Yves Le Blévec : contre mauvaise fortune…

Transat 650-Le Blévec 2005
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Merci d’être là à m’accueillir : je ne m’attendais pas à voir autant de monde à mon arrivée”. Yves Le Blevec pensait arriver dans l’anonymat, celui que l’on réserve le plus souvent aux éclopés d’une course. Erreur, car, dans le milieu Mini, tout le monde voue un profond respect pour ce marin, l’un des plus rapides autour de la planète. En effet, après une première participation en 2001 (5e au général) et un tour du monde express à bord du maxi-catamaran “”Orange 2″” de Bruno Peyron, Le Blevec, homme aussi discret que talentueux, n’a pas hésité une seule seconde avant de repartir sur une coque de noix de 6,50 m. Merci Michel Manque de chance, le 22 octobre, son mât l’a trahi : “”Lorsque j’ai vu mon mât en trois morceaux, j’ai compris que, pour moi, la course était finie. De plus, il y avait de la mer, j’étais en plein milieu de l’Atlantique, proche de rien et loin de tout. Il n’y avait pas péril, mais j’étais sacrément dans la merde””.Un moment, il a bien pensé à rejoindre le port brésilien le plus proche, en l’occurrence Natal : “”Mais comme mon bateau n’est pas déquillable (ndlr : sa quille est fixe, pas pendulaire), ça me semblait compliqué de trouver un camion, puis de me taper 1.500 km par la route pour rejoindre Bahia””.En bon marin qu’il est, il a attendu l’arrivée du bateau-accompagnateur, le Pogo 40 de Michel Mirabel, concurrent de la Transat 2003 : “”Je tiens à le remercier, car, sans lui et ses équipiers, je n’aurais pas réussi à confectionner un gréement de fortune. Ils ont fait un super boulot””. Pas dégouté Un gréement de fortune à montrer dans les écoles de course au large et qui a permis au skipper de “”Point Mariage”” de naviguer sous grand-voile à deux ris, sans bôme. “”Ça n’avançait pas, même si je me suis offert quelques petits surfs à 14-15 nœuds : c’est comme si je m’étais tapé 1.000 milles sur un Kelt 6.20. Franchement, c’était long””.Long, mais pas au point de jurer qu’on ne l’y reprendra pas une troisième fois. “”Si je compte revenir en 2007 ? Je ne sais pas, mais cette fortune de mer ne m’a pas dégouté””.A bon entendeur… Philippe Eliès”