Yann Eliès : « Cette route du Rhum a été incroyable »

Yann Eliès a franchi la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre ce vendredi à 22 h 38 min et 30 sec (heure de Guadeloupe) après 12 jours, 13 heures, 38 minutes et  30 secondes de course, à 11,74 nœuds de moyenne (sur l’orthodromie). Au total, il a parcouru 4 597 milles à la moyenne de 15,24 nœuds (sur l’eau).

La fatigue se lisait sur le visage de Yann Eliès cette nuit en Guadeloupe. Le skipper d’UCAR-StMichel a tout donné pour revenir sur Paul Meilhat, mais ce dernier n’a pas cédé ! Le finish de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe pour les Imoca a tenu ses promesses : intense et plein de suspens. Sur le visage du briochin transparaissait aussi de la joie et de la satisfaction d’avoir réussi à accrocher une belle deuxième place.

Yann Eliès :
« Cette Route du Rhum a été incroyable. Après les premiers jours, j’ai bien cru que c’était fini pour moi le podium ! Je me suis retrouvé bloqué dans une zone sans vent le lendemain du départ, j’ai vu Paul et Vincent s’échapper puis toute la flotte revenir sur moi. Quand je me suis enfin extirpé de ce piège, j’avais 80 milles de retard sur le trio de tête.
Je n’ai rien lâché dans le contournement de l’anticyclone des Açores. On s’est retrouvé à 4 bateaux dans les alizés, le couteau entre les dents. Vincent a craqué à cause de soucis techniques, pas Paul !
Finir deuxième et être revenu à 3 milles de Paul sur le Tour de l’île, c’était inespéré il y a dix jours, c’est une belle place !
J’ai une pensée pour Alex Thomson qui a maîtrisé la course de mains de maître. Le haut niveau c’est une multitude de petits détails à mettre en place. Il a fait une bêtise, c’est sûr, ça m’est déjà arrivé. Ça fait partie du jeu. Mais il a démontré que c’était lui le patron. Sur le prochain Vendée Globe il va être compliqué à aller chercher !
Je suis cassé. Les Imoca demandent une débauche d’énergie dingue. Il faut gérer son temps, son sommeil, sa stratégie, son mental et son effort physique. Ce sont des dizaines de petites tâches à négocier par jour, qui rendent le tout très difficile.
Je vais profiter de ma famille qui est là et puis rentrer tôt sur Paris. La course contre la montre pour le prochain Vendée Globe commence. Avec Paul, nous sommes dans la même situation, on a besoin de trouver des sponsors. Après cette course, j’espère vraiment que l’on pourra tous les deux se tirer la bourre au départ du Vendée Globe en 2020 
».