Vendée Globe. Yannick Bestaven : ” Journée compliquée aujourd’hui”

Yannick Bestaven et Roland Jourdain @ Christophe Breschi

Yannick Bestaven tente de progresser au maximum vers le nord mais les fichiers changent tous le temps. Bloqué par un anticyclone qu’il s’est acharné à combattre avec 15 virements de bord en 36 h, Yannick a vu ses concurrents revenir. 3e au classement de 12h, il pourrait reprendre la tête de course dans la journée selon la distribution du vent.

” On est dans la molle, je commence à être un petit peu plus entraîné que les autres car ça fait deux jours que j’y suis. Il faut faire avec. C’est la dure loi de la régate. Je savais qu’il y avait cet anticyclone de Sainte-Hélène qui se coupait en deux avant de regrossir sur nous, il n’y a pas de surprise. On n’est vraiment pas verni par les conditions météo depuis le début et ce n’est pas à cette vitesse là qu’on va battre des records. Toute la journée d’aujourd’hui va être compliquée, à l’Est comme à l’Ouest. Je pensais au début qu’en étant plus à l’Ouest, je sortirais peut-être le premier, mais je ne peux pas dire, d’un fichier à l’autre, ça change dans tous les sens. Je suis là où j’ai pu aller avec le vent que j’avais dans la molle. Je fais du « gagne petit » en essayant de me rapprocher de la route directe. On reprendra la course quand on aura des vents plus établis.

Il y a un petit peu de capot, histoire de faire trembler tout le bateau et de bien réduire la vitesse une fois que t’es un petit peu lancé. Lorsqu’il est lancé à 5,7 nœuds, il s’arrête à 4,3 nœuds. Il fait très chaud, déjà 35 degrés ce matin, hier j’ai eu jusqu’à 38°C.

J’ai été beaucoup aux écoutes, aux virements de bord et aux changements de voiles. Et ce matin je n’y touche pas, je laisse faire le truc, ça va tout droit, je ne suis pas sûr que ça avance plus vite en étant dessus. Cette nuit il y avait des petits grains à 12 nœuds donc il fallait vite choquer et il n’y avait plus rien derrière. Ce sont des conditions instables.

J’en ai profité pour me doucher et pour faire quelques réparations. Je fais tout pour que le temps passe vite, pour ne pas que mon cerveau s’emballe. Je trouve des occupations. J’ai un foil bâbord que je n’arrête pas de rentrer et sortir en fonction des risées et qui j’espère me servira dans les heures et jours à venir. Le bateau a souffert, comme tous, mais il est bien fonctionnel. “