
Le U.S. SailGP Team a remporté dimanche à Valence sa deuxième victoire de la saison 2026. Taylor Canfield et son équipage ont brillamment gagné devant les Australiens sur la dernière marque, relançant complètement leurs chances de qualification pour la Grand Final d’Abu Dhabi. Red Bull Italy complète le podium après avoir disputé la première finale de son histoire. Les Français ne marquent aucun point. Faut-il se poser des questions ?
Ce dimanche dans les petits airs de Valence, l’équipage américain a décroché sa deuxième victoire de la saison 2026 en s’imposant devant les Bonds Flying Roos australiens, Red Bull Italy et ROCKWOOL Denmark. Longtemps dominés par Tom Slingsby et ses hommes, les Américains ont renversé la finale dans le dernier bord de près. Une victoire décisive qui leur permet de dépasser Artemis et Emirates GBR au classement général et de s’emparer de la troisième place provisoire, la dernière qualificative pour la Grand Final d’Abu Dhabi.
« Nous savions dès hier que nous avions les moyens de gagner », a expliqué Taylor Canfield. « Nous sommes arrivés aujourd’hui avec un bon plan et nous l’avons exécuté. Il fallait prendre des initiatives en finale et nous avons très bien géré la tactique. Tout le monde à bord a été parfait. Nous sommes vraiment très heureux. »
Une finale renversée dans les derniers mètres
La finale avait pourtant parfaitement commencé pour l’Australie. Pénalisé pour avoir franchi la ligne de départ 0,2 seconde trop tôt, Red Bull Italy a immédiatement perdu le contact avec la tête de course. Les Bonds Flying Roos ont profité de la situation pour virer en première position à la marque initiale et prendre le contrôle de la régate. Pendant près de 95 % du parcours, l’équipage de Tom Slingsby a semblé se diriger vers une sixième victoire cette saison. Mais les Américains sont progressivement revenus grâce à une navigation plus directe, limitant les manœuvres et les mètres parcourus dans une brise particulièrement instable. Le tournant de la finale est intervenu à la dernière porte sous le vent. Les Australiens ont choisi de repartir vers la droite, comme ils l’avaient fait avec succès durant toute la journée. Les Américains ont saisi l’occasion pour revenir, prendre l’avantage dans le dernier bord de près puis fermer la porte autour de l’ultime marque.
« Nous avons bien navigué pendant 95 % de la finale », regrettait Tom Slingsby. « Nous avions pris un excellent départ, puis cette décision à la dernière porte sous le vent ressemble, avec le recul, à un but marqué contre notre camp. Nous aurions dû partir à gauche. Mais ce côté n’avait pas été favorable de toute la journée et nous nous sommes dit qu’il fallait continuer à faire ce qui fonctionnait jusque-là. »
Une erreur tactique que le triple champion de SailGP assumait, tout en soulignant le très haut niveau atteint par son équipage : « Notre manière de faire naviguer le bateau est la meilleure que nous ayons jamais eue. Nous sommes performants dans le petit temps comme dans la brise. Nous nous sentons bien dans toutes les conditions. »
Les Américains à l’aise dans le petit temps
Disputées avec les foils et les safrans réservés aux conditions légères, ainsi qu’avec l’aile de 27,5 mètres, les régates du dimanche ont demandé beaucoup de finesse aux équipages. En raison du manque de vent, chaque groupe n’a pu disputer qu’une seule manche qualificative avant la finale. Le U.S. SailGP Team a de nouveau démontré son aisance lorsque la brise devient faible et irrégulière. Le F50 américain naviguait avec seulement quatre équipiers à bord, dont Anna Weis, habituellement grinder, installée aux manivelles. « Je pense que nous sommes désormais une équipe plus complète, mais nous aimons vraiment ces conditions », a confirmé Taylor Canfield. « Nous nous sentons très à l’aise pour déplacer le bateau et nous avons confiance dans nos décisions. Nous allons probablement retrouver beaucoup de conditions comme celles-ci lors des prochaines épreuves et nous sommes prêts. »
Cette victoire est la deuxième remportée par Canfield depuis son arrivée en SailGP. Le pilote américain totalise également désormais 30 succès en manches de flotte.
Première finale et premier podium pour Red Bull Italy
La révélation du week-end est venue de Red Bull Italy. Vainqueur de la dernière manche du groupe A, l’équipage italien a signé son troisième succès en quatre courses et décroché sa première qualification pour une finale depuis son arrivée dans le championnat en 2025. Malgré sa pénalité au départ, Phil Robertson est parvenu à ramener son F50 sur le podium et même à menacer les deux leaders dans les derniers instants de la course. « C’est le meilleur week-end que cette équipe ait réalisé », estimait le pilote italien. « Nous terminons troisièmes et nous avons remporté trois des quatre courses de notre groupe, ce qui est très difficile à accomplir. Nous avons été très performants sur les départs, mais en finale nous avons franchi la ligne 0,2 seconde trop tôt et nous avons manqué d’un peu de place à l’extrémité du bateau comité. »
Pour Robertson, ce résultat vient récompenser plusieurs mois de progression : « Nous nous sommes battus pour revenir dans la course et nous avons même eu une chance de gagner à la fin. Je suis vraiment fier de l’équipe. Les résultats tardaient à arriver, mais cette performance confirme que nous prenons les bonnes décisions et que nous réduisons l’écart avec les meilleures équipes. »
Cruelle désillusion à domicile pour Los Gallos
En tête de leur groupe à l’issue de la première journée, les Espagnols espéraient disputer la finale devant leur public. Mais Los Gallos ont terminé derniers de l’unique manche qualificative du groupe B dimanche, laissant les États-Unis et ROCKWOOL Denmark décrocher les deux billets disponibles. « Nous voulions évidemment gagner ici à Valence, surtout après l’excellente journée réalisée hier », a reconnu Diego Botín. « Mais nous avons tout simplement fait une mauvaise course. Les Danois et les Américains méritaient de passer en finale. Nous devons tirer les enseignements de ce moment difficile et continuer à progresser, notamment dans les conditions de petit temps. » Malgré cette contre-performance, les Espagnols conservent la deuxième place du championnat. Ils accusent toutefois désormais 17 points de retard sur les Australiens, toujours solidement installés en tête.
Cinq équipes séparées par quelques points
À trois Grands Prix de la fin de la saison, la lutte pour la qualification à la Grand Final d’Abu Dhabi se resserre considérablement. Les Bonds Flying Roos occupent toujours la tête du classement général devant Los Gallos, mais la bataille pour la troisième place est totalement relancée. Seulement cinq points séparent désormais le U.S. SailGP Team, Artemis et Emirates GBR. Grâce à sa victoire à Valence, Taylor Canfield dispose provisoirement du troisième et dernier billet pour la finale à 2 millions de dollars.
Le pilote américain refuse cependant de regarder trop loin : « Nous continuons à avancer jour après jour. Nous devons poursuivre notre progression et rester fidèles à notre méthode. Certains continueront à douter, mais nous, nous y croyons. Nous allons continuer à pousser et nous espérons que cela suffira. »
La flotte de SailGP se retrouvera à Genève pour la dernière étape européenne de la saison 2026. Sur un plan d’eau réputé imprévisible, où les petits airs pourraient une nouvelle fois jouer un rôle majeur, les Américains auront l’occasion de confirmer leur retour spectaculaire dans la course à Abu Dhabi.
Rien ne va plus pour les Français
Les Grands Prix s’enchainent et les mauvaises performances aussi alors que l’on espère à chaque fois le retour. Le Grand Prix d’Espagne a été le pire pour DS Automobiles SailGP Team France. Dans un vent faible et irrégulier, Quentin Delapierre et son équipage n’ont jamais réussi à retrouver le rythme et la régularité affichés lors des précédentes étapes. Ils repartent de Valence avec aucun point.
« Nous sommes forcément déçus. Nous avons essayé de changer notre approche et notre état d’esprit pour aller chercher de meilleurs départs, mais cela n’a pas suffi », reconnaissait Quentin Delapierre. « Avec les courses en groupes et ces conditions très légères, il faut beaucoup adapter notre manière de naviguer. Nous étions préparés à cela, mais l’exécution n’a tout simplement pas été au niveau où elle devait être. C’est un week-end difficile pour nous. Il faut l’accepter, continuer à avancer et rester concentrés. »
Conséquence de ce résultat, DS Automobiles SailGP Team France perd une place au classement général. L’équipe tricolore recule au septième rang, à égalité de points avec NorthStar, sixième. Elle voit surtout les États-Unis, désormais troisièmes, prendre une longueur d’avance dans la course à la Grande Finale.
Cette contre-performance tranche avec les signes encourageants observés à Sassnitz, où les Français avaient remporté une manche et établi un nouveau record absolu de vitesse en F50 à 107,63 km/h. Elle confirme aussi la difficulté de trouver la régularité nécessaire dans un championnat où les écarts entre les équipes sont devenus extrêmement faibles. Difficile de tirer des conclusions sur le niveau des Français quand on voit également où en sont les Anglais ou Suédois qui patinent. Parfois cela ne passe pas. Mauvais départ, manches raccourcies. Les plus impressionnants restent les Américains qui ont énormément progressés.
Le prochain rendez-vous est programmé les 19 et 20 septembre à Genève. Sur un plan d’eau qui pourrait, lui aussi, offrir des conditions légères et instables, Quentin Delapierre et ses équipiers devront rapidement retrouver leur qualité d’exécution pour rester dans la course à la finale d’Abu Dhabi. Une finale qui parait désormais hors de portée.
CLASSEMENT SPAIN SAIL GRAND PRIX I VALENCIA
- US. SAILGP TEAM, Taylor Canfield
- BONDS FLYING ROOS, Tom Slingsby
- RED BULL ITALY, Phil Robertson
- ROCKWOOL RACING, Nicolai Sehested
- LOS GALLOS, Diego Botin
- EMIRATES GBR, Dylan Fletcher
- EXPLORA SWISS, Sébastien Schneiter
- GERMANY BY DEUTSCHE BANK, Erik Heil
- ARTEMIS, Nathan Outteridge
- NORTHSTAR, Giles Scott
- BLACK FOILS, Peter Burling
- DS TEAM FRANCE, Quentin Delapierre
- MUBADALA BRAZIL, Martine Grael
CLASSEMENT PROVISOIRE ROLEX SAILGP CHAMPIONSHIP SAISON 2026
- BONDS FLYING ROOS, Tom Slingsby – 85 pts
- LOS GALLOS, Diego Botin – 68 pts
- US. SAILGP TEAM, Taylor Canfield – 56 pts
- ARTEMIS, Nathan Outteridge – 55 pts
- EMIRATES GBR, Dylan Fletcher – 51 pts
- NORTHSTAR, Giles Scott – 41 pts
- DS TEAM FRANCE, Quentin Delapierre -41 pts
- GERMANY BY DEUTSCHE BANK, Erik Heil – 35 pts
- ROCKWOOL RACING, Nicolai Sehested – 32 pts
- EXPLORA SWISS, Sébastien Schneiter – 32 pts
- RED BULL ITALY, Phil Robertson – 30 pts
- BLACK FOILS, Peter Burling – 21 pts
- MUBADALA BRAZIL, Martine Grael – 8 pts


















