Vendée Globe. Thomas Ruyant : Cela fera un finish haletant jusqu’au bout

Thomas Ruyant est 4e et s’accroche pour rester devant en dépit de l’absence de son foil bâbord qui a diminué le potentiel de vitesse de son bateau.

” Same players shoots again ! ” Ça fait drôle quand tu regardes la carto et que tu vois tous ces bateaux collé-serré après deux mois de course. C’est assez incroyable, c’est dingue : ça ne partira jamais devant sur ce Vendée Globe ! La situation météo fait qu’on recolle comme ça, systématiquement. Cela fera un finish haletant jusqu’au bout, il va se passer plein de choses, on va tous arriver la même journée, voire en 48 heures. 

La configuration météo a provoqué ces regroupements, qu’on ait des foils ou pas. Car même si on a la capacité à aller vite, quand on a la pétole, tout le monde s’arrête. Il n’y a pas grand-chose à faire. Du coup, il y a plein de bateaux différents, dotés de capacités de vitesse différentes ; il y a des bateaux à 100% de leur potentiel, d’autres amoindris. J’ai d’autres foilers autour de moi, qui me font un peu peur, parce qu’on est en tribord amures jusqu’aux Canaries. Le tribord amures, ce n’est pas mon côté de prédilection (Thomas a perdu l’usage de son foil bâbord, endommagé et coupé, ndlr). Je savais que ce serait le scénario pour cette remontée. Mais ça recolle, il y aura du jeu jusqu’au bout. 

Il n’y a rien qui compense la perte d’un foil. Je vais faire du mieux que je peux. Il va me falloir tout le temps réguler l’allure, plus toiler, et parfois moins toiler pour trouver des façons de faire un peu différentes. Mais cela ne compensera pas la différence avec un bateau debout sur son foil. Je suis à 80° du vent, je suis à 15 nœuds au lieu de 20. Mais je m’accroche. 

Côté météo, c’est beaucoup mieux qu’hier, c’est stabilisé. Il y a encore quelques variations de force et en direction, il faut être ‘dessus’ pour ajuster le tir. On commence à avoir du vent, avec un alizé qui se cale tout doucement et qui va ouvrir à mesure qu’on va progresser par le Nord. Il va y avoir de jolis bords de reaching à haute vitesse en foiler… 

Il fait chaud, on sent les douceurs brésiliennes, je suis en caleçon. La journée d’hier, j’ai tiré la langue. Heureusement, les conditions permettaient d’aller sur le pont, j’allais donc prendre un peu le frais. Je ne suis pas fan des grosses chaleurs, mais la nuit, ça va. Depuis une semaine, on s’est bien réchauffé, ça fait du bien de sentir que le  bateau sèche. Les bouts dans le cockpit sont secs, on n’a plus cette humidité permanente. La grosse chaleur, ce n’est pas mon grand truc, mais c’est quand même bien de sentir le bateau plus sec “.