sûre: le retour sur Genève s’annonce long et compliqué.
Le reste de la flotte se rapproche à petite allure, mais la lutte est extrêmement intense au sein de cette flotte très groupée.
Parmi les voiliers les mieux positionnés dans leur classe respective en cette première moitié de course, mentionnons le Melges 34 db de Alain Stettler, qui navigue dans le peloton de tête, parmi des voiliers nettement pus véloces. Egalement aux avant-postes, le Esse 850 Nessie de Thomas Birrer et le LW750 Lou Régalou de Stéphane Wohnlich, tous auteurs de performances remarquables. Sans oublier Body & Soul, skippé par Jacques Emery, Perchette et 50èmes Hurlants, parfaitement positionnés dans le groupe de tête.
Dans la catégorie des Surprises, où une lutte féroce se déroule, c’est Isidore Stitelmann, le récent vainqueur de la course autour du monde Mini Globe Race, qui mène le bal devant Gilles Lacour, Daniel Bouwmeester et Marius Lanz. Cette nuit, des brises thermiques devraient progressivement s’établir et permettre aux concurrents de poursuivre leur route en direction de Genève. L’arrivée du vainqueur n’est pas prévue avant le milieu de la nuit.









