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The Ocean Race Atlantic. Une belle course

The Ocean Race Atlantic - Lorient - 26/09/10 Winner, United By The Ocean, skipper Paul Meilhat Photo Jean Louis Carli / The Ocean Race Atlantic

La première édition de The Ocean Race Atlantic a tenu toutes ses promesses. Après plus de 3 000 milles entre New York et Lorient, les quatre premiers IMOCA ont franchi la ligne en seulement 27 minutes. Paul Meilhat, Mariana Lobato, Sarah Stone et Benjamin Ferré (United by the Ocean) s’imposent devant Francesca Clapcich, Alberto Bona, Élodie-Jane Mettraux et Will Harris (11th Hour Racing), arrivés neuf minutes plus tard. DMG MORI Global One prend la 3e place devant Team Malizia. Le 5e Embrace The Challenge a coupé la ligne dans la nuit de jeudi à vendredi. MSIG Europe (6ᵉ), est attendus ce vendredi à Lorient.

Les quatre premiers de The Ocean Race Atlantic — United by the Ocean (1ᵉʳ), 11th Hour Racing (2ᵉ), DMG MORI Global One (3ᵉ) et Team Malizia (4ᵉ) — se sont succédés sur la ligne en l’espace de 27 minutes, entre 15 h 39 et 16 h 06 (heure française). Dans cette bataille rangée, « tous auraient pu l’emporter » a assuré Paul Meilhat, skipper de United by the Ocean. Il a fallu trouver le bon angle de vent, longer la côte pour éviter les petites variations et tenir bon. Paul et les siens y sont parvenus, s’offrant une nouvelle victoire de prestige : il y a un an, c’est ce même bateau, alors baptisé Biotherm, qu’il avait remporté The Ocean Race Europe en s’imposant lors de cinq des six étapes.
Paul Meilhat a donc refait le coup, lui qui poursuit ainsi son histoire magique avec The Ocean Race. « C’était une course incroyable, confie-t-il. On a fait qu’un seul virement et pourtant c’était l’une des plus dures que j’ai faites ! » Paul rappelle que « tout a très bien fonctionné avec l’équipage, c’était parfait ». Benjamin Ferré est particulièrement élogieux à son égard : « Il faut lui tirer un grand coup de chapeau. Il insuffle une confiance et une sérénité qui déteignent sur tout le monde à bord ! » Pourtant, l’aventure s’est écrite à une vitesse folle, reconnaît Benjamin : « Il y a un mois, Paul m’a appelé pour me dire « ça te dit si on traverse l’Atlantique depuis New York ? » » Pour toute l’équipe de United by the Ocean, le dénouement n’en est que plus fort en émotions.

11th Hour Racing, que du bonheur
Derrière, 11th Hour Racing a franchi la ligne 9 minutes seulement après United by the Ocean. L’histoire est belle pour Francesca Clapcich et Will Harris, déjà sur le podium de la Transat Café L’Or en double (2e). Il a fallu trouver d’incroyables ressources pour tenir, d’autant que les équipages de Paul et de Francesca se sont tenus au coude-à-coude quasiment tout au long de la course, malgré des conditions parfois très éprouvantes.
« Ça a été parmi les conditions les plus brutales que j’ai connues sur un IMOCA, reconnaissait Francesca il y a deux jours. Pendant plus de 30 heures, on a eu une mer très courte, des coups dans les vagues, trente-cinq nœuds de vent… C’était vraiment dingue. » Sur les pontons, elle s’est amusée à dire quelques mots en français puis en italien avant de reprendre en anglais, toujours avec le même enthousiasme. « C’était épique ! Quand tu es si près de gagner, tu as vraiment envie que ça arrive, rappelle-t-elle. Mais il y a quelques heures, on n’aurait jamais pensé obtenir ce résultat. »

DMG MORI Global One, une première si prometteuse
Trois mois seulement après la mise à l’eau de leur bateau (un plan Verdier), l’équipage de Kojiro Shiraishi a réalisé deux transatlantiques et a longtemps été en tête, dépassé seulement dans les dernières heures.
« Ce qui est satisfaisant, c’est qu’on a pu tirer sur le bateau au milieu de l’Atlantique, même dans des conditions toniques, et qu’on n’a rien cassé sur le bateau », raconte Nicolas Lunven. Un collectif s’est également créé à bord, comme le rappelle Samantha Davies : « Ce qui est génial, c’est qu’on s’est poussés dans nos propres limites et ça nous a permis de mieux nous connaître, de voir les forces de chacun émerger », s’enthousiasme Samantha Davies.

Team Malizia, la fierté plus forte que la frustration
Juste derrière, un autre bateau neuf, celui de Team Malizia (plan Koch), termine 4ᵉ à seulement 27 minutes de United by the Ocean. Avoir été en course pour la victoire jusqu’au bout est une prouesse en soi, puisque l’équipage a dû composer avec une avarie de foil bâbord samedi dernier. « Nous avons fabriqué des cales qu’on a insérées devant le foil pour avoir un peu de rake », précisait Boris. Avec Cole Brauer, Justine Mettraux et Julien Villon, ils n’ont rien lâché, même si leur position plus au nord que leurs rivaux les a légèrement pénalisés.
« On peut être fiers de ce qu’on a fait malgré l’avarie, assure Cole Brauer. Bien sûr, refaire un retard de 100 milles pour finalement perdre dans les tout derniers instants, c’est forcément frustrant. Mais on a poussé jusqu’au bout même si j’ai mal dormi et que je suis malade dès le premier jour ! » Et Cole d’ajouter avec ferveur : « Ce que j’aime, c’est que The Ocean Race nous pousse toujours à donner un peu plus. On s’y sent bien, c’est comme une famille et je suis si heureuse d’en faire partie. »