Victoire d’Imerys de 6 secondes devant Carac

Après une course à rebondissements pendant 6 jours, trois bateaux pouvaient encore prétendre à la victoire ce matin. On retrouvait les 2 favoris habitués des podiums en Class40, Imerys et Aina Enfance et Avenir et Carac dont on attendait beaucoup depuis sa mise à l’eau.
Et c’est cette après-midi, sur le fil et pour 6 petites secondes, sur un empannage, que Phil Sharp et Julien Pulvé (Imerys) l’ont emporté devant le duo de Carac, tandis que 5 minutes plus tard Aymeric Chappellier et Fabien Delahaye (Aina Enfance et Avenir) complétaient le podium. Un beau final à l’image de la course et de la flotte des Class40. « Juste avant la dernière bouée, je pensais que c’était « mort » pour nous » témoigne Phil Sharp au comble d’une heureuse stupéfaction après un tel final. « Il y avait un dernier empannage à réaliser, mais peu de chances pour que ça passe, et on a glissé au vent de Carac comme dans un rêve. C’est l’évolution de la classe qui veut cela » reprend Phil, « avec des bateaux toujours plus performants, et des skippers adroits pour les piloter. Et la configuration, le format de la Normandy Channel Race relancent en permanence cette caractéristique, faisant de l’épreuve une course vraiment à part. »

Pour Louis Duc et Gwen Riou cette deuxième place est une belle récompense presqu’un an après sa mise à l’eau. Le Lift40 a montré tout son potentiel pour rivaliser avec les Mach40 et il s’en est fallu de peu pour qu’il ne l’emporte. De bonne augure pour la Route du Rhum.

Louis Duc : « Nous sommes super contents ! Ce n’était vraiment pas gagné d’avance ! Tout s’est joué la première nuit, il y a eu une petite bascule à ne pas rater : le Solent n’a laissé passer que 10 bateaux. Ensuite, il y a eu d’autres passages à niveau et au final on s’est retrouvé à trois. On arrive en 6′ : ce n’est vraiment rien ! Nous aurions bien sûr aimé accrocher la victoire, mais nous avons eu un peu trop de pression sur l’arrivée… La position de chasseur est plus confortable ! Ce que je retiens surtout c’est que cette course valide tout notre travail sur ce bateau. Il a montré qu’il pouvait aussi être performant dans le petit temps. Nous ne sommes pas encore à 100% à l’aise à toutes les allures, il y a encore beaucoup de travail à faire sur la recherche des bons équilibres du bateau, sur les combinaisons de voiles… Il y a parfois de grosses accélérations, mais aussi des coups de freins, qu’il va falloir analyser. C’est bon signe, ça veut dire qu’il y a encore une belle marge de progression. Ce qui est sûr c’est que les bases sont très bonnes. »

Gwen Riou : « A l’arrivée, on a un peu cafouillé, ils ont mieux manœuvré, on était tendus… mais même si nous avions terminé 3e nous aurions été très contents !Ce bateau est exceptionnel ! Il n’est pas encore abouti, ce qui est tout à fait normal, mais il a un gros potentiel. Il faut travailler encore certaines choses au portant, mais ça va évoluer… »

Arrivés à 15h25, à peine cinq petites minutes derrière Imerys et Carac, AINA Enfance et Avenir Aymeric Chappelier et Fabien Delahaye ont mené une bonne partie de la course avant de tomber dans un trou de vent à quelques milles de l’arrivée : « On a beau refaire le match, on ne trouve pas de solution », explique Fabien Delahaye.« On avait trois milles d’avance sur le duo Sharp – Pulvé et dix sur le tandem au lever du jour ce matin puis à Barfleur, on est tombé face à un mur, avec du vent nulle part », a ajouté le navigateur Normand. Chose confirmée par Aymeric. « Ça s’est joué à pas grand-chose. On est arrivé dans un lac et la pression est rentrée par derrière ce qui a provoqué un nouveau départ et rebattu les cartes. C’est comme ça. Si on n’accepte pas les règles du jeu de la course au large, alors il faut changer de sport », a commenté le Rochelais, évidemment un peu déçu.

Maxime SOREL et Antoine CARPENTIER (V&V) coupent la ligne d’arrivée 2h29min45s après le vainqueur de cette édition, suivis de Luke Berry et Arthur Le Vaillant( Lamotte Module Création !)