Voiles de St. Barth. C’est parti pour la 10e édition!

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Les équipages de la 10e édition des Voiles de St. Barth Richard Mille sont entrés dans le vif du sujet, ce lundi. Profitant d’un régime d’alizé soufflant entre 15 et 20 nœuds, ils ont effectué une première course pour le moins tactique sur le côté ouest de l’île (une boucle de 24 milles pour les CSA 3, 4 et 5, un parcours de 29 milles pour les CSA 1 et 2 puis manche de 36 milles pour les Maxi 1 et 2 puis Multihull 1 et 2), jouant à la fois avec les petites bascules de vent, les grains et les effets de côte. A ce petit jeu, certains se sont évidemment montrés plus à l’aise que d’autres, mais l’action a bel et bien été au rendez-vous dans chacune des neuf classes, donnant alors le ton de la semaine qui s’annonce palpitante !

La météo s’annonçait favorable pour cette première journée de compétition. Elle a tenu toutes ses promesses avec un flux d’Est soufflant entre 15 et 20 nœuds, offrant ainsi aux équipages en lice une première journée de compétition quasi idéale. « Ça a été une superbe journée, d’abord parce que les conditions ont été très sympas, ensuite parce que le match a été très serré », a expliqué Jean-Pierre Dick, le skipper du JP54 The Kid qui a notamment bien bataillé avec les deux Cookson 50 Triple Lindy et Joseph Mel et Kuka 3 de Franco Niggeler dans la classe des CSA 1. « Les manœuvres ont été très importantes et le jeu est resté très ouvert du début à la fin. En ce qui nous concerne, on s’est plutôt bien débrouillé par rapport aux forces en présence à bord. On a évité notamment les vracs complets et tout le monde s’est bien donné pour que ça tourne », a ajouté le Niçois, double vainqueur de la Barcelona World Race et quadruple vainqueur de la Transat Jacques Vabre en IMOCA qui (étonnement) découvre pour la première fois le plan d’eau de Saint-Barth en régate. « C’est tout simplement fabuleux. Aujourd’hui, nous sommes passés à proximité de la pointe à Colombier : un spectacle magnifique ! », a assuré le navigateur alors rejoint par Chris Body, le propriétaire de El Ocaso. « C’est aussi ma première fois à Saint-Barth et c’est assurément l’expérience de navigation la plus spéciale de toute ma vie », assure le Britannique qui s’est offert aujourd’hui la troisième place chez les CSA 4 au terme d’un joli match avec Liquid de Pamala Baldwin mais aussi et surtout Holding Pattern de Sir Richard Matthews, en tête ce soir et à bord duquel l’on retrouve quelques pointures telles qu’Andy Green ou Saskia Green, membre de l’équipe de Grande-Bretagne de voile olympique.

Des « petits nouveaux » aux dents longues
« Nous avons commis quelques erreurs mais c’est la première fois que nous renaviguons sur le bateau depuis un an. Nous devons retrouver les manettes petit à petit et nous ne pouvons donc que nous améliorer. Il va toutefois falloir faire vite car sur une épreuve telle que celle-ci, la moindre petite erreur se paie durement », a ajouté Chris Body qui affiche de vraies ambitions sur la course et se verrait bien décrocher la victoire dès sa première participation. Idem pour John Vincent, le skipper de Phan qui, pour sa part, va devoir faire la course quasi parfaite s’il veut l’emporter en CAS 3 face à des gros bras tels que Kick’em Jenny 2 de Ian Hope-Ross et Lazy Dog de Sergio Sagramoso, des fidèles de l’évènement, habitués des podiums qui plus est. « C’est non seulement la première fois que nous courons à Saint-Barth mais aussi notre première fois dans les eaux des Caraïbes et c’est une expérience vraiment à part, surtout que nous avons loué un GP42 pour l’occasion, un bateau très ludique car très rapide. Aujourd’hui, nous avons fait des pointes jusqu’à 20 nœuds et ça a été un vrai régal ! », a déclaré le vainqueur du jour en temps réel dans sa catégorie. « La bonne nouvelle, c’est que nous avons de la marge de progression sur le bateau. Globalement, si je devais nous attribuer une note pour ce premier jour de course, je nous mettrais un B+ », a commenté le marin de Santa Barbara, bien conscient toutefois qu’il devra mettre les bouchées double pour compenser son rating.

Pas le droit à l’erreur
Même chose pour Miles Seddon, le tacticien de SHK Scallywag qui s’est, lui aussi, imposé en temps réel mais qui doit se contenter de la deuxième place au classement derrière le Maxi 72 Sorcha mené par Peter Harrison et barré par Pierre Casiraghi, le parrain de cette 10e édition des Voiles de St. Barth Richard Mille. « Pour gagner, on se doit d’être parfait car on rend à nos concurrents dix minutes par heure de course. Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’être au top et de ne surtout pas être confronté au moindre petit pépin technique », a ajouté le Britannique, pas mécontent, justement, de ne pas avoir rencontré de souci aujourd’hui malgré quelques jolies figures de style dans les grains, chose dont ne peuvent malheureusement pas se satisfaire certains équipages, à l’image de celui d’Arara, le joli Black Pepper Code 2 de Tim Gollin qui a, pour sa part, connu une avarie de ballast et vu sa coque se remplir de près de 600 litres d’eau avant d’être obligé de jeter l’éponge. « C’est un peu dur de commencer la course de cette manière mais nous serons de retour sur l’eau dès demain, avec ou sans ballast », a indiqué l’équipage. Et c’est tant mieux parce que les conditions météo annoncées pour cette journée de mardi sont une nouvelle fois quasi parfaites !