Déjà 13 jours qu’Yves Le Blevec est parti à bord de son trimaran Actual. Les choses sérieuses ont commencer pour lui. Il vient de croiser la trajectoire du trimaran Macif au large du Brésil et se situe à 1700 mn du Cap Horn. Son passage prévue dans 5 jours s’annonce assez musclée avec deux belles dépressions à passer au Cap.

Le long des côtes sud-américaines, le skipper Actual, engagé depuis près de deux semaines sur sa tentative de tour du monde à l’envers en Ultim, négocie, depuis deux jours, système dépressionnaire après système dépressionnaire. Une situation tendue qu’Yves commence à bien maîtriser, avant d’attaquer le Horn en milieu de semaine prochaine.

A une 20aine de nœuds, Yves le Blevec évolue ce vendredi au large de l’Uruguay… et à la latitude du cap de Bonne Espérance, loin très loin (environ 3000 milles soit 5500 km) dans l’ouest de la pointe sud-africaine ! Depuis la terre, on imagine de belles conditions ensoleillées, sous de telles latitudes. Au large, il n’en est rien.

Au régime « basses pressions »

Le skipper Actual est au régime « basses pressions » depuis 48h, à raison d’une dépression par jour. C’est devenu presque une routine pour Yves, même s’il avoue par moment « se faire un peu secouer », il est dans un rythme de gestion heure par heure de la marche de son bateau et du marin.

« On joue avec les dépressions situées sur notre route. Autour de ces systèmes, il y a beaucoup d’activité et du vent fort avec des passages instables, des grains, des rafales. C’est ce que j’ai eu la nuit dernière avec un vent de 30 nœuds établi et des rafales à 33 – 34 nœuds. Là, ça mollit, je vais pouvoir réajuster ma trajectoire et tracer sud vers le prochain front… »

Déjà à contre sens

Il est donc déjà sur une route à rebrousse dépression… Explications de Christian Dumard, son routeur : « Yves a quitté le régime des alizés entre Salvador et Rio. Depuis deux jours, il négocie le passage de dépressions qui se forment le long du Brésil et se déplacent vers le sud-est pour rejoindre le train de dépressions du grand sud. Il en a contourné une hier, il en contourne une aujourd’hui et il en a une troisième à son programme demain : soit un rythme d’une dépression par jour. Il est rentré dans le vif du sujet.  

C’est là que la différence entre les deux records (tour du monde à l’endroit et à l’envers) se fait sentir. S’il était parti dans le sens classique, il aurait accompagné la première dépression durant plusieurs jours en restant dans un flux de vent relativement constant en avant de la dépression. »

J – 5 avant l’approche du Horn

Après l’Uruguay, viendra l’Argentine, puis les îles Falkland et, bien sûr, Ushuaia… juste avant le Cap Horn que l’Ultim Actual devrait approcher entre le 13 et le 15 décembre.

« L’approche du Cap Horn reste floue », précise Christian Dumard. « Les conditions varient beaucoup d’un modèle météo à l’autre. On surveille surtout ce qui se passe après le cap pour voir si une fenêtre s’ouvre permettant à Yves de se dégager rapidement des montagnes qui longent la côte du Chili et éviter les vents de nord-ouest qui peuvent être très violents dans cette région. »

Tout va bien

D’ici là, Yves poursuit sa mue de terrien en marin puis de marin en marin des mers du sud, et bientôt en marin des mers du sud contre vents et courants, en Ultim… « Tout va bien à bord, je mange bien… Hier, j’ai réussi à m’aménager un temps de navigation un peu sous-toilé pour limiter le niveau de stress. Je suis assez content de ça. » Et il a mille fois raison : c’est une des clés de la réussite de ce défi inédit.